LABORATION DE LA SEVE
velles , et s'élève jusqu'aux dernières feuilles en traversant les vaisseaux des couches ligneuses. La force avec laquelle alieu ce mouvement ascensionnel est très-considérable. Elle reconnaît une double cause , 1° la capillarité (1); 2° une sorte de contractilité vitale dans les vaisseaux séveux . en vertu de laquelle ils se resserrent sur eux-mêmes et favorisent ainsi le mouvement ascendant du liquide. — La sève a une tendance constante à s'élever verticalement, elle ralentit son cours et séjourne plus long-temps dans les parties de la plante qui affectent une direction inclinée. C'est de ce fait que découle la théorie de la taille dans les
arbres fruitiers, et le soin que prennent les horticulteurs de courber les branches, afin d'obtenir un plus grand développement des bourgeons.
Le mouvement du fluide séveux est constant, et c'est à tort qu'on avait prétendu qu'il était
complètement suspendu pendant l'hiver : il n’est qu'extrêmement rallenti. — Son énergie est en rapport direct avec l'élévation de la température ; néanmoins il faut qu'il s'y joigne un certain degré d'humidité, car, que pourrait puiser le végétal dans un sol sec? — Les deux époques de l'année où la sève montre le plus d'activité, sont le printemps et l'été (sève d'août. )
La sève, parvenue dans les feuilles , y subit une élaboration particulière qui résulte de l’action
de l'air et de la lumière sur ses organes, et sur toutes les parties vertes de la plante en général (respiration des plantes. ) Voici en quoi elle consiste : pendant la nuit . les végétaux absorbent l'oxigène de l'air. Ce gaz , se combinant au carbone qui entre dans la composition de la sève, le convertit en un nouveau corps , le gaz acide carbonique. — Pendant le jour , une action contraire a lieu. La lumière décomposant l'acide carbonique formé dans la plante , l'oxigène est exhalé ; le carbone s'incorpore au végétal. C’est même à cette décomposition et à la fixation du carbone dans les plantes, qu'on attribue leur couleur verte. On sait en eflet qu'élevées dans l'obscurité elles s'étiolent , c’est-à-dire deviennent plus blanches, plus tendres, plus aqueuses. — Un autre phénomène qu'offre la sève parvenue dans les feuilles, c'est la vaporisation d'une partie de l’eau qu'elle contenait ( trans piration des plantes. } Cette eau s'exhale en vapeurs insensibles quand elle est en quantité modérée ; mais quand elle augmente, par une cause quelconque . on la voit former à la
surface des feuilles des gouttelettes , qu'il ne faut pas confondre avec la rosée. (Voyez la fig. 4, plan. 6 4, plan. 6.)
Influence des végétaux sur la pureté de l'air. -— I] suit de ce qui précède 1° que les végétaux vicient l'air pendant la nuit, en “absorbant une partie de l’oxigène qu'il contient; 2° qu'ils le putifient pendant le jour, en exhalant ce même gaz; 3° que l’eflet définitif de la végétation est uue augmentation de l'oxigène de Paie , dont les proportions restent cependant les mêmes , parce que les animaux y produisent par leur respiration un eflet opposé.