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Le développement de la fleur est nécessairement l'acte qui doit s'opérer le premier, puisque
c'est dans cette partie de la plante que naissent les organes mêmes de la fécondation ( pistils et étamines. ) — L'époque de la floraison parait être en rapport direct avec l'élévation de la température. C'est dans les mois de mai et juin qu'il y a ie plus de fleurs épanouies dans nos climats. Il est cependant quelques exceptions à cette règle générale; ainsi, le perce-neige montre ses fleurs en janvier. — Ze moment de la journée où la fleur s'épanouit présente aussi quelques particularités remarquables. Il en est qui s'ouvrent le soir et se ferment le matin (la belle de nuit) ; d’autres offrent le phénomène inverse. À mesure que la plante s'avance sous une zône plus froide, l'heure de son épanouissement retarde. Ce phénomène est aussi, dans quelques plantes, sous l'influence direct de l'état de l'atmosphère. Ainsi, quand le laitron de Sibérie ouvre ses fleurs le soir, on peut annoncer de la pluie pour le lendemain ; le beau temps est certain s'il les ferme à la même heure. — On a dressé, sous lenom d'horloge de Flore, un tableau de l'épanouissement de diverses fleurs pour chaque heure de la journée , et sous le nom de calendrier de Flore, un tableau de la floraison des différentes espèces de plantes à toutes les époques de l'année,
La fécondation ne saurait s’opérer sans le concours des étamines et des pistils. En effet
une plante à laquelle on a enlevé ses étamines ne donne jamais de graines fertiles : d’un autre côté , si l'on retranche le pistil, la fleur ne produit aucune sorte de graine.
Pour que le phénomène de la fécondation s'opère, il faut que le pollen des étamines se fixe
sur le stigmate. Là, les petites vésicules dont se compose cette poussière se gonflent, se déchirent; la liqueur qu’elles contenaient se répandant sur le stigmate , et descendant par le style jusqu'à l'ovaire, y féconde les germes des graines. — On est parvenu à féconder artificiellement des plantes, en secouant sur les stigmates la poussière d'étamines enlevées sur des espèces semblables. On produit ainsi des variétés dans les espèces. — Dans les fleurs hermaphrodites , Vinsertion relative des étamines et des pistils est calculée de manière à ce que la poussière séminale puisse tomber sur les stigmates. [l'est quelques espèces dans lesquelles les organes fécondateurs exécutent des mouvemens qui ont pour but de favoriser la fécondation. Les étamines de la rue, de la capucine , etc. . se courbent sur le stigmate au moment de cet acte. Au contraire, dans la nigelle, la grenadille, ete. , ce sont les pistils qui s’inclinent vers les organes mâles. On voit aussi des anthères s'ouvrir, et lancer le pollen qu'elles contenaient avec une sorte d'explosion. Dans quelques plantes, on observe à cette époque un développement très- notable de chaleur dans les organes fécondateurs.— La fécondation des [leurs unisexuelles s'opère de même , nonobstant l'éloignement des organes mâles et femelles. Dans les plantes monoïques. les fleurs mâles, placées ordinairement au-dessus des fleurs femelles , laissent échapper leur pollen ; qui tombe sur elles par son propre poids. Dans les plantes dioiques , l'air sert de véhicule à la poussière fécondante, et peut la transporter à des distances considérables. — La fécondation ne peut s'opérer que dans l'air; aussi les plantes qui vivent dans l'eau s'élèvent-elles à sa surface au moment d'accomplir cet acte. Exempce : la valisnérie , habituellement submergée , et dont le pédoncule est composé d'une longue spirale qui se déroulant à l'époque de la f6condation, permet à la fleur de s'épanouir au-dessus de l’eau. (Plan. 6, fig. 2.) — Quand la fleur à rempli la destination que lui assignait la nature, elle se flétrit, à l'exception de quelques plantes où l'on voit persister le calice , le style, etc. ; rien ne survit à la floraison que l'organe qui renferme les germes fécondés d'une nouvelle plante,
28 PHYSIOLOGIE VÉCÉTALE.
L'époque de la maturation est marquée par le développement de l'ovaire, dont la structure et les formes éprouvent un changement total. Le tissu pulpeux qui le constitue intérieurement s'organise de manière à former les différentes parties du fruit. L’embryon se dessine peu à peu, et se développe dans les ovules grossis. — L'ovaire, arrivé à son dernier degré de développement, constitue le fruit.—Le fruit, parvenu à sa maturité, se détache et tombe ; il a cessé de végéter. Alors, s'il est charnu , il se putréfie ; s'il est ligneux, sa destruction plus lente est soumise aux mêmes lois que les parties analogues dans les végétaux qui ne vivent plus.