LES DÉCAPODES
d'une seule pièce , sous les parties latérales de laquelle sont placées des branchies en forme de filamens très ramifiés. L'abdomen , que l'on distingue vulgairement sous le nom de queue, est plus ou moins alongé; quelquefois il est court et brusquement recourbé sous le thorax contre lequel il est appliqué. De là la division des Décapodes en deux familles : les Macroures , où l'abdomen est long et visible à l'extérieur, et les Brachyoures, qui ont l'abdomen court et recoux-bé en dessous du thorax. Les Décapodes sont essentiellement carnassiers.
lre Famille. Les Hécetpades Urttcliyowres,
Les différentes espèces de crabes, si communes sur nos côtes, constituent cette famille, qui a été partagée en un nombre très considérable de genres, dont la forme générale est la môme, et qui ne diffèrent les uns des autres que par quelques particularités dans les organes du mouvement, la forme de la carapace, etc. La nature de cet ouvrage ne nous permet pas d'entrer dans aucun dt '.ail sur ces genres si nombreux. On mange un très grand nombre de ces animaux, et en particulier sur nos côtes :
1° Le Crabe commun ou Ménade {Cancer mœnas L.).
2° L'Étrille commune {C. puberL.). Ces deux espèces appartiennent au genre Portune [Portunus) de Fabricius.
3° Le Tourteau ( C. pagurus L. ) , qui acquiert presque un pied de largeur et pèse jusqu'à quatre ou cinq livres, qui forme le type du genre Crabe {Cancer Fab.) proprement dit.
2e Famille. Mtécttpotles mac rotures.
Ils se reconnaissent à leur forme générale plus alongée , à leur abdomen ou queue non recourbée sous le thorax. Tous ces Crustacés forment un seul grand genre, dont l'Écrevisse de nos rivières est le type , mais qu'on a subdivisé en un grand nombre de coupes ou de sous-genres. Parmi ces Crustacés, nous distinguerons les suivans :
1° La Langouste {Palinurus quadricornis Fabr. ou Astacus elephas L.) est l'un des Crustacés les plus grands dans cette fa-
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mille, puisqu'il atteint quelquefois une longueur de dix-huit à vingt pouces. Sa caparace est épineuse , la queue est tachetée. Les pattes antérieures ne sont pas sous la forme de pinces.
2° Les Palémons, dont on distingue deux espèces : 1° le P. à dents de scie (Palemon serratus Leach), long de trois à quatre pouces, d'un rouge pâle. On le désigne et on le mange à Paris sous le nom de crevette. 2° le Palémon squille ( P. squilla Leach) , de moitié plus petit que le précédent, ayant la corne frontale plus courte. On l'appelle vulgairement Salicoquc.
3° Le Homard [Astacus marinus Fabr. ou Cancer gammarus L.), à peu près de la grosseur de la Langouste, mais en différant par sa carapace lisse, et par ses membres antérieurs développés en pinces très volumineuses.
4° L'Ecrevisse de nos rivières. Astacus jluviatilis L.
Ce crustacé est extrêmement commun dans les rivières dont l'eau est limpide et courante. Il se cache dans les trous et entre les racines des arbres qui ombragent le bord des ruisseaux. Sa couleur est d'un vert sale. Dans l'estomac , on trouve vers l'époque de la mue deux concrétions pierreuses, connues sous le nom impropre d'yeux d'écrevisse.
Les concrétions d'écrevisse sont arrondies, convexes d'un côté, planes ou légèrement concaves de l'autre, plus minces sur leurs bords ; elles sont dures , blanches, formées de couches superposées , et composées de carbonate de chaux et d'une certaine quantité de mucus qui sert de lien à ces parties.
On les emploie bien rarement aujourd'hui , parce qu'il est très facile de les remplacer par des substances que l'on se procure plus facilement. Autrefois , on prescrivait leur poudre comme absorbante dans le» aigreurs d'estomac ; mais aujourd'hui on lui substitue généralement la magnésie. Elle entrait aussi dans la confection des poudres dentifrices.
Les pierres d'écrevisse les plus estimées venaient d'Astracan.