II. DE LA. REPRODUCTION
Les fonctions nutritives proprement dites, c'est-à-dire la digestion, la circulation et la respiration , ont pour objet spécial l'entretien de la vie dans les divers individus , en leur fournissant sans cesse de nouveaux matériaux propres à réparer les pertes continuelles que le mouvement de la vie leur fait éprouver. Mais il est dans la nature des êtres organisés de n'avoir qu'une existence limitée. Les organes finissent par perdre la faculté qu'ils avaient d'entretenir la vie, et la cessation de leurs fonctions amène la mort. Tous les êtres organisés existant à la surface du {.lobe, finiraient donc par en disparaître, et leurs races s'éteindraient pour jamais, si la nature ne leur avait donné les moyens de se reproduire et de se multiplier. Ces moyens résident dans une série d'organes auxquels est confiée la fonction connue sous les noms de reproduction ou génération.
C'est en général au moyen de germes, c'est-à-dire de corps organisés , se développant dans un organe intérieur et spécial , que l'on appelle l'ocre, que se fait la reproduction dans tous les êtres organisés. Ces germes , parvenus à leur maturité et
placés dans des circonstances favorables, reproduiront de nouveaux individus. Les organes dans lesquels ils se développent sont les organes sexuels femelles ; les organes dans lesquels se forme la matière qui doit leur imprimer le mouvement vital , en un mot les féconder, sont les organes mâles. Dans la plupart des animaux ces organes mâles et femelles sont portés par deux individus distincts , c'est-à-dire qu'ils sont unisexués. Cependant ils sont quelquefois , quoique plus rarement, réunis dans un même individu. Dans ce dernier cas , tantôt cet individu se suffit à lui-même pour féconder ses germes, c'est-à-dire que ses organes mâles et femelles communiquent en un point où les œufs sortis des ovaires se trouvent fécondés par le sperme sécrété par les testicules : il est alors véritablement hermaphrodite , comme les huîtres, les moules , et beaucoup d'autres animaux analogues. Tantôt , au contraire , bien que chacun porte les deux sortes d'organes sexuels, il faut la réunion de deux individus qui jouent réciproquement le rôle de mâle et de femelle , c'est-à-dire que , tandis que l'un féconde les germes de l'autre , les siens sont en même temps fécondés par le premier. C'est ce qu'on observe dans le limaçon , les limaces, les sangsues , etc. : on dit alors que ces animaux sont androgyns.
On peut donc distinguer les organes de la génération en mâles et femelles. Les premiers se divisent en organes préparateurs et conservateurs de la semence et en organes de l'accouplement, Les seconds sont destinés soit au développement et à la conservation des germes, soit à l'accouplement.
1° Organes sexuels mâles. Les organes mâles de la première série, c'est-à-dire ceux qui servent à la préparation et à la conservation de la semence, sont : 1° les testicules, glandes paires composées d'une innombrable quantité de vaisseaux déliés, sécrétant la matière fécondante ou le sperme , enveloppés ordinairement dans une membrane fibreuse très forte qui détermine la forme de l'organe et qu'on appelle membrane albuginée; pendans ordinairement au dehors ., et contenus dans un repli de la peau en forme de poche nommée scrotum. Tous ces vaisseaux spermatophores se réunissent en un gros canal sinueux nommé èpididyme, qui s'amincit ensuite , et forme le canal déférent;
2° les vésicules séminales, petits réservoirs dans lesquels la semence s'amasse et se conserve , et qui communiquent avec le canal de l'urètre par un petit conduit nommé èjaculaleiir.
Les testicules, dont la forme et la grosseur varient singulièrement, ne sont pas pendans au dehors dans tous les Mammifères. Ainsi dans l'éléphant, les phoques, les Cétacés, ils restent constamment dans l'abdomen , au voisinage des reins. Il en est de même dans les Oiseaux et les Reptiles. Dans les premiers, ils prennent quelquefois, surtout à l'époque des amours, un accroissement extraordinaire ; mais de même que ceux des Mammifères, ils sont formés d'un lacis inextricable de vaisseaux fins et déliés. Ceux des grenouilles ne paraissent être qu'une agglomération de petites granulations blanchâtres , mêlées à des vaisseaux sanguins. Cette structure se retrouve également dans les Poissons connus sous le nom de poissons cartilagineux , comme les raies , les squales. Dans les autres Poissons, ils se montrent sous la forme de deux sacs, occupant une grande partie de l'abdomen, allongés, membraneux et glanduleux, remplis d'une matière blanchâtre, opaque, demi-consistante. Ce sont ces organes qu'on désigne vulgairement sous le nom de laites ou laitances.
• Les testicules, souvent réduits à l'unité, existent dans la plupart des animaux désignés sous le nom commun d'Invertébrés. Tantôt ils ont encore l'apparence de glandes de formes variées composées de vaisseaux , comme dans un grand nombre de Mollusques ; tantôt ils se présentent sous l'aspect de vaisseaux allongés, flexueux, non réunis ensemble , comme dans beaucoup d'Insectes et de Vers.
Le pénis, ou verge, est l'organe qui, dans les animaux mâles, sert à l'accouplement ; il est en général percé dans toute sa longueur d'un canal avec lequel communiquent les conduits de la semence , et qui est en même temps la terminaison des organes urinaires, quand ils existent. Sa forme et sa longueur sont fort variables 3 tantôt elle est libre et pendante , tantôt elle est contenue dans un foureau qui la retient appliquée contre les parois de l'abdomen ; d'autres fois, au contraire, elle est portée en arrière vers l'anus, comme dans les Marsupiaux ; ou bien
elle est placée en arriére du scrotum, par exemple dans les rats les loirs, les lièvres, et plusieurs autres Rongeurs. Dans un grand nombre de Mammifères, on trouve à l'intérieur de laverie un os particulier d'une forme et d'une grandeur variables, destiné à donner plus de solidité à cet organe au moment de l'accouplement. Cet os est très visible dans les chiens et beaucoup d'autres Carnassiers.
La verge n'existe que dans un petit nombre d'Oiseaux, qui n'ont à sa place qu'une sorte de papille vasculaire. Quand il y a une verge, comme dans l'autruche , le canard, etc. , elle n'est pas toujours percée d'un canal central. Celle de l'autruche est dans ce cas; tandis que dans le canard et plusieurs autres palmipèdes, c'est une sorte de cylindre creux.
Les tortues ont une seule verge assez développée, marquée d un sillon profond à sa face supérieure. Dans les lézards et les serpens , il y a en général deux verges , souvent hérissées de pointes raides et épineuses semblables à celles dont la peau du hérisson est armée. Enfin, dans les grenouilles et les Poissons d n y a pas de verge , c'est encore une simple papille à peine* saillante. Cet organe reparaît dans beaucoup d'animaux Inverébrés , parmi les Mollusques , beaucoup de vers à sang rouge et à sang blanc les sangsues , certains Entozoaires, dans les écrevisses et les Insectes.
2. Organes sexuels femelles. Maintenant, si nous passons à 1 examen des organes sexnels femelles , nous verrons m,' !
comPosenti»deso^>e,,CorpsceMu,o.;ascn,air r^rs;;;,: 1 s germes commencent à se développer. Dans les Mamm flre c est un assemblage de vésicules réunies par un lis,,, ' dense et très abondant , dont le nombre Tu J «""'a-re variables. I, y a „„ ov'aire de c ^e c„ SI T utérus. LesOiseauxn.ontou'un se»L2Zt tlT°- °" a« devant de la colonne vertébrale : ou Z ZTÙ
ovatres se développe si peu, qu'il semble n'en exist oîf seul. C'est nue sorte de grappe formée d'œufe de tou^ seurs; les plus gros son, jaanes, les plus ^ £ * ^Os- Dans les Reptiles, on retrouve deux ovaires a* dont les œufesont tantôt agglomérés rlT j US,déveloPPes> et "oia0giomérés,commedanslesgrenouilles
et les crapauds; tantôt placés à la file les uns des autres, comme les grains d'un chapelet, ainsi qu'on le voit dans les tortues.
Les Poissons nous montrent deux ovaires entièrement semblables , pour la forme et la position , aux testicules dans les mâles. Ils sont sous forme de deux sacs occupant une grande partie de l'abdomen et remplis d'une quantité innombrable d'œufs , tous dans le même état de développement et par conséquent de la même grosseur. Le nombre de ces œufs est quelquefois prodigieux. Ainsi on en a compté 48 à 50,000 dans un hareng, environ 383,000 dans une tanche , 1,000,000 dans un turbot, et dans un gros esturgeon qui fut péché dans la Seine auprès de Neuilly , on évalua le nombre des œufs à environ 1,467,856, l'ovaire pesant en totalité 18 livres 4 onces. Les ovaires existent également dans les autres classes d'animaux, et de même que le testicule, ils finissent par n'être plus qu'une réunion de tubes ou de vaisseaux simples ou ramifiés, offrant souvent des appendices en forme de cul de sac, ou bien enfin ils ne consistent qu'en un seul vaisseau flexueux, ainsi qu'on le remarque dans beaucoup de vers.
Les germes, pour passer dans l'utérus, traversent un canal nommé trompe de Fallope. Il y en a une de chaque côté dans la femme et les autres Mammifères, qui, par leur extrémité inférieure, s'abouchent dans le fond de la matrice, tandis que par leur extrémité supérieure , qui est évasée , libre et flottante , elles peuvent, au moment delà conception, s'appliquer sur les ovaires. Cette extrémité dilatée se nomme le pavillon.
Dans tous les animaux autres que les Mammifères, ces conduits de l'ovaire se nomment oviductes , parce qu'en effet ces animaux sont tous ovipares. Les Oiseaux ayant un ovaire unique, n'ont aussi qu'un seul oviducte, ouvert et évasé supérieurement en forme de pavillon, venant se terminer inférieurement dans le cloaque.
Il y en a deux, au contraire, dans les Reptiles et les Poissons, où souvent ils n'existent pas, les sacs ovariens communiquant immédiatement avec le cloaque.
Cet organe se rencontre également dans la plupart des animaux qui manquent de squelette articulé intérieur.
Dans les actinies, parmi les Radiaires, les oviductes sont nombreux et viennent s'ouvrir dans l'estomac. Autour de ce dernier organe on voit plusieurs corps en forme de grappe de raisins, que Spix considère comme des ovaires. A ces corps succèdent des canaux ou oviductes qui se réunissent plusieurs ensemble, et finissent par s'ouvrir dans la cavité stomacale par plusieurs ouvertures distinctes. Il résulte de là que ces animaux rendent leurs œufs ou même, selon Rapp, leurs petits vivans par la boucbe.
L'utérus ou matrice est l'organe où les germes doivent, après avoir été fécondés, se développer et s'accroître, jusqu'au moment où ils pourront vivre par eux-mêmes et se séparer de 1 individu dans lequel ils se sont formés. Cet organe ne doit donc ex.ster que dans les animaux dont les petits ne subissent aucune métamorphose, et qui sortent constamment vivans du sein de leur mère, c'est-à-dire dans les Mammifères, qui sont les seuls animaux essentiellement vivipares. Il est tantôt simple et indivis, comme dans la femme, les singes et plusieurs autres animaux, tantôt son fond est partagé en deux longues cornes ainsi qu'on le voit dans beaucoup de Carnassiers, de Ruminans' la vache, la chèvre, la brebis, la jument, les phoques, etc.
Dans les Rongeurs, tels que les lapins, les souris, les rats, etc la matrice est complètement double. Chacune d'elles en effet' sous la forme d'une sorte d'intestin, vient se rendre par une ouverture particulière dans la partie supérieure du vagin
Enfin certains animaux anomaux, tels que les kanguroos, les pnalangers , les sarigues, la matrice est quelquefois triple ou même quadruple.
Dans les animaux supérieurs, la matrice s'ouvre par un col Îesteu KdeStiné soit à l'accouplement, soit à conduire
les fœ s au dehors qu'on nomme vagi«, et dont l'ouverture extérieure, quand elle est distincte de celle des organes de la digestion , a reçu lé nom de vulve.
Les organes sexuels, ainsi que nous l'avons vu dans l'énumération rapide que nous venons d'en faire, existent dans l'immense majorité des animaux connus. Cependant il en est un certain nombre, parmi ceux dont l'organisation est la plus
CONSIDKrtATIONS GENERALES
simple, où ils paraissent manquer complètement. Néanmoins ces animaux se reproduisent également, mais à la manière de beaucoup de plantes, c'est-à-dire par des espèces de bourgeons qui se développent sur différens points de leur corps, et qui donnent naissance à de nouveaux individus. C'est ce qu'on observe dans beaucoup des animaux connus sous le nom de polypes : ce mode de reproduction se nomme génération gemmipare. Certains vers se partagent en un grand nombre de fragmens, qui chacun se changent en un nouvel individu. C'est à ce mode particulier de reproduction qu'on a donné le nom de génération tomipare , ou par parties , ou par boutures.
Les petits, au moment où ils sortent du corps de leur mère, sont tantôt nus et déjà tout formés , comme dans les Mammifères, tantôt renfermés dans un œuf; de là la distinction des animaux en vivipares et ovipares. Dans les animaux ovipares, tantôt les œufs ont été fécondés lorsqu'ils étaient encore dans l'intérieur de la femelle , comme dans les Oiseaux , parmi les vertébrés et tous les animaux invertébrés 5 tantôt la fécondation n'a lieu qu'au moment où ils sont pondus, comme dans les grenouilles et les crapauds, dont les mâles se placent sur le dos de leurs femelles et fécondent les œufs au moment où ils sortent du cloaque : tantôt enfin ces œufs ne sont fécondés que plus ou moins long-temps après avoir été pondus, ainsi que cela a lieu dans tous les Poissons ovipares.
Parmi les animaux ovipares, il n'y a que les Oiseaux qui aient besoin de couver leurs œufs, pour que le germe qu'ils contiennent se développe.
Les petits des animaux ovipares, au moment où ils se débarrassent des enveloppes qui les recouvraient , ont tantôt la forme qu'ils doivent conserver toute leur vie; tantôt, au conraire, ils se présentent sous une forme différente , et subiront plus tard des changemens ou métamorphoses pour arriver à leur état définitif. Ces métamorphoses ne s'observent que dans certains Pieptiles, parmi les Vertébrés et dans presque tous les Insectes. Ainsi les grenouilles, en sortant de leur œuf , sont organisés à peu près comme des poissons ; on les nomme têtards. plies respirent au moyen de branchies, ont une longue queue,
des nageoires au lieu de pattes. Le papillon en sortant de son œuf passe successivement par les états de chenille et de chrysalide , avant d'arriver à son développement parfait et à son état définitif.