‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 2)Chapitre 151 sur 170 · ADDITION · texte numérisé non relu

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SUR hJi DISPOSITION DES ORGANES DE LA CIRCULATION DANS LA CLASSE DES ANNÉLIDES. (Voy. p. 17 et 237.)

Tout récemment M. Milne Edwards a présenté à l'Académie des Sciences de l'Institut (séance du 30 octobre 1837) un travail fort important sur la disposition des organes circulatoires dans les animaux de cette classe. Nous en extrairons les particularités suivantes : les organes de la circulation sont très variables parmi les genres des Annélides. Dans la Têrèbelle nébuleuse, on trouve, dit M. Edwards , sur la ligne médiane du dos, immédiatement sous les tégumens communs et à la partie antérieure du corps, un gros vaisseau qui repose sur le tube digestif, et qui est le siège de contractions irréguliéres. Ces contractions poussent d'arrière en avant le sang contenu dans son intérieur. Ce vaisseau dorsal remplit par conséquent les fonctions d'un cœur , et si l'on voulait le comparer à ce qui existe chez les animaux supérieurs, il faudrait le considérer comme le représentant du cœur pulmonaire ou du cœur branchial des poissons. Son extrémité antérieure donne en effet naissance aux vaisseaux qui portent le sang aux branchies, et ce sont ses battemens qui envoient ce liquide dans ces organes, où s'effectue le travail de la respiration et de l'hématose. C'est par son extrémité postérieure que ce vaisseau dorsal reçoit le sang, par plusieurs veines, dont la disposition est assez compliquée. Le sang après avoir respiré dans les branchies pénètre dans les vaisseaux qui vont déboucher dans un canal médian situé au dessous du tube digestif, et au dessus du cordon ganglionnaire. Ce vaisseau ventral et ses branches remplissent les fonctions du svstèmc artériel, et ce sont les branchies elles-

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mêmes qui donnent l'impulsion au sang dans leur intérieur. En effet ces organes se contractent de temps en temps avec force et lancent ainsi le sang qui a respiré dans les vaisseaux destinés à le distribuer aux diverses parties du corps. Il y a donc ici deux agens d'impulsion : le vaisseau dorsal qui se contracte pour pousser le sang veineux dans les branchies, et les branchies elles-mêmes qui se resserrent pour envoyer le sang artériel dans les diverses parties du corps. Une disposition analogue à celle que nous venons de décrire se remarque dans les genres Arénicole, , Amphinomc et Euphrosine.

Les vaisseaux sanguins se distribuent à peu près de la même manière dans le genre Eunice. Mais le cours du sang n'est pas déterminé par les contractions des branchies ni du vaisseau dorsal. A la base de chacune des branches transversales du vaisseau ventral sont des renflemens bulbiformes et contractiles. Ces bulbes, au nombre de deux dans chacun des anneaux du corps, excepté les six ou sept premiers, par leurs contractions , envoient le sang aux branchies en même temps qu'aux autres organes. Ce sont donc véritablement autant de cœurs, et on en compte quelquefois plusieurs centaines dans le même animal qui sont indépendans les uns des autres. Il faut noter en même temps que la portion du cercle circulatoire qui chez les Térébelles contient du sang artériel, en contient de veineux chez les Eunices , et vice versa.

La coloration rouge du sang, que l'on observe généralement dans les Annélides, n'est point un caractère d'une aussi grande importance qu'on l'avait cru , car plusieurs animaux de celte classe ne le présentent pas. Ainsi clans le genre Polynoè le sang est légèrement jaunâtre; il est incolore dans les genres Sigaliou zlPhyUodocè. Enfin, dans une espèce du genre Sabelle observée à Cancale par M. Edwards, le sang est d'une couleur verte tirant sur l'olive.

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