Race blanche ou caucasique
Celte race , à laquelle nous appartenons , se fait remarquer par la beauté et par la régularité de l'ovale de la tète , par un front large et droit , par un nez souvent aquilin , une bouche de grandeur moyenne, des dents blanches et perpendiculaires sur les mâchoires, par des yeux grands et non obliques , par une peau blanche et rosée ou légèrement brune, par des cheveux fins et bouclés , mais dont la couleur varie beaucoup , et par son angle facial très ouvert et d'environ 85 degrés. C'est elle qui réunit au plus haut point les idées que nous nous sommes faites de la beauté des traits du visage , et de la juste et gracieuse proportion dans les formes du corps. C'est elle aussi qui a donné naissance aux peuples les plus civilisés du globe , à ceux qui ont dominé les autres , autant par la supériorité de leur génie et de leurs arts, que par la force de leurs armes. On lui a donné le nom de caucasique , parce que , suivant les traditions et la filiation des peuples, on arrive jusqu'aux chaînes du Caucase, étendues entre la mer Caspienne et la mer Noire , qui ont été le berceau de la race blanche , d'où ses rameaux se sont étendus en rayonnant dans les diverses contrées où on les voit établis aujourd'hui. Aussi les peuples voisins du Caucase , comme les Géorgiens et les Cir- . ; cassiens. sont-ils encore aujourd'hui considérés comme le type de ia beauté dans la race blanche.
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La race caucasique se divise en trois rameaux principaux , qui sont Y araméen, V indien , et le scythe ou larlare.
1° Le rameau araméen s'est dirigé vers le midi ; il a occupé d'abord la Syrie , a donné naissance aux Assyriens, aux Cl.aldéens, et à cette race si long-temps puissante et redoutable , les Arabes encore aujourd'bui indomptés. Des Arabes, sont nés les Phéniciens, les Juifs et les Abyssins, qui n'en sont en quelque 6orte que des colonies détachées à différentes époques de la race principale. La plupart des auteurs rapportent à ce rameau les habitans de l'Egypte. Les sciences , les arts et la littérature ont été cultivés par les peuples qui appartiennent au rameau araméen ; mais leur imagination fantasque et exaltée leur a toujours prêté des formes bizarres et figurées, que l'on retrouve si bien dans la littérature et l'architecture des Arabes.
2° Le second rameau, ou l'indien, est beaucoup plus étendu que le précédent , et les peuples qui le forment se groupent en quatre grandes tribus, selon les langues principales qu'ils parlent. Ces langues sont 1° le sanscrit, langue aujourd'hui iuusitée , si ce n'est dans la religion des Brames, dont elle est la langue sacrée ; mais elle a donné naissance à la plupart des langues de l'Indostan ; 2° la langue des anciens Pelages , d'où sont nés le grec , le latin , toutes les langues du midi de l'Europe , qui n'en sont qu'un dérivé , et une foule d'autres langues éteintes aujourd'hui ; 3° la langue gothique ou tudesque , qui est celle que parlent la plupart des peuples du nord de l'Europe, comme les Danois, les Anglais, les Allemands, les Hollandais, les Suédois, etc. ; 4° enfin la langue esclavonne, qui est la mère des langues du nord-est de l'Europe, comme le Polonais , le Paisse , le Bohémien , etc. C'est ce grand rameau de la race caucasique qui a porté le plus loin la philosophie , les sciences et les arts , et qui en est depuis trente siècles le dépositaire. Il avait été précédé en Europe par les Celles , dont les peuplades venues par le Nord , et autrefois très étendues , sont maintenant confinées vers les pointes les ' plus occidentales, et par les Cantabres , passés d'Afrique en Espagne, et aujourd'hui presque fondus parmi les nombreuses
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nations dont la postérité s'est mêlée dans cette presqu'île.
Les anciens Perses ont la même origine que les Indiens, et leurs descendans portent encore à présenties plus grandes marques de rapports avec nos peuples d'Europe. (Cuvier, Règne
anim., 2e édit., p. 81. )
5° Les Scythes et les Tartares forment le type du troisième rameau de la race blanche, et le passage a la race jaune ou mongolique. Il s'est dirigé vers le nord et le nord-est, et est allé peupler les vastes déserts de cette partie de l'Asie, où il vit encore en peuplades isolées ou nomades. Sous des chefs intrépides , ces peuples sont souvent descendus de leurs déserts, comme des torrens indomptés, détruisant tout sur leur passage. C'est ainsi que les Parthes ont renversé l'empire romain, que les Turcs subjuguèrent les Arabes, et étendirent leur fatale domination sur le reste de la nation grecque.
Plusieurs savans voyageurs, et entre autres M. Lesson, naturaliste de l'expédition autour du monde commandée par le capitaine Duperrey (1), rapportent au rameau1 scythe ou tartare les Malais et les Océaniens, que plusieurs auteurs considèrent comme faisant partie de la race mongolique.
Les peuples appelés Malais , dit M. Lesson (2). ont été réunis jusqu'à ce jour sous le nom de race malaise, quoiqu'ils ne diffèrent presque pas des Hindous. Ils forment seulement une variété de ce peuple , distincte et présentant quatre types qui sont: 1° le Malais propre; 2° le Javanais; 3° le Macassar ou Budjis; 4° l'Amboinais ou Timorien. Celte variété est confinée sur les îles équaloriales de l'archipel des Indes ou Malaisie, ainsi que nous la nommons , depuis Madagascar à l'est , les Philippines à l'ouest, la presque île de Malak au nord, et les terres des Papous au sud.
Le rameau océanien , que les auteurs placent dans la race malaise , n'est qu'une branche de la grande famille hindoue , dont elle a tous les caractères. Elle est disséminée sur les îles
(1) roy. Leson et Garnot, Zoologie du voyage, de la Coquille. Lesson. Hist. nat. des quadrupèdes et des oiseaux, faisant suite au Buffon du professeur Richard.
(2) Manuel de mammalogie, p. 24.
éparses de l'immense mer du sud , et peuple en grande partie toutes les terres de l'Océanie , depuis les Sandwich jusqu'à la Nouvelle-Zélande et l'île de Pâques.
2* Race jaune ou mongolique.
On reconnaît facilement les peuples qui appartiennent à cette race à leur visage large et plat, à leurs pommettes saillantes , leur nez ordinairement épaté , à narines découvertes, à leurs yeux longs et obliquement fendus , à leurs cheveux généralement noirs et plats , et à leur teinte plus ou moins olivâtre. Leur angle facial n'est que de 75 à 80 degrés. Le point de départ de cette grande race parait être la chaîne des monts Altaï qui séparent la Sibérie du plateau du Thibet. De là elle s'est étendue au nord et au midi de ces montagnes, et a formé ces hordes éparses dans le grand désert de l'Asie , et que nous connaissons sous les noms de Kalmoucks , de Kalkas , etc. , et le vaste empire de la Chine et du Japon. C'est elle aussi qui peuple les plages glacées des régions polaires de l'Asie et de l'Amérique. 1
Cette race offre quatre branches ou rameaux distincts; savoir : le Mantchoux , le Sinique , l'Hyperboréen et le Carolin.
1° Le rameau mantchoux comprend les peuples qui habitent toute la partie élevée de l'Asie orientale comprise entre l'Altaï et le Thibet depuis la mer Caspienne jusqu'aux confins de l'empire du Japon. C'est ce rameau qui a conquis assez récemment la Chine, et qui la gouverne aujourd'hui.
2° Le second rameau , qu'on nomme sinique. occupe la plus grande partie du vaste empire de la Chine , du Japon et de la Corée. C'est un des peuples les plus anciennement civilisés du globe, un de ceux où l'agriculture est le plus en honneur , et où un grand nombre d'arts sont portés à un point qui approche de la perfection. Mais sa religion, la forme de son gouvernement, et surtout le soin extrême de ne laisser pénétrer aucun étranger dans l'intérieur de l'empire, ont rendu et rendront encore long-temps sa civilisation stationnaire.
3° On nomme hyyerbôrcen ou esquimau le troisième rameau détaché de la race jaune , au nord des monts Altaï, et compre-
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nant une partie des Lapons, les Esquimaux , les Samoïèdes, les habitans de la côte nord-ouest de l'Amérique septentrionale et des îles Aléoutiennes. Ces peuples relégués au milieu des ré- ; gions glacées du pôle n'ont guère d'industrie que pour la pêche qui fournit à tous leurs besoins.
. 4° M. Lesson appelle rameau mongol-pèlagien ou carolin, celui qui peuple la longue chaîne d'îles nommée Archipel des Carolines dans le grand Océan- et qui s'étend depuis les Philippines jusqu'aux îles Mulgraves.
3° Race rouge ou américaine.
A l'exemple de plusieurs célèbres zoologistes, nous séparons comme une race distincte les peuples qui habitent les diverses contrées de l'Amérique , et que quelques auteurs considèrent seulement comme un rameau détaché de la grande race mongolique. Mais elle s'en distingue par plusieurs caractères, et entre autres par sa peau rouge et cuivreuse . ses cheveux noirs et plats, son visage large, mais à pommettes moins saillantes que dans la race mongolique ; leurs yeux sont grands et le plus souvent obliques ; en un mot, ces peuples se rapprochent beaucoup de la race mongolique, par l'ensemble de leurs traits. M. Bory de Saint-Vincent, naturaliste habile à qui l'on doit une histoire naturelle de l'homme , a reconnu trois types , qu'il considère comme des espèces distinctes dans la race américaine, savoir : 1° la colombique , qui paraît avoir eu pour berceau les monts Alléghanis et Apalaches, et de là s'être étendue soit au nord, soit au sud, vers les Florides, les Antilles , et les Guianes dans l'Amérique méridionale j 2° l'américaine proprement dite , qui occupe le bassin supérieur de l'Oréuoque , la totalité de celui des Amazones, le Brésil, le Paraguai; 3° enfin un dernier rameau est celui qui habite la pointe australe de l'Amérique au dessous du 40e degré sud. Elle se compose de ces peuplades éparses , peu nombreuses , connues sous le nom de Patagons. Le voyage de M. Alcide d'Orbigny dans la pointe nord de l'Amérique méridionale nous a fait bien connaître les caractères et les mœurs des habitans de la Patagonie : il a singulièrement modifié les idées exagérées que quelques voyageurs anciens
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nous avaient données de ces peuples , dont la taille n'excède pas de beaucoup , si môme elle lui est supérieure , celle des autre* habitans de l'Amérique méridionale. Au reste, les ouvrages de quelques voyageurs modernes , parmi lesquels nous citerons spécialement MM. Auguste de Saint-Maire, Spixet Martins, et M. d'Orbigny, devront être consultés avec soin par les naturalistes qui s'occupent de l'histoire des races humaines, et qui y trouveront des détails aussi intéressans que nouveaux sur les diverses branches de l'espèce humaine en Amérique.
4° Ilace noire ou africaine.
Cette race , si distincte de toutes les autres par la couleur noire de la peau et les traits de la physionomie , est également désignée sous les noms de mëlanienne et d: 'éthiopienne. Le visage est alongé , rétréci dans sa partie supérieure qui est fuyante ; élargi inférieurement, avec des mâchoires saillantes et des dents obliques en avant , et plus longues que dans les trois races précédentes; le nez est large et épaté, les lèvres grosses, la bouche large , les cheveux généralement courts et laineux , rarement plats et lisses. L'angle facial n'est guère que de 70 à 77 degrés, et quelquefois il est encore moins ouvert. Cette race nombreuse, nulle part civilisée, souvent réduite à l'esclavage, habite tout le midi de l'Afrique , l'île de Madagascar, les Hébrides , la terre des Papous , les îles de Salomon , la terre de Yan-Diemen et la Nouvelle-Hollande. On doit à M. Lesson des détails importans sur plusieurs des variétés de cette race. Voici la manière dont il l'a divisée dans son Manuel de Mammalogie.
Premier rameau , Éthiopiens : ils forment le type véritable des nègres africains : leur couleur est d'un noir foncé, leur téte étroite, leur crâne rétréci, les dents proclives, les pommettes proéminentes, les lèvres épaisses, le nez épaté, peu de barbe, des jambes arquées , les mollets peu marqués. C'est elle qui peuple le Sénégal , la Guinée et le Congo.
Deuxième rameau, Cafres. Les Cafres habitent une partie de la pointe d'Afrique, surtout la côte orientale et l'île de Madagascar. Ils sont plus grands que les Éthiopiens, mieux pris dans leur taille , bien proportionnés et ayant la peau d'un gris d'ardoise.
Troisième rameau, Hottcntols. Cette branche de la race africaine paraît être une des pins misérables, et, par plusieurs points de son organisation , elle se rapproche singulièrement des singes. Ainsi, suivant M. Lichstenstein , elle a, comme les singes , les deux os propres du nez soudés en un seul , et la cavité olécranienne de l'humérus percée d'un trou. Les Hottentots habitent les environs du cap de Bonne-Espérance. Leur angle facial est au plus de 75 degrés. Leur front est. proéminent au sommet, leurs cheveux courts et laineux, leur barbe rare, et la couleur de leur peau presque bistre.
Quatrième rameau, Papous. Ils ont une grande, ressemblance avec les Cafres, habitans de Madagascar. Leur peau est noire , mêlée d'un huitième de jaune. Les traits de leur visage sont assez réguliers ; leur nez épaté a les narines ouvertes en travers, leurs cheveux sont épais , noirs et médiocrement laineux. Ils sont répandus dans la terre des Papous, la Nouvelle-Irlande, la (Nouvelle-Calédonie , les Hébrides , l'archipel Salomon , etc.
Cinquième rameau. Les Tasmanniens , ou habitans de la terre de Van-Diémen ou Tasmannie, se rapprochent beaucoup par leurs caractères physiques des Papous , dont ils diffèrent surtout par leurs habitudes.
Sixième rameau, Alfourous-Indamencs. Ces peuples sont encore fort peu connus, parce qu'ils ont été peu observés par les voyageurs européens ; ils habitent l'intérieur de plusieurs grandes îles, et entre autres de la terre des Papous. Leur peau est noirâtre, leurs cheveux droits, rudes , leur face élargie avec des pommettes proéminentes, leur barbe est très noire et très touffue. Ils sont, au rapport des peuples qui ont avec eux quelques communications, extrêmement farouches et sauvages.
Septième rameau. Les Alfourous-Australiens sont les indigènes de la Nouvelle-Hollande, peuple aussi misérable que grossier, ayant l'air farouche , une peau noire , des cheveux épais , rudes et lisses , des dents saillantes et le nez épaté , les pommettes proéminentes, et les extrémités inférieures grêles et décharnées.