PREFACE
La. troisième partie de nos Éléraens d'histoire naturelle médicale comprend la botanique médicale. C'est la pins considérable et celle à laquelle nous avons forcément donné de plus grands développemens. Le nombre des inédicamens fournis par le règne végétal l'emporte de beaucoup sur celui que nous empruntons aux animaux et aux substances minérales. Destinant spécialement cet ouvrage à ceux qui se livrent à l'étude ou h la pratique de l'art de guérir, nous avons cru devoir en élaguer les détails botaniques trop minutieux, nécessaires dans les ouvrages destinés à faire connaître des faits nouveaux ou à éclairer quelque point de doctrine fondamentale, mais superflus lorsqu'il s'agit seulement de tracer avec exactitude et fidélité la physionomie propre à un petit nombre de végétaux déjà connus. Nous nous sommes donc efforcé de mettre dans nos descriptions la plus grande simplicité. Mais cependant il nous a été impossible de ne pas employer une foule de mots substantifs et adjectifs qui , ayant une acception propre et technique dans le langage botanique, pourraient arrêter ceux qui n'auraient
point étudié préalablement les principes généraux de la science. Aussi la lecture de cet ouvrage ne pourrat-elle être véritablement profitable qu'à ceux qui l'auront fait précéder de l'étude des Èlémens de la botanique générale , et de la physiologie végétale.
Dans l'exposition méthodique des végétaux dont nous traitons, nous avons adopté l'ordre des familles naturelles, comme étant à la fois le plus satisfaisant pour l'esprit, et le plus propre à généraliser les idées. En effet, nous verrons que les végétaux qui se trouvent rapprochés et réunis par l'analogie de leurs formes extérieures et de leur structure interne, jouissent généralement de propriétés médicales analogues etquelque- Ibis entièrement semblables. Cette classification offrira donc les plus grands avantages pour opérer la substitution de certains végétaux exotiques, ou de quelques autresqui, bien qu'indigènes, seraient difficiles à se procurer. C'est ainsique toutes les Malvacées étant émollientes, toutes les Crucifères acres et stimulantes, touiesles Gentianées amères et toniques, toutes les Labiées aromatiques, toutes les Apocynées acres, laiteuses et irritantes, le médecin pourra sans nul inconvénient employer indistinctement l'une à la place de l'autre chacune des plantes qui entrent dans ces familles. MaivS il remarquera aussi que certains groupes , quoique souvent composés de végétaux dont l'organisation est analogue , offrent des différences extrêmement tranchées dans les propriétés médicalesdontils sont doués. Il apprendra ainsi que dans ces familles, chaque végétal a^ant un mode (inaction différent sur l'économie animale, adcun d'eux ne pourra servir de succédané à un auti o. i\'ia)s il faut en convenir, le nombre des ordres naturels où l'on observé ces unofnaliés est incoin-
PRÉFACE. Vir
parablement plus petit que celui oîi existe la loi de l'analogie entre les caractères botaniques et les propriétés médicales. Les végétaux seront donc, dans cet ouvrage , disposés par groupes ou familles naturelles, et ces familles seront arrangées en classes d'après une méthode artificielle ; dont les caractères seront spécialement tirés de l'adhérence ou de la non-adhérence de l'ovaire avec le tube du calice.
Exposons maintenant la marche que nous avons suivie dans l'exécution de notre plan. Après avoir tracé d'une manière générale les caractères botaniques propres à une famille naturelle de plantes^ et avoir indiqué en quoi elle se rapproche et en quoi elle se distingue de celles qui l'a voisinent, nous donnons successivement les caractères génériques et la description de toutes les plantes de cette famille qui nous intéressent, comme médicament, comme poison^ ou enfin comme aliment. Aux noms français et latin de chaque espèce, nous ajoutons en général H" la citation d'une figure, choisie autant que possible dans l'ouvrage de Bulliard ou celui de Blackwel ; la partie de la plante qui est employée ; S'' le nom latin pharmaceutique ; 4° enfin, nous citons ses noms vulgaires les plus répandus.
Quant à la description des espèces, nous avons, autant que possible , cherché à la faire très complète, sans cependant répéter le caractère général que nous avons tracé en décrivant le genre. Lorsque nous décrivons plusieurs espèces d'un même genre, nous donnons en général plus d'extension à la description de la première dç ces espèces- et dans celle des suivantes, i^ous faisons seulement ressortir les dilTércuives (jii: les <Jistinguent de la première "dejîî dé(;rite. Parce moyen, nous avons évité de grossir inutilement le
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volume de cet ouvrage. Chaque description est terminée par l'indication du pays, des localités dans lesquelles croît chaque végétal, et de l'époqne où on voit ses fleurs s'épanouir et ses fruits parvenir à leur parfaite maturité.
La description des caractères des familles, des genres et des espèces, constitue la partie botanique de l'ouvrage. Nous y avons mis un soin tout particulier. Toutes nos descriptions ont été faites d'après nature , et non copiées dans d'autres livres, ainsi qu'on l'a fait trop souvent pour les ouvrages de ce genre. Toutes les espèces qui croissent en France ont été décrites sur des individus frais etvivans. La description des plantes exotiquesaété tracéesoitd'aprèsdes individus cultivés dans les jardins, soit d'après des échantillons secs, que nous possédons pour la plus grande partie dans notre propre herbier. Quant au caractère des genres et des familles, nous avons tâché d'y mettre toute l'exactitude et la précision possibles ; et les personnes qui les compareront avec ceux qui ont été donnés par les autres botanistes, s'apercevront facilement des changemens que nous y avons faits pour les rendre plus exacts et plus précis.
La description de chaque plante est suivie d'un article où nous la considérons sous le rapport médical. INous commençons par décrire la partie de cette plante qui est employée en médecine telle qu'elle nous est livrée par le commerce. Ainsi, après avoir décrit le cannellier, nous faisons connaître les différentes sortes de cannelle, leurs caractères distinctifs et leur analyse chimique. Nous suivons la même marche pour tous les autres médicamens, en sorte que leur histoire naturelle se trouve également traitée dans cet ouvrage.