PRÉFACE, IX
Les propriétés médicales de chaque plante sont exposées dans l'ordre suivant. Nous indiquons : ^" l'action immédiate que chaque substance exerce sur l'économie animale j 2" les changemens que cette action détermine dans les différens organes et les fonctions qui en dépendent; 5° les circonstances où l'emploi de ce médicament a été conseillé. Nous terminons en faisant connaître les préparations qu'on lui a fait subir pour faciliter son administration et les doses auxquelles on les prescrit.
Cette partie, la plus importante de l'ouvrage, est aussi celle qui nous a présenté les plus grandes difficultés. L'anatomie pathologique , en nous faisant mieux connaître les causes et la nature d'un grand nombre de maladies, a fait voir combien étaient vaines et ridicules les propriétés médicales attribuées à un grand nombre de végétaux. Lorsque l'on parcourt la plupart des ouvrages qui traitent des vertus des plantes, on est frappé, en voyant les merveilleuses propriétés attribuées à plusieurs d'entre elles dans le trai- ' tement des maladies les plus rebeller, qu'un si grand nombre d'altérations graves résistent aux méthodes curatives les mieux combinées. Que de plantes inertes auxquelles on attribue des propriétés extraordinaires ! Peut-on ne pas sourire lorsque l'on voit certains auteurs vanter avec une sorte d'enthousiasme l'efficacité des fleurs de bluet dans le traitement des fièvres intermittentes, et les sommités de galiet comme une sorte de spécifique contre l'épilepsie? Si nous n'avons pas toujours pu bannir de cette partie de notre ouvrage les propriétés qui nous paraissent peu d'accord avec la nature des altérations organiques contre lesquelles on les employait, nous avons cependant diminué de
heaucoMp la liste des maladies que chaque inédicajneiit devait vaincre; eu un mot nous avons fait tons nos efforts pour mettre cette partie de notre ouvrage plus en harmonie avec les progrès des autres sciences médicales. Peut-être , dans un ouvrage de ce genre, devrait-on se borner à indiquer l'action immédiate des médicamens et les effets secondaires qu'ils déterminent, sans parler de leurs propriétés curatives, qui sont aussi variables que ies causes nombreuses qui peuvent occasionner les maladies.
Indiquons ici sommairement aux personnes qui se livrent pour la première fois à l'étude de la botanique, la marche qu'elles ont à suivre pour en retirer les avantages les plus grands. Comme nous l'avons dit précédemment, il ne faut commencer à étudier les caractères des familles que quand on s'est famiharisé préalablement avec les principes généraux de la science; c'estr-à-dire avec la connaissance des organes de la plante et de leurs modifications^ qui^ en effet, servent de base aux caractères qui distinguent ies différens groupes de végétaux.
C'est particulièrement dans les jardins de botanique, où l'on trouve réunis et groupés en familles les végétaux de tous les pays, qu'on peut étudier avec le plus de fruit. Il ne faut pas croire qu'il t^iille suivre rigoureusement dans l'étude pratique la série des familles, telle qu'elle est indiquée dans notre ouvrage. On serait arrêté par des difficultés presque insurmontables. Et d'abord on ne peut étudier une famille que quand elle présente un assez grand nombre d'individus en fleur pour offrir des exemples des principales modifications de son organisation. Or, l'époque delà floraison devra donc d'abord être consultée. En second
lieu, il fiiiit une certaine habitude, que la pratique seule fait acquérir, pour bien saisir les caractères, quelquefois peu tranchés, qui distinguent les familles qui ont entre elles le plus de rapports et qui se suivent imnicdiatenient dans Tordre de la classification. Il est donc préférable d'étudier isolément et en quelque sorte d'une manière absolue les familles les plus saillantes de chaque grande classe, sans s'occuper d'abord des rapports qu'elles ont avec les autres familles qui les environnent. On s'est ainsi procuré un certain nombre de points bien connus , qui serviront plus tard de repère et de comparaison quand on étudiera les familles intermédiaires entre celles par lesquelles on a commencé.
Ainsi, par exemple, dans les Monocotylédons, il faut étudier : i° les Graminées, 2° les Liliacées, 5*> les Âniaryllidées, les Iridées , 5° les Orchidées. En effet celui qui connaîtra bien chacune de ces familles principales, saura facilement saisir les caractères différentiels des autres familles groupées autour de chacune d'elles, et les analogies ou affinités qui les lient les unes aux autres. On agira de la même manière pour chacune des grandes divisions du règne végétal.
Le but que se propose le médecin dans l'étude de la botanique, c'est d'arriver à connaître les espèces, qui lui offrent de l'intérêt comme médicament, aliment ou poison. Il ne faut donc pas se contenter d'étudier les caractères généraux des familles; il faut encore s'occuper de la connaissance des genres et des espèces. Mais ici on comprend qu'on pourra se borner a l'étude des genres ou des espèces indigènes, les seuls que le médecin aura par la suite occasion d'observer. Ce sont ces plantes, dont il faut bien connaître les ca-