Partie usitée : les feuilles
Cette espèce est également en touffes serrées, un peu plus grandes que celles de la rue des murailles ; ses feuilles, longues do six à huit pouces, sont portées sur un pétiole grêle, d'un brun foncé ^ elles sont simplement pinnées. Les folioles sont sessiles, arrondies, irrégulièrement dentelées, petites; celles qui occupent la partie inférieure sont anguleuses, presque triangulaires. Les fructifications constituent cinq ou six petites lignes à la face inférieure de chaque foliole , qui s'élargissent insensiblement.
Celle petite fougère est fort commune dans les fentes de ro-
48 BQTANIQUE.
chers un peu ombragés et humides, ainsi que dans les vieux murs. ^
Propriétés et usages. Les feuilles de ces deux fougères, ainsi que celles de la doradille noire ou capillaire noir {aspl. adianihum nigrum. L. ), sont ordinairement mélangées ensemble dans les pharmacies, et souvent substituées au véritable capillaire, c'est à dire à celui de Montpellier et du Canada, Cette substitution n'a d'autres inconvéniens que le peu d'arôme de ces espèces ; arôme qui est plus développé et très agréable dans le vrai capillaire. Du reste, ces plantes peuvent être employées dans les mêmes circonstances j car elles sont également un peu mucilagineuses et légèrement astringentes. Les médecins en font aujourd'hui peu d'usage, tandis qu'autrefois la rue des murailles était regardée comme une sorte de panacée.
ADIANTHE. - ADIANTHUM. L. J.
Sporules réunies en ligne interrompue sur le bord des feuilles roulé en dessous, qui leur sert de tégument et s'ouvre de dedans en dehors.
Adiaisthe capillaire de Montpellier. Andianthum capillus Veneris. L. Sp. 1558. Bull. Herb. t. 247.
Nom pharmaceutique : adianthum capillus veneris. Partie usitée : Us
feuilles.
Nous trouvons dans cette plante une souche vivace , des feuilles toutes radicales . pétiolées , longues de six à dix pouces , décomposées en un grand nombre de folioles cunéiformes , minces , très glabres , incisées sur leur bord supérieur , dont les divisions sont roulées en dessous pour envelopper les sporules et former autant de petits paquets séparés.
Le capillaire de Montpellier croit dans les lieux humides , sur le bord des fontaines , dans les puits des provinces méridionales de la France, ll^
Usages et propriétés. Son odeur et sa saveur sont légèrement aromatiques et agréables : il est un peu mucilagineux. On l'emploie principalement en infusion dans les affections catarrhales
FOUGKRBS. 49
peit intenses. Le sirop de capillaire se fait en versant du sirop simple et bouillant sur des feuilles de capillaire.
Le capillaire du Canada. {Adianth. pedatum. L.) Ses feuilles sont plus grandes , ses pétioles plus longs et ramifiés seule* ment à leur sommet , de manière que toutes leurs branches partent en divergeant du même point , ce qui forme la disposition des feuilles que l'on nomme feuilles pédalées. Chaque foliole est comme rhomboïdale , incisée vers son milieu , et n'offrant de fructifications qu'à son bord supérieur. Il est employé aux mêmes usages que le précédent , et mélangé avec lui dans le commerce. Il est originaire de l'Amérique septentrionale. C'est presque le seul dont on fasse usage aujourd'hui,
OSMONDE. — OSMUNDA. L. J.
Capsules arrondies, pédicellées , à une seule loge , s^ouvrant en deux valves , disposées en grappe terminale , ou rapprochées sur le dos des feuilles.
OsMONDE royale. Osmuiida regalis. L. Sp. 1521. Lamk. lU.
Noms vulgaires -.fougère royale, fougère fleurie. Partie usitée : la racine.
La racine de celle fougère est rampante , composée de fibres alongées, d'un brun foncé. Ses feuilles sont toutes radicales, fort grandes , hautes de trois à quatre pieds , bipinnées , à divisions opposées. Les folioles sont ovales , obtuses , comme tronquées à leur base, marquées sur leur face inférieure de nervures assez apparentes ; elles sont tout à fait glabres. La grappe est terminale à la partie supérieure des feuilles , aux dépens de laquelle elle semble s'être formée ; elle est rameuse , d'une couleur fauve, quand les capsules sont mûres.
L'osraonde se plaît dans les lieux marécageux et tourbeux : elle vient en touffes serrées auprès des buissons de Montmorency, Saint-Léger, etc., etc. y:
Propriétés et usages. La racine de fougère royale a été enip oyée autrefois contre un grand nombre de maladies, mais plus particuhèrenaent contre les scrofules et }q rachitis. M, le ^' 4
doclcar Aubcrt , de Genève , a rapporté, dans le Journal général de Médecine de 1813 , plusieurs observations de guérison d'affection racliillque par l'usage de l'extrait de fougère royale, à la dose de trois à quatre gros par jour. Cependant ce médicament est presque entièrement abandonné par les praticiens.
Nous nous sommes contenté de décrire quelques unes des Fougères dont l'usage avait été introduit dans la médecine par les praticiens anciens. Nous avons cru inutile d'en faire connaître un plus grand nombre , parce qu'aucune de celles que nous avons omises à dessein ne présente d'intérêt pour la thérapeutique. Nous allons simplement mentionner ici celles qui •ont joui de quelque réputation :
'1** La racine de la fougère femelle (aspidium filix fœmina Swartz) jouit à peu près des mômes propriétés que celle de la fougère mâle , quoique à un degré plus faible. On peut en dire an tant de la racine de pterïs aquilina.
2° Les feuilles de scolopendre ou langue de cerf [scolopendrium officinaruni^'iWà.) ont été recommandées dans V obstruction des viscères abdominaux.
3" Il en est de même du cétérach ( ceterach officinarum Sw.) dont les feuilles étaient réputées propres à combattre l'asthme , les affections catarrhales , etc.
Aujourd'hui ces médicamens sont tombés dans un oubli mérité.
Propriétés médicales et usages des Fougères. Les plantes de cette famille ne présentent rien de remarquable , lorsque l'on considère les avantages que l'homme en retire. En effet, les propriétés dont elles sont douées n'ont rien de saillant. Lés feuilles d'un grand nombre de Fougères sont mucilagineuses , légèrement aromatiques et astringentes , et employées comme béchiques : telles sont principalement les espèces désignées sous le nom de capillaires. Quant aux racines , c'est à dire aux tiges souterraines, que l'on regarde communément comme des racines, elles ortt, dans un très grand nombre d'espèces, une sa-
FOUGjÈRES. il
veur amère , acerbe , plus ou moins âcre , et sont placées parmi les médicamens antheiminliques. La racine de polypode de chêne offre au contraire une saveur sucrée assez agréable. Cependant quelques espèces exotiques ont leur tige souterraine ou souche plus épaisse , plus charnue , et dans quelques contrées elle sert d'aliment aux habitans du pays. Ainsi, à la Nouvelle-Hollande , à la Nouvelle-Zélande, à la Tasmanie , et dans plusieurs autres îles de cette partie du monde , les naturels mangent les racines du pteris escidenta et de quelques autres espèces. Mais ce végétal ne fournit qu'un aliment grossier et peu substantiel, contenant seulement un peu de fécule, qui contribue en partie à la chétive constitution des peuples de l'Australasie. Il n'y a pas , dans celte famille , de plantes vénéneuses.
Outre les familles dont nous venons de tracer les caractères et l'histoire , plusieurs autres ^ appartenant aussi à la première classe, contiennent quelques végétaux qui ont joui autrefois d'une certaine réputation ; mais comme ils ne sont plus employés aujourd'hui, nous n'avons pas cru devoir grossir inutilement ce volume en les décrivant avec détail; nous nous contenterons donc de les mentionner rapidement, ployez, pour de plus grands détails sur les plantes cryptogames , dans mes Elémens de Botanique^ le chapitre qui traite de l'orgamsation des plantes agaraes.
1° Les Hypoxylées. Ce sont de petits êtres qui tiennent le milieu entre les Lichens et les Champignons parasites. Aupun d'eux n'a de propriétés connues.
2° Les Hépatiques. Elles ont en général le port des Mousses. Elles ne sont plus employées. La marchantia polijmorpha était regardée par les anciens comme propre à combattre les maladies du foie ; de là son nom vulgaire d'hépatique.
Une autre petite plante de celte famille , la marchanda hemisphœrica , qui croît en abondance dans presque toutes les contrées de l'Europe, dans les cours et les endroits humides et ombragés, a été l'objet de recherches inléressantos qui sembleraient
l'appeler à jouer un certain rôle dans la thérapeutique. Depuis un temps immémorial , elle est vulgairement employée en Irlande dans le traitement des hydropisies passives. M. le docteur Th. Shorlt , médecin de l'Infirmerie royale d'Edimbourg , a fait avec cette plante des essais qui luiont parfaitement réussi. (V. The Edinb. med. and surg. Journ. , janvier 1833, et Jrch. gén. de Méd., janv. 1833). » Depuis plusieurs années, dit M. Shortt, j'emploie celte plante dans les hydropisies. Dans un grand nombre de cas, elle a produit des effets réellement surprenans; mais , de même que les autres diurétiques, elle a échoué dans quelques circonstances. Je ne l'ai guère administrée en décoction : ses effets à l'intérieur m'ont semblé peu satisfaisans; mais employée à l'extérieur sous forme de cataplasme , je la regarde comme d'une haute importance. On prépare ces cataplasmes en faisant bouillir, pendant environ douze heures , deux poignées de la plante fraîche et lavée ; on mélange cette pulpe avec de la farine de graine de lin, et on en fait des cataplasmes que l'on applique sur l'abdomen, ou les jambes quand celles-ci sont infiltrées. 3) M. Shortt cite un assez grand nombre de cas où la marchantle lui a parfaitement réussi. Rien ne serait plus facile que de répéter ces expériences , cette petite plante étant extrêmement commune dans notre pays,
3" Les Mousses. Cette famille , fort nombreuse en espèces , est très distincte des autres par son organisation. Le polytric commun [polijt. commune. L.) était employé autrefois comme béchique et sudorifique.
4° Les Lycopodiacées sont intermédiaires entre les Mousses et les Fougères. Il s'échappe de leurs capsules une poudre sans odeur, ti-ès fine et légère , que l'on emploie comme absorbante à l'extérieur, surtout pour recouvrir les excoriations qui se forment dans différentes parties du corps des nouveaux nés. Cette poudre s'enflamme et brûle avec tant de rapidité qu'elle ne peut communiquer le feu aux objets environnans.
5" Les Équisétacées ou Prèles. Toutes sont plus ou moins astringentes ; quelques unes ont été employées comme diurétiques, Une espèce, erjuisetum hyemale, recouverte d'aspérités
FOUGÈRES
rudes et fiives , sert h polir les bois , et à rendre aux ustensiles de métal leur poli et leur éclat.
La propriété diurétique des espèces du genre Prèle {eqidsetum), qui forme à lui seul cette famille , a été connue des médecins les plus anciens ; mais on y avait fait peu attention. Cependant récemment le professeur Lenhossec^ de Vienne, a tenté de nouvelles expériences avec ce végétal , et en a constaté la propriété diurétique. L'intensité de cette propriété v:!rie suivant les espèces. C'est ainsi qu'elle est faible dans les Eqiiisetiim arvense, E. varie gatum ^ E. ramosum et E. palustre, espèces qui croissent communément dans nos champs ou nos marais 3 tandis qu'elle est très développée dans les E. hyemalc et E, Umosurn , à tel point même que souvent elles déterminent l'hématurie.
La plante sèche doit être préférée à la plante fraîche , et c'est surtout sous forme de décoction qu'elle doit être administrée. Cette décoction se prépare avec deux ou trois gros de la plante sèche, qu'on fait bouillir dans une livre d'eau. On en donne toutes les deux heures une ou deux cuillerées aux enfans , et de trois à six onces aux adultes.
Selon le professeur Lenhossec, l'action de ces végétaux n'a rien d'irritant pour les voies digestives , et n'apporte aucun trouble dans la circulation. C'est surtout contre l'accumulation de sérosité par atonie , ou à la suite d'affections exanthémaf iques , qu'il en conseille l'usage. On doit au contraire le proscrire toutes les fois qu'il y a inflammation. (V. Edinb. med. and surg. Journ., janv. 1827; Arch. gén. de Méd. , t. 16, p. 456; Journ. de Chim. méd., 3, p. 554. )
On extrait des Prèles un acide , qu'on a d'abord nommé cquisétique , mais qui s'est trouvé être identique avec un des acides provenant de la distillation de l'acide maliquc , l'acide inaLcique,
PLANTÉS MONOGOTYLEDONÉES.
-aats —