‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 11 sur 187 · Partie usitée : la racine · texte numérisé non relu

Partie usitée : la racine

La souche de cette plante est horizontale, épaisse , charnue, blanchâtre à Tinlérieur^ brune et écailleuse à l'extérieur. Ses feuilles sont longues de huit à douze pouces , pétiolées , ovales , lancéolées , profondément pinnatifides ; les découpures sont entières , lancéolées , parallèles , et diminuent de longueur et de largeur eu s'approchant du sommet. Les fructifications forment des groupes arrondis , disposés longitudinalement sur les deux côtés de la nervure que présente chaque division.

Le polypode croît sur les vieux murs, dans les décombres, etc.

Propriélés et usages. La racine du polypode a une saveur douce et sucrée : elle est fort peu employée , parce que ses propriétés sont presque nulles. Réduite en poudre , on l'emploie soit comme absorbant à l'extérieur, soit pour rouler des pilules. Elle contient une certaine quantité d'huile grasse , qui se rancit facilement et lui communique une saveur fort désagréable quand elle est ancienne. Selon Pfaff , elle est composée d'une résine de couleur jaune , de tannin modifié , d'une matière douce , de gomme , et enfin de fibre végétale.

Polypode calAlGUALA. Polypodium calaguala. Ruiz.

Nom pliarmaceutique : radix calagiialœ.'^ioms vu'gaires : calaguala,

calahuula.

Celte fougère offre une souche ou racine horizontale rampante, flcxueuse, de la grosseur du doigt, écailleuse, donnant naissance à plusieurs fibrilles grêles et rameuses , et à des feuilles alternes, entières, lancéolées, étroites, longues de huit

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à douze pouces, ayant les bords réfléchis en dessous , et portées sur des pétioles de deux à trois pouces de longueur. Les feuilles présentent à leur face inférieure des sporules réunies en petits groupes arrondis et disposés en quinconce.

La calaguala croît dans les régions montueuses du royaume du Pérou.

La description que nous venons de donner de cette plante est bien différente de celle qui est rapportée par la plupart des auteurs, qui regardent la racine de calaguala comme provenant de VaspidLum coriaceum de Swartz. Mais nous nous sommes conformé à l'opinion de Piuiz, qui, dans son mémoire sur la véritable racine de calaguala, donne la figure et la description de la fougère dont la racine porte ce nom.

Propriétés et usages. La racine de calaguala, telle qu'elle nous est livrée par le commerce, est sous la forme d'une souche alongée, rougeâtre, écailleuse et mamelonnée, d'une saveur huileuse et désagréable. D'après l'analyse de Vauquelin, elle contient une matière gommeuse, une résine âcre et amère de couleur rouge, de l'amidon, une matière sucrée, de l'acide malique, quelques sels et du ligneux. Don Hippolyte Ruiz est le premier qui ait appelé l'attenlion des médecins européens sur ses propriétés médicales. Mais il paraît que son usage était depuis fort long-temps connu des praticiens du Nouveau-Monde. On l'a surtout beaucoup vantée comme un médicament excitant, ayant une action spéciale sur le système exhalant. Aussi l'a-t-on principalement préconisée comme sudorifique dans le traitement du rhumatisme chronique et de la syphilis constitutionnelle. Mais quelques essais tentés en France n'ont point justifié les éloges qui lui ont été prodigués par plusieurs médecins espagnols. Peut-être serait-il naturel d'attribuer la différence des résultats que l'on a obtenus à la différence des racines que l'on a employées sous le nom de calaguala ; car il est certain que celles de plusieurs fougères sont désignées sous ce nom dans le commerce, puisque la plante décrite et figurée par M. Ruiz s'éloigne entièrement de celle de Cavanilles et de Swartz. Mais comme nous ne manquons pas de médicamens 9«doriftç[uts , même parmi Ie« indigènes, on peut sans beau-

coup d'inconvénlens négliger l'emploi de la racine de calaguala.

NÉPHRODE. - NEPHRODimi. Richard.

Sporules disposées en points arrondis, épars, recouverts d'un tégument réniforme, attaché par son échancrure seulement, et devenant libre dans tout le reste de sa circonférence.

Néphrode fougère MALE. JSephrodium fdix mas. Rich. Cat. hort. méd. Polypodiuni filix mas. L. Sp. 1551. Bull., t. 183.

Nom pharmaceutique : filix. mas. Partie usitée : la racine.

Sa racine est une souche souterraine, horizontale, delà grosseur du pouce, noueuse, brune et écailleuseà l'extérieur, blanchâtre en dedans. Ses feuilles sont grandes, hautes d'environ deux pieds, pétiolées, ovales, lancéolées, pinnées : les pinnules sont très longues, rapprochées les unes des autres j chacune d'elles est profondément pinnatifide, à divisions dentées, obtuses, confluent2s parla base, et inclinées vers le sommet de la pinnule. Les pétioles sont courts, d'un brun foncé, et tout couverts d'écaillés minces et brunes; les fructifications sont réniformes, arrondies, ombiliquées à leur échancrure et s'ouvrent dans tout le reste de leur circonférence.

La fougère mâle croît dans les lieux ombragés, dans les bois un peu humides, aux environs de Paris. ^

Propriétés et usages. La racine de fougère mâle a une odeur assez désagréable, une saveur amère et un peu astringente. On l'employait autrefois comme apérilive -, mais aujourd'hui on restreint ses usages à expulser les vers du canal alimentaire. Sous ce dernier rapport , elle est encore souvent mise en pratique, particulièrement pour le traitement du iœnia ou ver solitaire. Mais on a beaucoup trop exalté ses propriétés Elle n'agit pas plus efficacement, dans ce cas, que les autres substances amères et toniques; et donnée seule, c'est un médicament peu sûr, et qui peut être facilement remplacé par d'autres

!îorpt'''u'' P'-^-ticulier par les purgatifs, le mercure uoux, J absinthe, etc.

4t» BOTAKIQCS.

Cependant on prépare, ainsi que l'a indiqué M. Pescluer de Genève, avec la fougère mâle, un extrait résineux qui jouit de propriétés anthelraintiques très énergiques. D'après les observations du docteur J. J. Libers (V. Journ. chiin. mécL, fév. 1829) , l'extrait résineux obtenu par l'éther des jeunes pousses ou de la racine de fougère mâle, à la dose de 12 à 2i grains en pilules, partagée en deux prises , l'une le matin et l'autre le soir, est un remède qui jouit d'une sorte de propriété spécifique dans le traitement du taenia. Il tue le ver promptement, et l'expulse doucement, c'est à dire sans produire des secousses violentes et sans causer d'accidens. Il fait également rejeter les ascarides, avec cette différence qu'il ne les tue pas, tandis qu'il tue le taenia. On administre la racine de fougère à la dose d'une once aune once et demie en décoction, dans seize onces d'eau ; ou en poudre, à la dose de deux gros à une demi-once étendue dans la tisane ou du vin, et répétée plusieurs fois de su te. Ou en formait aussi des électuaires.

Une particularité remarquable, c'est que les préparations de fougère mâle, et particulièrement l'oléorésine, chassent le botryocéphale à anneaux \arges [botrjocephaliis latus) et n'a point d'action contre le taenia commun {tœnia soliiini). On peut expliquer ainsi pourquoi ce médicament réussit si bien en Suisse et dans le nord de l'Europe, tandis qu'à Paris il est presque sans efficacité.

On met rarement ce remède seul en usage pour l'expulsion du taenia; on y associe ordinairement les purgatifs drastiques, le mercure doux ou l'éther.

D'après l'analyse qui en a été faite récemment par M. Morin, pharmacien à Rouen, cette racine se compose : 1" d'une huile volatile ; 2° d'une matière grasse formée d'élaïne et de stéarine; 3° des acides gallique et acétique; 4° de sucre incristallisable; 5" de tannin; 6° d'amidon; 7° d'une matière gélatineuse insoluble dans l'eau et dans l'alcool; 8° de ligneux et de différens sels. [Journ. de pharm., mai 1824.)

DORADILLE. - ASPLENIUM. L. J.

Fructifications disposées par plaques alongées, éparses, re-

FOUGÈRES. 47

couvertes d'un tégument écailleux, linéaire, qui part latéralement d'une nervure secondaire, et s'ouvre d'un seul côté de dedans en dehors.

DoRADiLLE RUE DES MURAILLES. AspUniuni ruta Tiiuraria. L. Sp.

1531. Bull. t. 195.

Nom pharmaceutique : ruta muraria. Noms vulgaires : saui-e-çie, rue des murailles. Partie usitée : les feuilles.

Celte petite fougère croît par touffes serrées, hautes de deux ^ trois pouces, dans les fentes des rochers, des vieilles murailles. Ses pétioles sont bruns, simples et nus dans leur moitié inférieure, ramifiés et décomposés supérieurement, et portant de petites folioles irrégulièrement arrondies, un peu épaisses, coriaces, glabres^ que l'on a comparées à celles de la rue officinale ; ces folioles sont courtes, obtuses, inégalement dentées. Les fructifications se montrent d'abord sous la forme de deux ou trois lignes étroites à la face inférieure de chaque foliole , qui bientôt, par le développement de ces lignes, en est presque entièrement recouverte.

La rue des murailles est très commune aux environs de Paris et dans presque toute la France. 7^

DoRADiLLE poLYTRic. AsplenÎLim trichomanes L. Sp. 1540. Bull.,

Nom pharmaceutique ; tnchotnanes. Nom vulgaire '.polytric des boutiques.

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