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on reliro aussi un autre extrait à peu près semblable d'un palmier connu sous le nom d'Jreca catechu, mais qui n'est usité que clans l'Inde. Le cachou du commerce est en pains aplatis , du poids de trois à quatre onces , d'un brun rougeâtre, d'une cassure terne , sans odeur, d'une saveur d'abord âpre , ensuite douce et très agréable. On en distingue deux variétés, nommées cachou du Bengale et cachou de Bombay. La première contient, sur 200 parties, 97 de tannin et 73 de matière extraclive; la seconde , 109 de tannin et 68 d'extractif. Le tannin de cachou précipite les sels de fer en vert.
Suivant Runge , le cachou contient une combinaison cristallisable de son tannin avec une base. Bûchner a extrait du résidu du cachou insoluble dans l'eau un acide nouveau qui cristallise en aiguilles et qu'il nomme catéchucique.
La composition chimique du cachou , et l'impression qu'il détermine dans nos organes , indiquent assez à quelle classe de médicamens on doit le rapporter. C'est parmi les agens toniques qu'il doit être placé. Donné à petite dose, le cachou excite les fonctions de l'estomac . augmente l'appétit et favorise la digestion. A des doses plus fortes, on l'emploie avec avantage pour combattre les catarrhes chroniques , et surtout la diarrhée. Un demi-gros de cachou , dissous dans une peinte d'eau de riz , forme une boisson très utile pour les individus faibles , affectés de diarrhée opiniâtre. La même substance n'est pas moins efficace dans les hémorrhagies dites passives ^ quand il n'y a ni fièvre , ni douleurs vives.
Tantôt on l'administre sous forme de pilules , à la dose de six, douze ou vingt grains, surtout lorsque l'on veut agir localement sur l'estomac. Tantôt on le donne à celle d'un demigros, dissous dans un véhicule convenable. Cette substance s'administre aussi en lavement ou en injection.
Propriétés médicales et usages des Légumineuses.
Celte famille, par le grand nombre de médicamens et de substances nutritives qu'elle fournit, mérite un intérêt tout particulier de la part du médecin. En exposant les caractères des divers genres , nous avons fait remarquer les différences 3. 45
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souvent fort tranchées qui existent entre eux • ces différences , nous les retrouverons également dans les propriétés médicales des légumineuses , et dans leur mode d'action sur l'économie animale. Pour mettre de l'ordre dans l'exposition de ces propriétés, nous les étudierons d'abord d'une manière générale dans chacun des organes qui en sont doués; nous terminerons par une récapitulation rapide des différons produits que les Légumineuses fournissent à la thérapeutique , aux arts et à l'économie domestique.
Nous trouvons dans la famille des Légumineuses : 1° des médicamens purgatifs 2" des substances toniques et astringentes ; 3° des résines et des baumes; 4" des agens aromatiques et excitans; S° d'autres qui sont sucrés; 6° des principes colorans très précieux; 7° des huiles; 8° des gommes ; 9° enûn des matières nutritives. Etudions successivement chacun de ces" groupes de substances.
La propriéié purgative est celle que l'on observe le plus généralement dans les Légumineuses , et en même temps celle que l'on retrouve dans le plus grand nombre de leurs organes. Les feuilles et les fruits des ca^sia obovata , cassia acutifoUa et cassia lanceolata, forment les espèces de séné du commerce. La pulpe douce et sucrée contenue dans les loges du canéficier et du caroubier, est un des laxatifs les plus doux; celle des tamarins est légèrement acide, et agit de la même manière. Ne croyez pas que les espèces du genre casse que nous avons décrites soient les seules qui possèdent cette vertu purgative ; elle existe également dans la plupart des autres espèces, qui toutes sont exotiques, et employées, dans les contrées où elles croissent naturellement, aux mêmes usages que le séné ou la casse en Europe. L'analyse chimique de MM. Lassaigne et Chevallier a fait voir que dans le séné de la palte {cassia acutifoUa Del. ) l'action purgative était due à un principe particulier, extracliforme, qu'ils ont nommé cathartine. II serait curieux de rechercher si cette substance existe aussi dans les autres espèces de casse et dans les feuilles du baguenaudicr, qui jouissent des mêmes propriétés , et sont souvent mélangées parmi les sénés.
Les principes astringens ne sont pas rares dans la famille qui
nous occupe. La plupart des espèces du genre acacie, lorsque leurs gousses sont encore vertes, fournissent un extrait composé en grande partie de tannin, d'une saveur très astringente : tels sont le cachou que produit V Acacia catechii ; le suc acacia fourni par V Acacia vem. C'est à cette classe qu'appartiennent encore le sang-dragon, retiré de plusieurs espèces de Plerocarpuf , et surtout du Plerocarpus draco • le bois de Campéche , employé dans la teinture , et qui, à cause de sa saveur astringente, a été recommandé par les médecins anglais comme un excellent tonique. Nous pourrions également citer ici le pois chiche, à cause de l'acide oxalique qu'il exsude naturellement, s'il n'était plus naturel de le ranger parmi les substances nutritives.
L'écorce d'un grand nombre de Légumineuses a une saveur amére et astringente , et jouit de propriétés toniques. Les diverses espèces du genre Geqf/ro/a sont dans ce cas.. On les a employées soit dans le traitement des fièvres intermittentes , soit comme anlhelmintiques.
Si maintenant nous passons aux principes résineux et balsamiques, nous les trouverons aussi dans plusieurs végétaux de cette famille. Les baumes du Pérou et de Tolu découlent, ainsi que nous l'avons prouvé, de deux espèces très voisines, appartenant au genre Mjroxylum; la résine animée est produite par V Hymenœa cour bar il.
Plusieurs Légumineuses sont remarquables par leur odeur plus ou moins forte et leur saveur aromatique, et doivent être classées parmi les agens excitans. Les différentes espèces de mélilot sont très odorantes, et employées surtout comme sudorifiques et détersives. La fève tonga ou tonka , dont l'odeur suave est due principalement à une huile volatile mêlée à l'acide benzoïque, est la graine d'une légumineuse américaine, nommée par Aublet Coumarouna odorata. La racine de quelques plantes de cette famille est employée comme diurétique et sudoi ifique : telles sont celles de la bugrane et de l'astrigale sans *'ge, qui jouissent d'une certaine réputation dans le traitement de la syphilis.
La racine de la réglisse, au contraire, a v»ne saveur douce,
sucrée et mucilaglneuse , que l'on trouve aussi dans celle de Vabrus prœcaioviiis en Amérique, qui porte le nom de réglisse des Antilles, et dont les graines, d'un beau rouge, marquées d'une tache noire, servent à faire des colliers, des bracelets et d'autres ornemens. Elle existe aussi dans la racine du trèfle des Alpes, dans les feuilles de Vastragalus glycyphyllos , etc. VHeclysarum alhaghi, qui croît en Egypte, se couvre d'une exsudation sucrée, que l'on recueille, et qui porte le nom de manne alhaghi.
La gomme, que nous avons vue découler de plusieurs arbres de la famille des Rosacées (section des Drupacées), existe aussi dans un assez grand nombre de Légumineuses, des genres astragale et acacie. Ainsi la gomme adraganthe est produite par les Astragalus gummifer, LabWl. ; Jst. creticus, L. ; et Ast. verus d'Olivier. La gomme arabique et la gomme du Sénégal découlent spontanément des Acacia vera, Acacia mimosanito Vereck, et probablement de plusieurs autres espèces encore mal connues.
Nous ferons la même remarque à l'égard de l'huile grasse, qui existe également dans la graine de plusieurs plantes appartenant aux deux familles des Légumineuses et des Piosacées. Nous avons indiqué la présence de ce principe dans l'arachide et le Moringa olnifera , qui fournit l'huile de ben.
La famille des Légumineuses est riche en principes colorans. Le plus précieux de tous est sans contredit l'indigo , que l'on retire surtout des espèces du genre Indigojera, mais qui existe aussi dans d'autres plantes de la famille, et même de familles différentes. Nous mentionnerons ici les différens bois de teinture, tels que le bois du Brésil et le bois de sapan, produits par le genre Csesalpinie , le bois de Campéche par l'Hématoxylon , et le santal rouge par le Pterocarpus santalinus. Ces différens genres appartiennent à la section des Cassiées, et fournissent un principe colorant rouge. Les diverses espèces de genêt , au contraire , donnent une belle teinte jaune.
La famille des Légumineuses n'est pas moins importante par le grand nombre d'alimens qu'elle nous fournit. En effet , les graines de toutes les espèces de cette famille , qui ont les coty-
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lédons épais et très développés , sont remplies d'une grande quantité de fécule amylacée, et servent utilement à la nourriture de l'homme. Qui ignore, en effet, que les pois, les haricots, les fèves ^ appartiennent à cette famille? Ces graines peuvent aussi être employées comme médicamens. On en prépare des cataplasmes, qui sont adoucissans ou légèrement cxcitans. Ces derniers sont surtout préparés avec la farine de fenugrec , de lupins, etc.
Si nous récapitulons les différens matériaux qui existent dans les Légumineuses^ si nous faisons attention aux différences qu'ils présentent dans leur nature et leur mode d'action , nous ne pourrons nous empêcher de conclure que cette famille s'écarte sensiblement de la loi de l'analogie des propriétés médicales, et que, malgré des ressemblances assez grandes entre la nature de quelques-uns de ses produits, elle doit être comptée parmi les familles qui s'éloignent de la loi générale de l'analogie.