SOIXANTE-TREIZIÈME FAMILLE
BERBÉRIDÉES. BERBERIDEM.
Les fleurs sont hermaphrodites dans les BerbéHdées, qui sont des arbres , des arbrisseaux , ou même des plantes herbacées. Leur calice se compose de trois à six sépales cadi»cs , quelquefois imbrir|ués 3 leurs pétales, généralement en même nombre, sont ou glanduleux à leur base, ou quelquefois d'une forme tout à fait irrégulière : ils sont opposés aux sépales. Les élamines , dont le nombre est le même que celui des pétales , leur sont également opposées, c'est à dire placées immédiatement devant chacun d'eux (1). Leurs filets soni plus ou moins alon-
(1) Ce caractère n'est pas très commun dans la série des familles na turelles : on i'ol)serve encore dans les vignes, les Primulacécs, etc.
gés , portant à leur sommet une anthère dont les deux loges sont écartées , et qui s'ouvrent au moyen de deux valves qui se roulent de la base vers le sommet, comme dans les lauriers. L'ovaire est solitaire, à une seule loge , qui contient un petit nombre d'ovules insérés à sa base ou sur l'une des sutures • il se termine par un style , qui manque quelquefois , et alors' le stigmate , qui est légèrement concave , est sessile. Le fruit est une baie , ou très rarement une capsule uniloculaire, contenant plusieurs graines (rarement une seule par suite d'avortement') , qui se composent d'un embryon axile , renfermé dans un endosperme charnu ou corné. Dans les Berbéridées, les feuilles sont alternes , généralement simples , quelquefois pinnées ; les fleurs sont petites , jaunes , en épis ou en grappes. Celte famille est fort distincte des Ménisperraées par ses fleurs hermaphrodites et son unité de pistil : ce dernier caractère la distingue très bien des Magnoliacées , dont elle diffère encore par ses étamines opposées, en nombre déterminé , et la déhiscence particulière de ses anthères.
VINETTIER. - BERBERIS. h. 3.
Calice formé de six sépales sur deux rangs , accompagné extérieurement de deux ou trois petites folioles. Corolle de six pétales , portant deux glandes à leur base interne. Six étamines opposées aux pétales. Stigmate sessile, large, convexe. Baie unilocnlaire , contenant deux ou trois graines. Arbrisseau à feuilles alternes , pétiolées, accompagnées à leur base d'aiguillons formés par les feuilles extérieures rudimentaires et endurcies. ^
ViNETTiER COMMUN. Berberis vulgaris. L. Sp. 472.
Nom vulgaire : épine-vinette.
C'est un arbrisseau de quatre à six pieds d'élévation , pouvant acquérir une plus grande hauteur dans les contrées méridionales. Son écorce est grisâtre, son bois jaune et fragile. Ses feuilles forment d'abord des espèces de petites rosettes , qui s'alongent en un rameau j elles sont alternes, pétiolées, ovales,
BERBihuDlinS. ^(55
raides, divisées en dents profondes et très aiguës. Les aiguillons qui les accompagnenl ne sont que des stipules avorlt^es. Les fleurs sont jaunes et constituent de petits épis pendanstous d'un même côté j chaque fleur est pédicellée et accompagnée d'une petite bractée squammiforme. Le calice se compose de six sépales disposés sur deux rangs , et offre fort souvent en dehors trois autres folioles plus étroites et plus courtes. Les pétales sont aussi au nombre de six, plus longs que le calice , bifides à leur sommet, offrant deux petites glandes alongées à leur base interne. Les six élamines sont un peu plus courtes que les pétales , au devant desquels elles sont placées. Leurs anthères , dont les deux loges sont séparées par toute l'épaisseur du filet, s'ouvrent au moyen d'une sorte de valve qui s'élève de la base au sommet. Ces élamines sont douées d'une irritabilité bien manifeste. Lorsqu'on les touche avec la pointe d'une aiguille, on les voit se rapprocher avec force. L'ovaire est alongé , presque cylindrique , terminé par un stigmate épais , discoïde , percé à son centre d'une ouverture , qui communique directement avec sa cavité. Celle-ci contient trois ovules attachés à sa base. Le fruit est une petite baie alongée, d'un beau rouge , ombiliquée à son sommet , contenant d'une à trois graines. Le vinettier est commun dans les haies et les bois, où ses fleurs, qui s'épanouissent au mois de mai, répandent une odeur fade et spermalique.
Propriétés et usages. Les petites baies de l'épine-vînette ont une saveur aigrelette très agréable. On peut en préparer des boissons rafraîchissantes que l'on prescrit dans les irritations gastriques peu intenses. Le sirop qui se fait avec ces fruits , étendu d'eau, forme une tisane fort agréable.
La racine d'épine-vinette fournit un principe colorant jaune fort employé dans l'art de la teinture. Ce principe colorant est excessivement abondant dans le bois d'une autre espèce, que Leschenault de la Tour a trouvée dans les montagnes de Neily- Gerry , dans la péninsule de l'Inde, et tjui a reçu le nom de Berberis tinctoria. Nous avons déjà dit précédemment qu'on substituait quelquefois dans le commerce la racine d épinevinelte à celle de grenadier , et nous avons donné les moyens
ÊOTANIQIH.
de reconnaître cette sophistication. Du reste celle famille ne nous offre aucun autre intérêt.