L. Sp
Cocculiis suberosus. De Cand. Syst. nat. veg. p. 519.
Anarmita coccuLus. Wight et Arn. prodr. Fl. penin. ind, or. p. 446i Arnolt. Ann. se. nat. 2^ série, 2, p. 69, t. 3.
Nom pharmaceutique : coccuU orientales. Nom vulgaire : coques du Levant. Partie usitée : les fruits.
Arbrisseau à tige grimpante, vivace, couverte d'une écorce subéreuse et fendillée ; ses fi uilles sont alternes, pétiolées, cordilormes et comme tronquées à la base, épaisses, glabres et luisantes. Les fleurs femelles sont très petites, disposées en longues grapi.es. Les fruits qui leur succèdent sont des espèces de drupes plus grosses qu'un pois, presque réniformes, renfermant dans leur intérieur un noyau rugueux.
M. Arnolt (^rtrt. Se. nat. T série, 2. p. 69) a fait voir que 'arbrisseau qui fournit la véritable coque du Levant, le Meni-
spennuni cocculus de Linné, formait un genre distinct nommé Jnaimita, par M. Colebrooke, genre qui est surtout caractérisé par ses étamines monadelphes et ses anthères s'ouvrant transversalement. Il le nomme en conséquence ^n^rwif^z cocculus.
Cet arbuste est originaire des Indes orientales, du Malabar, etc.
Propriétés et usages. Les fruits répandus dans le commerce, et connus sous le nom de coques du Levant, par-aissenl, au rapport de Roxburgh, être particulièrement ceux de cette espèce, ainsi que de quelques autres voisines. Ils se composent d'une partie extérieure sèche, mince, noirâtre et amère, et d'un noyau blanc, pouvant s'ouvrir en deux valves, et renfermant une amande blanche. Cette amande est d'une extrême amertume, qui lui est communiquée par un principe alcalin particulier, très vénéneux, susceptible de se crist-^lliser , et auquel M. Boulay a donné le nom depicrolojcine. Le même chimiste a récemment reconnu dans la coque du Levant un acide particulier également susceptible de se cristalliser, sans saveur marquée, mais rougissant faiblement le papier de tournesol , à peine soluble dans l'eau froide et dans l'alcool. Les alcalis caustiques le dissolvent, et l'addition d'un acide la précipite sans altération : il nomme ce corps acide ménispermique.
La coque du Levant a été examim^e par un grand nombre d'autres chimistes. M. Boulay en a isolé la picrotoxine. Son amande contient en outre : résine, gomme, matière grasse acide, cire, acide malique, amidon, sels. MM. Pelletier et Couerbe ont retiré du péricarpe de la coque du Levant : ménispermine, paraménispermine, matière jaune alcaline, acide hypopicrotoxique, chlorophylle.
La picrotoxine est le principe essentiel de la coque du Levant. Sa saveur est extrêmement amère, elle cristallise en aiguilles aciculaires , elle est soluble dans l'eau et mieux dans l'alcool : elle ne se combine pas avec les acides et mal avec les alcalis.
C'est à la picrotoxine que la coque du Levant doit l'action stupéfiante qu'elle exerce sur les poissons, les oiseaux et d'autres animaux. Tout le monde sait que dans l'Inde on s'en sert comme d^un appât pour pêcher , et qu'elle plonge dans une
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sorte de stupeur les poissons qui l'ont avalée. Les expériences que plusieurs médecins ont faites avec cette substance démontrent qu'elle agit comme les poisons narcotico-âcres , c'est à dire sur le système nerveux, et en particulier sur le cerveau, et que le vomissement paraît être le meilleur moyen de prévenir les accidens qu'elle développe, quand elle est encore dans l'estomac. La coque du Levant n'est pas employée en médecine.
Ménisperme columbo. Menispermum palmatum. Lam. Dict. 4.
Cocculus palmatus. DC. Syst. 1. p. 522.
Nom pharmaceulique : radix columbo. Noms vulgiires : Colombo, columbo, Colomba, etc. Tartie usitée : la racine.
Cette espèce est, comme la précédente, un arbuste dioïque, sarmenteux et grimpant. Sa racine est épaisse et composée de ramlGcaiions fusiformes. Sa lige est grêle, volubile, simple, cylindrique, de la grosseur du petit doigt, couverte, ainsi que les feuilles, de longs poils roux. Celles-ci sont alternes, péliolées, orbiculaires, à cinq nervures qui chacune vont aboutir à autant de lobes écartés, acuminés, entiers et palmés. Les fleurs mâles sont p(»rtées et groupées sur des pédoncules simples ou rameux, plus longs que les feuilles , sur lesquelles elles sont sessiles. Leur calice se compose de six sépales, et la corolle est également formée de six pétales épais et subcunéiformes. Les étamines, au nombre de six, sont plus longues que les pétales. On ne connaît pas encore l'individu ni les fltiurs femelles. Le columbo croît dans les forêts épaisses de l'Afrique australe , sur les rives du canal de Mozambique. ^
Propriétés et usages. La racine de i;olumbo nous est apportée en rouelles ou en morceaux de trois à quatre pouces de long, sur un à deux pouces de diamètre. Son écorce, d'un brun verdâlre, est épaisse et rugueuse; son intérieur est à peu près de la môme couleur, et offre des zones concentriques , emboîtées les unes dans les autres. Son odeur est désagréable , et sa saveur amère et mucilagineuse. M. Planche l'a trouvée composée d'un tiers environ de son poids d'amidon , d'une matière azo-
tée très abondante, d'une matière jaune , amère , non précipitable par les sels métalliques , de traces d'huile , de qwelques sels et de ligneux; Witstock a retiré' en outre du columbo une matière colorante et dé la coiombine: Celle dernière substance est inodore, incolore j elle cristallise en prismes rhomboïdauxt Sa saveur est très amère. ' ' , . ,
D' puis quelques années on trouve dans le commerce , sous le nom de Columbo, une racine fort différente de la précédente , et que M. Guibourt a le premier signalée sous le nom de fausse recine de Columbo. (Voy. Journ. chim. niéd. 2, p. 334.) Elle est , comme la précédente, en tronçons ou rouelles, mais moins réguliers. Son épiderme tst 'd'un gris fauve, offrant des stries transversales très rapprochées. Son odeur approche de celle de la racine de gentiane , et sa saveur est faiblement amère et un peu sucrée. Cette racine vient, dit on, des états barbaresques . mais on ignore la plante qui la produit.
C'est vers 1697 que François Redi a le premier parlé des propriétés médicales de la racine de columbo. Plusieurs auteurs, depuis cette époque, l'ont successivement employée. C'est un médicament amer et tonique , mais (jui a un mode d'action partieulier , suivant les préparations qu'on lui fait subir. Ainsij par le moyen de l'ébullition dans l'eau, on s'empare de toute la fécule qu'il contient et de ses principes amers , et l'on a un médicament dont l'action tonique est tempérée par la présence d'une grande quantité d'amidon 3 tandis que la macération dans l'eau froide, ou l'infusion, donne un médicament, simplement amer et tonique. On a recommandé l'usage de la racine de columbo dans la diarrhée chronique. Quelques auteurs l'emploient pour augmenter les forces digestives de l'egtomac : mais en général ce médicament est fort rarement prescrit par les médecins modernes.
Il en est à peu près de même de la racine d'une autre plante de celte famille, le Cissampelos pareiraL., qui croît au P(;rou, au Brésil et au Mexique. Cette racine porte dans le commerce le nom de Pareira. brava. Elle est presque inodore et d'une saveur faiblement amère. On l'a surtout vantée comme un diurétique très efficace dans une foule de maladies des voies uri-
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naires, telles que la néphrite calculeiise surtout. Elle est près-, que inusitée aujourd'hui.
Propriétés médicales et usages des Ménisper niées.
Celte petite famille est peu intéressante sous le rapport de ses propriétés médicales. On trouve dans la racine de plusieurs des végétaux qu'elle renferme un principe amer plus ou moins abondant , mais qui souvent est uni à une grande quantité d'amidon , ain i qu'on l'observe dans les racines de columbo et de pareira brava , qui sont amères et toniques.
Le principe amer que contiennent les coques du Levant est bien différent dans sa nature chimique, et surtout son mode d'action sur l'économie animale . de celui dont nous venons de signaler l'existence dans le columbo. En effet, les exi>ériences chimiques de M. Boulay ont fait voir que ce principe était un alcali organique nouveau, susceptible de cristalliser j et les essais qui ont été tentés par M. Goupil et le professeur Orfila démontrent jusqu'à l'évidence les propriétés vénéneuses de celte matière, que ce denier place parmi les poisons narcoticoâcres. La présence de la picrotoxine dans les coques du Levant forme une anomalie dans cette famille , encore généralement mal connue dans ses caractères et ses propriétés.