‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 26 sur 187 · MAIS. - ZEA. L. J · texte numérisé non relu

MAIS. - ZEA. L. J

Fleurs mâles en panicule terminale ayant la lépicène biflore ; les fleurs femelles , en gros épis axillaires , ont la lépicène uniflore par avortement , bivalve; la glume et la glunielle à deux écailles ; l'ovaire terminé par un seul stigmate plumeux et filiforme , long de huit à dix pouces. Les fruits sont gros, irrégulièrement arrondis, disposés par séries longitudinales, et comme incrustés dans l'axe subéreux de l'épi.

Maïs cultivé. Zea mais. L. Sp. 133.

Nom vulgaire : blé de Turquie.

Chaume haui de quatre à six pieds, rameux, glabre, cylindrique. Feuilles alternes, engainantes, longues de deux pieds et plus, larges d'environ deux ou trois pouces. Fleurs monoïques dans des épis séparés. Fleurs mâles occupant la partie supérieure de la plante, où elles constituent une très grande panicuie , formée par la réunion d'un grand nombre d'épis recourbés à leur partie supérieure. L'axe de ces épis est long de. huit à dix pouces, flexueux, pubescent. On trouve à chaque dent de l'axe deux épillets biflores, dont l'un est sessile, l'autre pédonculé. Lépicène bivalve, biflore ; valves un peu inégales , l'extérieure plus grande, plus pubescente que l'intérieure; toutes deux carénées. Glume également bivalve. Paillettes très minces, membraneuses et transparentes. Les étamines, au nombre de trois, sont pendantes. Fleurs femelles situées au dessous des mâles, aux aisselles des feuilles. Elles sont réunies par lignes longitudinales sur une sorte d'axe charnu, conoïde. Cet assemblage ou capitule alongé de fleurs est enveloppé d'un grand nombre de feuilles vaginantes qui se développent très tard. Chaque épillet est bifloré, mais l'une des deux fleurs avorte constamment etest rudimentaircj la lépicène est k deux valves arrondies, obtuses, plus courtes que l'ovaire; la glume offre deux paillettes plus petites que la lépicène. Ovaire ovoïde , glabre. Style court, glabre; stigmates filiformes, plumeux, très mous, longs de huit à dix pouces ; la réunion de ces stigmates forme une barbe épaisse, molle et charnue, qui pend par dessus la partie supérieure de la gaine foliacée qui entoure l'assemblage des fleurs. Le fruit est irrégulièrement arrondi , comprimé vers sa base ; c'est un des plus gros de toute la famille.

Le maïs paraît originaire de l'Amérique méridionale. Au

; moins est- il certain que les Européens l'y trouvèrent lors dtî la

I conquête du Nouveau-Monde.

Vropriêlé.s médicales et usages. Le maïs est cultiv«> dans 3 6

8 a BOTANIQUE.

presque toutes les provinces de la France , où il est connu sous les noms de lié de Turquie, Lié d'Inde, blé de Guinée , gros millet des Indes. La farine que l'on retire de cette graine a une couleur jaunâtre. On ne l'emploie pas pour faire du pain, parce qu'elle est peu susceptible de lever; maison en fait des bouillies, des gâteaux qui sont fort nourrissans et d'un goût agréable. La farine de maïs diffère de celle du froment et de la plu|)art des autres céréales, en ce qu'elle ne contient pas de gluten, caractère que l'on observe aussi dans le riz. Aussi n'est-elle pas susc<'plible de subir la ferment ti )n panaire ; et lorsqu'on veut préparer du pain , on est obligé d'y mêler un quart ou moitié de farine de froment. M. Bizio a trouvé dans celte farine une matière parliciilière qu'il a nommée zeine, qui paraît avoir quelque analogie avec le gluten. Elle est jaune, molle, malléable et élastique, insoluble dans l'eau froide, se ramollissant dans l'eau chaude, soluble dans l'alcool et les huiles. M. Lespez a présenté à la Faculté de Paris, comme sujet de thèse, en 1825 , n" 99, une Dissertation intéressante sur le maïs, et dans laquelle il a donné des détails très étendus sur les usages de celte céréale dans l'économie domestique et la médecine. Mais nous ne croyons pas devoir entrer dans tous les développemens offerts dans cette dissertation. M. Lespez, bien pénétré de son sujet, nous paraît avoir accordé de trop merveilleuses propriétés au maïs dans le traitement d'une fouie de ma'aJies. Ce qu'il y a de certain, c'est que le maïs sert d'aliment dans plusieurs provinces du midi de l'Europe, et qu'on le cultive en abondance dans un grand nombre de nos déparlemens.

M. Pallas a extrait des tiges du maïs une quantité assez notable de sucre de cannes.

Le mctïs est sujet, comme le seigle et plusieurs autres graminées, à la maladie connue sous le nom d'ergot. M. le docteur Roullin a présenté à l'Académie royale des sciences un Mémoire sur ce sujet, dans la séance du 20 juillet 1827. Cet ergot se présente sous la forme d'un petit tubercule d'une à deux lignes de diamètre, et de trois à quatre de longueur. Ce n'est pas, comme dans le seigle ergoté , un alongement de tout le

grain , mais un petit cône enté sur une sphère représentant une poire; sa couleur est livide ; son odeur n'a rien de remarquable. On donne au grain ainsi altéré le nom de maïs peladero, parce qu'en effet un des symptômes les plus reraaiquables produits par l'usage du grain attaqué de cette maladie, c'est la cliute des cheveux, phénomène très singulier dans un pays où la calvitie est excessivement rare, même parmi les vieillards. Les accidens qu'il fait naître sont moins graves que ceux du seigle ergoté. Ainsi , il ne donne jamais lieu à la gangrène , ni aux affections convulsives. (Yoy. Ann. se. nat., mars 1830.)

Vroprièlés médicales et usages des plantes de la famille des

Graminées .

La famille des Graminées doit être placée au premier rang, sous le rapport des services qu'elle rend à l'humanité. En effet, presque tous les peuples civilisés du globe trouvent dans le fruit de ces plantes la base principale de leur alimentation. Le pain, cet aliment sain et nourrissant par excellence, est fait, comme tout le monde le sait, avec la farine retirée des différentes Graminées. Dans l Europe, l'Afrique septentrionale, c'est le blé ou froment qui sert spécialement à la nourriture de rhouime; tandis que dans l'Inde, une partie de l'Afrique et de l'Amérique, ou n'emploie que le riz ou le maïs.

Ce n't si point seulement à l'homme que les Graminées fournissent sa principale nourriture : le cheval , le bœuf, le mouton, etc. , trouvent dans son herbe fraîche ou séchée le meilleur des fourrages; et les fruits de l'orge et de l'avoine sont pour le cheval une nourriture qui ranime ses forces et excite son ardeur.

Après le pain, Tun des produits les plus intéressans des Graminées est le sucre de canneS que l'on relire par expression des tiges du saccliarum officmarum. Personne n'ignore son usage dans l'économie doinesiiq\ie et les arts. Ce principe sucré existe également, mais en bien moins grande quantité, dans le chaume de plusieurs autres plantes de la mémo famille, telles que le sorg/mm sacrharaluni, le zea, maïs, etc.

On serait tenté de croire que c'est sur l'existence de ce prin-

cipe sucré qu'est fondée l'extraction de l'alcool dans un grand nombre de graines céréales; car on sait que c'est une branche d'industrie considérable dans le Nord. Cependant l'analyse chimique n'a pu y faire apercevoir que des quantités très faibles de sucre, et hors de toute proportion avec celles d'alcool obtenu. Il paraît donc très probable que les autres principes immédiats , et surtout l'amidon , subissent une transformation particulière pendant l'acte de la fermentation, et produisent aussi de l'eau-de-vie. Au reste , les belles expériences de M. Théodore de Saussure, sur la transformation directe de l'amidon en sucre , ne laissent plus de doute à cet égard. On sait aussi que les grains gerraés (l'orge, par exemple) contiennent plus de sucre qu'auparavant; pourquoi donc la fermentation ne donnerait elle pas des produits analogues?

Considérée sous le point de vue de ses propriétés médicales, la famille des Graminées n'offre point un aussi grand intérêt. En effet , les tiges et les racines de toutes les espèces sont plus ou moins douces et sucrées; celles de chiendent et de canne de Provence sont un peu excitantes : la première est diurétique, la seconde diaphorétique. Les fruits dépouillés de leurs enveloppes, et principalement ceux d'orge, de riz, d'avoine , etc., servent à faire des décoctions qui sont adoucissantes et alimentaires. L'ivraie seule fait exception à cette uniformité dans les propriétés médicales des céréales. Quoique plusieurs auteurs aient absolument nié ses propriétés malfaisantes, il est cependant manifeste que ses graines , moulues avec celles du froment ou du seigle, ont communiqué au pain des qualités malsaines, et occasionné des vertiges, des étourdissemens, et d'autres accidens plus ou moins graves. Quant h l'ergot, comme c'est une substance tout à fait étrangère, c'est à dire une dégénérescence morbide ou un champignon parasite , ses propriétés délétères ne peuvent être imputées aux Graminées sur lesquelles il se développe.

ALISMAGKES.

§ II. Fleurs munies cVun calice pélaluïde. A. Plusieurs pistils ou plusieurs sti|ïmate!* dans une m^me fleur. ISELVIÈMF. FAMILLE.

ALISMACÉES. - ALISMACE^.

Le calice est à six divisions plus ou moinSjétalées, dont trois ini(îrieures sont colorées et pétaloïdes. Les élamines sont le plus souvent au nombre de six , quelquefois en plus grand nombre , insérées à la base des divisions calicinales. Les pistils sont nombreux; l'ovaire est uniloculaire, contenant un ou deux ovules : le style et le stigmate sont simples. Les fruits sont des capsules ordinairement monospermes, indéhiscentes. L'embryon, dépourvu d'endosperme, est recourbé en forme de fer à cheval. Les Alismacées , formées seulement des genres nlisma . damasonium et sagittaria , ont quelque analogie de port avec les Renonculacées dont elles diffèrent par tous les autres caractères. Ce sont des plantes herbacées , vivant dans l'eau et sur le bord des étangs, ayant des feuilles alternes et engainantes , des fleurs hermaphrodites , rarement unisexuées {sagittaria).

M. de Jussieu, dans son Gênera plantanim, avait placé ces genres dans la famille polymorphe des Joncs, dont ils diffèrent essentiellement.

Page 1