‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 31 sur 187 · PALMIERS · texte numérisé non relu

PALMIERS

Hières et dans le golfe de Gênes, à Nice, et surtout à la Bordighiera, où il en exisie une plantation superbe ; m;.is ses fruits n'y mûrissent jamais parfaitement.

Propriêiès et usages des dattes. Les fruits du dattier, parvenus à leur maturité, sont form(*s d'une chair sucrée un peu ferme, et d'une graine très dure. On nous les apporte en France de la Grèce et des côtps de B^rbarie, après les avoir desséchés au soleil. Dans cet état leur goût est fort agréable, et ils sont très nourrissans. Plusieurs des peuplades de l'Afrique et de l'Inde s'en nourrissent presque exclusivement. La plus grande partie des dattes qu'on importe en Europe proviennent du Levant. On les emploie à faire des tisanes adoucissantes et pectorales, soit en les faisant bouillir seules dans l'eau, après les avoir privées de leur graine, soit en les mélangeant avec les figues, les jujubes et les raisins secs. On obtient alors une tisane douceet sucrée, que l'on recommande spécialement dans les irritations des organes de la respiration.

Les dattes sont composées, d'après l'analyse de Bonastre, de mucilag», arabine, sucre cristallisable , sucre incrislallisable, albumine, parenchyme.

Usages et propriétés des Palmiers. Outre le dattier, que nous venons de décrire, celle famille renferme encore plusieurs autres arbres fort inléressans par les services qu'ils rendent à l'humanité.

Les cocos ou fruits du cocotier { cocos nnci fera L. ), les fruits de Vareca, de Velaïs, fournissent aux habitans des pays intratropicaux où croissent ces précieux végétaux une nourriture aussi saine qu'agréable. L'amande renfermée dans le coco est blanche, charnue, et contient dans son intérieur un liquide blanc laiteux, une sorte d'émulsion naturelle, qui forme une boisson adoucissante et rafraîchissante pour les habitans du pays où croit ce précieux végétal. Toutes les autres parties du cocotier sont également utiles : ainsi la bourre qui entoure son noyau sert à faire des cordages et des étoffes gro5siéres j avec ses feuilles on couvre les maisons, on fait des paniers, des corbeilles, etc.; aussi le cocotier a-t-il été surnommé le roi des végétaux, et, pour les peuples qui habitent plusieurs des lies de

nOTANIQUK.

la Polynésie, il remplace en (|uelq\ie sorte toutes les autre» productions de la nature, et leur procure les alimens dont ils se nourrissent, les vôtemens et les habitations qui les défendent des intempéries de ratmosphèrc.

Le cocos butyracea , autre; espèce, qui croît au Brésil, offre un fruit beaucoup plus petit, dont l'amande fournit une huile abondante et douC4 , que l'on emploie comme alimentaire ou pour l'éclairage.

Le bourgeon non encore développé , qui termine le stipe du chou palmiste {areca oteraced), est un aliment non moins sain et non moins abondant. On le mange ordinairement cru. Sa saveur est à peu près celle de l'artichaut.

La fécule amylacée connue sous le nom de sagnu paraît être retirée de différentes espèces de palmiers , entre autres des sagus rujfl.a et sagas furiwfera . et du phœnix farinifera , ainsi que d'un autre arbre de la famille des Cycadées, le cycas revohita.M. Poiteau , qui a long-temps résidé à Cayenne , a publié , dans le Journal de Chimie médicale ( 1 , p. 390) . des détails sur la manière d'extraire le sagou du sagus ruffia. Cependant, d'après M. Planche, la substance décrite par M. Poiteau n'a aucune analogie avec le sagou vrai ; ce savant distingue six espèces de sagou : 1° sagou des Maldives j 2" sagou de Sumatra j 3° sagou de la Nouvelle-Guinée; 4° sagou gris des Moluques; 5° sagou rosé des Moluquesj 6° sagou blanc des Moluquesou sagou Maputi. Il est excessivement probable que ces diverses fécules sont retirées d'espèces différentes , mais qui ne sont pas encore rigoureusement déterminées.

Suivant Bergius, les Indiens, après avoir préparé la fécule des sagoutiers, comme nous le faisons pour celle de la pomme de terre, c'est à dire en coupant longitudinalement le tronc de ces arbres, râpant et lavant à l'eau froide cette rûpure pulpeuse, en font une pâte qu'ils forcent à passer à travers un crible, et l'ayant ainsi granulée, la font sécher d'abord au soleil , puis à la chaleur d'un feu très modéré. De cette manière ils obtiennent d'un seul arbre jusqu'à deux cents kilogrammes de sagou. Le sagou nous vient ordinairf'ment des Moluques. Il est eu grains irréguliers, arrondis, tantôt grisâtres, tantôt

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presque blancs , du volume d'une grosse tête d'épingle. Il est sans odeur et sans saveur marquées ; insoluble dans l'eau froide, soluble en grande partie dans l'eau bouillante, et se prenant en gtilée par le refroidissement. Celte substance est beaucoup plus alimentaire que médicale. On en fait des gelées analeptiques , avec le lait , l'eau ou le bouillon gras.

Vhuile de palme est retirée de l'amande de Vclaïs guineensis. Jacq., palmier qui croît naturellement en Afrique, et qui a été depuis des siècles naturalisé en Amérique. Cette huile est solide , butyracée , jaunâtre , se liquéûant facilement. Elle entrait dans quelques préparations pharmaceutiques , et entre autres dans le baume nerval. C'est à tort que l'on a cru longtemps, et qu'on a même répété très récemment que la substance connue sous le nom de beurre de ga/am était produite par un palmier. On sait aujourd'hui d'une manière très positive que c'est un arbrisseau de la famille des sapotiliers , qui fournit cette matière grasse. Ce fait m'a été confirmé par M. Leprieur, pharmacien de la marine et botaniste distingué -, qui a voyagé pendanl plusieurs années dans les diverses contrées de la Sénégambie.

Un produit fort remarquable encore dans la famille des palmiers est l'une des matières résineuses connues sous le nom de sang-dragon , et que produit le calanius rotang de Linné. Mais comme le sang-dragon du commerce provient de plusieurs autres végétaux, et entre autres du draceena draco, et surtout de plusieurs espèces du genre pterocarpus dans la famille des Légumineuses, nous n'en traiterons q i'k ce dernier article.

M. de Humboldt a fait connaître , sous le nom de ceroxyloti andicola, un beau palmier originaire des Andes du Pérou, qui laisse exsuder une matière particulière qui, f 'après les recherches de Vauquelin , se compose d'un tiers de cire pure analogue à celle des abeilles , et de deux tiers de résine. On s'en sert dans le pays pour faire des espèces de bougies qui brûlent et éclairent parfaitement.

UOTANIQUB.

B. Un seul pistil dans chaque fleur, DOUZIÈME FAMILLE.

ASPARAGINÉES. — ASPARAGINE^. Asparagorum pars.

Juss.

Le calice est coloré, pétaloïde , formé de quatre à six sépales quelquefois soudés par leur base ; les étamines sont eu nombre égal à celui des sépales , et l'ovaire est libre , ù trois loges, dont chacune contient un à trois ovules : le style est simple ou trifide; le stigmate est trilobé. Le fruit est une baie globuleuse , renfermant un petit nombre de graines. La lige est herbacée ou sarmenteuscj les feuilles sont alternes, quelquefois engainantes à leur base; les fleurs diversement disposées. La racine est fibreuse, jamais bulbifère. A l'exemple du cél^'bre R. Brown, nous n'aurions pas balancé à réunir la plupart des genres de la famille des Asparaginées à ovaire libre avec les véritables Liliacées , si le port des plantes de ces deux familles n'offrait autant de différence. Voici leurs caractères distinclifs : dans les Asparaginées , le fruit est une baie ; c'est ordinairement une capsule dans les Liliacées ; dans ces dernières , la racine est bulbifère , elle est au contraire fibreuse dans les Asparaginées.

* Fleurs hermaphrodites.

ASPERGE. — ASPARAGUS. L. J.

Calice tubuleux , subcampanulé , formé de six sépales soudés par leur base ; six étamines courtes; baie globuleuse à trois loges , renfermant chacune deux graines.

Asperge officinale. Asparagus officinalis. L. Sp. 448.

Blackw., t. 332.

Parties usitées : la racine, le bourgeon.

La racine est une souche rampante, écailleuse, cylîndracée, rameuse , charnue , de la grosseur du pouce, donnant naiscance à un grand nombre de fibres alongées . simples . char-

nuw . cylindriques , g'-osses comme une plume à écrire. La tige ef-l dressée, cyliidrique, glabre, rameuse à sa partie supérieure 3 les feuilles sont fasciculées , sétacées , dressées, subuléfs, molles, parlant de l'aisselle d'une écaille, qui a été nommée hj jwplUjUum par Lirik ; les fleurs sont d'un jaune Terdâtre, petires. portées sur des pédicelles grêles, pendans, articulés vers leur milieu. Ces fleurs sont unisexuées , et je les ai presque constamment trouvées d-^ïqups , c'est à dire uniquement mâles ou femelles sur un même individu : le calice est en cloche alongée , à six divisions obtuses , disposées sur deux rangs. Dans les fleurs mâles, on observe six élamines incluses, attachées vers le tiers inférieur du calice : au centre de la fleur est un pistil avorté. Lhs fleurs feaielles se composent d'un ovaire à trois loges qui renferment chacune deux ovules ; le style esttrigone , terminé par trois stigmates. Les fruits sont de petites baies pi* siformes , rouges, renfermant de trois à six graines.

L'asperge croît dans les lieux cultivés aux environs de Paris j on la cultive dans les jardins potagers. IJi

Propriétés et usages. Les jeunes pousses ou turions qui s'élèvent chaque année des racines d« l'asperge sont un aliment sain et d'une digestion très facile. La rapidité avec laquelle les aspergf-s communiquent à l'urine une odeur forte et désagréablè prouve l'action qu'elles exercent sur l'appareil urinaire. Les racines, employées comme médicamens , sont rancilagineuses, un peu amères. Elles étaient jadis comptées parmi les cinq racines apéntives. On les emploie fréquemment comme diurétiques et apérilives , quoique ces propriétés puissent leur être contestées.

En analysant le suc de l'asperge, MM. Vauquelin et Robiquet ont trouvé un principe immédiat nouveau , cristallisable , d'une saveur fraîche et légèrement nauséabonde, excitant la sécrétion de la salive , et que ces habil s chimistes ont nommé Asporngine. Celle substance , dont les propriétés sont presque nulles, est placée parmi li-sjjrincipesimmédiats végélo-animaux, p«rce qu elle produit un peu d'ammoniaque en se décomposat.t.

Le suc de pousses d'asperges contient les matières suivantes :

'lÔO BOTAN/QHE.

asparagine, albumine végérale, résine visqueuse de saveurâcre, substance amyliforme, cxtractif, matière colorante , acétate et phosphate de potasse , phosphate de chaux.

Selon Dulong d'Astàtbrt. les racines d'asperges contiennent : albumine végétale , matière gommeuse, résine, sucre , malière extractive amère , hydrochlorate, acétate, phosphate de potasse et de chaux.

On vient de reconnaître aux asperges une propriété très remarquable, et qui doit rendre leur emploi fort avantageux dans plusieurs circonstances. La digitale pourprée , l'acide hydrocyanique , ont la propriété d'affaiblir l'activité du cœur, et de ralentir la circulation -, mais ils ont l'inconvénient d'irriter l'estomac , ce qui contre-indique souvent leur emploi. M. Broussais propose de leur substituer l'asperge , qui , inoffensive pour l'estomac , jouit à un degré des plus évidens de la propriété sédative pour le cœur. « Qu'une personne qui souffre par l'hypertrophie ou la sur-activité de cet organe , dit M. Broussais , se mette à manger des asperges , elle sera soulagée ; qu'elle en suspende l'usage , elle verra se renouveler ses incommodités habituelles, » Le sirop de pointes d'asperges jouit , comme la plante elle même , de la propriété de ralentir les pulsations du cœur sans irriter Testomac.

Un médecin que M. Broussais ne nomme pas, mais pour leqiiel il prend date de cette découverte , parait avoir déjà recueilli en sa faveur un grand nombre d'observations, et le professeur du Val-de-Grace déclare pouvoir l'appuyer des résultats de sa propre expérience. [Ann. méd. phjs. Juillet 1829.)

Depuis cette époque, la propriété éminemment sédative de l'asperge a été mise hors de doute par un nombre très considérable d'observations^ publiées dans les différens recueils d'observations scientifiques. On prépare un sirop, connu sous le nom de sirop de Johnston, qui paraît être l'une des formes les plus avantageuses sous lesquelles on peut administrer les asperges, dans la saison oiî l'on ne peut se procurer ce végétal à l'état frais.

Dans le Journal du chimie médicale ( mai 1830, p. 314), op

ASTARAGIIfisS.

lOI

lit une note de M. Vaudin, pharmacien à Laon, de laquelle il résulte que l'extrait préparé à froid des racines d'asperges jouit des propriétés calmantes des jeunes pousses. On peut porter cet extrait jusqu'à la dose de deux à trois gros, sans craindre d'irriter l'estomac. On s'est servi de la racine pulvérisée pour donner à l'extrait la consistance pilulaire. Dans tous les cas, il a diminué d'une manière notable les pulsations du cœur.

muguet: — CONFALLARIA. Rolb.

Calice urcéolé, globuleux ^ à six petites dents roulées en dehors; baie globuleuse, à trois loges monosperraes. Plantes herbacées, vivaces, à fleurs blanches disposées en épis.

Muguet de mai. Convallaria maialis . L. Sp. 451. Bull. t. 219.

Sa racine est vivace, alongée, noueuse, donnant naissance à un grand nombre de fibrilles blanchâtres. La hampe est dressée, latérale, haute de deux à trois pouces, un peu penchée à sa partie supérieure, triangulaire, la face qui regarde du côté des feuilles étant plus large et plus plane. Les feuilles, au nombre de deux ou trois, partent immédiatement de la racine. Elles s'engaînent les unes dans les autres à leur base par leurs pétioles , qui sont membraneux j elles sont elliptiques, aiguës, entières, glabres, marquées de veines longitudinales peu apparentes. Les fleurs sont blanches et petites, disposées au nombre de quatre à six en un épi unilatéral, à l'extrémité de la hampe; elles sont pendantes, et portées sur des pédicelles de quatre à cinq lignes, situés à l'aisselle d'une bractée très courte. Le calice est monosépale, globuleux et urcéolé, à six divisions peu profondes, roulées en dehors. Les six étamines sont très courtes ; le pistil est à peu près de la longueur du calice. Le fruit est une petite baie pisiforme, rougeâtre.

Le muguet croît au printemps dans les bois ombragés : il fleurit en mai. %

Propriétés et usages. L'odeur agréable, mais vive, des fleurs de muguet, semble annoncer en elles un principe actif, capable d'exercer quelque action survie système nerveux. Aussi Teau

distillée de ces fleurs , aujourd'hui peu employée, l'était-elle beaucoup autrefois comme anlispasmoilicjue.

La racine et les fleurs, réduites en poudre, sont sternutatoiresj c'en le seul uSage auquel on les fasse servir aujourd'hui.

La racine du sceau de Salomon (polygonalum vulgare, Deaf.) est légèrement astringente; on n'en fait aujourd'hui aucune espèce d'usage en médecine, quoiqu'elle ait été employée autrefois.

** Fleurs unisexuces.

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