Partie usitée ; la lacine
Cet arbuste, sarmenteux et grimpant, est très glabre dans toutes ses parties. Sa racine est composée d'un très grand nombre de fibres simples très longues, cylindriques, d'un gris cendré. Sa tige est articulée, rameuse , garnie de distance eu distance d'aiguillons recourbés j ses feuilles sont alternes, pétiolées, coriaces, cordiformes, aiguës, entières, très glabres, marquées de trois à cinq nervures longitudinales, et sont munies à leur base de deux vrilles tordues en spirale. Les fleurs forment de petites ombelles simples, qui sont portées sur un pédoncule commun, plus long que les pétioles. Ces fleurs sont verdâlres, dioïques, pédicelléesj les fruits sont de pclilt s baies globuleuses, rôugeâtres, qui renîermenl d'une à trois graines.
La salsepareille est originaire du nouveau continent de l'Amérique. Elle croit natureilemeni au Pérou, au Mexique «t
ASPARAGINEKS.
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dans d'autres parties de l'Amérique méridionale. On l'a en quelque sorte naturalisée dans dillérentes colonies, et en particulier à rile-de-France.
Dans le commerce, on distingue plusieurs sortes de salsepareilles. Celles qu'on y rencontre le plus communément sont les suivantes ;
1" La salsepareille de Honduras . Elle se compose de fibres radicales, longues de deux pieds et au-delà, partant d'une souche commune, de la grosseur d'une plume d'oie, grisâtres extérieurement, d'un blanc rosé à l'intérieur;
2° La salsepareille rouge ou de la Jamaïque. Ses fibres radicales sont plus longues et plus grêles, d'un rouge orangé à l'extérieur, rosées intérieurement; elle se fend avec une grande facilité. Plusieurs auteurs pensent que c'est la sorte la meilleure, celle qui possède les propriétés les plus ériergiques. En effet, sa saveur est moins fade et moins amylacée que celle de la salsepareille de Honduras ; elle est légèrement amère et aromatique ;
3" La salsepareille Caraque ou de Caracas. Elle tient en quelque sorte le milieu entre les deux précédentes. Ses fibres sont moins ridées et moins flasques, grises ou légèrement rougeâtres, blanches à l'intérieur. Sa saveur est presque nulle: aussi est-elle peu estimée ;
4° Un appelle salsepareille du Brésil ou du Portugal, une sorte qui est en général privée des souches souterraines et uniqueuienl compo.^ée des fibres. Elle est rougeâtre extérieurement, et blanche en dedans, d'une saveur faiblement amère. Elle est fort peu usitée.
5" La salsepareille blonde présente la structure générale des salsepareilles, urais elle n'a point cette couleur brune ou rougeâtre qu'on remarque chez la plupart des autres ; elle est d'un blond clair; ses racines striées, longues, tenaces et un peu plus volumineuses que chez les autres, sont dépourvues d'aspérités : mâchée elle est fort mucilagineuse ; elle donne, indépendamment d'une légère amertume, une saveur douceâtre qui paraît môme faiblement sucrée : son médutillium ligneux n'est pas très gros ; sa partie corticale est très développée.
I04 BOrANIQDK.
Maintenant se présente une question fort importante, et jusqu'à présent non résolue. Quelles sont les espèces de smilax qui fournissent ces racines? On n'a à cet égard que des suppositions à présenter. Ainsi plusieurs auteurs croient que la salsepareille de ï enduras est la racine du swilax qfficiiialis de M. de Humboidt; que celle de Caracas est produite par le smilax syphilitica du même auteur. Mais rien ne prouve, du reste, le fondement de ces assertions. Ce qu'il y a de certain , c'est que les diverses sortes du commerce paraissent appartenir à plusieurs plantes différentes.
Propriétés et usages. La grande réputation dont jouissent les racines de saUepareille semblerait un peu usurpée à celui qui rechercheiait avec soin les principes qu'elle renferme, et les phénomènes auxquels son administration donne lieu. Sa saveur est mucilagineuse et un peu amère ; son odear est nulle. Elle est en grande partie composée de fécule amyLicée et de fibre végétale. Plusieurs auteurs, et entre autres Cullen, regardent la salsepareille comme une substance fort insignifiante, dépourvue d'aucune action réelle , tandis que d'autres, au contraire, la vantent comme un médicament sudorifique et diurétique des plus efficaces. On l'emploie fréquemment dans les maladies syphilitiques, surtout en l'associant au gayac et au sassafras. La dose de la salsepareille est de deux à trois onces pour trois livres d'eau, que l'on fait bouillir jusqu'à réduction d'un tiers. C'est un des principaux ingrédiens du sirop de Cuisinier et du rob de Laffecteur.
M. le docteur Galilée Pallotta en a retiré une substance particulière, qu'il considère comme un principe immédiat nouveau, et auquel il donne le nom de pareilline. Cette substance est blanche, pulvérulente, légère, inaltérable à l'air atmosphérique ; sa saveur est amère, très austère, un peu astringente et nauséabonde, d'une odeur particulière. La pareilline, plus légère que l'eau distillée, y est insoluble à froid, soluble dans l'alcool bouillant. D'après quelques essais tentés par l'auteur, cette substance, administrée à l'intérieur, détermine un affaiblissement dans la circulation et dans les contractions musculaires.
▲SFAnAGINÉJSS.
D'un autre côté, M. le professeur Folchî, de Rome {Alcune ricerche chimiche suUa radice salsapariglia , Roma, 1824), a obtenu de Ja salsepareille une matière alcaline, qu'il nomme smilacine. Elle cristallise en prismes aciculaires, se dissout facilement dans l'eau froide, est peu soluble dans l'alcool, verdit le sirop de violettes, a peu de saveur, mais laisse dans l'arrièrebouche une impression irritante. Cette substance est-elle la même que Ja pareUUne^ mais obtenue à l'état de pureté ? Cela paraît probable d'après MM. Thubeux et Poggiale qui ont démontré que ces substances étaient identiques. Ils ont adopté le nom de salsepareline. Cette racine contient en outre une huile volatile, une résine âcrc, amère, une matière huileuse, une matière exlractive, de l'amidon et de l'albumine.
Le smilax aspera, qui croît abondamment dans tout le midi de la France , possède des propriétés analogues à celles de la salsepareille, et plusieurs auteurs ont proposé de l'employer à la place de celle-ci.
La SQuiNF. est la racine d'une autre espèce de ce genre, le smilax china L. , qui croît en Chine et aux Grandes Indes. Cette racine est noueuse, de la grosseur du poing, d'un brun rougeâtrcj sa saveur est fade et comme farineuse. Elle est principalement formée d'amidon, de gomme, et d'une matière colorante rougeâtre, soluble dans l'eau. On l'emploie dans les mêmes circonstances que la salsepareille.
Des marchands chinois, dit M. Poiret {Die. se. nat.), ont donné de la vogue à cette plante pour la première fois en 1535. Ils la vendaient alors sous le nom de foul'mg, comme un spéciGque contre les maladies vénériennes, bien plus efficace que le gayac. Les Espagnols firent un si grand éloge de ses propriétés à l'empereur Charles-Quint, que ce prince en fit usage de son propre mouvement, à l'insu de ses médecins, pour se guérir de la goutte; et bientôt cette recette devint publique et en grande réputation. Mais aujourd'hui on en fait assez rarement usage.
Il y a une autre espèce de squine qui vient de l'Amérique sepltutrionaJe , c'est la racine du sniila.v pseudochina L. , qui
ressemble parfaitement à la squine de l'Inde par ses caractères et ses propriéK^s.
M. Martius, en parlant des plantas m(îdicales du Brésil, fait mention d'une racine que les Brésiliens désignent sous le nom de salsaparilla. Ce célèbre botaniste nous appr end qu'elle est produite par une plante de la famille des Asparaginées, qu'il nomme herreria salsaparilla. Cette racine est tubéreuse, et ressemble beaucoup à celle de la squine. On l'emploie en décoction comme sudorifique.