VINGT-SIXIÈME FAMILLE
BÉTULACÉES. ~ BETULACEJE.
Les fleurs sont monoïques , disposées en chatons écailleux ; dans les chatons mâles , chaque écaille , qui souvent est composée de plusieurs écailles soudées , porte deux ou trois fleurs nues ou pourvues d'un calice à trois ou quatre lobes 3 le nombre des étamines varie de deux à quatre dans chaque fleur 3 les chatons femelles , toujours situés au dessous des mâles , et plus petits qu'eux , sont ovoïdes ou alongés et cylindriques , formés d'écaillés imbriquées, entières ou trilobées, dans l'aisselle de chacune desquelles on trouve deux ou trois fleurs sessiles. Ces fleurs offrent un ovaire lenticulaire à deux loges, contenant chacune un seul ovule attaché à la partie supérieure de la cloison; deux stigmates filiformes légèrement soudés dans leur partie inférieure, plus longs que l'ovaire. Les écailles des chatons femelles sont caduques ou persistent, deviennent plus épaisses et forment une espèce de cône. Les fruits sont lenticulaires , un peu membraneux sur leurs bords , à une seule loge et à une seule graine par avortement. Ils restent indéhiscens. Cette graine renferme un très gros embryon , dont la radicule est courte et supérieure , les cotylédons très larges et arrondis. Les Bétulacées sont des arbres d'une stature assez élevée , ayant des feuilles alternes et pétiolées, et qui croissent dans des
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lieux humides ou dans des sables stériles. Cette famille diffère de la précédente, 1° par ses fleurs monoïques ; 2° par ses étamines moins nombreuses ; 3» par ses deux longs stigmates filiformes j 4° par son ovaire biloculaire , dont chaque loge renferme une seule graine ; 5° par son fruit monosperme qui reste indéhiscent.
BOULEAU. —^^TZ/Z^. Tournef. Gœrtn.
Fleurs monoïques ; chatons mâles terminaux , alongés , cylindriques ; écailles groupées et soudées par six , donnant attache à six étamines à anthères, dont les deux loges sont écartées et distinctes , et que l'on pourrait considérer comme formant trois fleurs , ainsi que cela a lieu manifestement dans Taune ; chatons femelles alongés , cylindriques , beaucoup plus petits que les mâles ; chaque écaille offre deux petites oreillettes à sa base , et trois fleurs qui se composent d'un ovaire membraneux sur ses bords , terminé par deux stigmates filiformes. Les fruits sont autant de petites samares membraneuses, à une seule loge et à une seule graine , renfermées entre les écailles du chaton , qui sont minces et caduques, et dont la réunion forme une sorte de petit cône alongé.
Bouleau blanc. Betula alha, L. Sp. 1393. Duham. Arbr. 1,
Nom vulgaire : bouleau.
Cet arbre ', qui dans les bons terrains peut acquérir une hauteur considérable , se fait facilement reconnaître à son tronc recouvert d'un épiderme sec, blanc et nacré, s'enlevant par feuillets , à ses jeunes rameaux très grêles, pendans à la manière des saules pleureurs , et dont l'épiderme est rougeâtre et couvert de petites verrues blanches. Ses feuilles sont pétiolées , ovales, subtriangulaires, irrégulièrement déniées en scie, et terminées en pointe à leur sommet • leurs deux faces sont glabres et d'un vert clair. Les chatons mâles sont géminés et situés au sommet des ramifications de la tige -, les chatons femelles sont solitaires et placés au dessous des premiers, Ces chatons
UOTA.VIQUE.
sontalongés, grêles , pendanset cylindriques. Dans les chatons femelles les écailles sont trilobées.
On trouve le bouleau dans les terrains les plus secs , les plus sablonneux et les plus rocailleux. Il croît sur le penchant des collines exposées au nord, jusque dans les fentes des rochers. C'est lui qu'on trouve le derràer en gravissant les pentes escarpées des montagnes. C'est encore lui qui s'avance le plus loin vers les contrées du pôle glacial. Mais dans ces deux circonstances ce n'est plus qu'un arbrisseau rabougri qui s'élève à peine à trois ou quatre pieds au dessus du sol.
Propriétés et usages. Nous aurions bien peu de choses à dire des propriétés médicales du bouleau, si nous ne devions parlei* q:ue de celles que l'expérience clinique a confirmées. Cependant nous ne devons point omettre de rappeler ici que le suc et la décoction de ses feuilles, dont la saveur est austère et amère, ont été recommandés comme un remède vermifuge et diurétique; que son écorce, qui est astringente et amère, a ^té quelquefois administrée contre les fièvres intermittentes, et qu'enfin la sève limpide et aigrelette qui s'écoiile au printemps des fentes que Ton pratique à son tronc , a été préconisée contre une foule de maladies différentes, et surtout contre les maladies des voies urinaires , principalement celles qui sont occasionnées par des calculs arrêtés dans la vessie. Mais aujourd'hui ces différentes parties né sont que bien rarement employées par les médecins.
Dans les régions glacées du nord de l'Europe et de l'Asie, on fait, avec l'écorce intérieure dn bouleau, qui est tendre , succulente et d'une couleur rougeàtre, des espèces de galettes qui sont, avec le poisson fumé et salé , la seule nourriture des habitans pendant les longs hivers qui désolent ces contrées.
Les Russes et les Suédois emploient une infusion des feuilles encore recouvertes de leur enduit résineux dans une liqueur spiritueuse , en frictions contre le rhumatisme chronique. Ces frictions sont suivies de l'apparition d'une éruption cutanée , qui annonce les heureux résultats de ce remède.
L'huile empyreumalique qu'on obtient par la distillation à
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sec des écorces de bouleau, communique au cuir de Russie l'odeur particulière qu'on lui connaît.
D'après M. Gauthier {fourn. p/iarni. 13, p. 548), l'écorce de bouleau contient les matériaux suivans : résine, 186; exlractif, 45 3 matière qui a de l'analogie avec la subérine ^ 92,- acide galliqiie et tannin , 22; alumine , 8; oxide de fer, 18 ; silice, 15; carbonate de chaux, 10; perte, 4; total, 400.
Le bois de bouleau est blanc, assez flexible. On en fabrique des cerceaux et d'autres objets d'économie domestique.
AUNE. — ALNUS. Tournef. Gœrtn.
Fleurs monoïques ; chatons màl^s terminaux , cylindriques et très longs ; chaque écaille porte trois fleurs scisiles composées d'un calice étalé à trois ou quatre divisions , et dé trois ou quatre étamines; chatons femelles ovoïdes, presque globuleux, formés d'écaillés imbriquées ; dans l'aisSelle de chacune d'elles sont ordinairement denx , quelquefois trois fleurs sessiles, accompagnées à leur base de deux petites bractées ; l'ovaire est comprime, à deux loges uniovulccs, surmonté de deux stigmates filiformes ; le fruit est «ne sorte de petit cône renfermant entre ses écailles , qui sôtit épaisses èt persistantes, de petites samares uniloculaires et à une seule graine.
Ce genre, d'abord réuni au précédent, en diffère par la structure de ses fleurs mâles et par ses chatons femelles, dont les écailles persistantes et épaisses constituent une sorte de petit cône.
AuxE COMMUN. Alnus vulgaris. Rich. Betula ainus. 1. Sp. 1394. Alnus gtutinosa. Gœrtn. Fruct. 2, p. 54, t. 90, f. 2.
L'aune peut acquérir une hauteur de trente-six à quarantfe pieds. Son tronc est droit, cylindrique ^ divisé en rameaux dressés. Son bois est rougeâtre, assez tendre. Ses feuilles sont ovales, arrondies, obtuses, crénelées sur lèurs bords et comme tronquées au sommet; elles sont légèrement pubescentes, surtout lorsqu'elles sont jeunes et recouvertes d'un enduit vià-
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queux et glutineux. Les fleurs se montrent peu de temps après les feuilles ries chatons mâles sont réunis au nombre de trois à quatre à l'extrémité des jeunes rameaux; ils sont cylindriques, longs de trois à quatre pouces 3 les chatons femelles, au nombre de quatre à cinq, sont placés au dessous; ils sont ovoïdes, longs seulement de trois à quatre lignes, formés d'écaillés ovales, obtuses, entières, au dessus desquelles on voit sortir les styles, qui sont de couleur purpurine. Les fruits qui leur succèdent sont des espèces de cônes ovoïdes de la grosseur d'une noisette. Cet arbre est commun dans les lieux humides, sur les bords des ruisseaux.
Propriétés et usages. L'écorce de l'aune contient une assez grande quantité de tannin ; aussi a-t-elle une saveur âpre et astringente. On s'est quelquefois servi de sa décoction pour préparer des gargarismes détersifs, employés contre les maladies'de la gorge et des amygdales. Mais cette substance est rarement mise en usage dans la pratique médicale. Les tanneurs s'en servent avec plus d'avantage pour la préparation des cuirs.
Son bois, quoique tendre et léger, est employé à différens ouvrages de tour et de menuiserie.
LIQUIDÂMBAR. LIQUIDAMBAR. L.
Fleurs unisexuées, disposées en chatons. Chatons mâleâ , conoïdes ou globuleux ; fleurs composées d'un grand nombre d'étamines partant d'un réceptacle commun, entouré d'un petit nombre d'écaillés, sans calice. Chatons femelles environnés comme les chatons mâles de quatre bractées. Ovaire libre à deux loges polyspermes et surmonté de deux longs styles filiformes. Le fruit est une sorte de cône formé des écailles soudées et endurcies, contenant des capsules obconiques bilobées et à deux loges. Les graines, ordinairement nombreuses, sont comprimées et membraneuses. L'embryon est renversé et contenu dans un endosperme charnu.
Arbres à feuilles alternes, lobées et palmées et contenant des principes résineux.
BÉTCLACÉES.
LiQUiDAMBXR styracifère. Liquidambav slyraçijlaa. L. Blackw.
C'est un grand et bel arbre originaire des États-Unis et du Mexique , e*t qui par son port rappelle assez bien nos sycomores. On le cullive très facilement en pleine terre, dans les parcs et jardins où il supporte nos froids les plus rigoureux. Ses feuilles sont alternes et longuement pétiolées, palmées et divisées en lobes aigus et dentés. Les chatons femelles sont globuleux , pendans et terminaux. Les fruits sont également globuleux, formant des espèces de cônes ligneux, dont les écailles soudées constituent des espèces d'alvéoles dans lesquels sont renfermées les capsules.
Propriétés et usages. Dans les parties chaudes de l'Amérique, cet arbre fournit une matière résineuse, connue sous les noms de liquidambar liquide ou huile de liquidambar. On l'obtient par des incisions faites à l'écorce. Elle a une consistance oléagineuse, une couleur jaune ambrée, une saveur âcre et lérébinthacée et une odeur très prononcée -, mais néanmoins agréable. C'est un véritable baume qui contient une quantité notable d'acide benzoïque. Mais il est peu ou point employé.
Une autre espèce de ce genre , le Liquidambar d'Orient (Ztquidambar orientale Mill. , ou Liquidambar imberbe Le ), qui croît en Orient, fournit un autre baume connu sous le nom de Styrax liquide, qu'il ne faut pas confondre avec le styrax solide ou slorax, que l'on regarde communément comme retiré du styrax officinale de la famille des Styracinées. Le styrax liquide offre à peu près la consistance du miel; il est d'une couleur terne et grisâtre , d'une saveur aromatique sans âcreté, et d'une odeur extrêmement forte. Il contient beaucoup d'acide benzoïque, et fait partie de plusieurs préparations officinales, et entre autres des emplâtres de Vigo et de styrax. Celui da commerce paraît être un mélange de diverses matières résineuses. Sa dissolution alcoolique faite à chaud laisse déposer par le refroidissement des aiguilles d'une matière particulière que M. l'Héritier nomme styracine. Selon le même auteur, le styrax liquide offre les mêmes avantages que le baume de co-
pahu dans le traitement de: la blénorrhée et de la leucorrhée , sans inspirer autant de dégoût aux malades.
Propriétés et usages des Bélu lacées.
Si nous résumons les propriétés dont jouissent les Bétulacées, nous verrons qu'elles sont presque en tous points semblables à celles des arbres de la famille des Salicinées, c'est à dire que leur principe dominant est le tannin qui existe dans leur écorce, principe qui la rend astringente et tonique. Cependant le genre liquidambar, si toutefois il appartient bien réellement à cette famille, est remarquable par l'abondance des principes résineux que donnent les deux espèces qui le composent. Du resle^ cette famille est peu intéressante sous le rapport médical.
B. Fleurs non disposées en chatons.