PEUPLIER. - POPULUS. L. J
Fleurs dioïques disposées en chatons écailleux : les mâles offrent de huit à vingt-quatre étamines , attachées dans un calice tronqué, placé sur une écaille de forme variée j dans les fleurs femelles le pistil est embrassé à sa base par un calice analogue à celui des fleurs mâles, et est surmonté de quatre stigmates. La capsule est à deux valves , dont les bords rentrans simulent une capsule biloculaire; les graines sont également recouvertes de longs poils soyeux.
Les peupliers diffèrent des saules par leur calice tronqué , par leurs élamines plus nombreuses et par leur capsule qui paraît biloculaire.
Peuplier noir. Populus nigra. L. Sp. 1464. Blackw., t. 248.
Le peuplier noir peut acquérir une hauteur de plus de soixante pieds lorsqu'il végète dans un sol humide et profond. Son tronc se divise en ramifications recouvertes d'une écorce jaune , grisâtre , fendillée. Les feuilles sont d'abord renfermées dans des bourgeons ovoïdes , alongés , aigus, enduits d'une sorte de vernis résineux et odorant. Elles sont péliolées , trapézoïdales et presque triangulaires, inégalement crénelées sur leurs bords, glabres et luisantes sur leurs deux faces. Les chatons mâles sont grêles et épars vers la partie supérieure des rameaux de l'année précédente. Chaque fleur présente de douze à vingt élaminesj dont les anthères sont purpurines.
Cet arbre , qui fleurit au commencement du printemps, est commun dans les prés et les bois humides.
Propriétés et usages. Le peuplier noir croît avec rapidité. Son bois est employé à faire des poutres et des planches. Ses bourgeons non développés sont la seule partie dont on fasse u«age ea médecine , encore cet usage est-il borné à la prépara-
SALICINÉES. 1S7
tion de l'onguent connu sous le nom de poputeum, qui doit ses propriétés calmantes aux végétaux narcoti([ues qui y entrent en plus grande quantité. Nous ne parlerons point de la teinture alcoolique de bourgeons de peuplier que l'on employait autrefois contre la phthisie pulmonaire. Elle est tombée dans un juste oubli.
Le Tremble , populus tremula L. , grand arbre si commun dans nos forêts , présente dans l'écorce de ses jeunes rameaux une amertume extrêmement prononcée, M. Braconnot , de Nancy, dit l'avoir employée avec succès an traitement des fièvres intermittentes de différens types. Ayant analysé cette écorce , il l'a trouvée composée : V de salicine ; 2° de corticine : 3° de populine; 4° d'acide benzoïque 3 5° d'une matière gonimeuse ; 6" d'un principe soluble dans l'eau et dans l'alcool ; 7° de larti'âte de chaux et de potasse. {Journ. chim. me^/., janvier 1831, p. 12.) La salicine obtenue du tremble est en petites lames rectangulairps , dont les bords paraissent taillés en biseau. Les expériences de M. Braconnot sont d'accord avec celles de MM. Gay-Lussac et Leroux , c'est à dire qu'elles prouvent que la salicine est soluble dans les acides, mais qu'elle ne forme pas de combinaisons salines avec eux.
La populine^ que M. Braconnot a retirée de l'écorce du tremble, et qui se trouve aussi en abondance dans ses feuilles , est en masse composée d'aiguilles soyeuses et nacrées , d'une saveur sucrée analogue à celle de la réglisse. Elle est à peine soluble dans l'eau froide, se dissout dans l'eau et dans l'alcool bouillans , ainsi que dans les acides dont on la précipite facilement, même par le moven de l'eau ; traitée par l'acide nitrique, elle ne fournit pas d'acide oxalique. Par la chaleur, elle se fond en un fluide transparent, incolore^ brûle et s'enflamme à la manière des résines , de la nature desquelles elle paraît évidemment participer. -i
Propriéiçs et usages des plantes de la fainUle des Salicinée^.j
Peu remarquable par les propriétés médicales des arbres qui la composent, cette famille est plus intéressante par ses usages assez multipliés dans l'économie domestique. Sans parler ici
des jeunes branches des saules et de quelques espèces de peupliers qui , à cause de leur souplesse, ont été employées de temps immémorial à la fabrication des corbeilles et des autres ouvrages de vannerie , nous dirons que l'écorce des arbres de cette famille est généralement fort astringente et amère, et qu'elle peut être employée avec avantage au tannage des cuirs, de même que par ses propriétés toniques elle est administrée avec succès comme succédanée du quinquina. Cette propriété tonique paraît dépendre de la salicine qui existe à la fois dans les espèces de saules et de peupliers. Quant à son bois , quoique d'un grain assez peu compacte , il est fort en usage pour les ouvrages de charpente et de menuiserie.