TRENTE-QUATRIÈME FAMILLE
PLOMBAGINÈES. — PLUMBJGIJYEJS.
Cette petite famille se compose seulement de deux ou trois gpnres qui ont entre eux une assez grande affinité, surtout dans la structure de leur fruit. Leurs fleurs sont disposées en épis, en «capitules , ou en une sorte dé panicule : leur calice est tubuleux et persistant. Leur corolle est monopétale , à cinq divisions, quelquefois tellement profondes qu'elle paraît polypétale (comme dans quelques statices). Les élamines sont au nombre de cinq 3 souvent les filets sont élargis à leur base en une espèce de disque charnu et jaunâtre, sur lequel le pistil est implanté. Celui-ci présente un ovaire libre, à une seule loge contenant un seul ovule attaché au sommet d'un podosperme filiforme , qui s'élève du fond de la loge jusqu'à son sommet : les styles sont au nombe de cinq , quelquefois soudés en un seul par leur base : le nombre des stigmates est égal à celui des styles ou des divisions du style. Le fruit est
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upe capsule recouverte par le calice, quelquefois indéhiscente, d'autres fois s'ouvrant en un certain nombre de valves. La graine est renversée ; l'embryon est renfermé dans un endosperme charnu, Les Plorabaginées sont des plantes herbacées ou des arbustes , à feuilles alternes ou toutes radicales , souvent engainantes à leur base. M. de Jussieu a placé cette famille et les deux suivantes parmi les Apétales, regardant leur calice comme un involucre^ et leur corolle comme un calice. Mais nous ne saurions partager l'opinon de cet illustre botaniste , et nous pensons que ces trois ordres ont infiniment plus de rapports avec les autres familles monopélales , qu'avec les apétales.
DENTELAIRE. — PLUMBAGO- L. J.
Calice tubuleux à cinq dents ; corolle infundibuiiforme ou hypocratériforme à cinq divisions ; cinq étamines à filamens dilatés à la base, formant un disque annulaire auteur de l'ovaire, qui est à une seule loge , contenant un seul cvule renversé et pendant au sommet d'un long podosperma filamenteux, qui part du fond de la loge et s'élève jusqu'à son sommet. Le fruit est une capsule uniloculaire s'ouvrant en cinq valves.
Dentelaîre d'Europe. — Plumbago europœa, L. Sp. 215.
Noms pharmaceutiques : dentariœ herba et radix. Noms vulgaires : herbe au cancer, malherbe. Parties usitées ; la racine, les feuilles.
Cette plante est vivace et présente une racine pivotante , blanchâtre, légèrement rameuse j une tige dressée, haute d'environ deux pieds , ramifiée , striée ; des feuilles alternes , aniplexicaules , ovales, aiguës^ un peu ondulées , rudes au toucher, offrant sur leurs bords des dentelures très fines. Les fleurs sont violettes , rassemblées en téte au sommet des ramifie: lions de la lige; chacune d'elles est accompagnée de trois ou quatre petites bractées : le calice ést tubuleux, à cinq divisions aiguës et très étroites, recouvert de petites glandes pédicellées : la corolle est infundibuiiforme ; son tube est deux fois plus long que le calice ; le limbe est presque plane, à cinq lobes , ovales et obtus ; les cinq étamines sont saillantes au dest,us du tube de la corolle. L'ovaire se termine par un style
«OTANiQlJli.
quinqnéfide àson sommet, qui porte cinq stigmates filiformes. La capsule est renfermée dans l'intérieur du calice , qui la recouvre en totalité.
La dentelaire o^bît naturellement dans les lieux stériles des provinces méridionales do la France. Je l'ai recueillie en Provence , aux environs de Toulon. Elle fleurit en août et septembre. IJi
Propriétés et usages. Cette plante est d'une âcreté très intense , surtout lorsqu'elle est fraîche et récente. Sa racine paraît être la partie la plus active. On s'en sert quelquefois comme masticatoire pour augmenter l'action des glandes salivaires. Mais c'est principalement dans le traitement de la gale que l'on emploie plus souvent les feuilles et la racine de dentelaire , surtout en Provence. On en fait bouillir deux à trois onces dans une livre d'huile d'olive, dont on fait ensuite des frictions sur les parties extérieures affectée.^, du vice psorique. Sa racine a aussi été réputée éinétiqiie. Mais c'est un remède peu certain , et dont on a totalement abandonné l'emploi.
Toutes les autres espèces du genre dentelaire jouissent des mêmes propriétés , c'est à dire qu'elles sont âcres et corrosives.
Le genre Statîce, qui appartient encore à cette famille, et qui se distingue par sa corolle presque pentapélale , ses cinq styles distincts et son fruit indéhiscent , diffère beaucoup des dentelaires par ses propriétés médicales. La plupart des espèces qui le composent ont une saveur astringente nullement âcre , et jouissent de propriétés toniques. Aucune d'elles n'est usitée de nos jours.