PREMIÈRE FAMILLE
ALGUES. — ALGM.
Les algues sont des plantes d'une organisation extrêmement simple , qui se présentent sous la forme de filamens déliés comme des cheveux, qui sont autant de tubes simples ou ranieux, ordinairement cloisonnés à leur intérieur, de lames minces, entières ou très diversement lobées ou divisées en lanières étroites, larges, simples, entières ou dentées , dont la substance pai'aît homogène dans tous ses points, ou simplement traversée par des filets vasculaires. Les fructifications, quand elles existent , sont renfermées soit dans l'inléricur même de la plante, où elles constituent des amas, des tubercules, soit dans des espèces de conceptacles particuliers, dont la forme est excessivement variée.
Cette famille se compose de plantes qui vivent à la surface de la terre humide ou qui flottent sur l'eau douce ou salée, ce qui les a fait partager en deux sections : 1° les Confcvves ou celles
ALGÛÈS. l5
(|ni v^gi>tent dans les eaux douces ■ 2" les Thalassioplujies , qui vivent dans les eaux salées.
C'est parmi les algues que Ton trouve les végétaux de l'organisation la moins compliquée, puisque quelques unes consistent uniquement, soit en une masse gélatiniforrae, homogène et membraneuse, soit en des filamens capillaires^ et c'est également dans cette famille que l'on observe les points de contact les plus marqués entre les végétaux et les animaux. En effet, les oscillaioires et les conjngées appartiennent, suivant quelques uns, aux végétaux^ suivant d'autres, au contraire, elies doivent être considérées comme des animaux. Selon quelques auteurs, il arriverait quelquefois que certains animaux infusoires se seraient transformés en Algues, tandis que des Algues se seraient converties en animaux ; mais ces prétendues métamorphoses, admises par quelques naturalistes très célèbres, paraissent être le résultat d'observations peu attentives; et, s'il est vrai, comme il est impossible d'en douter, qu'il y ait en quelque sorte un point de départ commun pour tous les êtres organisés, cependant les observations les plus rigoureuses ne peuvent faire admettre la transformation d'une plante en animal, et vice versa.
Une atitre considération cependant ferait rapprocher davantage les Champignons des animaux. D'après les analyses chimiques des algues, elles ne renferment point de matières aninialisées, tandis qu'il y en a au moins trois bien caractérisées qui constituent les champignons.
Parmi toutes les plantes de celte famille, une seule est employée en médecine : c'est la mousse de Corse, ou helminthocorlon, dont voici la description :
Varf.c vermifugr. Fucus helminlhocorton, Turner, t. 233. Gigarlina hclniinf.hocorton , Lamouroux, DC. et Duby. Botan. gall.,2,p. 951;. Sphœrococcus hcltninthocorlon, Aç;-drdh.
.\om pharmaceutique : helminlkonorton. Noms vulgaires : mousse de Corse ou kdniinthocorton. Partie usitée : toute la plante.
Ce varec forme des touffes exirômement serrées, dont les
ramlficalions sont entrelacées les unes dans les aiilres, et. se tiennent accrochées au moyen do petits ci-ampons dont les liges sont armées : ces tiges sont );;réles et cylindriques, terminées par quelques petits rameaux redressés et crochus : les fructifications sont des tubercules situés sur les côtés des rameaux et sessilcs. La consistance de cette plante est cartilagineuse : sa couleur est variable j elle est tantôt jaunâtre, tantôt d'un rouge plus ou moins intense. Ce varec croit sur les côtes de la Méditerranée et de l'île de Corse.
Propriétés et usages. Les recherches de M. De Candolle ont prouvé que la mousse de Corse du commerce n'est point un médicament homogène, formé par une seule plante, mais qu'au contraire c'est un mélange de différentes espèces de varecs, de céramions et de corallines. Cependant, comme le varec vermifuge y prédomine, on rapporte en général la mousse de Corse à cette plante.
La mousse de Corse a une odeur sauraâtre et désagréable, analogue à celle des éponges fraîches : sa propriété vermifuge est en grande réputation, et c'est un des médicamens que l'on emploie le plus fréquemment pour combattre les vers, surtout chez les enfans. M. Bouvier a publié, dpns le tome 9 des Annales de chimie, une analyse qui lui a fourni les résultats suivans : gélatine, 602^ fibre végétale, 110; sulfate de chaux, 112; muriate de soude, 92; carbonate de chaux, 73; fer, silice, magnésie et phosphate de chaux, 17.
L'eau distillée de celte plante est sans odeur. M. Gaultier de Claubry {Ann. chini., t. 93, p. 73) a constaté dans la mousse de Corse l'existence de l'iode, que l'on trouve abondamment dans la plupart des espèces de varec. On l'administre en décoction ou en poudre. On la fait entrer dans des gelées, dans des biscuits , qui servent à en masquer l'odeur et la saveur désagréables, etc. Sa dose est d'un à six gros.
M. le docteur Faar l'a aussi employée contre les dégénérescences squin-heuses des glandes, et dit en avoir obtenu des résultats satisfaisans. 11 l'administre en infusion ou en décoction, que l'on prépare avec une once d'helminlhocorton pour une pinte d'eau, à prendre dans la journée. L'effet favorable du