‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 9 sur 187 · ALGUES · texte numérisé non relu

ALGUES

raédioament est indiqué par la coloration en vert des excrémeus, qui sont accompagnés d'une quantité notable de lymphe coagulable. Mais ces essais n'ont point été répétés.

Plusieurs auteurs ont recommandé les cendres de varec, ei entre autres celles du varec vésiculeiix, contre le développement du corps thyroïde désigné sous le nom de goitre. M. le docteur Coindet, de Genève, s'est assuré, par des expériences multipliées, que la singulière propriété de ces cendres pour dissoudre le goUre était due à Viode qu'elles contiennent, comme on sait, à l'état d'hydriodale de potasse. Il a ensuite employé l'iode sous différentes formes, et parait en avoir retiré du succès dans le traitement du goUre. Cependant des accidens graves ont quelquefois accompagné l'emploi de ce nouveau médicament. C'était d'abord en dissolution dans l'alcool qu'il l'administrait: mais il paraît que, d'après les recherches pharmaceutiques de MM. Dumas et Le Pioyer, il a abandonné ce mode de préparation, tant à cause de la transformation rapide de l'iode en acide hydriodique, que par la trop dangereuse action de celte substance sur le canal digestif • c'est pourquoi on emploie maintenant les hydriodates avec plus de succès. On administre l'iode dans plusieurs autres maladies, telles que les affections scrofuleuses, la leucorrhée, les maladies de la peau, etc. j

Depuis quelques années on emploie sous les noms de Carragahcen ( ou Pearl moss des Anglais ) une espèce commune sur nos côtes, le Fucus crispas L., ou Cliondrus poLijmorphus Lamx. Sa substance est comme cartilagineuse; sa fronde, d'un blanc rosé ou légèrement jaunAtre, est plane et divisée en segmensdicholomes, cunéiformes et crépus. Les conceptacles sont arrondis , solitaires et épars dans la substance de la fronde. Celte espèce cstinodore et à peu près insipide. On en prépare, au moyen de la décoction , une tisane ou une gelée très adoucissante, analeptique, dotill'usage a clé recomuiandé dans les. ija^- ,

l8 BOTA'NIQUE.

laflics (le poitrine, de la môme manière que le lichen d'Islande. Dans les régions septentrionales, en Islande , par exemple, il sert à la nourriture des habitans.

Les Algues ne renferment aucune plante vénéneuse ; elles sont toutes formées en grande partie de mucilage, d'albumine et de matière colorante; aussi plusieurs espèces, surtout parmi les ulves, sont-elles employées comme alimens dans quelques contrées maritimes. M. Gaultier de Claubry, qui a donné l'analyse de six espèces de fucus {F. saccharaius, F. digifatiis, F. vesicidosus, F. serratus, F. siliçuosus, et F. filum), y a observé en outre, ainsi que M. Vauquelin, de la mannite et un grand nombre de sels, parmi lesquels prédomine Tliydriodate de potasse, dont nous venons de signaler l'énergique propriété. CAnn. de chimie, t. 93, p. 75. )

Les varecs présentent encore plus d'un genre d'intérêt. Ainsi, c'est en les incinérant que l'on prépare le sous -carbonate de soude impur, connu sous le nom de soude de varec. Ces mêmes plantes forment aussi un excellent engrais, h cause de la quantité de sels qu'elles contiennent ; et, dans quelques localités voisines de la mer, on n'emploie pas d'autre substance pour fumer les terres.

Plusieurs médecins, et Laënnec entre autres, avaient pensé que les vapeu rs qui s'exhalent des fucus réunis en assez grande quantité, soit par le sel marin qu'elles contiennent, soit pour tout autre motif, étaient favorables aux personnes affectées de tubercules. En conséquence, on a pu voir pendant quelque temps, du vivant de ce médecin célèbre, des salles de nos hôpitaux où étaient réunis les individus tuberculés,dont le plancher était couvert de fucus frai?. Je ne sache pas qu'on ait retiré un grand avantage de cette pratique, qui a été abandonnée.

DEUXIÈME FAHIILI.E.

CHAMPIGNONS (1). — FUNGT.

La forme, la consistance, la couleur des Champignons, sont extrêmement variables. Tantôt ce sont de simples tubercules à

(fjWexistc'ùti ,trcs '{ïrami nombre d'ouvrages sur les CJiampignotos. Lfirf)tij'R iitilca li rôn.oriiic'r SoVit tes sti'lv.'ms : P.inlet, Tmifc-dex tliampi-

CIIAMl'IGNONS. 19

peine perceplibles; tantôt des filamens déhVîs; d'autros fois ils ont la forme de branches de corail, de parasols bombés ou concaves en dessus, et recouverts en dessous de lames perpendiculaires rayonnantes, de tubes, de pores, de stries, etc. Cette partie supérieure porte le nom de chapeau, et ïe pied qui la soutient celui de slipe ou pédicule. Quelquefois le champignon tout entier est caché , avant son développement, dans nne espèce de bourse, qui se rompt irrégulièrement , et qu'on appelle voiva. Assez fréquemment la face inférieure du chapeau est recouverte d'une membrane qui s'attache d'une part l'Isa circonférence, et de l'autre à la partie supérieure du pédicule, et qui, lorsqu'elle vient à se rompre, forme autour du stipe une sorte de collier ou d'anneau découpe. Les sporules, ou organes de la reproduction dans les champignons, sont placés, soit à l'intérieur de leur substance, soit à leur extérieur, étendus, sur une lame qui porte le nom àliymenium. Les Champignons croissent en général dans les lieux un peu humides et ombragés , tantôt à terre , tantôt sur le tronc d'autres végétaux ou sur des matières animales en état de décomposition. Presque jamais leur substance n'est verte à l'intérieur, caractère qui les dislingue spécialement des Algues, dans lesquelles cette couleur est presque générale.

Les Champignons nous intéressent à plus d'un titre : 1" un grand nombre d'entre eux servent d'aliment à l'homme; 2° plusieurs sont des poisons violens; 3° quelques uns sont employés comme médicamens. Mais pour faire d'une manière complète l'histoire de cette famille, il faudrait entrer dans des détails que la nature et le but de cet ouvrage ne comportent point. Cependant nous allons faire connaître les caractères des genres principaux et des espèces qu'il est plus important de distinguer, soit à cause de leurs qualités nuisibles, soit, au contraire, sous le rapport de leur utilité.

g'wtinj, 2 vol in-4. Paris, 1793. Bulliard , Histoire des champignons de la France^ 4 vol, in.4. paris, flg. col. Persoon , Synopsis fUngomm, in-8. GolMiigur, \ 8C\. id., Traité àe.i clinmpignnns comestibles, in-8, lig. col- Paris, ISIS.OrflIs, l.xrnns rh mrdfcinr: /pgrilr, in. 8, ftjî, roi. Pnrls, IS.'V;!.

AGAIUC. — AGARICUS. Pers.

Champignons charnus, à chapeau garni à sa face inférieure de feuillets rayonnans perpendiculaires, ordinairement simples ; pédicule dépourvu de bourse ou volva. Ce genre, excessivement nombreux en espèces , a été partage en plusieurs groupes.

1° I^édicule central pourvu d'un collier.

Agaric comestible. Agaricus campestris, L. Bull. Champ., t. 134.

Nom Tulgaire : champignon de couche.

C'est l'espèce dont on fait le plus souvent usage, au moins à Paris ; c'est la seule qu'il y soit permis de vendre dans les marchés. Il est d'abord arrondi, en forme de boule; son pédicule est haut d'un à deux ponces, plein intérieurement j son chapeau est convexe, lisse, glabre, garni en dessous de feuillets d'une couleur rosée, un peu terne, qui deviennent noirâtres en vieillissant 3 sa couleur générale est blanche, un peu brunâtre. Il croît naturellement sur les pelouses sèches et exposées au soleil. On l'obtient également par la culture au moyen de couches às fumier, sur lesquelles on a projeté du blanc de champignons. Son odeur et sa saveur sont fort agréables. On en fait une grande consommation h Paris.

Il faut bien se garder de confondre cette espèce avec Vanianite vénéneuse , qui lui ressemble beaucoup pour le port. {Voy. plus loin sa description , page 28.)

L'agaric boule de neige (Bull. , t. 514 ) n'est qu'une variété de l'agaric comestible , et on le mange comme lui.

D'après l'analyse que Vauquelin a publiée de ce champignon {Ann. de chim.^ t. 85, p. 7), il se compose :

1° D'adipccircj 2° d'une huile ou matière grasse; 3° d'albumine; 4" de sucre de champignons; 5° d'une matière animale semblable h l'osmazome, solublc dans l'alcool et dans l'eau ; G° d'une autre matière insoluble dans l'alcool j 7" de fongine ; 8° d'acétate de potasse. •

CUAMIUGNOXS.

Agaric élevé. Jgimms procerus. Pers. Syn. fung. 256. Jg. coluùrinus. Bull., t. 78 et 583.

>oni vulgaire : couleitcrce, coulemelle, cormelle, parasol, potiron , boutarot, vertet, etc.

Celle espèce esl la plus élevée du genre agaric : son slipe est haut de huit à douze pouces , il est bulbeux à sa base , creux à sou centre, et recouvert d'écaillés brunâtres. Le chapeau est de couleur bistre , chargé d'écaiilas imbriquées ; ses feuillets sont blancs et forment un bourrelet au sommet du pédicule. La largeur du chapeau est de dix à douze pouces. Il croît en automne sur les pelouses découvertes. La chair de son chapeau est tendre et d'un goût agréable. On le mange dans beaucoup de provinces de la France. On doit rejeter le pédicule qui est dur et coriace.

Agaric AriNULAiRE, Agaricus annularius. Bull. , l. 510. Orf.

Méd. lég. 1. 19, y: 1.

Nom vulgaire : tcte de Méduse, Pavlut.

Ce champignon vient par groupes, composés quelquefois de quarante à cinquante individus, et se développe, soit à terre, soit sur les vieilles souches. Sa couleur est fauve roussâtre. Son slipe est charnu, cylindri(jue, haut de trois à quatre pouces, écailleux dans sa partie supérieure, où se trouve un collet annulaire redressé et concave. Le chapeau est convexe, mamelonné à son centre, un peu écailleux, large d'environ Uois pouces. Les lam,es sont inégales, d'abord blanches, puis un peu brunûtres. On le trouve en automne dans les bois.

Celle espèce est très vénéneuse, ainsi que Paulet l'a constaté par des expériences sur des chiens. Cependant Trallinick et Krombholz {Consp.fungor. cscuLcntor. Pragcns. i821, p. 12), disent que c'est l'espèce que l'on voit paraître le plus abondamment sur les marchés de Prague , en septembre et en octobre. Ne serait-il vénéneux que cru, la cuisson lui enlevant son principe délétère? ou seulement dans certaines localités? ou enfin n'cst-il redoutable que pour les animaux et pas pour l'homme, car les essais do l^aulet ont clé faily sur un chien

Ces questions sont encore à résoudre, et exigent de nouvelles expériences. Peut-être aussi que l'espèce de Prague n'est pas identiquement la même que celle que Paulet a employée.

2° Pédicule central, point de collier.

Agaric mousseron. Jgaricus mousseron. BulL, t. 142.

Sa couleur générale est d'un blanc sale, tirant quelquefois sur le gris. Son pédicule est épais, long d'un pouce à un pouce et demi , un peu enfoncé dans la terre. Son chapeau est très convexe, presque globuleux, glabre, un peu onduleux sur les bords 3 les lames sont blanches, serrées, étroites. La substance du mousseron est blanche, charnue^ cassavîte ; son odeur est très agréable. Coite espèce est du petit nombie de celles qui paraissent, dés le printemps, sur les pelouses sèches et la lisière des bois. On en fait un grand usage comme allaient, ainsi que du mousseron blanc (ag. albellus. DC.) que l'on connaît sous le nom de champignon muscat, à cause de son odeur musquée , qu'il conserve lorsqu'il est desséché. Cette dernière espèce paraît être la plus agréable et la plus estimée.

Agaric oreillette. Jgaricus auricula. DC. Fl. fr. 6, p. 48.

Le pédicule de ce champignon est court, plein, blanchâtre , cylindrique 3 son chapeau est rarement bien arrondi, d'un gris phis od moins foncé et roulé sur ses bords 3 ses feuillets sont blancs , décurrens sur le pédicule.

Ce champignon a un bon goût, se dessèche aisément et ne se pèle pas. Il est commun en automne sur les pelouses aux environs d'Orléans, où on le mange avec confiance, selon M. De Candolle.

Agaric du houx. Jgaricus aquifolii. Pers. Ch. com.,p. INoma vulgnircs : oreille de houx, grande girolle.

11 est d'un jaune clair. Son pédicule a quatre ou cinq pouces de hauteur ; il est un peu aplati et très épais. Le chapeau, large de trois à quatre pouces, est lisse et glabre 5 ses feuillels sont liianciiàlrcs. Il croit en automne sous les buissons do iuniX

CHAMPlGiNOIVS. a'S

(llex aquifolium). Sa chair est fine et délicate , sa saveur parfumée et agréable ; en un mot, c'est, suivant MM. Paulel et l'orsoon, un de nos meilleurs champignons.

Agaric de l'olivier. Agaricus olearius. DC. FI. fr. 6, p. 44. Nom vulgaire : oreille de l'olnier.

La couleur de celte espèce est rousse-dorée, très vive; il naît souvent par touffes sur les racines de l'olivier et de quelques autres arbres. Son pédicule est court, un peu courbé, ordinairement attaché sur l'un des côtés du chapeau , et fort rarement dans son centre ; ses lames sont décurrentesj sa chair est dure et filandreuse.

Il est très important de bien reconnaître ce champignon, qui est fort vénéneux. Il croît dans les provinces méridionales de la France. Il est fréquemment phosphorescent et lumineux pendant la nuit.

Agaric faux- mousseron. Agaricus pseudo-mousseron. Bull., t. 326. Agaricus tondis. DC. Fl. fr.

Noms vulgaires : mousseron godaille ou de Dieppe, mousseron pied dur

ou d'automne.

Sa couleur est d'un jaune pâle tirant sur le roux. Son pédicule est très grêle, un peu fusiforme; son chapeau convexe , mamelonné au centre , large d'un pouce et demi à deux pouces. Sa chair est assez dure, mais savoureuse et d'une odeur agréable. Il croit à la fin de l'été dans les pâturages et It-s endroits découverts des bois. Il se conserve bien^ et est foxt agréable lorsqu'il est cuit.

Ag\ric BRULANT. Agaricus urens. Bull.,, t. 528, f. 1, Orf. Méd.

lég., t. 18, f. 1.

Ce champignon est d'un jaune sale ; son pédicule est long de cioq à six pouces, cylindrique, glabre, strié et un peu velu à sa b<»se; son chapeau, d'abord convexe, se creuse et finit par être ic.-èreiuent concave; il est large de deux pouces; ses lames ou fini il l'ts sont inégaux, d'une couleur brune. Celle espèce croît dans !.)!> bois humides, cl i-rincipalcmenl bur les iuMilles juor-

tes. Sa saveur est âcre et brûlante. II est essentiellement vénéneux.

3" Agarics à sucs laiteux. (Lactaires.)

Les espèces de celte section sont remarquables par le suc laiteux qu'elles renferment, e! qtii s'en écoule lorsqu'on entame leur substance. Ce suc a une saveur âcre, poivrée et très forte. Ces champignons sont en général plus ou moins suspects et désagréables : cependant plusieurs espèces alimentaires appartiennent à celle section.

Agaric délicieux. Agariciis deliciosus, L. Schœff. t. 2.

Il croît en touffes, surïout dans les forêts de sapins du nord de l'Europe ; son pédicule est long de deux à trois pouces, épais, charnu , jaune. Le chapeau, d'abord jaune , devient fauve ou rougeàlrc ; il est légèrement concave et marqué assez souvent de zones jaunAlres. Les lames sont d'une couleur plus pâle que le chapeau, et inégales. Le suc est d'un rouge de brique, plus ou moins intense. Ce cliampignon a une saveur âcre et assez désagréable, que la cuisson l'ait disparaître en grande partie ; cependant il ne nous parait pas mériter l'épithcte de délicieux^ quoiqu'il ne soit pas malfaisant.

On mange de mùme les variétés de Vag. acris , figurées par Eulliard , t. 538 et t. 588. quoique leur suc soit également Acre <ft poivré.

Dans la Matière médicale indigène de MM. Coste et Vilicraet (p. 91), on rapporte que M. le docteur Dufresnoy, de Valenciennes, le môme qui a public des c/bservalions sur l'emploi du rhus radicans, a considéré Vagan'cus acris et Vagaricus de lic'iosus comme très efficaces dans le traitement de la phthisie tuberculeuse. Il faisait un électuaire composé de trois gros de ces champignons réduits en poudre, do demi-once de conserve de roses, deux gros de blanc de baleine, deux gros d'yeux d'écrevisses et de soufre lavé, auxquels il ajoutai! quantité suffisante de sirop de raillefeuille. Ctt électuaire se prenait à la dose d'un gros environ par jour, répétée pendant un mois et plus. Nous doutons lort qu'un Ici médicauicnl ; dont là formule est au

CHAMPIGNONS. 25

moins fort bizarre, ait jamais pu avoir quelque résultat avantageux contre une maladie qui ne connaît encore que des palliatifs. Cependant M. Dufresnoy prétend avoir guéri par ce moyen plus de trente malades attaqués de plilhisie pulmonaire. Reste à savoir maintenant si ces malades étaient réellement phtliisiques.

Agaric meurtrier. Jgaricus necator. Bull. t. 529, f. 2, et t. 14. Orf. Méd. lég. t. 19, f. 3. A. tonninosus . Schœff., Fung. t. 12.

Noms vulgaires : morton, raffonlt^ mouton zone.

Ce champignon est d'un brun roux : son pédicule est cylindrique, long de deux à trois pouces; son chapeau est convexe, un peu enl'oncé vers son centre, marqué queiquefois de zones concentriques , et recouvert de petites pellicules écailieuses , inégales, d'une couleur plus foncée, qui ne s'observent que dans les jeunes individus. Ses bords sont roulés en dessous; ses feuillets sont inégaux. Il est commun à la fin de l'été dans les bois. Le suc qui découle des cntamures que l'on fait à sa substance estàcre, caustique, blanc, quelquefois légèrement jaune. On doit se défier de ce champignon qu'un grand nombre d'auteurs regardent comme très vénéneux, tandis que d'autres, et M. Paulct en particulier, prétendent qu'il ne produit point d'accidcns. La prudeiîcc exige de s'en abstenir soigneusement.

Agaric caustique. Agaricas pyrogalus. Eulî. t. 529. f. 1. Orf.

Méd. lég., t. 18, f. 2.

Sa couleur est d'un rouge assez vif; son pédicule est jaunâtre, plein, haut d'un à deux pouces, cylindrique; son chapeau est convexe, un peu concave au centre, souvent rayé de zones concentriques d'une couleur plus foncée ; ses feuillets adhérens au pédicule sont inégaux et rougeâlrcs. Il est assez commun dans les bois. Son suc est jaunâtre, très caustique,

Celte espèce est vénéneuse.

BOTANlQUli.

4° Pédicule latéral.

Agaric styptiqi'e. Àgarïcus styplicus. Jiull. t. 140 et 557, f. 1. Orf. Méd. lég. t. 18, f. 4; t. 19, f. 2.

Cette espèce est d'une couleur jaune cannelle plus ou moins foncée ; son pédicule est plein, conique, latéral, long de huit à dix lignes : son chapeau est hémisphérique , ressemblant en quelque sorte à une oreille d'homme ; son grand diamètre est d'environ un pouce ; ses feuillets sont égaux entre eux , se détachant facilement de la chair du chapeau. Il végète sur les vieux troncs d'arbres, les souches coupées à fleur de terre. Sa çaveur est âcre et astringente.

On doit le rejeter, car il est vénéneux.

AMANITE. — AMANITA. Pers.

Ce genre diffère de l'agaric par la présence d'une bourse ou v'olva, qui enveloppe le champignon en partie ou en totalité avant son développement, et par son pédicule, presque toujours bulbeux à sa base.

Amanite oronge. Amanita aurantiaca. Pers. Ch. com., p. 174^ t. 4. Agaricus aiiranliacus . Bull. t. 120.

Noms vulgaires : oronge, jrrserand, dorade, j ci une d'œuf, cadran, etc.

L'oronge paraît d'abord sous la forme et avec l'apparence d'un œuf : en effet, son volva est blanc et la recouvre en totalité; mais il se sépare ensuite en plusieurs lobes pour laisser sortir le champignon. Cehii-ci est d'une couleur rouge-orangé fort éclatante; son pédicule est plein, cylindrique, jaune^ avec un collet membraneux et pendant. Le c'iapeau est convexe , large de quatre h cinq pouces, glabre, lisse, strié et souvent incisé sur son bord ; ses lames sont jaunes, épaisses et inégales.

Ce champignon croît dans les bois, surtout dans les provinces méridionales. 11 n'est pas rare en automne aux environs de Paris. C'est un champignon délicieux , dont on fait un grand usage dans les provinces où il est commun. Les Piomains l'csti-

CHAMl'lGNOiSS. ^7

maient beaucoup et le désignaient sous le nom de/ungonini

pririceps ùoletus.

Il est essentiel de ne pas confondre l'oronge vraie que nous venons de décrire avec la fausse oronge qui est fort dangereuse, et qui lui ressemble beaucoup.

ÂMAiSiTE FADSSE ORONGE. Aiiianita viiLscaria. Pers. Jgaricus miiscarius. L. Jg- pseudo-aurantiucus. Bull. t. 122. Orf. Méd. lég. t. 14, f. 1.

Noms vulgaires : agaric aux mouches, fausse orotige.

La fausse oronge ressemble absolument pour le port et la couleur à Voronge vraie ^ dont elle diffère par les caractères suivans : son volva est incomplet, c'est à-dire qu'il ne recouvre ]»as la totalité du chapeau; celui-ci, lorsqu'il est développé , est tacheté de plaques jaunâtres et irrégulières (nommées verrues): son pédicule et ses lames sont blanches et non jaunes.

C'est malheureusement une des espèces les plus répandues dans nos bois pendant l'automne. Elle est très vénéneuse. Mais néanmoins les peuples du nord de l'Europe et de l'Asie en font usage , sans qu'elle soit mortelle pour eux. Elle les jette seulement dans un état d'ivresse, fort analogue à celui que l'opium procure aux Orientaux. On prétend môme que celte propriété narcotique se transmet à l'urine de ceux qui ont mangé champignon,, et que ces peuples barbares la boivent pour s'enivrer. Cet usage dégoûtant ne peut pas surprendre de la part de peuples pour lesquels l'htiile de baleine est un nectar délicieux.

Murray avait dit que la poudre de ce champignon était quelqneiois fort utile contre les tumeurs squirrheuses , certaines ihaladies de la peau, et même l'épilcpsie. M. Paulet, chirurgien à Evreux, a récemment conseillé la poudre de fausse oronge contre les ulcères cancéreux. En Allemagne, le docteur Reinhard a cherché à y introduire l'usage de ce champignon comme niéd)caînenl. Il l'a'essayé contre l'épilcpsie, la paralysie et plusieurs autres maladies excessivemont graves, il ])arait en avoir retiré qufcltiuo succès dans les exahlhùnics ciirotiiquts avec

28 BOTAMQDE.

abondante expectoralion muqueuse et puriforine. C'est sous la forme de teinture, à la dose de 30 à 40 gouttes dans un verre d'infusion théiforme, répétée trois ou quatre fois par jour, qu'il la prescrivait. En France, on n'a pas encore dierché à répéter ces essais.

Vauquelin a retiré de la fausse oronge les principes suivans : une matière animale, insoluble dans l'alcool; de l'osmazomej une matière grasse , de l'hydrocyanale , du phosphate et du sulfate de potasse j un produit acide à la distillation. {Ànn. de chim., t. 85, p. 23.)

M. le docteur Letelller, en 1826, a cherché à isoler le principe vénéneux qui existe dans la plupart des espèces du genre amanite, et il a obtenu une matière particulière qu'il nomme amanitine. Celte matière, dont l'alcalinité est fort douteuse, se trouve mêlée ou combinée à l'état de sel avec le fungate de potasse. Elle est extrêmement vénéneuse, et les essais que l'auteur a tentés, môme à des doses très faibles, ont toujours produit une mort prompte. Ces expériences ont surtout été faites sur des grenouilles. Ce poison agit par absorption, et ses symptômes sont éminemment ceux des narcotiques. Il est presque impossible de précipiter celte substance par les réactifs, et par conséquent on ne peut en constater l'existence dans les cas d'empoisonnement.

Amanite vénéneuse. Amaniia venenosa. Pers. Ch. com., p. 178, t. 2. Jgaricas bulbosus, et Jg. vernus. Auct.

Sous ce nom, M. Per.^oon a réuni, à l'exemple de Bulliard , plusieurs espèces de chaoïpignons distinguées par les auteurs sous les noms (ïagaric ùiilùeux, prùHnnier , etc. Cette espèce comprend trois variétés principales, savoir :

10 L'amanite bulbeuse blanche ou oronge ciguë blanche de Paulet(agaricus bulbosus vernus. Bull. t. 180). Elle est blanche dans toutes ses parties.

2° L'amanite sulfurine, ou oronge ciguë jaiindlre de Paulet (amanita cilrina. Pers. ; Bull. t. .')77, f. 9). La caulcur du chapeau de cette variété est d'un jaune citron , ainsi que l'anneau ; le pédicule est long de trois in quatre pouces : le chapeau est

CHAMPIGNONS. 2(J

tacheté de verrues brunes. Elle est commune dans les bois sombres et humides.

3" L'amanite Tcrdâtre ou oronge cigii'è verte de Paulet (amanita viridis. Pers. Agaricus bulbosus, Bull. 1. 180 et 577, f. D).

Son chapeau est ordinairement lisse et sans verrues; il est d'un vert plus ou moins foncé. Cette variété , plus grande que les deux autres, a une saveur et une odeur plus nauséabondes et plus fortes. On la trouve en automne dans les bois ombragés. Ce champignon et ses variétés sont une des espèces les plus dangereuses de toute cette famille, a cause de sa ressemblance avec le champignon de couche ; c'est môme celle qui a donné lieu aux méprises les plus fréquentes et les plus funestes. Mais on évitera facilement cette erreur en songeant que le champignon d« couche n'a ni bulbe ni volva à la base de son pédicule, que ses lames sont toujours rosâlres et jamais blanches, et qu'enfin son chapeau ne porte point de verrues.

Amanite k. tète lisse. Amanita leiicocephala. Pers. Ch. cora. 183. Agar. leucoceph. DC, Fl. fr. 6, p. 53.

L'amanite à léte lisse , dit M. De Candolle , est entièrenr.ent blanche , môme dans un âge avancé. Son odeur est agréable , sa chair ferme, sa superficie sèche et chagrinée , son pédicule épais vers la base 3 son chapeau a sept à huit pouces de diamètre •. ses feuillets sont nombreux , non adhérens au pédicule qui est dépourvu de collier; son volva est grand. On la vend au marché de Montpellier. Celte espèce , qui est comestible, ne peut ôtre confondue avec la précédente , parce qu'elle manque de collier.

C'est encore au genre Amanite que l'on doit rapporter plusieurs espèces encore mal connues, et qui n'ont été indiquées que par M. Paulet, sous le nom générique à'HypophjUum ; tels sont :

1° L' oronge croix de Malle. Hypophyllum crux melilensîs. Paulet, Orf., Méd. lég. t. 16, /. 1, dont le chapeau se fend en plusieurs lobes rayonnans : ce n'est qu'une simple monstruosité de Vamanila venenona;

3o ROTAiVIQTlK.

2" L'oronge souris. Hyp. anguineum. Paulet , Orf. , l. c. tAQ,f.2;

3° L'oronge peaucière de Picardie. Hyp. pellitum. Paulet , Orf., L c, t. 16, J. 3;

4° L^oronge dartreuse. Hyp. macnlatum. Paulet, Orf., l. c. t. iG,f.4;

5° L'oronge blanche ou citronnée. Hyp. albo-citrinum. Paulet, Orf., l. c, t. \l,f. i ;

6° L'oronge à pointes de trois quarts. Hyp. tricuspidatum, Paulet, Orf., l. c, t. 17,/. 2;

7° L'oronge à râpe. Hyp. rapula. Paulet, Orf.^l. c, t. 17, /. 3.

Ces différentes espèces de M. Paulet nous paraissent pour la plupart de simples variétés de l'amanite vénéneuse. Toutes au reste sont comme elle délétères , et ont donné lieu à des accidens plus ou moins graves. Voyez, -çoyxr de plus grands détails sur ces espèces, les Planches de champignons de M. Paulet, et les Leçons de médecine légale du professeur Orfila.

BOLET. - BOLETUS. Pers.

Champignons charnus ou coriaces, avec ou sans pédicule , dont le chapeau est garni à sa face inférieure de tubes serrés et perpendiculaires , ou de pores:

Il est important de noter qu'aucune des espèces de ce genre, parmi celles qui sont charnues et les seules que l'on serait tenté de manger, n'est véritablement vénéneuse. Cependant, suivant M. Le Tellier [Journ. de Pharm., août 1837), il y a quelques espèces qui sont suspectes 3 tels sont èn particulier le.BoleiMs annulatus (Bull. t. 332) , le Boletus luridus (Suppl. à Bull, t. 678) , ou Boletus perniciosus , et B. niannoreus Pvoque , qui sont la môme espèce que Paulet a désignée sous le ïvom d'Ognonde Loup, et enfin le Boletus piperaïus (Bull. t. 451).

«ndol

ClTiVMPlGlSrONS.

I» Pt^diculc central, tubes adhch'cns entre eux et an cliapenu. BoLKT COMESTIBLE. Boletus cdulis . Bull. t. 494. Noms vulgaires : cepe, girole, brugtiet, bolé, porchin, potiron, etc.

Sa teinte générale est d'un jaune grisâtre terne; son pédicule est haut de quatre à cinq pouces , épais , charnu , renflé h sa base et comme réticulé à sa surface ; son chapeau, également épais et charnu, est d'un jaune un peu brunâtre ; son diamètre est de cinq à huit pouces; ses tubes , d'abord blancs, prennent ensuite une teinte jaunâtre; sa chair est blanche et ne change pas de couleur quand on la casse. Cette espèce est extrêmement commune dans les bois depuis la fin de l'été jusqu'en automne. Sa saveur a quelque analogie avec celle de la noisette,' et est fort agréable. On le mange cru ou cuit, et apprêté de différentes manières.

Les autres bolels comestibles de cette section sont le dolet bronzé (B. œreus. Bull. t. 385) , désigné sous les noms de cepe noir, de champignon, à (été noire. Le bolet blanc ou potiron blanc (B. albus. Pers.). Le bolet ôrangé ou Jbnge oronge de Paulet (B. aurantiacus. Bull. t. 489, f. 2). Le bolet rude ( B. asper. Pers.) , et enfin toutes les espèces qui sont charnues , et ne changent point de couleur lorsqu'on les entame.

2" Pédicuîe nul.

Les espèces de cette section sont en général d'une substance plus ou moins sèche et coriace , et ne sont point employées comme alimens.

Bolet du mélèze. Boletus laricis. Bull. t. 296. Bol. purgans. Pers. Polyporus laricis. DC. et Duby Botan. Gall. 2.

>'om pliarniaceulique : agariciis. Nom vulgaire : agaric blanc. Partie employée : toute la plante.

Ce bolet est, à sa surface extérieure , d'un blanc sale; sa f(>Mne est à peu près celle d'un sabot de cheval ; il est semi-cironlaire «»t attaché par un de ses côtés; sa chair est blanche, ooHure n ^'paisse ; sa pellicule sypérienre est brunâtre et mar-

3a BOTANIQUE,

quée de quelques zones concentriques • ses lubçs sont jaunâtres et très serrés. Il croit sur le tronc des mélèzes en Asie , dans l'Europe méridionale et dans les Alpes.

Celui du commerce est blanc, léger, poreux , dépouillé de sa pellicule supérieure. C'est un violent purgatif drastique , en général peu employé aujourd'hui , surtout en France. On l'administrait dans l'hydropisie passive. Sa dose est de quatre à six grains. M. Eraconnot , de Psancy, a trouvé qu'il se compose de 72 parties d'une résine particulière , 26 parties de matière fongueuse , et 2 parties d'extrait amer.

On a administré l'agaric blanc pour modérer les sueurs excessives qui se manifestent dans les dernières périodes de la phlhisie pulmonaire , et qui épuisent en général si rapidement les malheureux atteints de cette cruelle maladie. M. le docteur Rayer avait cru reconnaître que dans certaines circonstances il était en effet parvenu à les diminuer, mais aussi que dans plusieurs cas ce médicament énei'gique avait été plus nuisible qu'utile. M. Bisson {N.Arch. gén. de Méd. , janvier 1833 , p. 159) a tenté de nouvelles expériences , d'où il a tiré les résultats suivans :

1° L'agaric blanc peut être employé avec avantage contre les sueurs nocturnes des phthisiques ;

2° A la dose de 4, 8 ou 10 grains , administrés pendant quelques jours , il fait ordinairement disparaître les sueurs , lorsqu'il n'y a pas de diarrhée;

30 Aux mêmes doses et combiné avec l'extrait gommeux d'opium , ou le sirop diacode , il peut être également employé avec avantage chez les phthisiques atteints de sueurs et de diarrhées passagères ;

40 Dans la phthisie, lorsque le dévoiement , d'abord passager, devient continu, malgré l'emploi des opiacés, l'agaric cesse d'être utile ; -

Il aggrave les diarrhées rebelles à l'opium ;

60 Enfin , quand il agit avec efficacité et fuit cesser les sueurs , il rend le sommeil plus calme , prévient et ralentit l'épuisement. El si la phthisie nejieut être guérie par ce moyen ,

il rend au moins plus lents les progrès du mal , en faisant cesser un de ses symptômes les plus graves et les plus pénibles.

Bolet amadouvier. Boletus igniarius. Sowerb. Fung. t. 131 ( non Bull. ). B. imgulatus. Bull. t. 401 , et t. 494, f. 2. Polyporiis igniarius. Fries.

Nom pharmaceutique : j4garicus chinirgorum. Noms vulgaires : agaric, agaric de chêne, aniadouiner, etc.

Sa couleur est d'un brun ferrugineux ; sa forme est la même que celle de l'espèce précédente; sa chair est d'abord mollasse et filandreuse , mais elle acquiert bientôt la dureté du bois ; ses tubes sont très serrés et bruns. 11 vient communément sur le tronc du chêne , du pommier, etc.

C'est avec ce champignon encore jeune , ainsi qu'avec une autre espèce très \ois\ne, Polijporus Jbmentarius, de Fries, cou pés par tranches, trempés dans unesolution de nitrate de potasse, séchés et battus convenablement , que se prépare Vamadou , si fréquemment employé dans l'économie domestique , et Vagaric dont on fait usage en chirurgie pour arrêter les hémorrhagies des petits vaisseaux. Cette substance agit comme absorbante en se collant aux vaisseaux ouverts , et comme par une propriété astringente particulière.

MÉRULE. — MERULIUS. Pers.

Champignons charnus dont le chapeau est infundibuliforme, et garni en dessous de plis étroits , ramifiés et veineux. (Pers.)

Mérule chanterelle. Merulius cantliarellus . Bull. t. 505. Agar,

cantharellus. L.

Noms vulgaires ; girolle ordinaire, cheville, jaunelet, mousseline,

cassine, etc.

Celte espèce, extrêmement commune dans tous nos bois, se montre pendant l'été. Sa belle couleur jaune orangée , sa forme en entonnoir, son pédicule court, la font facilement reconnaître : sa chair a une saveur agréable , mais un peu poivrée , sur 3, S

tout quand on la mange crue. On en fait une très grande consommation, comme aliment , dans les lieux où elle croît.

CLkykmE.^CLA VARIA. L.

Champignons charnus, ayant la forme d'une massue, on plus souvent de branches de corail ramifiées.

Clavaire coralloïde. Clavaria coralloïdes. L. Bull. t. 212.

Noms vulgaires : barbe de chèvre, gallinète, mainotte, espignette, poule,

buisson, etc.

Sa couleur est ordinairement rosàtre ou d'un jaune orangé ; elle est cependant quelquefois blanche. Elle forme des touffes plus ou moins serrées, branchues, charnues, hautes du trois à quatre pouces , qui naissent à terre en automne sous les bois ombragés. Leur chair est blanche, cassante, un peu coriace, mais assez nourrissante.

On mange encore plusieurs autres clavaires. Aucune espèce de ce genre n'est vénéneuse.

MORILLE.— M ORCHELLA. Vers.

Champignons charnus , sans volva , dont le chapeau , plus ou moins globuleux , est recouvert supérieurement de larges alvéoles , ayant les bords membraneux et persistans.

Morille ordinaire. Morchella esculenta. Pers. Syn. fung. 618. Phallus esculentus. L. Bull, t. 218.

Ce champignon est très commun au printemps et en été dans les endroits découverts des bois calcaires, surtout dans les places oii l'on a brûlé du charbon. Son pédicule est creux, lisse , de couleur blanche; son chapeau est presque globuleux, alvéolé ^ grisâtre.

On fait une très grande consommation des morilles , soit fraîches, soit séchées et conservées pour l'hiver.

HELVELLE. — HELFELLA. Pers.

Champignons dont le chapeau membraneux et lisse est ra-

battu des deux côtés, libre ou attaché au pédicule, qui est solide et souvent diversement sillonné et lacuneux.

Helvelle comestible. Heh'ella escalenta. Pers. Champ, com.,

Le pédicule de cette helvelle est plein, haut d'un à deux pouces, d'un brun rougeâtre; son chapeau , d'une forme irréguliôre, est rouge, inégal, mamelonné et comme cérébriformc. Elle croît dans les bois montueux. «Toutes les helvelles , ainsi que les grandes pezizes, peuvent servir d'aliment, car elles sont toutes de la même nature que les morilles. » Pers.

TRUFFE. — TUBER. Pers.

Champignons charnus souterrains, irrégulièrement arrondis, sans pédicule, dont l'intérieur est marbré ou veiné.

Truffe noire. Taber ciharium. Bull. t. 556. L(ycoperdon

tuber. L. *

La truffe met ordinairement une année pour acquérir tout son développement. Au printemps elle se présente sous la forme d'un petit tubercule arrondi , pisiforme, rongeâlre ; au commencement de l'été elle est plus grosse, et blanche intérieurement ; elle constitue alors la truffe blanche, qui est un peu indigeste et sans parfum. A la fin de l'automne et au commencement de l'hiver, sa surface est noire, chagrinée; sa chair est brune, marbrée, très odorante.

Les truffes se rencontrent particulièrement dans les régions méridionales. En France, les plus estimées sont celles du Périgord. C'est un mets fort recherché.

Considérations générales sur les champignons vénéneux.

Après avoir décrit les espèces principales de champignons, il nous reste à faire connaître s'il existe quelques moyens de distinguer, au premier coup d'œil , la nature dangereuse d'un champignon. Celle partie essentielle de leur étude est celle sur laquelle on possède le moins de notions précises. En effet, il

36 BÛTAMyUE.

n'y a point de caractères invariables, propres à faire connaître celle distinction. Yoici cependant ce que l'on a remarqué de plus constant à cet égard.

En général il faut rejeter les champignons dont l'odeur et le goût sont désagréiibles ; ceu «i dont la chair est mollasse et aqueuse; ceux qui croissent dans les lieux ombragés et trop humides, qni se gâient avec facilité ; ceux dont le goût et amer, astringent ou trop poivré ; ceux qui changent de couleur quand on les entame. Une teinte rouge, brillante, est assez souvent l'indice de qualités délétères, comme on l'observe dans la fausse oronge et plusieurs autres espèces dangereuses ; cependant l'oronge vraie, qui offre cette coloration, est une des plus saines. Les espèces môme auxquelles on n'a pas reconnu de propriétés malfaisantes doivent être recueillies avant leur entier développement, car plus tard elles perdent de leurs qualités.

Il est encore une autre précaution 5 ne pas négliger lorsqu'on veut faire usage de champignons dont on n'est pas tout à f^it certain. Oh a remarqué que le vinaigre s'emparait du principe vénéneux des espèces délétères et c'est ainsi que de fausses oronges, ou d'autres espèces aussi dangereuses, ont perdu toutes leurs qualités malfaisantes, après avoir séjourné pendant un temps plus ou moins long dans de l'eau fortement vinaigrée. Il est donc utile, après avoir coupé par fragmens les champignons qu'on pourrait suspecter, de les laisser pendant quelque temps dans de l'eau vinaigrée , que l'on a soin de 'yter ensuite , puisqu'elle contient les parties qui pourraient être nuisibles.

L'analyse chimique , en isolant les princ'pes immédiats des champignons , n'a pu jeter aucun jour sur leurs propriétés. MM. Bouillon-Lagrange , Vauquelin, et surtout M. Braconot , de Nancy, ont fait des recherches qui n'ont abouti qu'à la connaissance de quelques substances sans qualités apparentes , ou sur lesquelles les physiologistes ne se sont pas encore exercés. Telle est \a fiingine [Brac), substance analogue à la fibre végétale quant h l'inertie de ses propriétés, mais entièrement différente en ce qu'elle donne à la distillation tons les produits des matières animales. Tels sont aussi : un acide particulier [acide

CHAMPIGNONS

fungique, Braconol) , «ni le plus souvent à la potasse; deux matières animalisées , l'une solublo dans Talcool [osmazome), l'autre peu connue et insoluble dans ce fluide ; du sucre , de l'adipocire , de l'huile, etc. M. Vauquclin a analysé quatre agarics . /Igaricus campestris , A. bulbosus ^ A. theogalus ^ A. muscariiis , et y a rencontré à peu près tous les principes que nous venons d'énoncer et qui constituent chimiquement le Boletus jiiglandis , selon M. Braconot. Le Peziza nigra a fourni en outre à celui-ci de la bassorine , de la gomme et de l'acide fungique en partie libre, (///m. de c/iim., t. 79 et 87.)

rius récemment M. Le Tellier a signalé dans les amanites vénéneuses un principe particulier, qu'il a nommé amanitine , qui parait être le principe délétère de ces espèces , mais que malheureusement il n'est pas parvenu à isoler complètement.

Il serait à désirer que ces analyses fussent reprises par les chimistes et physiologistes qui se sont déjà occupés de recherches sur les principes actifs des végétaux, afm de constater d'une manière certaine les effets de ceux des champignons sur l'économie animale.

D'après une foule d'expériences, il a été leconnu que le premier soin à remplir dans les accidens occasionnés par les champignons vénéneux est de les chasser le plus promptement possible hors du canal alimentaire. Pour cela, on doit commencer par administrer un vomitif , ou mieux encore un émélo calhartique , lorsque les accidens n'ont pas encore paru , ou sont peu intenses : ces accidens ne se montrent fréquemment que huit , douze ou même vingt-quatre heures apris l'introduction des chamipignons vénéneux dans l'esiomac. Lorsque l'on a ainsi évacué tout ce qui reste du poison , on donne au malade une potion fortement éliiérée. Le médecin devra ensuite surveiller la marche des symptômes qui se développeront. Si des douleurs vives se font sentir dans l'abdomen, et annoncent une inflammation de quelque partie du canal alimentaire, on aura rt^cours aux émoUiens, aux mucilagineux. Si au contraire les accidens se concentrent vers la tête , qu'il y ait délire, agitation , etc. , les révulsifs , tels que les sinapismes , les vésicaïuires , seul indiqués.

BOTA.NIQUB.

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