‹ Élémens d'histoire naturelle médicale (volume 3)Chapitre 96 sur 187 · CAMOMILLE. - ANTHEMIS. L. J · texte numérisé non relu

CAMOMILLE. - ANTHEMIS. L. J

liivolucre hémisphérique, composé d'écailles imbriquées, scarieuses sur les bords ; (leurs radiées j fleurons du centre hermaphrodites fertiles ; demi-fleurons femelles et fertiles -, réceptacle convexe , garni de paillettes ; fruit couronné par une membrane entière ou dentée.

Camomille NOBLE. Anihemis nohilis. L. Sp. 1260. Blackw. t. 526.

!Nom pharmaceutique : chaniœmelnin romanum. Nom vulgaire : camomille romaine. Partie usitée : les capitules.

Le nom de camomille romaine, donné à cette espèce, semblerait indiquer une plante étrangère à la France, ce qui n'est point ; car cette espèce est fort commune dans les allées sablonneuses et les pelouses de nos bois. Sa tige, longue de huit à dix pouces, est couchée, rameuse, redressée par l'extrémité de ses rameaux, qui portent chacun un seul capitule. Cette tige est cylindrique, striée, pubescente. Ses feuilles sont courtes , irrégulièrement bipinnées, pubescentes , à folioles subulées , très petites, aiguës. Ses capitules sont solitaires ; le disque est jaune, les rayons blancs. Involucre presque plane, imbriqué, composé de folioles pubescentes, scarieuses sur leurs bords. Réceptacle très convexe et proéminent, chargé d'autant d'écailles scarieuses qu'il y a de fleurs, dont elles égalent à peu près la hauteur. Demi-fleurons de la circonférence femelles^ fertiles; limbe terminé par trois dents obtuses. Fleurons du disque jaunes, hermaphrodites fertiles j ovaire ovoïde nu; point d'aigrette 3 corolle infundibuliforme, tube cylindrique; limbe cam panulé, à cinq divisions réfléchies.

Le fruit est alongé , surmonté d'un petit bourrelet membraneux.

On trouve la camomille romaine en fleurs pendant les mois de juin et de juillet , dans les lieux un peu humides , les allées des bois aux environs de Paris. ^

Cette espèce double facilement par la culture , et c'est celte variété qu'on préfère pour l'usage médical.

BOTANJQDE.

Propriétés et usages. Les capitules ou fleurs de la camomille romaine répandeiit une odeur aromatique forte, mais agréable. Leur saveur est extrêmement amère et aromatique. Elles contiennent une huile volatile d'une belle couleur bleue , du camphre, un principe gommoso-résineux, et une petite quantité de tannin. L'infusion des fleurs de camomille est une boisson à la fois tonique et excitante , dont les praticiens font un fréquent usage. Cette infusion augmente d'une manière marquée les forces digesiives de l'estomac , surtout quand cet organe a besoin d'être stimulé. Comme fébrifuge , on emploie fort souvent la camomille , qui réussit fort bien dans les fièvres intermittentes peugraves, et surtout chez les sujets faibles. On l'emploie aussi comme antispasmodique , quoique moins fréquemment. Son administration est souvent avantageuse dans certaines coliques occasionnées par la présence d'une grande quantité de gaz dans les organes de la digestion. Quelques médecins prescrivent encore ce médicament comme vermifuge; d'autres, pour aider l'action des vomitifs , tels que l'émétique et l'ipécacuanha.

L'infusion se prépare en versant deux livres d'eau bouillante sur douze à quinze têtes de camomille : on peut les donner en poudre ou les faire macérer dans du vin. L'eau distillée de camomille peut entrer à la dose de deux onces dans une potion excitante.

Camomille PUANTE. Anthémis cotula. L. Sp. 1261. Blackw. t. 67.

La maroute ou camomille puante présente une racine annuelle , donnant naissance à plusieurs tiges rameuses , redressées , cylindriques, striées, un peu velues supérieurement, longues d'environ un pied ; des feuilles sessiles bipinnées , presque glabres , à segmens linéaires étroits , terminés en pointe. Ses fleurs radiées sont terminales et solitaires au sommet des ramifications de la tige. Involucrc hémisphérique composé d'écaillés imbriquées , scarieuses sur leurs bords, un peu velues. Réceptacle conique, saillant, offrant à la base de chaque fleur une écaille subulée , étroite , à peu près de la môme longueur que la fleur. Fleurons du centre jaunes, pe-

SYNANTHÉRÉES.

lits, réguliers, très serrés, hermaphrodites fertiles : demifleurons de la circonférence blancs, étalés, à trois dents obtuses, femelles et stériles. Fruits ovoïdes , tuberculeux.

Cette plante est extrêmement commune le long des rivières, des mares et des ruisseaux.

Propriétés et usages. Toutes les parties de la niaroutc répandent une odeur aromatique très prononcée et très désagréable, qui lui a fait donner le nom de camomille puante. Cette odeur indique en elle un principe stimulant fort intense. On l'emploie surtout dans les différentes névroses , et plus particulièrement contre les accidens de l'hystérie. On donne ses fleurs en infusion : on peut préparer des lavemens stimulans et antispasmodiques avec l'infusion de la plante entière. Du reste , ses propriétés sont fort analogues à celles de la camomille romaine.

Camomille pyrèthre. Anthémis pyrelhruni. L. Sp. 1262. Noms vulgaires : pyrèthre, racine salivaire. Partie usitée : la racine.

Sa racine est pivotante, vivace, donnant naissance à un assez grand nombre de tiges simples , un peu couchées à leur base , redressées dans leur partie supérieure , hautes de huit à dix pouces, et ordinairement terminées par un seul capitule de fleurs. Les feuilles sont pinnatifides, à divisions linéaires et un peu épaisses et charnues. Les demi-fleurons sont blancs , un peu rougeâtres sur leurs bords et à leur face inférieure. Les fruits , couronnés par une aigrette courte et membraneuse , sont comprimés et légèrement ailés.

Cette espèce croît dans les régions méridionales de la France. ^

Propriétés et usages. La racine est la seule partie dont on fasse usage. Au rapport de M. Desfontaines , lorsqu'on vient de l'arracher et qu'on la place dans la main , elle y détermine une sensation de froid extrêmement remarquable. Cette racine, ainsi que le montre l'analyse publiée par M. Gautier [Jouni. depharm., 1818, p. 33), contient ; 1° une huile fixe à laquelle elle doit sa saveur âcre et piquante ; 2° un principe colorant jaune; 3" de la gomme; 4° de l'inuline, du ligneux et quel-

ques sels. Une autre analyse a été publiée par Kaïne , en voici les résultats :

1° Une substance brune très Acre, d'une apparence résineuse,

insoluble dans une solution de potasse caustique. 0^95 2° Une huile fixe d'un brun foncé, Acre et soluble dans

la potasse t,60

3° Une huile jaune , âcre , également soluble dans la

potasse 0,35

4° Çu tannin , des traces »

5° Une substance gommeuse 9,40

6° De l'inuline 57,70

7° Sulfate , hydrochlorate et carbonate de chaux, alumine , silice , oxides de fer et de manganèse . . 7,60

8° Du ligneux 19,80

9° Perte 2,60

Le principe actif de la racine de pyrèthre est donc un composé de trois substances. Il est soluble dans l'éther sulfurique, dans l'éther acétique et dans l'alcool : l'eau le sépare en partie de la solution alcoolique , et la liqueur reste trouble. Il est tout à fait insoluble dans l'eau ; les acides hydrochlorique et nitrique n'ont pas d'action sensible sur lui l'acide sulfurique concentré le dissout et détruit le principe âcre.

Lorsque l'on mâche une petite quantité de racine de pyrèlhre, elle détermine une abondante salivation • aussi est-elle très fréquemment employée pour stimuler l'action des glandes salivaires. On fait aussi entrer cette racine dans certaines eaux spirltueuses dentifrices.

Plusieurs autres espèces de camomille ont des propriétés médicales assez marquées pour pouvoir être également employées en médecine ; telle est surtout la camomille des teinturiers [anthémis tinctoria L.), qui fournit une belle couleur jaune , et que quelques auteurs disent avoir administrée avec avantage comme tonique et stimulante.

STKANTHÉRBES.

MILLEFEUILLE. — ACHILLJEA. L. J.

Involiicre ovoïde ou cylindrique , formé d'écaillés imbriquées • fleurs radiées , à rayons femelles et peu nombreux 3 réceptacle plane et pailletté, fruit sans aigrette.

MiLLEFEUiLLE COMMUNE. AchiUœa millefoUiun. L. Sp. 1267.

Blackw. 1. 18.

Nom pharmaceutique : millefoliiim. Noms vulgaires : millefeuille , herbe à la coupure, herbe au charpentier, etc. Partie usitée: les feuilles , la racine.

Racine vivace, donnant naissance à des tiges dressées, cylindriques, simples inférieureraent, un peu striées et velues j hautes d'un à deux pieds. Feuilles sessiles , bipinnatifides, velues, à segmens très rapprochés, alongés , linéaires, divisés en dents très aiguës. Fleurs radiées , blanches , disposées en corymbe à la partie supérieure des rameaux. Involucre alongé, cylindrique, composé d'écaillés imbriquées, obtuses, minces et scarieuses sur les bords. Réceptacle presque plane, garni de petites écailles lancéolées , transparentes. Demi-fleurons de la circonférence, ordinairement au nombre de cinq, femelles et fertiles, très courts, larges, à trois dents peu marquées. Fleurons du centre également blancs, au nombre d'environ six, réguliers, à cinq dents, hermaphrodites et fertiles. Fruits ovoïdes, dépourvus d'aigrette.

La millefeuille est très commune dans les lieux incultes, dans les prés secs. Elle fleurit pendant la plus grande partie de l'été. If

Propriétés et usages. Les feuilles de cette plante ont une saveur faiblement acerbe et amère. Elles ont eu jadis une très grande réputation dans le traitement des plaies récentes, à une époque où l'on croyait utile d'aider par des applications topiques, souvent fort nuisibles, la cicatrisation des plaies simples. De là les noms vulgaires d'herbe à la coupure, herbe au charpentier, sous lesquels elle est désignée dans quelques contrées. On les administrait aussi à l'intérieur, soit en décoction, à la

dose de deux onces pour une pinte d'eau, soit en poudre, depuis un jusqu'à deux gros. Quant à sa racine, elle est également un peu astringente, mais elle ne m'a pas paru posséder cette odeur de camphre que plusieurs auteurs lui attribuent. On l'avait proposée comme un succédané indigène de la serpentaire de Virginie; mais on en a abandonné l'usage ainsi que celui des feuilles.

MiLLEFEUiLLE PTARMiQUE. Aclùllœa ptarmica. L. Sp. 1866.

Nom pharmaceutique : ptarmica. Noms vulgaires : ptarmique , herbe à éternuer. Partie usitée : les feuilles.

Cette espèce, fort commune dans les prés et les lieux humides, se distingue de la précédente par sa tige^ simple en bas, dressée, pubescente à sa partie supérieure, où elle est rameuse et paniculée; par ses feuilles lancéolées, très étroites, aiguës, finement dentées en scie, sessiles, glabres. Ses ffeurs radiées, à rayons blancs et à disque d'un blanc jaunâtre , sont disposées en une panicule terminale à l'extrémité des rameaux. Les demifleurons de la circonférence, ordinairement au nombre de dix, quelquefois douze ou treize , sont femelles, fertiles, dépourvus d'aigrette, ainsi que les fleurons du centre ; leur limbe est ovale, large, comme trilobé à son sommet. Les fleurons du disque, hermaphrodites et fertiles, ont une corolle tubulée, dont le limbe n'est pas manifestement plus large que le tube, qui est un peu comprimé ; le limbe est terminé par cinq lobes aigus et réfléchis. Les fruits sont tous dépourvus d'aigrette. ■

Propriétés et usages. Cette plante est légèrement odorante; la saveur de ses feuilles est à peine aromatique et un peu âcre, ayant assez de ressemblance avec celle de l'estragon. Sa racine et ses feuilles, séchées et réduites en poudre, sont fréquemment employées comme s'terhutatoires ; et la racine, lorsqu'on la mAche, excite (d'une nianière très marquée l'action des glandes salivaires.

Sous le nom de genipi, les habitans des Alpes, de la Suisse et de la Savoie , désignent plusieurs espèces de millefeuille, telles que VAckillœa nana, A. moschata et A. atrata, qui toutes ont une odeur aromatique et agréable, une saveur chaude et exci-

SYNANTHÉRÉES. 4^9

tante. On les y emploie aux mêmes usages et à peu près dans les mêmes circonstances que la camomille.

HÉLIANTHE. - HELIANTHUS. L. J.

Fleurs radiées 3 involucre composé d'écailles foliacées, écartées; demi-fleurons de la circonférence neutres et très grands ; fleurons du centre très serrés, hermaphrodites, fertiles; réceptacle plane et pailletté. Fruits terminés par deux écailles lancéolées, opposées et caduques. Fleurs constamment jaunes.

Héliamhe tlbéreux. Helianthus tuberosus. L. Sp. 1277. Noms vulgaires : topinambour, poire de terre. Partie usitée: les racines.

C'est au Brésil que nous sommes redevables de cette plante, aujourd'hui si bien naturalisée dans toutes les contrées de l'Europe où on la cultive abondamment , à cause de ses usages dans l'économie rurale et domestique. De gros tubercules charnus, oblongs, rougeâtres en dehors, blancs intérieurement, assez semblables à ceux de la pomme de terre , naissent de la partie souterraine de sa tige et accompagnent sa racine, qui est vivace. Il s'en élève des liges dressées, simples, herbacées, hautes de trois à quatre pieds , qui portent des feuilles alternes ou opposées, très grandes, ovales, amincies en pointe à leurs deux extrémités, marquées sur leurs bords de petites dentelures et un peu rudes au toucher. Les fleurs ou capitules sont solitaires, terminales et jaunes, dressées, larges d'environ deux ou trois pouces. L'involucre se compose d'écaillés foliacées , imr briquées, ciliées sur leurs bords.

Cette plante fleurit vers le mois de septembre. ^ Propriélés et usages. Les tubercules charnus du topinambour sont un aliment sain et agréable, non seulement pour l'homme, mais encore pour les vaches,, les bœufs et les moutons, qui en sont très friands en hiver. Lorsqu'ils sont cuits, leur saveur est douce et sucrée , et présente beaucoup de ressemblance avec celle des artichauts. La culture de cette plante est très avantageuse. En effet, elle réussit même dans des terrains fort maigres. Cependant on la cultive beaucoup moins

i6o BOTANIQUE.

que la pomme de terre, qui fournit plus de matière nutritive, et dont les usages sont plus multipliés.

M. Payen s'est livré à des recherches analytiques sur les tubercules de topinambour. Selon cet habile chimiste, ils se composent en gfande partie d'un principe immédiat particulier, qu'il avait déjà observé dans les tubercules du Dahlia, autre plante de la même famille, et qu'il avait nommée Dahline. Ce principe a beaucoup d'analogie avec l'inuline. Ce chimiste a également démontré que ces tubercules cuits et souujis à la fermentation fournissent une grande quantité de liqueur alcoolique, avec laquelle on pourrait préparer une sorte de boisson fermentée analogue à la bière.

Une autre espèce de ce genre est encore fort remarquable, et par la grandeur étonnante de ses capitules, qui ont jusqu'à huit à neuf pouces de diamètre, et par les usages de ses fruits. On la connaît généralement sous le nom de grand soleil ; c'est Vhelianthus annuus, plante annuelle, aujourd'hui excessivement commune dans tous nos jardins, et qui nous a été apportée du Pérou. Dans quelques contrées, ses graines torréfiées sont employées aux mômes usages que le café. Ces graines, dont l'amande est blanche, renferment une grande quantité d'huile grasse que l'on en extrait avec avantage. On en fait aussi une sorte de bouillie employée à la nourriture des enfans, et les différentes volailles les recherchent avec avidité.

ABSINTHE. - ABSINTHWM. Tournef.

Fleurs flosculeuses : involucre globuleux, composé d'écaillés imbriquées; réceptacle garni de longues soies. Fleurons du centre hermaphrodites fertiles, à cinq dents ; fleurons du disque femelles, tubuleux, à deux dents. Fruits dépourvus d'aigrette.

SYNANTHÉRliES.

Absinthe officinale. Ahsînthium officinàh. Nob. Arlemisia absintlUum. L. Sp. 1188. Blackw. t. 17.

Nom pharmaceulique : absinthium majus. Noms vulgaires : grande absinthe ou aluine. Parties usitées ; les feuilles et les sommités /îeuries.

Racine vivace ; tige herbacée, dressée, un peu rameuse, couverte d'un duvet blanchâtre, très court, qui fait paraître la plante d'un gris cendré. Feuilles inférieures tripinnatifides, à divisions étroites, lancéolées, obtuses, pubescentes et blanchâtres des deux côtés, surtout à la face inférieure 3 les caulinaires bipinnatifides, puis simplement pinnatifides, et finissant vers la partie supérieure par devenir simples, alongées et obtuses. Les fleurs, qui sont flosculeuses, petites, globuleuses, jaunâtres, pendantes, forment des épis axillaires simples, dont la réunion constitue une panicule très alongée et pyramidale. Involucre semi-ovoïde, formé de folioles ovales, obtuses, pubescentes, scarieuses sur leurs bords et imbriquées. Réceptacle convexe, garni de poils longs et soyeux. Fleurons du centre hermaphrodites, fertiles ; ovaire nu. Corolle tubuleuse, se terminant à son sommet par cinq divisions. Fleurons de la circonférence simplement femelles, irréguliers, grêles, filiformes, terminés par deux dents qui sont dressées. Fruits sans aigrette.

L'absinthe se rencontre dans les lieux pierreux et incultes. Elle fleurit pendant les mois de juillet et d'août. ^

Propriétés et usages. Cette plante exhale une odeur pénétrante très prononcée j sa saveur est extrêmement amère et aromatique. Elle contient une grande proportion d'une huile volatile verte. C'est un médicament à la fois tonique et stimulant, auquel on a fréquemment recours, soit pour ranimer l'action languissante de l'estomac, soit dans la leucorrhée chronique ou l'aménorrhée dépendant de causes débilitantes. Dans ces différentes circonstances, l'absinthe produit une excitation avantageuse. Quelques auteurs ont conseillé les préparations d'absinthe dans le traitement des fièvres intermittentes. Enfin ce médicament est assez fréquemment administré comme vermifuge. En général, c'est un médicament très énergique, et

qu'il ne faut donner que quand on s'est assuré que l'estomac n'est pas affecté d'une irritation chronique.

L'absinthe se prescrit sous plusieurs formes : lo infusée dans l'eau bouillante à vaisseau clos , une once pour deux livres d'eau; 2° en poudre , à la dose d un à deux scrupules j 3° Sous forme de vin ; il est tonique et stomachique ; 4° en teinture , à la dose d'un à quatre gros. En Suisse on prépare avec l'absinthe distillée et l'alcool une teinture ou liqueur d'un beau vert que l'on désigne sous le nom à'eau d'absinthe ou simple d'absinthe de Suisse. Les gourmets en font usage pour exciter leur appétit en en buvant une petite quantité , soit pure, soit étendue dans un verre d'eau , peu de temps avant le repas.

2" Phoranthe sans paillettes ni soies.

A. Point d'aigrette.

ARMOISE. - ARTEMISIA. Tournef.

Fleurs flosculeuses j involucre ovoïde ou cylindrique ; réceptacle nu.

Ce genre ne diffère de l'absinthe que par l'absence des soies sur le réceptacle.

Armoise commdne. Artemisia vulgaris. L. Sp. 1188. Blackw. t. 431.

Nom pharmaceutique : artemisia. Nom vulgaire : herbe de Saint-Jean. Parties usitées : les feuilles et les sommités fleuries.

Tige herbacée, droite, rameuse, haute de quatre à cinq pieds , cylindrique , striée longitudinalement , rougeâtre , un peu velue. Feuilles sessiles , profondément pinnatifîdes, larges , vertes, et glabres en dessus , blanches et cotonneuses en dessous ^ folioles lancéolées ; les moyennes sont profondément trilobées. Les fleurs sont disposées par petits épis axillaires, alongés, et constituent une longue panicule étroite , effilée, au bout de chaque rameau. Chaque capitule est ovoïde , alongé, composé d'un involucre à folioles ovales, cotonneuses, un peu scarieuses sur les bords. Le réceptacle est dépourvu de soies.

On trouve communément l'armoise dans les lieux incultes ,

SYNANTHÉllÉES. 4^'3

SUT le bord des chemins, où elle fleurit pendant les mois de juin et de juillet. If

Propriétés et iisnges. Moins amère et moins aromatique que l'absinthe, l'armoise est moins énergique dans son action. C'est surtout comme stimulant de l'utérus que l'on prescrit cette plante; son infusion excite l'éruption des menstrues, lorsqu'une cause débilitante en retarde le cours. Du reste, on l'emploie à peu près dans les mêmes circonstances et sous les mêmes formes que l'absinthe , qui mérite à tous égards la préférence.

On a attribué à la racine d'armoise une propriété qui serait très précieuse , si elle était bien établie. On trouve dans le journal d'Hufeland des observations de M. le docteur Burdach, qui tendent à prouver que cette racine possède une propriété anli-épileptique très énergique. Déjà Michel EttmuUer, Schrader , Barbette , avaient fait mention de cette propriété. M. le docteur Burdach rapporte cinq observations où cette racine a parfaitement réussi et a fait disparaître des accès d'épilepsie bien caractérisés. Voici la manière dont il administre la racine d'armoise : Dans le cas où le malade sent approcher l'accès, on doit choisir, pour donner cette racine, l'instant où il éprouve ce sentiment précurseur. La première dose est d'un demi-gros, que l'on fait prendre dans un peu de bière chaude , après quoi 1 le malade se met au lit et se couvre de manière à favoriser la transpiration critique , qui survient dans presque tous les cas de succès. La seconde prise est de deux scrupules; et les suivantes ^ lorsqu'on est obligé d'y avoir recours, peuvent être portées jusqu'à un gros et même un gros et demi. [Noyez Arch. gén. de méd., vol. 7, p. 588.) Je ne sache pas qu'en France ces essais aient été répétés.

Armoise estragon.- Artemisia dracunculus . L. Sp. 1189.

Nom pharmaceutique: dracunculus hortensis. Nom vulgaire : estragon.

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