OR
tallurgique , puisqu'il est en général d'une grande pureté ; il suffit de le fondre en lingots.
L'or natif disséminé dans une gangue doit être d'abord bocardé , puis lavé à grande eau afin de le séparer de sa gangue } on le soumet ensuite aux opérations métallurgiques.
Mais très communément , surtout en Europe , l'or est mélangé à différens sulfures de fer, de cuivre, d'argent, de plomb, dont il faut le débarrasser. Pour cela on emploie deux méthodes'; la fusion et l'amalgamation.
Méthode : la Fusion.
Les sulfures métalliques aurifères, après avoir été débarrassés de leurs gangues , doivent être grillés à plusieurs reprises afin de chasser le soufre qu'ils contiennent et d'oxider les métaux mêlés à l'or. Quand on a obtenu desmattes, autant privées que possible de soufre, on les fond avec du plomb et on les soumet à la coupellation. Cette opération , que l'on emploie pour séparer l'or et l'argent des autres métaux, est fondée sur ce que ces deux substances ne peuvent pas s'oxider par l'action du calorique , tandis que les autres métaux s'y oxident. Pour cela on place le mélange de plomb et la matière contenant l'or dans un four à réverbère. Le sol doit être formé d'une couche de cendres bien lessivées disposée en coupe. Lorsque le feu est convenablement poussé, le plomb fond , s'oxide , entraîne avec lui les autres métaux qui sont également oxidés et qui sont absorbés parla couche de cendres, et l'or apparaît subitement avec son éclat brillant.
Mais par ce procédé on n'a pas séparé l'or de l'argent qui y reste uni. Pour les isoler l'un de l'autre, on se sert d'un procédé connu sous le nom de départ. Il consiste à traiter la masse auro-argentifère par l'aciile nitrique, ou mieux encore par l'acide sulfurique qui dissout tout l'argent sans toucher à l'or, puisque ce dernier n'est soluble que dans ïeau régale, ou acide nitro-muriatique.
MINlÉRAIiOGIE;
2^ Méthode : l' Àmalgamation.
Elle est fondée sur la propriété que le mercure possède de s'allier avec l'or et l'argent;, avec lesquels il forme un alliage liquide. Quand on a débarrassé le minerai de toutes les matières étrangères et qu'on l'a réduit en poudre, on le mélange avec du mercure, qui s'empare de tout l'or qu'il contient. On en forme une pâte que l'on chauffe ensuite pour en séparer le mercure par sublimation, etl'or restepur, étant à peine volatil.
Quand l'or existe dans les pyrites , celles-ci doivent d'abord être grillées à plusieurs reprises afin d'en chasser la plus grande partie du soufre, ce n'est qu'après ces préparations préliminaires qu'on procède à l'amalgamation.
Usages de l'or.
L'or est le métal le plus recherché et celui dont le prix est le plus élevé.
Il sert à la fabrication des monnaies d'or. La monnaie d'or la plus ancienne qui nous soit parvenue est celle de Baltus IV, frappée à Cyrène en Afrique du temps de Pisistrate. Les monnaies grecques en or les plus anciennes sont celles de Philippe, roi de Macédoine et père d'Alexandre.
L'or est surtout employé à faire des bijoux, des ornemens, et à dorer les métaux , la porcelaine , etc.
L'oxide pourpre d'or est la base des couleurs rose , pourpre et violette , qu'on applique sur les émaux et la porcelaine.
En médecine , les préparations d'or, le chlorure surtout , ont été usitées dans le traitement des maladies syphilitiques.
L'or et l'argent , ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment , sont employés pour la fabrication des monnaies. Mais pour leur donner plus de solidité on leur associe communément une petite quantité de cuivre. En France cètte quantité est rigoureusement déterminée par la loi.
Le titre des alliages d'argent et de cuivre autorisés en France est : pour la monnaie d'argent 0,1 de cuivre ; pour la vaisselle, 0,05; pour les bijoux, 0,2 j pour la soudure, de 0,12 à 0,330;
OR. 2g5 pour les monnaies d'argent , on a une tolérance de 2 millièmes. La monnaie d'or française renferme de 0,098 à 0,1 02 de cuivre; la vaisselle , de 0,08 à 0,25. Dans la monnaie anglaise, il y a 1/12 de cuivre ou 1/12 de cuivre et argent.
De l'essai des monnaies et des alliage.'; d'or, d'argent et de
cuivre.
Il est d'une grande importance , pour les transactions commerciales , de pouvoir déterminer avec précision le titre des alliages d'or, d'argent et de cuivre. Le procédé anciennement employé était connu sous le nom de coupellation. C'est une des opérations les plus ingénieuses de la métallurgie; on la connaît depuis un temps immémorial ■ elle diffère de la scarification en ce que les scories sont absorbées par la matière du vase appelé coupelle, dans lequel on opère; l'alliage soumis à la chaleur restant toujours découvert, on oxide tous les métaux étrangers qui sont entraînés dans la coupelle par l'oxide de plomb, qui se forme continuellement au moyen de plomb qu'on a ajouté à l'alliage à analyser ; il ne reste à la fin que de l'or ou de l'argent purs ou alliés entre eux. La dose de plomb à ajouter, pour l'alliage des monnaies d'argent , est de 7 fois le poids de l'alliage; pour des alliages au dessous de 0,500, elle est de 16 fois le poids.
Les coupelles ordinairement employées sont en phosphate de chaux. La coupellation ne donne pas exactement la proportion d'argent contenu dans un alliage. La perte provient de trois causes : 1° de la volatilisation , 2° de l'oxidation , 3° de l'introduction de l'argent en globules dans les cavités de la coupelle. Ces imperfections ont conduit à rechercher un procédé plus exact : c'est celui par la voie humide, qui aujourd'hui est gênéralement substitué à la coupellation.
.Essai des alliages de cuivre et d'argent par la voie humide.
Yoici sur quoi est basé le procédé donné par M. Gay-Lussac adopté au laboratoire de la Monnaie de Paris et du bureau dé
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garantie. On détermine le titre des matières d'argent par la quantité de sel marin fi/re'e (c'est-à-dire dont on a préalablement déterminé la capacité de saturation pour l'argent) nécessaire pour précipiter exactement tout l'argent contenu dans un poids donné d'alliage. Ce procédé est fondé sur les principes suivaus : l'alliage, préalablement dissous dans l'acide nitrique, est mêlé avec une dissolution titrée de sel marin, qui précipite l'argent à l'état de chlorure , composé tout à fait insoluble dans l'eau et même dans les acides 3 la quantité de chlorure d'argent précipité est déterminée par le volume de la dissolutijan titrée de sel marin nécessaire pour précipiter exactement l'argent dissous dans l'acide nitrique. On reconnaît facilement le terme de la précipitation complète de l'argent à la cessation de toute nébulosité , lorsqu'on verse graduellement la dissolution de sel marin dans la dissolution de nitrate d'argent qu'on a clarifiée par une vive agitation et par quelques instans de rCpos.
En supposant qu'on opère sur un gramme d'argent pur, la dissolution de sel marin doit être telle qu'il en faille 100 centilitres pour précipiter exactement tout l'argent. Cette dissolution est divisée en 1000 parties , appelées millièmes ; le titre d'un alliage est donné par le nombre de millièmes de dissolution de sel marin nécessaires pour précipiter l'argent contenu dans 4 grammes de cet alliage. On désigne la dissolution titrée de sel marin sous le nom de dissolution normale. Les 100 centilitres de dissolution normale sont mesurés dans une pipette, jaugeant exactement cette quantité à une température déterminée. On prend un poids décuple d'une autre dissolution qu'on nomme dissolution décime, qui renferme une proportion dix fois moindre de sel marin que la première. Quand on a ajouté les 100 centilitres de la dissolution normale dans la dissolution d'argent, on agite pour éclaircirj et quand le dépôt s'est précipité , on verse dans la liqueur un centilitre de la dissolution décime , qui représente un milligramme d'argent : s'il y a trouble, on agile de nouveau , puis on ajoute encore un centilitre de la dissolution décime , et ainsi de suite jusqu'à ce qu il ne se forme plus de précipité. Si dès l'abord on avait employé une trop grande proportion de dissolution normale, l'addition
du premier centilitre de dissolution décime ne troublerait pas la liqueur : dans ce cas , pour achever l'essai , il faudrait se servir d'une dissolution décime d'argent dans l'acide nitrique étendu d'eau , de manière qu'elle contînt un gramme d'argent dans un litre; En ajoutant à la dissolution de l'alliage soumis à l'essai un centilitre de dissolution d'argent , on détruit le sel marin provenant du centilitre de la dissolution décime de sel qu'on a ajouté , et le nombre de centilitres qu'il faut ajouter pour qu'il n'y ait plus de précipité indique le nombre de millièmes qu'il faut retrancher pour avoir le titre de l'alliage examiné.
Détermination du titre des monnaies d'or. On fait cet essai par la coupellation de l'alliage au moyen du plomb. Mais le cûivre ne peut être séparé complètement par celte opération, si on n'a pas ajouté au préalable 2 1/2 d'argent à l'alliage. On appelle cette opération inquartalion : quand l'essai est bien passé à la coupelle, on l'aplatit sur l'enclume, on le recuit, on le roule en cornet , on le chauffe ensuite pendant 20 minutes avec de l'acide nitrique à 22° , puis avec du même acide à 32°, on fait recuire et on pèse le cornet de retour qui est de l'or pur ; en déduisant la perte on a le titre de l'alliage.
On se contente souvent de déterminer approximativement le titre des alliages d'or et de cuivre par l'épreuve à la pierre de touche. On fait sur une pierre de touche une trace avec l'alliage , puis on mouille cette trace avec une barbe de plume trempée dans de l'acide nitrique contenant de l'acide hydrochlorique : cet acide dissout le cuivre. On en examine l'effet, on essuie l'acide, et, quand on en a l'habitude, on aperçoit très approximativement le titre de l'alliage d'après l'épaisseur de la trace d'or qui reste sur la pierre et la couleur de l'acide.
Appréciation des quantités d'or et d'argent qui existent dans
la circulation.
On doit à M. de Humboldt des recherches extrêmement curieuses sur la statistique des métaux précieux. Nous en reproduirons ici les principaux résultats.
apS MINÉRiiliOGIE.
Ce célèbre voyageur estimait en 1811 , de la manière suivante, le produit annuel des mines d'argent et d'or.