SEIZIÈME GENRE. — OR
L'or a été connu et employé par les peuples les plus anciens. Il ne se rencontre dans la nature qu'à l'état natif, ou simplement uni ou allié à quelques autres mél;aux, et particulièrement avec l'argent; mais il n'est jamais minéralisé par aucun des corps simples électro-résineux , ni à l'état de sel. Sa description minéralogique est donc extrêmement simple.
MINÉRALOGIE
Espace unique : Or natif.
11 est d'une belle couleur jaune caractéristique, quelquefois d'un jaune plus pâle, passant au grisâtre, au verdâtre. Ces différences proviennent de son alliage avec l'argent , ou avec quelque autre métal. Il cristallise en cubes et en octaèdres. Il est extrêmement malléable et ductile , très tenace , puisqu'un fil d'or de deux millimètres de diamètre peut supporter un poids de plus de 68 kil. 216; assez tendre, d'une texture entièrement compacte, sans indice de structure, non clivable^ susceptible d'un très beau poli.
La pesanteur spécifique est de 19,3. L'or est entièrement inaltérable à l'air. Il est fusible au chalumeau , volatil, inattaquable par les acides , à l'exception de l'eau régale , ou acide nitro-muriatique , qui le dissout. Le chlorure d'étain forme , dans cette dissolution , un précipité pourpre , désigné sous le nom de pourpre de Cassius, et qui est un mélange d'or métallique et d'oxide d'étain.
Variétés : 1" L'or se trouve quelquefois en très petits cristaux , qui tous appartiennent au cube ou en sont des dérivés.
2° Sous forme de dendrites plus ou moins ramifiés.
3° En lames plus ou moins étendues au milieu de leur gangue.
4° En grains plus ou moins volumineux : quand leur volume est assez considérable, on leur donne le nom de pépites.
5° Enfin , en paillettes menues et légères.
Gisement. L'or est peut-être , après le fer , la substance métallique la plus universellement répandue à la surface du globe. En effet, il est peu de contrées qui ne possèdent de l'or, mais partout il y est en très faible quantité.
On trouve l'or dans les terrains primitifs, dans les terrains de transition , et dans les terrains évidemment d'origine ignée . comme les trappset les tracliytes. Il forme bien rarement à lui seul des filons : le plus souvent il est sous la forme de lames , de cristaux , ou en petites masses disséminées.
Dans beaucoup de localités , l'or est mêlé accidentellement à
d autres minerais métallifères, et alors il est en particules disséminées et mvisibles , soit dans la gangue, soit dans le minerai Im - même. Mais quelle que soit la faible quantité de ce métal qui existe amsi dans ces minerais, on l'en retire constamment tantqueson produit compense les dépenses de son exploitation Dans certaines mines du Harz , où l'or ne forme guère que là cinq - millionième partie en poids du minerai où il se trouve on peut cependant encore l'exploiter avec profit. Les minerais qui accompagnent le plus souvent l'or sont le fer et le cuivre
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On ne connaît pas d'or dans les terrains véritablement sédi-
r"ain?d"t. ^'"^"^^^ excessivement répandudansles e .
ransdalIuvionanciens,ilyestdisséminé sous la forme de paU ettes , dans des sables le plus souvent ferrugineux, sTu dans le lit d un grand nombre de rivières , dans toutes le parties du monde, so.t même dans les terrains meubles des plaines d'où
res. On a cru long-temps que ces paillettes d'or, charriées par un si grand nombre de rivières , avaient été arrachées par 1 s aTrre? r ^^^l'^^l-s existant dans le se ^ de
terre ou des montagnes où ces eaux avaientleur source mai! aujourd'hui on sait qu'il n'en est pas ainsi, car très soient 1 or est plus abondant dans les partfes basses' de la rWière lue P us près de sa source, et l'on a souvent remarqué que la quan
que ces rivières traversent. Cet or, fourni par les terrains d'aluvion est plus pur que l'or provenant Je roches ou de fi Ions. Presque tout celui qui est versé dans ll T vient ainsi rln , ^ ^^""^ ^^rse dans le commerce pro-
amsi du lavage des terrains et des sables aurifères.
Principales mines d'or.
L'Europe possède beaucoup de mines d'nr mo c î duit est incomparablement ™'»es dor, mais leur pro-
du nouveau continent! ^^'"^ En France, on n'exploite pas de mines d'or. Cependant il
ap2 MINKRALOGIE.
existe un filon conlen.int du fer sulfuré aurifère , et même de l'or natif, à La Gardette , vallée d'Oysans, département de l'Isère. Mais un grand nombre de rivières contiennent de l'or en paillettes : tels sont l'Ariège , le Gardon , le Rhône , le Rhin , la Garonne , l'Hérault , etc. ; mais la quantité en est trop faible pour pouvoir être exploitée avec avantage. On prétend qu'il existe un peu d'or dans le terrain des environs de Paris , auprès de Pontoise , par exemple.
Ce n'est guère qu'en Hongrie et en Transylvanie que les mines d'or sont exploitées avec grand avantage, surtout les mines de Rœnigsberg et de Vorospatak. Leur produit est évalué environ 650 kilogr. par an.
Les lavages d'or exécutés dans les monts Ourals ont aussi une grande importance. On y a trouvé des nodules qui pesaient plusieurs kilogrammes.
L'Afrique fournit une grande quantité de poudre d'or , qui fait encore aujourd'hui une des grandes branches du commerce des habitans de l'intérieur de ce vaste, continent. Les localités les plus renommées pour la quantité d'or qu'on en retire sont le Rordofan entre le Darfour et l'Abyssinie , le sud du grand désert de Zaahara et le pays de Bambouck.
Mais c'est de l'Amérique , et principalement de l'Amérique méridionale, que nous vient la plus grande partie de l'or qui arrive en Europe. Le Pérou, la Colombie, le Chili, en fournissent beaucoup , mais moins que le Brésil. Dans presque toutes les provinces de ce vaste empire existent des lavages d'or. Mais celles qui en renferment le plus sont les provinces de St-Paul et de Minas Geraes. M. Correa de Serra évaluait à deux milliards quatre cents millions de livres tournois l'or fourni par le Brésil dans une période de cent vingt ans. Aujourd'hui il sort du Brésil environ sept mille kilogrammes d'or fin par an , ce qui représente une valeur de 24,000,000 fr.
Traitement métallurgique de l'or.
L'or obtenu par lavage n'a besoin d'aucun traitement mé-