‹ Élémens d'histoire naturelle médicaleChapitre 26 sur 130 · ANALYSE PAR LA VOIE SÉCHE · texte numérisé non relu

ANALYSE PAR LA VOIE SÉCHE

C'est avec le chalumeau que se fait l'essai des substances minérales par la voie sèche. On place un petit fragment du corps que l'on veut essayer tantôt à l'extrémité d'une pince dont les branches sont en platine, tantôt sur une feuille mince de ce métal, un peu creusée en cuiller, ou sur un morceau de charbon.

Par le feu du chalumeau bien dirigé , on peut produire une chaleur de 160° du pyromètre de Wedgwood.

Le chalumeau peut être employé seul : on peut aider son action par l'addition de quelque matière particulière.

Avec le chalumeau seul on peut obtenir plusieurs résultats : fondre la matière , si elle est fusible , ou reconnaître son infusibilité. Dans le premier cas, tantôt la matière en essai forme un i^erre transparent incolore ou diversement coloré; ou un émail ou verre opaque de couleur variée ; ou enfin une fritte ou scorie , c'est-à-dire une matière poreuse , boursouflée.

On peut aussi, avec le chalumeau seul, oxider ou désoxider , à volonté , les métaux ou oxides métalliques. Pour obtenir le premier de ces résultats, il faut placer le fragment métallique tout à fait à la pointe du dard de la flamme, de manière à ce qu'il soit chauffé avec le contact de l'air. Si au contraire on place un oxide dans la partie centrale et bleue de la

j flamme qui est du gaz hydrogène carboné , il y aura désoxidation et l'on obtiendra des globules métalliques. De lù la distinction du feu d'oxidation et du feu de réduction.

Lorsqu'on se sert du chalumeau seul, c'est-à-dire sans réactifs , on peut encore obtenir plusieurs autres résultats que nous devons sommairement indiquer , savoir : la simple altération , la fusion ou la volatilisation.

1° La simple altération. Les changeraens qui surviennent dans le corps essayé avant la fusion sont les suivans :

A. La décrépitation. Le minéral éclate et se sépare en un grand nombre de fragmens. ( Le sulfure de zinc. )

IB. La perte de transparence et le changement de couleur sont deux phénomènes importans à examiner, surtout pour les substances métalliques. ( La tourmaline, le zircon.)

C. VexfoUation se remarque surtout dans quelques substances à texture luminaire. Le gypse, par exemple.

D. Vefflorescence. Quand on chauffe un morceau de mésotype, elle se boursoufle et donne une sorte de végétation en forme de chou-fleur.

E. Le bouillonnement est l'indice de gaz qui se développent et se dégagent.

j 2° lui fusion peut donner des produits très divers. I A. Ainsi le fragment peut simplement se couvrir d'une sorte <\e.ernts vitreux à sa surface, parce qu'il est incomplètement ou difficilement fusible. ( Pyroxène, Staurotide. )

B. Former une Scorie, quand il se boursoufle sans se fondre complètement. ( Quelques grenats. )

C \}ne fritte, si la fusion est incomplète et qu'u ne partie non fondue soit disséminée dans la masse fondue. D. Un émail ou m, si la fusion est complète. Dans le pre-

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Ji\^, ""'""'"f'",»- Certaine» substances minérales étant complètement yolal.les, le fragment en essai „„„„ disparattre en entier. Mais alors on pourra recueillir es ga. ,„T e

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dégagent , ou en apprécier l'existence et la nature par l'odorat. Ainsi le soufre, l'arsenic, le sélénium, se reconnaîtront facile» ment par leur odeur.

Les principaux réactifs ou fondans employés dans l'essai par la voie sèche , sont 1° le borax fondu; 2" le sous-carbonate de soude ; 3° le phosphate de soude et d'ammoniaque ; 4° le nitrate de potasse.

Le borax sert principalement de fondant. Il forme un verre qui prend différentes nuances, suivant les oxides métalliques avec lesquels il a été fondu ; il n'est pas absorbé par le charbon.

Le sous- carbonate de soude est employé à cause de la soude qu'il contient , son acide se dégageant par la chaleur. Chauffé avec un sel insoluble, il y a échange de base , et il se forme un sel double à base de soude, dont on peut reconnaître l'acide par l'emploi des réactifs. On l'emploie aussi pour réduire les minerais soit oxides ou sulfures , et surtout pour dissoudre la silice, avec laquelle il forme un verre transparent. Il est absorbé ainsi que la matière d'essai par le charbon , et il faut en retirer et séparer par des lavages les produits de la calcination.

Quant au sel de -phosphore ou phosphate de soude et d'ammoniaque^ par la chaleur il perd une portion de son ammoniaque et devient sel acide. C'est à cause de cette portion d'acide ainsi mise à nu qu'il est employé dans les opérations pyrognostiques. Il sert à la fois de fondant et à former un sel double. Il dissout la silice des silicates et forme avec elle une niasse gélatiniforme. On l'emploie également pour favoriser la fusion. Il en est de même de la soude.

On emploie aussi le nitre. Il sert soit de fondant , soit à oxider le métal dont il fait reconnaître la nature par la couleur que son oxide communique au verre. Mais, pour obtenir ce résultat , il faut que le nitre soit en faible quantité ; car s'il est en excès , loin d'oxider le métal, il le réduit. Par exemple, du chromure de fer traité au chalumeau par une faible quantité de nitre se change en chromate de potasse, par conséquent le nitre a cédé de l'oxigène.

La couleur du verre que l'on obtient avec une même substance peut varier suivant le fondant qu'on a employé, et sm-

CARACTÈRES CHIMIQUES. ^rj

Tant qu'on a fait l'essai au feu d'oxidalion ou au feu de réduction.

Ainsi, par exemple, l'oxide de chrôme avec le borax traité au feu d'oxidation donne un verre d'une belle couleur vert émeraude , et au feu de réduction d'un jaune brun à chaud , incolore quand il est refroidi; avec le sel de phosphore, le -yerre est vert foncé au feu d'oxidation et également vert au feu de réduction.

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