ESSAI DES MINÉRAUX PAR LA VOIE HUMIDE
Il ne s'agit pas, ainsi que nous l'avons déjà dit précédeminent, pour reconnaître une espèce minérale , d'une analyse rigoureuse et détaillée , qui isole chacun des principes consiituansdu corps elles pèse exactement. Il suffit pour le minéralogiste de constater l'existence de ces principes constiluans. Or, pour arriver à ce résultat , il n'est besoin que d'un petit nombre de réactifs et d'instruraens très simples, que tout le monde peut facilement se procurer.
Les corps dont le minéralogiste veut reconnaître la nature par le moyen de l'analyse chimique sont simples ou composés.
L Nous avons déjà dit précédemment que dans la nature on ne pouvait rencontrer que treize corps simples à l'état libre Or, ces corps sont tellement distincts et bien caractérisés, que le plus souvent il n'est pas nécessaire de les soumettre aux agens chimiques pour les reconnaître ; leurs caractères physiques suffisent communément pour les faire distinguer les uns des autres : d'ailleurs, à l'exception du soufre , qui est si bien '''.'"•'P'' En les traitant
f eau ré.I r ' î^y^rochlorique ou nitro-muriatique
{ eau régale , on les dissout et on en forme des sels, dont on reconnaîtra la base par les moyens que nous indiquerons plus
48 \iin/'.ra.logie.
IL Les corps composés seront des combinaisons binaires , ternaires ou quaternaires.
Les combinaisons binaires que l'on rencontre le plus souvent dans la nature sont des oxides , des sulfures , des chlorures ou des iodures.
1° Les oxides naturels sont des corps solides opaques, ayant souvent l'éclat métallique ou susceptibles de l'acquérir par le poli; d'autres fois ils sont transparens et diversement colorés. Traités par le charbon, à l'aide de la chaleur, ils se réduisent la plupart avec plus ou moins de facilité , et on obtient le métal.
On peut reconnaître la nature des oxides en les dissolvant dans les acides et les traitant par les réactifs, comme nous l'indiquerons bientôt en parlant des sels.
2° Les sulfures sont solubles ou insolubles , souvent avec l'éclat métallique. Tous, chauffés sur des charbons ardens ou par le moyen du chalumeau , laissent dégager de l'acide sulfureux , reconnaissable à l'odeur du soufre qui brûle.
Les prolosulfures , traités par un acide étendu, donnent de l'acide hydrosulfurique (odeur d'œufs pourris). Il faut quelquefois aider par la chaleur.
Fondus avec le sous - carbonate de soude et projetés dans de l'eau acidulée, ils donnent également de l'acide hydrosulfurique.
3° Les chlorures ne sont pas très abondans dans la nature. Par l'acide sulfurique concentré ils laissent dégager des vapeurs blanches d'acide hydrochlorique. Si on y ajoute du peroxide de manganèse il y a dégagement devapeurs de chlore jaune-
verdâties. -,
Les chlorures solubles précipitent en blanc par le nitrate d'argent. Le précipité est lourd, cailleboté, insoluble dans l'eau et l'acide nitrique , soluble dans l'ammoniaque , il brunit par son exposition à la lumière.
m Les composés ternaires ou quaternaires les plus communément répandus dans la nature sont ou des mélanges de deux composés binaires ou le plus souvent des sels. Ce dernier état est en effet de beaucoup celui sous lequel les substances miné-
; raies peuvent se présenter le plus souvent à l'examen du miné-
, ralogiste. Or les sels en les supposant simples sont composés de deux corps de nature diverse, savoir.- l'acide ou l'élément électro-négatif et la base ou l'élément électro-positif. Il faut
i donc rechercher successivement l'une et l'autre de ces deux
I parties constituantes du sel.
1° RECONNAÎTRE l'aCIDE.
Considérés quant à l'acide , les sels les plus communément répandus dans la nature sont : les carbonates, les sulfates, les nitrates, les hydrochlorates, les silicates, les phosphates, les arséniates, les borates , les chromâtes et les molybdates.
Parmi ces sels , les uns sont solubles , les autres ne le sont pas. Mais les sels insolubles peuvent tous être rendus solubles en les faisant bouillir avec le carbonate de soude , ou mieux encore avec le carbonate d'ammoniaque , dont on peut évaporer l'excès en chauffant. On obtient alors un sel à base de soude ou d'ammoniaque , qui est constamment soluble. Pour faciliter les recherches, il sera donc toujours convenable de ramener les sels insolubles à l'état de sels solubles , par le moyen que nous venons d'indiquer.
Si, en versant un acide da«s une dissolution d'un des sels précédens , il y a effervescence , ce sel sera un carbonate ou un I hydrochlorate : un carbonate s'il y a effervescence sans vapeurs , et si le gaz dégagé précipite l'eau de chaux en blanc : I un hydrochlorate , s'il y a dégagement de vapeurs blanches, 1 qui ne précipitent pas l'eau de chaux , mais forment avec le nitrate d'argent un précipité blanc (chlorure d'argent) Cailleboté, insoluble dans l'eau et l'acide nitrique, soluble dans l'ammoniaque.
Les sels qui ne font pas effervescence sont bien plus nombreux. On les reconnaîtra aux caractères suivans :
1° Les sulfates précipitent en blanc par Thydrochlorate de baryte. Le précipité (sulfate de baryte) est insoluble dans l'acide nitrique.
2" Les nitrates donnent avec le cuivre et l'acid* sulfurique des vapeurs rutilantes d'acide nitreux.
MINÛKALOGIS.
3° Les^/toAT^/iû/fsprécipilonlen jaune par le nitrate d'argent. Le précipité est solubledans l'ammoniaque et l'acide nitrique.
4" Les silicates sont tous insolubles. Kéduits en poudre fine, ils sont attaqués par l'acide hydrochlorique à l'aide de la chaleur et forment une gelée. Ce caractère ne s'observe ni pour les bisilicates ni pour la silice.
5" Les borates traités par l'acide sulfurique à chaud laissent déposer par refroidissement des paillettes légères et nacrées d'acide borique.
6° Les arséniates chauffés avec le charbon laissent dégager de l'arsenic qui se volatilise et qu'on reconnaît à son odeur d'ail. Chauffés dans un tube , ils donnent de l'arsenic métallique , si on les mélange avec du charbon; leurs dissolutions précipitent en blanc bleuâtre par les sels de cuivre.
7" Les chromâtes dissous précipitent en jaune serin par les sels de plomb. Le précipité est du chromate de plomb.
8° Lesmolybdates . extrêmement rares dans la nature, donnent quand on ajoute un acide à leur dissolution un précipité blanc d'acide molybdique. Une lame d'étain placée dans le liquide rend le précipité bleu , parce que l'étain absorbant une partie de l'oxigène de l'acid» molybdique , le fait passer à l'état d'acide molybdeux qui est bleu.