‹ Élémens d'histoire naturelle médicaleChapitre 30 sur 130 · DU GISEMENT DES MINÉRAUX · texte numérisé non relu

DU GISEMENT DES MINÉRAUX

On appelle ainsi la manière d'être des substances minérales dans le som de la terre. Ces substances, en effet , peuvent y être disposées très diversement. Ainsi le plus souvent elles forment des couches superposées les unes au dessus des autres D autres fois, elles sont en amas, en filons, en veines, ou irréguhèrement disséminées , sans ordre , au milieu d'autres substances.

1" Les couches ou bancs présentent une épaisseur très variable. Il y a des couches qui ont dix , vingt , et jusqu'à cent toises de puissance; d'autres, au contraire, n'ont que quelques pouces. Quelquefois elles sont dans une situation à peu près horizontale; d'autres sont inclinées dans différens sens, il en est qui sont plus ou moins sinueuses ou brisées en zigzag.'

2" Les amas sont des dépôts de matières limités , et en général enveloppés par d^autres substances de nature différente. La nature des amas est fort variable. 11 en est de même de leur volume. Quand ils sont fort petits, on les désigne sous les noms de nids, de rognons ou de noyaux. Les nids sont , en général, formés de matières friables; leur forme est très irrégulière. Les rognons ont une forme irrégulièrement arron.lie et noduleuse; tels sont les rognons de silex pyromaque qui existt^nlau milieu des dépôts de craie aux environs de Paris. Tandis que les noijauoc sont des amas d'un très petit volume , jamais noduleux , qui , pour la plupart , semblent s'être formés dans des cavités préexistantes.

3° On appelle yî/o«5 des masses minérales aplaties , à faces non parallèles, et plus ou moins en forme de coin, qui existent au milieu des diverses couches du globe, et ne suivent pas leur direction. Ces filons ne sont que de grandes fentes qui se sont formées accidentellement et qui ensuite ont été remplies de substances minérales de nature diverse. En effet, les matières qui composent les filons sont en général tout à fait différentes de celles au milieu desquelles elles sont placées. C'est très souvent dans ces filons que se trouvent un grand nombre de

métaux usuels et souvent les plus précieux, et les matières minérales les mieux caractérisées par la beauté de leurs cristaux.

Mais comment ces fentes ont - elles été remplies? On est généralement porté à admettre que c'est par des matières liquéfiées, soit par le feu , soit par l'eau , qui y ont été poussées par une force agissant de dedans en dehors ; par conséquent ces matières viendraient de la partie intérieure du globe. C'est ce qu'on concevra plus facilement quand nous aurons donné quelque idée des théories émises sur la formation de la terre.

4° Lorsque les filons sont extrêmement petits, minces , on leur donne le nom de veines. Quelquefois les veines ne sont , comme les filons , que des fentes remplies de matières diverses : d'autres fois , elles sont de même nature que les substances au milieu desquelles elles existent, se sont formées en même temps qu'elles , et n'en diffèrent que par une coloration différente. C'est le cas de tous nos marbres, qui ne sont que du carbonate de chaux diversement coloré et veiné.

5" Enfin il y a des substances qui au lieu d'être réunies en couches, en amas, en filons ou en veines , sont dispersées et disséminées sans ordre dans les masses minérales. Tantôt c'est sous forme de grains, ta.nlôt de paillettes , de cristaux, etc.

Lorsqu'on examine attentivement les différentes couches dont se compose la croûte extérieure de notre planète , on est amené à admettre qu'elles ont dû se former les unes après les autres, et que les plus profondes , par exemple, sont pins anciennes que celles qui les recouvrent, quel que soit d'ailleurs l'espace de temps qui a pu s'écouler entre leur formation successive.

Maintenant , si l'on considère l'ensemble de ces couches depuis les plus profondes qu'il nous soit permis d'étudier, jusqu'aux plus superficielles , on reconnaît qu'elles forment deux séries distinctes. Les unes , et ce sont les plus profondes, sont de nature cristalline , formant des masses extrêmement épaisses, rarement des couches, presque toutes composées de silicates de

MINimALOGlE.

potasse, de soude, d'alumine. Les autres , au contraire, superposées aux précédentes , et arrivant jusqu'à la surface du sol actuel , sont des couches , et plus minces et plus nombreuses , horizontales ou onduleuses dans les plaines, plus ou moins inclinées quand elles se rapprochent des chaînes de montagnes, essentiellement composées de carbonate calcaire dans ses différens états, entremêlé es de cailloux roulés, de sables, de grés formés par des fragmens arrachés à des roches fort différentes d'elles-mêmes, et présentant, dans 1 eurs différentes assises, des débris d'êtres organisés, végétaux etanimaux, qui y ont été successivement enfouis et dont il n'existe aucun vestige dans les terrains delà première série. Cet examen amène naturellement à conclure que les terrains de la première série, ceux qui ne renferment pas de débris d'êtres organisés, préexistaient à ces êtres, tandis que ceux delà seconde série, dans lesquels on observe les cailloux roulés et les débris d'animaux et de végétaux à l'état fossile, ont été formés postérieurement à l'apparition des êtres organisés à la surface du globe. De là la désignation de ces terrains sous les noms de primitifs et de secondaires.

L'origine et le mode de formation de terrains secondaires ne sauraientêtre douteux. Les terrains dans lesquels on observe des sables et des cailloux roulés ou galets , en tous points semblables à ceux qui existent sur les bords de nos rivières ou de nos mers ; les terrains composés de couches en général parallèles entre elles , contenant des débris de coquilles et d'autres animaux vivant dans l'eau , sont évidemment produits par des dépôts de matières tenues en suspension par les eaux, qui les' ont successivemerft déposées sous forme de sédiment. Il serait impossible d'expliquer , par une autre hypothèse , le parallélisme de ces couches , l'existence des sables et des cailloux roulés , et surtout leur position constante dans les couches où on les trouve.

On a également donné aux terrains secondaires le nom de terrains de sédiment , par opposition à celui de terrains de cristallisation donné aux terrains primitifs.

Quant à la formation des terrains de cristallisation , elle a long-temps été uniquement attribuée à la même cause que les

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