CLASSIFICATION MINÉRALOGIQUE DE HAUY. (ANNÉE
Première classe : substances asidifères.
1er Ordre. — Substances acidifères libres (ou acides). 2« Ordre. — Substances acidifères terreuses (ou sels terreux). 3e Ordre. — Substances acidifères alcalines (ou sels alcalins). 4e Ordre. — Substances acidifères alcalino-terreuses.
Deuxième classe : substances terreuses.
Troisième classe : substances combustibles non métalliques. 1er Ordre. — Combustibles simples.
2e Ordre. — Combustibles composés.
Quatrième classe : substances métalliques.
1er Ordre. — Non oxidables immédiatement.
2e Ordre. - Oxidables et réductibles immt^diatement.
3e Ordre. Oxidables mais non réductibles immédiatement.
A. Sensiblement ductiles.
B. Non ductiles.
lt>8 MINtRALOGlE.
avait présentée dans la première édition de son traité de minéralogie publiée en 1803. Mais depuis cette époque la chimie avait fait d'immenses progrès; la belle découverte de Davy sur la nature des alcalis et des terres; les idées lumineuses de M. Berzélius sur l'action minéralisante que la silice et quelques autres corps, comme les oxides de tantale, de titane, etc., exercent dans les combinaisons dont ils font partie ; la théorie atomique, etc. , avaient entièrement changé la face de la chimie. Aussi , dans une seconde édition publiée en 1822, Hauy avait-il cru devoir apporter de très grands changemens dans sa classification. C'est ainsi qu'il supprime sa classe des substances terreuses, et qu'il ne laisse dans la classe des substances acidifères, que les acides que l'on trouve libres dans la nature. De cette manière, toutes les substances minérales forment quatre grandes classes, celle des acides, deux pour les métaux, et celle des combustibles non métalliques. Éclairé par la chimie moderne sur la nature métallique des terres et des alcalis, il en fait une classe sous le nom de métaux hétéropsides, parce qu'ils ne se présentent jamais sous la forme connue et avec l'éclat des métaux proprement dits, qu'il nomme méiaux autopsides , et dont il forme sa troisième classe. Les substances combustibles non métalliques constituent la quatrième classe; mais le savant cristallographe n'y a laissé que le soufre, le diamant, l'anthracite et le mellite , reportant dans un appendice annexé à cette classe les bitumes, la houille, le jayet et le succin, matières qui paraissent être plus végétales que minérales.
Tableau de la classification minéralogique de Haiiy {année 1822).
Classe : ACIDES libres.
II« Classe : métaux hétéropsidës.
Divisés en huit genres, d'après la nature des bases.
III* Classe : métaux autopsides.
1*'^ Ordre : non oxidables immédiatement, si ce n'esta un feu très-violent, et réductibles immédiatement.
CLASSIFICATIONS MINÉRALOGIQUES (bERZÉLIUs). lOp
1^ Ordre : oxîdablcs et réductibles immédiatement.
3" Ordre : oxidables, mais non réductibles immédiatement.
A. Sensiblement ductiles.
B. Non ductiles.
IV Classe •• substances combustibles non métalliques. Divisées en quatre espèces.
APPENDICE : substances phytogènes.
Le nouveau système de minéralogie de M. Berzélius a été connu en France en 18(9 , par la traduction qui en a été publiée sous les yeux de l'auteur lui-même.
Il partage toutes les substances minérales en deux grandes séries, dont l'une beaucoup plus considérable comprend les substances minérales proprement dites, c'esl-à-dire les corps simples ou les corps combinés d'après le principe de la composition inorganique , dans lesquels les atomes composés du premier ordre ne contiennent que deux élémens j et dont l'autre, comprenant les substances fossiles d'origine organique , renferme les corps composés d'après le principe de la composition organique , c'est-à-dire ceux dont les molécules composées du premier ordre contiennent plus de deux élémens; à cette série appartiennent tous les combustibles non métalliques , moins le soufre et le diamant qui sont des coi-ps simples.
La première classe se divise en trois ordres, savoir : 1° les Méiolloïdes ou corps combustibles simples non métalliques .tels sont le soufre, le carbone, l'hydrogène, etc. ; 2° les Métaux électro-négatifs, ou ceux dont les oxides tendent plutôt à jouer le rôle d'un acide que celui d'une base , dans leur combinaison avec d'autres corps oxidés; 3° les Métaux électro-positifs ou ceux qui forment plus spécialement des bases. Ce dernier ordre est lui-même subdivisé en deux tribus, la première contenant les métaux dont les oxides se laissent réduire au moyen du charbon, c'est-à-dire les métaux anciennement connus ou les métaux autopsides de Haùy ; la seconde, les métaux qui ne
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MINÉRALOGIE
se laissent pas réduire par les moyens ordinaires et qui sont les radicaux des alcalis et des terres. La silice, qui dans toutes les classifications avait présenté tant de difficultés , est placée par M. Berzélius(l) parmi les métaux électro - négatifs, à la suite du titane.
Dans chacun de ces ordres chaque corps simple forme une famille qui ensuite se subdivise en autant d'espèces qu'elle offre de combinaisons différentes. L'auteur a disposé ces familles de manière à ce que, commençant par l'oxigène , qui est le corps le plus éminemment électro-négatif, elles passent suc-
(t) CLASSIFICATION DE M. BERZÉLIUS. (ANNÉE 1819.)
PKEMIERE CLASSE.
\ Corps simples ou composés, dont les atomes composés du premier ordre ne contiennent que deux élémens.
A. Oxigène.
B. Combustibles.
lee Ordre : Métalloïdes.
FAMILLES : Soufre , Radical rauriatique , Carbone , etc.
2» Ordre : Métaux électro-négatifs.
FAMILLES : Arsenic, Chrême, Molybdène, Silicium, etc.
3e Ordre : Métaux eléctro-positifs.
ire Tribu. — Métaux réductibles fpar les moyens ordinaires.
familles : Iridium, Platine, Or, Mercure, etc.
2e Tribu, — Métaux non réductibles par les moyens ordinaires.
FAMILLES : Zirconium, Aluminium , Yttrium, Magnésium , etc. Deuxième classe.
Corps composés, dont les atomes composés du premier ordre contiennent plus de deux élémens.
Tourbe, Succin, Naphte, Asphalte, Houille et sels d'Ammoniaque.
Chacune de ce? substances appartiennent à autant de genres contenant chacun plusieurs espèces.
CLASSIFICATIONS MINERALOGIQDES (bERZÉLIUS). III
cessivement jusqu'au potassium qui est le plus électro-positif. Uuant aux espèces , l'auteur admet qu'elles doivent être composées des mômes élémens et dans les mêmes proportions , et que la plus petite addition d'une substance appartenant essentielleraentà la combinaison, doit déterminer la formation d'une espèce nouvelle.
L'examen rapide de la méthode minéralogique de M. Berzélius, auquel nous venons de nous livrer, nous montre entre elle et celle de Haùy de très grands rapports. En effet les principes sont les mêmes , et les groupes que M. Berzélius appelle familles correspondent exactement aux genres du minéralogiste français ^ seulement la disposition de ces groupes varie dans les deux méthodes, parce que les deux auteurs ont pris une base différente.
Mais cette classification du célèbre chimiste suédois a été plus récemment modifiée par lui-même dans un mémoire spécial publié en 1825 {Annales des sciences naturelles , tom. 5, p. 235). Ce sont les changemens que la belle découverte de' M. Mitscherlich, de l'isomorphie d'un grand nombre de substances minérales , a introduits dans la distinction de beaucoup d espèces, qui ont engagé M. Berzélius à présenter une nou- Telle classification minéralogique. Nous emprunterons à l'auteur Im-méme l'exposition de cette nouvelle classification
J ai démontré , dans un précédent essai , dit ce savant , que les produits du régne minéral sont les mieux rangés sous les rapports électro-chimiques de leurs élémens, et qu'ils peuvent ê rep acésd après leur principe le plus électro-positif ou le P us é ectro-négatif. Chacune de ces méthodes a ses avantages
térence , dans mon ancien essai d'un système chimique de mi^
3 0 ittr " ^^P^^P^--' des substances
é ectro-positives impriment à leurs combinaisons avec les né^^ativesdes caractères particuliers qui se conservent plus oumoLs b|en dans tous les minéraux où ils se trouvent : tels soTt"! plomb, le cuivre , le cobalt, le nickel , le fer , la baryte c et comme ces composés sont souvent l'objet de travTux'ayan;
X12 MINERALOGIE.
pour but (l'en extraire une pareille substance électro positive, il nie parut que la commodité pour l'application de la science à la pratique , qui résulte de ce que les combinaisons de ces métaux forment des classes séparées, devait compenser la commodité, qui n'est pas non plus à dédaigner, de l'autre classification , où, par exemple , tous les sulfures métalliques sont, comme tous les silicates , rangés ensemble. On ne pressentait pas alors les difficultés que devait faire naître l'échange qui a lieu entre les corps isomorphes. En considérant les modifications que cette circonstance, maintenant constatée, doit introduire dans l'ordonnance systématique, il saute d'abord aux yeux que là où les échanges isomorphes sont les plus fréquens, la classification doit être, sinon impossible, du moins beaucoup plus difficile. Les excellens travaux de M. Mitscherlich ont fait reconnaîtrequeccs substitutions peuvent avoir lieu entre les corps éleclro-négalifs comme entre les positifs sans changer la figure des cristaux; mais dans les combinaisons que présente le règne minéral , on trouve de fréquens échanges entre les corps positifs les plus communs, tandis que parmi les négatifs on n'en a encore découvert que dans les acides phosphorique et arsénique, qui sont les plus rares. S'il se présentait aussi fréquemment dans le règne minéral des corps négatifs isomorphes avec le soufre ou avec la silice , l'une et l'autre classification offrirait les mêmes difficultés. Il doit donc y en avoir moins à ranger les corps d'après leur principe électro-négatif. Toutefois, lorsqu'on veut y placer les combinaisons variables parl'isomorphisme des bases, on rencontre les mômes difficultés pour les ranger entreelles, que dans la classification d'après l'élément le plus électro - positif; mais là ces difficultés sont de moins d'importance. Jai d'ailleurs fait voir , dans mon ancien essai, non seulement que la disposition électro-négative a beaucoup d'avantages , mais aussi que, dans cette méthode, toutes les combinaisons oxigénées étant rangées sous l'oxigène, la première classe de la minéralogie , celle qui est purement .norganiqu(î , y est subdivisée en deux parties, dont l'une comprend les minéraux oxidés, et l'autre ceux qui ne le sont pas.
Dans tous les anciens systèmes , y compris ceux de Werner
CLASSIFICATIONS MIwillALOGIQUES (bERZBLITIs). h3
et de Haûy, on a tâché de conserver l'avantage qui résulte de la classification d'après l'élément positif. Chaque métal proprement dit,y compose une famille qui embrasse toutes ses combinaisons. Il faut renoncer à cet avantage , dans la classification d'après le principe négatif. Plus d'un minéralogiste n'aimera peut-être pas chercher le fer , le cuivre, l'argent, dans plusieurs familles où ils se trouvent dispersés. Je dois donc faire voir comment la classification d'après l'élément positif peut s'adapter aux échanges isomorphes. Ainsi que chaque base a son sulfate, de même et tout aussi bien les composés grenat, tourmaline, pyroxènè, peuvent être placés sous plusieurs bases j alors les noms alun, grenat, tourmaline, ne désignent plus des espèces minéralogiques , ils indiquent seulement, ce qui est aussi plus juste, des modes de combinaison. Mais l'échange des bases en proportions indéfinies dans les composés jette cependant de l'incertitude sur la place qu'on doit assigner à tel ou tel grenat. Quelquefois il peut être également bien placé en plusieurs endroits ; ce qui prouve toujours un vice dans le principe de la classification. Ainsi , quelque méthode qu'on adopte , on ne pourra pas éviter, en suivant strictement le principe, de rencontrer quelque chose qui choque par sa nouveauté ; mais je dois ajouter qu'une chose , pour nous paraître nouvelle , ne doit pas être rejetée comme fausse.
Il me semble donc démontré : 1° que lorsqu'il se présente des minéraux à substitution isomorphe , il n'est pas possible , dans l'état actuel de nos connaissances , de déterminer , d'une manière satisfaisante, quels sont ceux qui composent des espèces minéralogiques; et 2° que ces échanges ayant lieu principalement entre les principes électro-positifs des minéraux, leur classification d'après le principe le plus positif ne peut être employée sans de grandes difficultés.
Dans un système qui coordonne les minéraux d'après leur élément le plus négatif, les combinaisons où les bases isomorphes se remplacent peuvent être naturellement rangées l'une auprès de l'autre ; il importe moins qu'on sépare ou non les minéraux en espèces différentes, pourvu qu'on sache ce qui n'est pas parfaitement identique , et que dans la description spéciale 2. 8
Il4 MINÉRALOGIE.
du système on indique les limites , et qu'on montre que ces espèces peuvent varier à l'infini lorsqu'on suit strictement la classification électro-négative -, les composés , surtout dans les grandes familles , se rangent d'une manière si frappante dans l'ordre de leurs caractères extérieurs , qu'ils n'auraient pu l'être mieux d'après le système de Werner, où cette analogie des caractères extérieurs était le principe dominant 3 circonstance qui doit certainement beaucoup favoriser l'adoption de cette méthode.
Je vais essayer de ranger les minéraux d'après leur élément négatif, en conservant leur grande division en deux classes : celle des minéraux de composition inorganique, et celle de composition organique. La première comprend dix-huit familles , qui se suivent, depuis la plus positive jusqu'à la plus négative , dans l'ordre suivant : fer , cuivre , bismuth , argent, mercure , palladium, platine , osmium , or, tellure, antimoine, arsenic, carbone, azote , sélénium , soufre , oxigène et chlore. Les huit premières ne se composent que d'une ou deux espèces , mais les suivantes en comprennent un grand nombre , et sous l'oxigène sont rangés tous les minéraux oxidés. Il ne m'a point paru qu'il pût être commode ou utile de subdiviser ces dix-huit familles^ et la distinction entre les corps oxidés ou inoxidés s'ensuit d'elle-même. La place assignée au chlore , à la suite de l'oxigène , est une déviation de l'ordre strict , qui peut être défendue par la raison que le chlore chasse l'oxigène des bases mêmes les plus fortes , et n'est chassé par l'oxigène que des bases les plus faibles ; mais le chlore , dans les acides qu'il forme, est positif relativement à l'oxigène, et devrait par conséquent le précéder. Si je l'ai placé ici après l'oxigène, c'est parce que cette dernière famille se termine par des sels , et que celle du chlore n'est presque composée que de sels. Si l'iode venait à appartenir au règne minéral , je le placerais entre l'oxigène et le chlore.
CLASSIFICATIONS MINÉRALOGIQUESj^(BERZÉLIUS). Il 5
Nouvelle classification des minéraux d'après leur élément le plus électro-négatif , par M. Berzélius (année 1825).
1'^ Classe : Minéraux composés à la manière des substances
inorganiques :
1^^ Famille : fer.
Fer météorique.
2' Famille : cuivre.
Cuivre natif.
3" Famille : bismuth.
Bismuth natif.
4« Famille : argent.
Argent natif.
5' Famille : mercure.
Mercure natif.
Amalgame.
6« Famille : palladium.
Palladium natif.
7« Famille : platine.
Platine natif.
8« Famille : osmium.
Osmiure d'iridium.
9« Famille : or.
Or natif.
Or argentifère.
10« Famille : teLlure.
Tellure natif.
Tellurure.
11« Famille : antimoine.
Antimoine natif.
Argent antimonial.
iiG
MINERALOGIE.
12» Famille : arsenic.
Arsenic natif.
Arséniures.
13« Famille : carbone.
Diamant.
Houille.
Anthracite.
Carbures.
14* Famille : azote.
Gaz azote.
15^ Famille ; sélénium.
Séléniures.
16' Famille : soufre.
Soufre natif.
Sulfures.
Sulfo-arséniures.
17' Famille : oxigène.
Gaz oxigène.
Oxides.
Aluminates.
Silicates.
Silicio-aluminates.
Oxide de titane.
Titanates.
Silicio-titanates.
Tantalates.
Acides et toutes leurs combinaisons.
18' Famille : chlore
Chlorures.
IP Classe : Minéraux composés à la manière des substances organiques dont ils paraissent tirer leur origine.
A. Substances organiques peu changées:
Terreau.
Tourbe.
CLASSIFICATIONS MINÉRALOGIQUES (bRONGNIARt). II7
Lignite.
Dusodyle.
B. Résines fossiles ;
Ambre jaune.
Retînasphalte.
Bithume élastique.