‹ Élémens d'histoire naturelle médicaleChapitre 65 sur 130 · TOURBE · texte numérisé non relu

TOURBE

La tourbe est une matière d'origine évidemment végétale , qui existe à la surl'ace du sol dans certaines localités, où elle se produit et se régénère incessamment. Elle est brune ou presque noire , composée de parties filamenteuses , de débris de plantes étroitement unis entre eux , mais qui n'ont point encore subi de véritable décomposition. Elle est quelquefois presque compacte j quand elle a été convenablement desséchée, elle brûle facilement, mais sans flamme, avec beaucoup de fumée , et donne pour résidu un charbon poreux et très léger.

Gisement. C'est toujours dans des lieux bas et humides, dans des espèces de plaines ou de bassins , où l'eau séjourne sans pôuvoir s'écouler , que la tourbe se forme plus particulièrement. Elle est due à l'accumulation des plantes aquatiques qui vivent au milieu des eaux, et qui finissent par former des masses plus ou moins compactes. Ces tourbières sont communes dans beaucoup de localités. Les plus renommées en France sont celles de la vallée de la Somme, entre Amiens et Abbevillc ■ il en existe aussi auprès de Paris, dans les environs de Corbeil et deMennecy , à Saint Léger, etc. Très souvent la tourbe offre une épaisseur extrêmement considérable, elle est séparée en couches distinctes par des bancs de sable on de cailloux qui annoncent que leur formation a été successive et souvent interrompue. Les parties les plus superficielles de la tourbe sont les plus grossières , les plus fibreuses , c'est-à-dire celles dans lesquelles l'origine de ces dépôts est le plus évidente. Mais à mesure qu'on descend plus profondément , elle est plus compacte , plus homogène, et contient moins de corps étrangers. On trouve très souvent dans la tourbe des coquilles qui appartiennent aux mêmes genres et aux mêmes espèces que celles qui vivent encore dans les ruisst^aux , les mares et les prairies environnantes. Assez souvent aussi on y découvre des troncs d'arbres quelquefois encore très bien conservés, d'autres fois fort altérés.

NAPHTF. 167

La tourbe, toujours plus ou moins imprégnée d'eau, est molle et se laisse facilem» nt pénétrer. Des corps lourds )>lacés à la surface d'une tourbière ne tardent pas à s'y enfoncer. C'est ainsi qu'on a souvent trouvé, à une profondeur assez considérable dans l'intérieur des tourbières, des outils en fer ou des ustensiles de ménage.

Usages. La tourbe est employée comme combustible dans tous les lieux voisins des localités où on l'exploite.

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