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DEUXIÈME GENRE. — SODIUM

Première espèce : Watroii.

{Sous-carbonate de soude.)

Ce sel se montre sous la forme d'efflorescences, ou en poudre agglomérée en masses plus ou moins volumineuses. Sa saveur est fraîche , urineuse , un peu caustique ; il est très soluble dans l'eau et peut alors former par évaporation des cristaux octaédriques à base rhombe , tronqués au sommet, qui s'effleurissent avec rapidité; il verdit le sirop de violettes.

La composition du natron , ainsi que le prouvent les analyses faites par M. Beudant, varie suivant les localités où il a été récolté. Voici la composition de celui d'Egypte ;

Acide carbonique 30,9

Soude 43,8

Eau 13,5

Sulfate de soude sec 7,3

Chlorure de sodium 3,1

Matière terreuse 1,4

Gisement. Le nalron est assez abondamment répandu dans certains pays. Il forme des efflorescences blanches à la surface du sol, dans plusieurs plaines basses et humides, surtout au voisinage de la mer , en Egypte , dans l'Inde , la Hongrie , etc. Très souvent aussi il est en dissolution dans les eaux de certains lacs, et se dépose sur leurs bords par suite de l'évaporation. Comme ces lacs contiennent aussi de l'hydrochlorate de soude en dissolution , on trouve souvent le natroii en couches minces qui alternent avec des couches de sel marin.

Usages. Partout où ce sel existe en assez grande abondance, on le recueille avec soin pour les besoins des arts. Il sei l princi|)alement à la fabrication du savon et du verre. Mais ce n'est pas ainsi qu'on se procure la plus grande partie de la soude du

MINÉnAT.OGIE.

commerce. On l'obtient par deux autres moyens • 1" en brû lant les végétaux qui, venant au bord de la mer , contiennent beaucoup de sels de soude, telles sont les diverses espèces des genres sabola , atriplea:, chenopodium , ou les plantes marines qui vivent dans les eaux de la mer et qu'on connaît sous la dénomination de .arecs : de là le nom de soude de uarecs donné a celle qu on retire de ces végétaux; 2° le second procédé aujourd hui fort en usage , consiste à décomposer le sel marin par la chaux et le charbon , à l'aide de la chaleur.

Il existe un autre carbonate de soude , nommé urao ou irona. C'est un sesqui-carbonate de soude , dans lequel la proportion d'acide carbonique est par conséquent plus forte que dans le natron. Il a d'abord été trouvé en Colombie par MM. Rivero et Boussingault. Il existe aussi en Egypte , en Perse , dans l'Inde et dans une foule d'autres localités.

Ses usages sont les mêmes que ceux du natron.

Deuxième espèce : Soude sulfatée effleurle.

{Exanthalose ; sel de Glauber, sel admirable.)

Il est en efflorescence ou en dissolution dans l'eau de quelques fontaines. Sa saveur est amère et salée; il s'effleurit à l'air avec la plus grande facilité. Par la cristallisation artificielle il donne des cristaux prismatiques qui dérivent d'un octaèdre symétrique. Il fournit beaucoup d'eau par la calcination , et offre la composition suivante :

Acide sulfurique 44,8

Soude 35,0

Eau 20,2

Gisement. Celui qu'on trouve à l'état d'efflorescence se forme principalement dans les mines de sel gemme , dans des schistes houillers , ou à la surface du sol , comme dans la plaine de Mariemberg, en Allemagne.

Les eaux de quelques fonlaines^ comme celles de Château-

SKI, MARIN. iSg

Salins, de Dieuze; les eaux des lacs de natron en contiennent aussi en dissolution.

Usages. Ce sel peut être employé à la fabrication du verre ou à celle de la soude arliGcielle. Presque tout le sulfate de sonde qu'on emploie en médecine est un produit de l'art. C'est un excellent purgatif minoratif à la dose d'une demi-once à une once. On le retire aussi des eaux qui le contiennent en dissolution , et en troublant sa cristallisation , il forme de petits cristaux analogues à ceux du sulfate de magnésie , et qu'on trouve assez souvent dans le commerce sous le nom de sel de Sedliiz de Lorraine , parce qu'on le recueille surtout dans cette province.

Deuxième espèce Sel marin.

( Sel de cuisine , sel gemme, soude muriatée , chlorure de sodium, hjdrochlorate de soude , etc. )

II est incolore ou accidentellement coloré , soluble dans eau , ayant une saveur salée et caractéristique ; inaltérable à air quand U est pur, il y devient délisquescent quand il con- Uen des hydrochlorates de chaux ou de magnésie. 11 cristallise très facilement en cube, et se clive avec la plus grande faç.lité. Sa dissolution précipite en blanc par le nitrate d'ar^^ent

Composition :

Chlbre 60,34.

Sodium 39

rllTr' ''''' «'""listes ne la

regardent pas comme essentielle à sa composition

Le chlorure de sodium présente deux variétés principales qui proviennent de son origine. Il est en masses t'ès Xii' neuses , incolore ou diversement coloré quand on /ete " e

jgry MINÉRALOGIE.

la terre, ou en petits cristaux cubiques quand il a été produit par l'évaporation des eaux qui le contiennent.

Gisement. Le sel marin se trouve : 1" dans le sein de la terrej 2° au voisinage des volcans j 3" en dissolution dans les eaux de sources, de lacs ou de la mer.

lo On nomme en général sel gemme celui qu'on retire des entrailles de la terre. Il y est abondamment répandu, et dans y^resque toutes les contrées du monde. Il semble que la prévoyance de la natureaitproportionné l'abondance du sel à son immense utilité pour l'homme et les autres animaux. On ne le trouve ni dans les terrains primitifs , ni dans les terrains de transition, ainsi qu'on l'avait cru long -temps. Il est, au contraire, très commun dans les terrains secondaires, et surtout dans les couches inférieures de ce terrain qui sont placées au dessous du lias. Il est aussi très probable que celte matière saline existe dans ^les terrains tertiaires.

Le sel gemme ne constitue pas à lui seul des couches distinctes , il est subordonné a des dépôts d'argile nommée argile salifcre. Le plus souvent il est disséminé en nids , en veines 3 mais quelquefois aussi il forme des amas très considérables.

On connaît et on cite, dit M. Beudant ( Minéralogie, t. II , p. 508) un très grand nombre de dépôts salifères dans toutes les parties du monde, où probablement ils se trouvent dans les positions que nous venons d'indiquer. On le connaît sur toute la partie septentrionale des Karpates , depuis Cracovie jusqu en Bukovine et en Moldavie ( Williczka , Bochnia , Ochna , etc. ). L'autre pente est tout aussi riche en Hongrie et en Transylvanie. Les bords des grandes plaines de la mer Caspienne, la Russie d'Europe et d'Asie en sont extrêmement riches. En Perse .11 : n trouve également de grands dépôts. En Afrique, il existe des 1 pôts immenses en différens lieux; sur les bords du désert de S harl et du Fezzan, et les plaines même du désert en offrent ' etîà des masses très solides . fleur de terre. En Amérique, on en cite en Californie, à Cuba, a Saint Dommgue , au Pérou ëtc • et àen juger par les nombreuses sources connues, il doit' en exister égarement dans l'Amérique septentrionale jusqu'à la baie d'Hudson.

SEL MARIIV.

«Il y a des localités où il paraît que ce sont des masses immenses, des montagnes entières où le sel se présente quelquefois à nu ( Okna , en Moldavie; Tauris, Tiflis , en Perse), et l'on dit que ces masses sont exploitées à ciel ouvert comme des pierres de taille. »

Les mines de sel gemme de Williczka , auprès de Cracovie , en Pologne , sont célèbres par leur étendue et l'ancienneté de leur exploitation qui remonte à l'année 1261. La profondeur de ces mines est d'environ 260 mètres. On y descend par six puits qui n'ont pas moins de quatre à cinq mètres de diamètre Les galeries ont été taillées dans le sel gemme . et les ouvriers y ont ainsi formé des petites maisons , une écurie, des chapelles dont toutes les parties, telles que les colonnes, statues, aufHs sont en sel. Co qui n'est pas moms remarquable , c'est que ces mines ne sont nullement humides, et que dans les galeries il y a plutôt de la poussière que de la boue. On y trouve des sources d eau salée , et môme d'eau douce. Le produit de ces mines est d environ 120,000 quintaux desel par année.

La France possède quelques mines de sel gemme , comme à Yic, Dieuze, et beaucoup de sources salées.

2° On trouve du chlorure de sodium solide sur les laves de certams volcans en activité. En 1832 , j'ai recueilli dans le cratère même du Vésuve , et pendant son éruption, des masses

da'nTes '''' ^ '''''''' ''''

rZ Y' 'T'"" '^'''^ ''''' '""^ également très nombreuses et répandues dans presque toutes les parties du globe. Les plus r nommées en France sont celles de Dieuze , Chàteau-Salins Moyenvic , en Lorraine. On en retire le sel par l'évaporation.

Beaucoup de lacs, qui n'ont aucune communication visible surto 1'. TT ' ^"«^i du sel en dissolution. Ils sont

Enfin 1 TT""' ""''^ ^'E--«P« d^ ''Asie.

Enfin 1 eau de la mer est le réservoir commun d'où l'on ex-

fa.t une grande partie du sel que l'on emploie dans l'écono-

es Pav mé^ ; température des lieux. Dans

les pays mér.dmnaux, on se contente de faire arriver sur des

MINÉRALOGIE

surfaces planes et bien unies des couches de peu dVpaissciir d'eau, la chaleur de l'air suffit pour en opérer l'évaporalion . et le sel reste sous forme d'une croûte légère. Mais dans les pays du nord, on est forcé de mettre les eaux salées dans de grandes chaudières que l'on chauffe pour les concentrer; et c'est après cette opération préliminaire qu'on les soumet à la cristallisation.

Usages. Ils sont nombreux et importans. Le sel est un objet de première nécessité pour l'homme, dans tous les états de civilisation. On peut dire que l'usage d'assaisonner et de conserver les alimens avec du sel est à peu près général chez tous les peuples connus. Les animaux herbivores le recherchent avecavidité,et il paraît être même fort utile à leur santé. Suivant M. Beudant, la consommation annuelle du sel en Europe s'élève à 25 ou 30 millions de quintaux , qui peuvent être évalués environ à 125 ou 150 millions de francs.

Le chlorure de sodium est fort utile dans les arts. Il sert à la préparation de l'acide hydrochlorique, du chlore , de la soude artificielle. Cette dernière se fait avec le sulfate de soude qui résulte de la décomposition du sel commun par l'acide sulfurique dans la fabrication de l'acide hydrochlorique. On met ce sulfate de soude avec du charbon et du carbonate de chaux dans de grands fours que l'on chauffe fortement , on obtient du sous-carbonate de soude et du sulfure de calcium. Le chlorure de soude sertaussi à la préparation du sel ammoniaque artificiel. On traite le sulfate d'ammoniaque par le sel commun.

En médecine, le chlorure de sodium est peu employé 3 cependant il est purgatif et fondant à la dose d'un à deux gros dans une pinte d'eau. La même dose dans un lavement le rend plus ou moins irritant.

En petite quantité , ce sel est très favorable à la végétation ; aussi emploie-t-on avec avantage , comme engrais, les argiles salifères. Mais en quantité plus considérable , il est , au contraire, très nuisible à la vie des végétaux.

Enfin , le sel sert aussi à former un vernis sur les poteries communes cuites à grand feu ; il agit en favorisant la vitrification

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