‹ Élémens d'histoire naturelle médicaleChapitre 85 sur 130 · DEUXIÈME GENRE. — CHROME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME GENRE. — CHROME

Le chrôme est un métal découvert par Vauquelin , en 1797, dans le plomù rouge de Sibérie , et qu'on ne trouve que très rarement dam la nature. Laugier en a constaté la présence dans les aérolithes et dans le fer natif météorique. On ne le rencontre guère qu'à l'état d'oxide ou à l'état d'acide chrorai-

CHROME OXIDK. 307

que , formant le plomb rouge ou plomb chromaté , le fer chromaté , etc.

Le clirôme isolé de son oxide par le moyen du charbon a beaucoup d'analogie avec le manganèse ; sa couleur est d'un blanc terne, sa densité de 5,90. M. Dumas dit n'avoir pu le fondre en culot dans le feu d'une forge capable de fondre une livre de fer doux en un quart d'heure ; il est en masse spongieuse, assez dure pour rayer le verre, et susceptible d'un très beau poli.

; L'air, à la température ordinaire , n'exerce aucune action sur lui; par la chaleur il se convertit en protoxide vert; les acides les plus concentrés sont presque sans action sur lui, tandis que, chauffé avec les nitrates ou les carbonates alcalins, il absorbe l'oxigène, passe à l'état d'acide chromique et se combine avec les bases.

Les minerais de chrôme se reconnaissent facilement au chalumeau, à cause de la propriété que possède son oxide de donner au verre une belle teinte verte.

Espèce Chrome oxicl«;.

C'est une substance verte, comme terreuse, inaltérable à l'air, insoluble dans les acides, infusible au chalumeau sans addition, mais donnant avec le borax un verre d'une belle couleur verte , très persistante.

Elle se compose de :

Chrôme 70 1 1

C'est-à-dire de 2 atomes de chrôme et de 3 atomes d'oxi-éne Gisement. Le chrôme oxidé se rencontre dans les terrains de cristallisation, très souvent mélangé de matières siliceuses, à la montagne desEcouchets, entre Couches et le Creusot, département de Saône-et-Loire. '

Usages. L'oxide de chrôme sert principalement à colorer le verre et les poteries en vert, ou à la peinture sur porcelaine. Mais celui qui existe dans la nature n'étant pas assez abondant,

2o8 MiNÉnAroGir..

on le prépare pour los besoins des arls on décomposant le fer chromait naturel, qui est assez commun en Amérique (!l dans d'autres localités.

TROISIÈME GENRE. — MOLYBDENE.

Le molybdène, découvert par Schèele, en 1778, existe dans la nature, i° a l'état d'oxide blanc, en efflorescence sur certaines mines de son sulfure ; 2° à l'état de sulfure,- 3° a l'état d'acide molybdiijMe combiné avec le plomb;

Nous ne parlerons ici que du sulfure de molybdène , qui est la mine la plus commune, et du plomb molybdalé , à l'article Plomb.

Le molybdène ne peut s'obtenir à l'étal compacte , et est ordinairement en masse poreuse ou en globules , qui offrent des indices de cristallisation. Il est d'un blanc grisâtre, susceptible d'acquérir un beau poli parle frottement^ sa densité est de 8,6. L'air , à la température ordinaire, n'a qu'une faible action sur lui ; mais, h une chaleur même peu intense, il se convertit successivement en oxide brun, puis en acide molybdeux bleu, enfin en acide molybdique blanc.

L'acide sulfurique concentré le convertit en oxide ou en acide molybdeux , tandis que l'acide nitrique le change en acide molybdique. Les alcalis , par le feu , exercent la même action.

Espèce : Molybdène swlfiiré.

Il est gris de plomb brillant, offrant la structure lamelleuse, rarement compacte, plus rarement cristallisé en prismes hexagonaux , flexible , onctueux et doux au toucher , tachant le papier à la manière de la plombagine j sa densité est de 16 à 4,7.

Infusible au chalumeau , il répand l'odeur d'acide sulfureux et laisse sur le charbon un dépôt blanc d'acide molybdique.

L'acide nitrique le transforme en une poudre blanche (acide molybdique) , devenant bleue par une lame de zinc qui le ramène à l'état d'acide molybdeux bleu.

TUNGSTÈNE. 209

Variétés déforme et de texture : 1" primitif, en lames hexagonales; 2° trihexaèdre 3° laminaire ; \° lamelliforme.

Composition :

Soufre -. . 40

Molybdène 60

C'est-à-dire 2 atomes de soufre et 1 atome de molybdène.

Gisement. En amas ou en filons dans les terrains primitifs , en Dauphiné, aux Pyrénées, etc., en Saxe , en Angleterre , en Bohème.

Les usages du sulfure de molybdène se réduisent à fournir le molybdène métallique et l'acide molybdique, dont on peut avoir besoin dans les laboratoires de chimie.

QUATRIÈME GENRE. - TUNGSTÈNE OU SCHEELIN.

Schèele, en analysant le minéral nommé par les minéralogistes suédois Schéelin calcaire, y découvrit un acide qu'il nomma acide tungstique. Cet acide fut aussi reconnu peu de temps après dans le wolfram, par MM. d'EIhuyart, qui parvinrent même à en retirer le métal qu'ils nommèrent tungstène. Ainsi obtenu , ce métal, qu'on ne connaît dans la nature qu'à l'état d'acide combiné avec la chaux, ou le fer et le manganèse, est spongieux ou grenu^ d'une couleur grise assez terne, devenant brillant par le frottement, et ressemblant alors au molybdène, mais plus dur que ce dernier. Il est extrêmement pesant, 17,6, presque infusible , absorbe l'oxigène de l'air à chaud, et passe successivement à l'état d'oxide et puis d'acide. Les acides sulfurique et hydrochlorique concentrés sont sans action sur lui. Mais l'eau régale et l'acide nitrique le transforment en acide tungstique. On l'obtient en décomposant l'acide tungstique dans un creuset bien brasqué, ou mieux encore en le réduisant par l'hydrogène sec à l'aide d'une vive chaleur.

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