II. Méthode catalane
Elle est plus simple et plus expéditive , exigeant moins de temps et des fourneaux moins dispendieux. Ces fourneaux sont à peu près les mômes que ceux qui servent à affiner la fonte. Le minerai est d'abord bocardé et grillé j on le met ensuite contre l'une des parois du creuset : le reste est rempli avec du charbon. On recouvre le tout avec de la poudre de charbon mêlée d'argile. Le feu est ménagé pendant les deux premières heures , puis conduit avec force. Au bout de cinq à six iieures l'opération est terminée ; tout le fer s'est réuni dans le fond du creuset en une masse que l'on porte de suile sous les martinets pour les forger.
Cette seconde méthode est comme on voit plus simple et plus expéditive que la précédente, puisque, dans une seule opération, le minerai est de suite amené à l'état de fer doux, sans avoir besoin d'être préalablement converti en fonte. Mais tous les minerais ne peuvent pas être traités par la méthode catalane : ceux qui réussissent le mieux sont certaines variétés de fer spathique ou carbonate de fer. Cependant elle a l'inconvénient de n'être pas applicable à tous les minerais exploités et de ne pouvoir être exécutée que sur une faible échelle. La méthode ])ar les hauts fourneaux au contraire est celle qui se prête le mieux aux vastes exploitations. Aussi est-elle bien plus généralement mise en usage.
L'industrie du fer est tellement importante , le fer occupe une place si éminente dans les produits du sol , et ses usages se sont tellement étendus et multipliés, qu'on a fait dans tous les pays des essais nombreux pour améliorer sa fabrication. En Angleterre on est parvenu à substituer le coke ou charbon de terre distillé au charbon de bois , et par ce changement on a obtenu une énorme économie, sans que la qualité des produits ait en rien été altérée. Des essais sont même tentés pour substituer la houille au coke, et annuler les inconvéniens graves
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qu^on avjiil reconnus h celle matière combustible dans la (dhvlcalion du fer. L'emploi de l'air chaud a aussi obtenu do très heureux résultats et une économie très notable dans la consommation du combustible. £nGn on a reconnu que, dans les hauts fourneaux , on peut substituer le bois en nature au charbon , et l'on a ainsi non seulement une économie dans la main d'œuvre, puisque l'on n'est pas obligé de convertir le bois en charbon , mais une économie très grande dans la quantité de combustible employée.
Usages. Le fer est sans contredit le plus précieux de tous les métaux, à cause des services multipliés qu'il rend à l'homme. En France, c'est l'exploitation minérale la plus productive. Selon M. Beudant, nos usines de fer emploient immédiatement plus de douze mille ouvriers , et plus de cent mille trouvent leur existence dans le transport des minerais et du combustible. On évalue le produit de la fonte et du fer forgé à plus de 70 millions de francs par année.
Le fer forgé se tire en, barres, en lames ou en fils.
Le fer en barres est doux ou cassant, suivant les localités d'où on le relire et les minerais qui le fournissent. Ainsi 1« fer hydroxidé en grains contient toujours une certaine quantité d'acide phosphorique qui le rend plus ou moins aigre et cassant. Il y a certains usages pour lesquels on doit préférer l'une'^^ou l'autre de ces deux variétés de fer. ^
Le fer en lames porte le nom de tôle. La tôle est employée à fabriquer des tuyaux et une foule d'ustensiles. Revêtue d'une couche mince d'étain qui forme un véritable alliage avec le fer, elle constitue le fer-hlanc , si usité et si précieux pour la confection d'une foule d'ustensiles de ménage.
Tiré en fil il forme le fd de fer.
C'est avec le fer et la fonte que se prépare l'acier. On en distingue trois espèces : 1° V acier naturel., qui se fait avec de la fonte blanche que l'on chauffe fortement avec du charbon - 2" V acier fondu, préparé avec des copeaux de fer doux que l'on fait fondre avec du carbonate de chaux et de l'argile cuite; 3° et V acier de cémentation, qu'on obtient en plaçant des petits barreaux de fer de quelques lignes d'épaisseur dans des creusets 2- i6
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remitlis de poudre de charbon, de manière que celui-ci les recouvre en lotalilé. L'acier est un protocarbure de fer qui acquiert une dureté excessive par la trempe.
En médecine, le fer et ses préparations sont fort importantes; mais toutes n'agissent pas de la même manière. Ainsi les unes sont de véritables toniques, les autres sont plutôt astringentes; enfin il en est quelques unes qui agissent comme des excitans.
1° Préparations ferrugineuses toniques. Nous placerons ici la limaille de fer et celle d'acier; le deutoxide de fer ou aelhiops martial ; le tritoxide ou colcothar, safran de mars astringent; et enfin le sous-carbonate de tritoxide , et ses variétés, comme le safran de mars apéritif , l'eau rouillée et les eaux minérales ferrugineuses, comme celles de Forges, de Gournai . etc.
2° Parmi les préparations de fer astringentes , nous citerons le sulfate et le tartrate de fer et de potasse ou boules deNanci, qui ne sont guère employées qu'à l'extérieur.
3° Les préparations ferrugineuses excitantes sont les fleurs martiales, mélange de chlorure de fer et d'ammoniaque; la teinture de mars tarlarisée, solution de tartrate de fer et de potasse concentrée, à laquelle on ajoute une petite quantité d'alcool ; et enfin le vin chalybé , qui se prépare avec le vin blanc dans lequel on a laissé macérer de la limaille de fer.