LES MAMMIFÈRE
Cette première classe des animaux vertébrés renferipo \^ Mammifères ; elle forme une branche ^çp^ciiale de la zoo^oçiç. il laquelle on a donné le nom ^e Mammalogie, ^
Les Mammifères, dit G. Cuvier, doivent être placés à Je tête du règne animal , non seulemefnt parce que c'^st la classe h laquelle nous appartenons nous-mêmes , o^ais encore parce que c'est celle de toutes qui jouit des facultés les plus multipliées^ des sensations les plus délicates , des mouvemens les plus variés, et où l'ensemble de toutes les propriétés parait combiné pour produire une intelligence plus parfaite , plus féçpnde en ressources , moins esclave de Tinstinct. et plus susceptible ^ç perfectionnement.
Ces animau]^. présentent , quant à leurs formes et à leurs dimensions , les différences les plus grandes. Ainsi depuis la baleine, qui est le plus gros de tous les animaux connus, jusqu'à ces petites espèces de rat et de musaraigne qui dépassent i peine les proportions du l^anneton^ on trouye tous les intermédiaires possibles.' Mais les caractères qui distinguent essevi^çlr lemçnt cçtte première classe du r^gue animal spn^ : 1^ 1^ jiré-
usa ifè.Bqiivi(&B$. . ^
flUliU^ d^s jj^meUes, cÇest-à^îrç d'un orgaijte ^^^ucuj^^limx ^«sUq4 à j^éqréti^ un liquide blanc, d'une sayeuir^^oj^ce , s^niipé |â^^ qpî doit senrir à ralimentation des peUts j^ 2^ ^u ç^^^ujr.à.dej^l ^ ventricules, ayec une circulation double 5 Z^ le sang roug$^f el^ chaud
et d'à re
CÇt^ft
gl9Xl4^ mainmaires ^m^is l'existence de cet organe Tien^d'y être constatée. Le nombre et la position des mamelles i^e sppt pas ^$ méfies dans tous lés aniimaux de cette classe. Ainsi un gf ajgid nombre n'en ont que deux, comme l'homme, les singes, etç.j cTy^utres en ont quatre ., six , ou mén^e dayantage , comnie le Çtfien , le cl^t, etc. En général , leur nombre est en rappprt ayec celui des petits c[ui naissent à chaque portée. TantO^les mamelles sont pectorales , c'est-à-dire qu'elles sont placée^ suf les parois osseuses de )a poitrine , comme dans l'homme , les singes ,|ies chauyes-souri^^ les éléphans , les lamantins; tantôt elles sont abdominales^ c'est-à-dire placées dans les parois ^ Taîpdpmen, comme chez le chien , le chat , etc. ; ou inguinales ^ c^est-à-dire entre les membres postérieurs^ comme dans l^s Ç^nres taureau, cheval, etc. Les mamelles existent au^si daii^ les mMes, mais seulement à l'état rudimentaire. ; Çt^fj ]^^siimvoi,i(èT^Sy^ l^js petits naissent vivaus et nus,t4ndis 4ue dans; le^ trois autres classes de Vertébré, les Oiseaux, l^s lj;^tilçs et les P9issons, ils son^t enveloppas à leur naiss^çe 4^,1;$ de)^ ^ep^)>ranes plus pu inoins résist^iptes €^i coiistitien^ uiji f^ftf. Jjfi \àiX sécrété par les mamelles ser^ à la nourri'tm:^ç du pl^^y iftW'^ ^ 9^^ *^? 9rg?nes digesti(s'^i^çt fpquif ^^J^ dç
t& Lis MAMMIPCBÉ^.
force pààr sbj^povtèr aii6 àiaré âlimenÉiUonvX^âllà^eâièàt* dttre plas ou' moiiùi toiig-temps, suivant les diffiéretis animaux^ Blab en géâénd il e4 êti rapport avec la durée* dé la vie de VeP nimal. - * * ' " '-' ' y * ' " "■^' ^ ;" "'*
Le sy^tèn^e nerveux a y chez les JlIaiikiQifôres , un déveI6}]f>ef itfent plus /considérable que dans les autres classes de vertébrés. Seb parties centrales surtout sont comparativement pli^s* toluminéilses. lie cerveau ast'propbrtîonnelIementVès-grôs/ il recouvre souveint' lé <^ervefet qui en eU entièrement taché. Intérienr^nent, il offre quatre ventriculeisi , et ses âeiKibémî^ i^faèf«s.s6nt i^éonis ehsémbte à leur base par ùné couche W matière blanche , ndmmée. corps calleux 'ou m^soiotèl tès'^circpnvoliitions et les anfràctuoaités quW ^(^erçpità sa stirfeâl^ sont d'autant pli^ multipliées ^t plu$ profondes que Hnstincft est plus développé , et sOufl^^ rap|>orl lé cerveau de l'homme' remporte sur celui des autres anim^uxlÂ' mesure que l^on s'é^ loignede Tespëce humaine , on voft la masse générale dii cer^ veau diminuer, les circonvolutions àevenir moins nbmbreiuie^^ moins prononcées , et sa surface finit par être complètémeii^ lisse.
Les oi^;anes des cinq sens existent chez tous les Mammifère^, mais à 'des degrés différens de développement. Quelques uns même de ces sens sont plus parfaits dans certains animaux que dans l'homme.
Tous ont une véritable voix, dont le timbre et les intonation^ varient à Tinfini. Lliomme seul jouit die la.parole articulée y ^ facùtté précieuse qui lui donne les moyens de communiquer k ses semblables les idées qui l'occupent , les sentimens qui l'a* niment et les passio;is qui l'agitent. C'est dans un organe nommé larynx, placé à l'entrée des voies respiratoires, que la voix se produit.
Les Mammifères sont essentiellement organisés pour vivre à la surfoce de la terre. Aussi leurs membres sont-ils disposés pour la station ou pour la marche j quelques-uns cependaiit peuvent s'élever dans les airs à la manière des Oiseaux» et odt les membres antérieurs développés en forme d'ailes, comme les chaUves-sourIs par exemple. Enfin, il en est qui peuvent vivre
tM.MhHMJMinm^ de
à la leis et sur la. terfe et dans l'eau , c'eU-à-dire fii'ib Boat ; aiuphiblea, .comme. lies phoques , et d^ulrea^ qui ne peuveol Tiyre que dans l'élément humide, comn?^ les baleines, les dau» * phins, et la plupart des autres .Cétacés,.
Qaps ces difféi^nfes circonstances, les membres s^nt toujours
disposées de )a mani.4re la plus faforable pour s'aceommoder aa
, jDodlieu dans ^equel.ranîmâl doit se mouvoir. Ainsi les animam
. amphibiefi ont les membres courts, él^ijgis, les doilgU ^éuais
par une menp^ane analogie à ,Gelle qu'on obseinre dans les
, Oiseaux aquatiques, de. teUe sorte qi«s ces animaux peuirett
fi'eti servir pour mâcher sur la terre et pour «^ger. Dans ceux
qui, comme les baleines, les dauphins, etc., ▼iyent.exelusiTO-
raent dans Teau , les membres antérieurs, les seuls ^i soient
déyeloppés, sont tout à ùà% sous la forme de naiseodres, et l'ani-
jnal pie pourrait s'en servir hors de Veau.
Les mâchoires chez les Mammifères sont garnies de d^ts dont la forme et le nom varient. Ces dents sont de trois sortes. . I^es unes , placées à Ut partie antérîsuiro ^ moyenne , sont , simples , et ont leur partie libre ou couronne plane et taillée. en forme de coin ; elles ont pour usage de tailler, de couper, 4e ronger , et on leur donne le nom de dénis inciswes. Dans VbQ^me^ il y en a quatre à la partie moyenne de chaqu^m^- *, chaire; les secondes, placées ipounédiatement après les pre- ^mières, ont leur couronne plus ou moins conique et,poiatue; , £lles servent à déchirer la chair, et oh les nomme dents canines. Il en existe une de chaque côté des ineisi?es à la mâchoire in* iÇérieure et à la supérieure chez l'homme. Enfin on appelle dents molaires ou mâchelières celles dont la couronne est plus ou moins tronquée, tantôt presque plane, tantôt garnie d'aspérités, , de lames ou de pointes } elles servent spécialement à broyer les alimens. Ces trois sortes de dents n'exif^tent pas constamment dhez tous les Mammifères : ainsi il en est qui manquent d'incisives, d'autres n'ont ni incisives , nijcanÎMs; quelques-uns n'ont que des incisives ou des canines sans molaires; enfin, un petit nombre, comme les fourmiliers, n'ont aucune espèce de dents. Les dents sont un des organes qui servent le mieux à caractériser bs dififérens groupes de Mammifères ^ puii^qiie la seule
t)i2 L«s lÉkiirittilrMiftè.-
lii^etf ibtt dA feystèine detttàire.a'ttn^niiiiâtpeiittMiî^dMma!tta ÏÀ Âatm*e de» aAimens ^ôntll i^ ïummt, «t par conséquent tine f&tilc ^»']Sdint$ àe icfâ di^ànisâtiojfrl ":.'.'.
C'est spécialement la ft>rme des âèiÉM mftîShètf&fès qui bètt 'itidÀ(tterle Régime dlinientaîre d'un animal , et par suite les *)^aliicDlar{tés le5 plui sâltlantes de s<k oi*çaBîsiation ^i de ms 'iMiWmdes (]pr sont toujours en r^tpport avec ce réj{îme: ÀitlBi Aëi âiàèkelières à couronne plane i^eleréè seulement de lignés ^légC^einAit Bâillantes bu d*aspérit<5s peu prononcées ne j^ài^ëîftt *er%îr qu'lt éèraser, qu'à moudre à la mabière d^une -méuFe 4ès substances régëtales^ et paHîcùlîèrement des grains, fhr Mamtuifère , pourru dé semblables dents , sera donc essen- *tîélleihcjht herbivore. Son canal digestif aura une étendue "Afrt ^ofii^déhÉblè. TPaJ^ànt pas besoin de ses membres pour l'aider à saisir une proie vivante > ceux-ci ne seront pluà que - ileè organes de sustentation } leurs mouvemens seront plus *i>ohtés, leurs arlicu)iitîpns moins mobiles, et leur èxtréinité engagée daife'^une sfbrtë de fourreau corné, destiné à les présferVer ' des chocs qtte leur'conlact permanent sur le sol pourrait leîir occasionner. *
Ôu'un Mammifère au contraire ait des dents molaires à couronne relevée delames tranchantes ou de pomtesplus du titoins élevées, il sera essentiellement carnassier; ses intestins seront pln^ courts , parce que ses alimens seront plus subistantiéls et plus nutritifs. Ayant besoin de saisir une proie vivante , ses membres seront non seulement des organes de sustentation , mais des armes dont 11 se servira pour vaincre son ennemi. Aussi leurs mouvemens seront plus libres et plus étendus; leurs extrémités ou les doigts , au lieu d'être emprisonnés dans des fourreaux cornés, seront armés d'ongles ou de griffes acérées. On voit, d'après ces deux exemples, quelles considérations importantes découlent de l'étude des dents dans cette classe d'animaux. -
Le- coeur dans les Mammifères se compose de quatre cavités désignées sous les noms de ventricules et d'oreillettes, savoir : le ventricule droit et le ventricule gauche , l'oreillette droite et la gauCttie. La circulation est double et tout à fait eottipl^ ,
LES MAMBUFÈRSS. tfd
c*est-à-dirc que tout le sang qui a servi à la nutrition des diverses parties du corps et qui en revient par les veines est raj-
mené dans les cavités droites du cœur, que de l^ '' id en
totalité dans Its poumons où , par l'acte de la ref , il se
reviviûe de nouveau en se. trouvant en contact avei après
avoir acquis des propriétés nouvelles par l'oxigène qu'il a absorbé 9 après être devenu rouge et rutilant , de hoir qu^il était dans les veines , il revient à l'oreillette gauebe , passe dans le ventricule di| même côté, q^^, en «^«contractant sar lui-même, le pousse par l'artère aorte et ses innombrables ramifications dans toutes les parties du corps où il Ta porter le sttmuliii et les matériaux nécessaires h l'entretien dé là vie et ftn développement des organes.
La cavité de la poitrine, qui contient les organes de là respiration et le cœnr^ est séparée de Tabdomen par une cloison musculo-tendineuse notnmée diaphragme, quijbtieun rôle fort Important dans les inoiivemens de la respiration. Là présence de ce muscle forme un caractère essentiel des Mammifères, caV il manque dans lies trois autres classes de Vertébrés. Les poumotis, au nombre de deux , sont revêtus extérieurement d'aune membrane séreuse par&itement continue , qui ne permet aucune communication entre l'intérieur du pdumon et la cavité pectorale qui le contient.
La peau chez les Mammifères se compose dé plusieurs coU- Ches superposées et adhérentes , dont la plus extérieure poMe le nom d'épiderme. Elle est nue ou couverte de poils ; dans quelques Mammifères , ces poils forment des piquans plus ou moins roides et plus où moins gros , comme dans le hérisson , le porC'épic ; d'autres fois, ce sont des écailles cornées, comme dans les pangolins; quelquefois des plaques calcaires, comnie dans les tatous.
Si l'on en excepté l'homme et quelques espèces de singes , comme les orangs, la station et la marche se font au moyen des qtiatre membres chez lés autres Mammifères. Cependant, ainsi que nous le remarquerons plus tard, certains animaux, comme . lé kangouro et là gerboise , se servent plus spécialement de leurs deux membres postérieurs. Mais Thomme est le seul He
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SA LES MAMMIFERES.
tons les Maix]|inifères dont la station soit rigonreusemeiH et nécessairement l)ipècle. Totit dans son organisation lai (ait une loi de cette position vçrticale, et il est le seul qui puisse et qui doive la conserver continuellenient. Car dans quelques singes qui marchent habituellement debout , on les voit très souvent se servir de Vextrème longueur de leurs membres antérieurs pour favoriser leur marche en y cherchant fréquemment un point d'appui.
Divinonf^des Matàmiftrta en neuf ordres.
Quoique les MammîCàres forment uiie elasse très naturelle, c^endapt Textrâme ivtriation qu'ils présentent dans les différens points de leur organisation permet de les subdiviser en ui^ certam nombre ile groupes secondaires, qu'on a nommés ordres. Parmi les orgues qui fournissent les meilleurs caractères, nous devons otettre en prepiière ligne ceux du toucheri c'e^t4-dire la conformation de l'extrémité des membres, ou l6s doigts, et les orgaqes de la manducation.
La perfection des doigts est ea général e^ rapport avec le degré d'intelligence des animaux. Ainsi lorsque tous les doigts sont bien distincts les uns des autres, quand ils ne portent d'oagle qu'à leur face supérieure, et surtout quand Le pouce jouit d'assez de mobilité pour pouvoir être facilement opposé aux autre9 doigts, et saisir les différeas objets, l'extrémité du membre jouit alors de toute la perfection désirable, et c'est dansée cas seulement qu'on lui a donné le nom de main. Ainsi ches l'homme les deux extrémités supérieures sont terminées par une main, tandis que chez les singes on en observe également aux quatre extrémités. Mais dans un grand nombre d'animaux les doigts» quoique jouissant d'une certaine mobilité, n'ont plus la faculté de pouvoir être opposés. Enfin il est un autre type d'organisation, c'est quand les doigts, plus ou moins soudés entre eux, sont enveloppés à leur extrémité inférieure par des sabots, sorte d'étuis cornés. Dans cet état, les membres ne peuvent plus servir à saisir une proie, mais seulement à lajnarche» On conçoit que les animaux. qui offrent cette conformation ne doivent se nourrir que de substances végétales, çt c'est en effet
LES MAMKIFÈRBS. 06
ce qn^on observe constamment. On appelle animaux OngutcuUs ceux qui ont les doigts mobiles et garnis d'ongles, et animaux Ongulés yCenx. dont les doigts sont enveloppés dans des sabots* C'est en combinant ces signes, tirés de la conformation des doigts, avec ceux que fournit le sjrstème dentaire, que l'on a divisé les Mammifères en neuf ordres , de la manière suivante :
f* Doigts ongaiculé^.
l""' ordre. Les Bimanes. Quatre «extrémités^ dont lespostérieures ou inférieures sont propres à la marche, et les «intérieures terminées par des mains; trois sortes de dents j incisives, damnes «t molaires ; corps organisé pour la stidion verticale ; deux mamelles pectorales. £x. : L'homme.
21 ordre. Les Quadruiulnbs. Quatre extrémités terminées par des mains, trois sortes de dents, deux mameOes pectorales. Ex. : Lessmges.
3^ ordre. Les CARif àssiers. Quatre extrémités, jamais terminées par des mains, trois sortes de dents, mamelles en nombre variable. Ex. : Les chiens, le Hon^ etc.
4^ ordre. Les Marsupiaux. Quatre extrémités, jamais terminées par des mains, système dentaire très variable, poche placée sous l'abdomen, et servant à contenir les petits après leur naissance. Ex. : Les sarigues, les kangouros.
5* ordre. Les Rongeurs. Extrémités analogues à celles des deux ordres précédens, seulement deux sortes de dents, c'està-dire pas de canines. Ex. : Les lapins, les marmottes.
6^ ordre. Les Édentés. Extrémités terminées par des doigts munis d'ongles très longs et recourbés, jamais d'incisives, souvent pas de canines, et quelquefois pas de dents. Ex. : les fourmiliers, les paresseux.
' 2® Doigts ongulés.
7^ ordre. Les Pachydermes. Nombre des doigts variable, estomac simple. Ex. : Les éléphans, les chevaux.
8* ordre. Les Ruuinans. Doigts au nombre de deux., ou pieds fourchus, plusieurs estpmacs disposés pour ruminer. £x. : Les bœufii, les moutons.
6f LBS MAMMIFBRES.
3* Doigts réunis en nageoireS'**
9* ordre. Les Cétacés. PenU en nombre variable, souTent remplacées par des larmes de corne ; corps Organisé pour Tirre daM Tean^ deax mamelles^ souTent pectorales* £x. : La baleine, lesjdavphÎBa.
Le tableau suivant donnera une idée générale des caractères de ces neuf ordres et des subdivisions qui y ont été établies : * .
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PREMIER ORDRE blS MAMMIFÈRES.