INTRODUCTION
L^HisTOïKB naturelle est la science qui a pour objet Pétude et la connaissance de toutes les substances miûérales dont Fensemble constitue la croûte extérieure du globe terrestre et de tous les végétaux et animaux qui vivent et se reproduisent à sa surface. Deux autres sciences^ la Physiqueetla Chimie^ s^occupent des mêmes corps , mais en les envisageant sous des points de vue difierens. Le physicien étudie les propriétés générales delà matière et des corps, comme retendue , Pimpénétrabilité , la pesanteur , Télectricité , le galvanisme 9 etc. Il observe les grands phénomènes qui résultent de la mise en jeu de ces propriétés, et déduit de Pexpérience les lois de Téquilibre et du mouvement. Lô chimiste s'occupe spécialement de Taction que les molécules des corps exercent les unes sur les autres , quand elles sont mises en contact, et des produits nouveaux qui résultent de leur combinaison. L^histoire naturelle , au contraire , étudie les corps de la nature pour connaître leur origine , leurs formes extérieures , leur organisation interne , leur mode de formation et d^accroissement , en un mot tous les signes qui peuvent servir à caractériser ces corps et h les distinguer les uns des autres.
Commençons d^abord par foire connaître d^une manière générale les corps dont Fétude appartient à l'histoire naturdle. Les uns sont des masses inertes , sans
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mouvemens , augmentant sans cesse de volume , jusqu^à ce qu^qne oause fortuite vienne mettre un terme à leur développement. Ils se composent de particules semblables , c^est-à-dir^ que chaque partie de la masse offre absolument les mêmes caractères que la masse tout entière. Ainsit d^ps un bloc.de.marbr? t^fenPi de fer 9 chaque parcelle enlevée à )a masse aura les mèmei propriétés et 1^ mêmes caractères que le corps eutieip* Quand ils $on| à leur état de pureté et de dévc^lpppe^ ment complet, leurs formes sont régulières, syn9ié«triques, offrant de$ fgces planes sép;^^ par de^ arêtes ou des angles plus o^ moins aigus; en un mot ils sont cristallisés.
J^s autres^ au contraire^ ont leurs molécules dans un état continuel de variation et de mouvement. Leur volume est en général parfaitement déterminé > et se trouve circonscrit dans des limita plus ou moins précises, variables pour les diverses espèces, mais cpn** stamment les mêmes pour tous les individus de la même espèce. lueurs molécules sont plus ou moins compor sées de fibres ou filamens disseinUables dans leur structure intime et leur coloration , de tubes ou vaisseaux!^ dans lesquels circulent dfs fluides de nature diverse , de lamelles entrecoupées de manière à constituer de petites loges ou cellules , etc. Ces différens élémens ^e combinent, se groupent, de manière à former , par leur réunicm , des parties plus ou moins composées qui concourent à un même but 9 à une même fonction , et qu^on nomme organes. De là le nom de coips organisa donné à cette sorte d^êtres , et celui ^anç$riiamqiim réservé pow les corps bnits qui
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so0t dépourvus dWganisation et d^organes. Jamais dans les premieiis , même à leur état parfait de dé¥e«loppement , nous n^observous ces formes symétriques et régulières, ces figures géomélriqiies en un mot^ qui caractérisent les corps andrganiques. Ici ce simt presque toujours dea, formes plus ou moins arrondi^^ plus ou moins irrégulières ^ et qui varient à Tinfim dans chaque individu de la même espèce.
De nouvelles différences viendront enfcore &appér jqotre esprit , si nous comparons entre eux les eorps organisés et les corps bruts i quant à leur origioi^ et à leur mode de développement ou d^aocroissement.
Un c<Nrps organisé , c'^est-^-dire une plante ou un f nimal , ]»K>vient constamment d^un autre être par^r faitement semblable à lui , et dont il a tiré son origine. A une certaine époque , il s^en est séparé sous la forme de germe , d^œuf ou de graine, ayant reçu , par suite d^une fonction qu^on nomme ffénération , le principe de la vie et du mouvem^it sans lesquels il ne peut se développer. Il a donc été créé. Le corps brut, au con*itraire , se forme de toutes pièces , toutes les fois que les élémens simples qui le composent se trouvent dans les circonstances favorables pour que leur réunion s'opère» L^homme peut à sa volonté former. un sel , de Teau ^ des marbres, en combinant ensemble^ et dans des proportions connues , les molécules dont le sel , Teau ou ces marbres se composent. Cette formation , cette origine première des corps bruts 9 sont tout^à^fait sous la dépendance des causes physiques et chimiques , et chaque jour. Tobservateur att^tif peut en quelque sorte surprendre la nature sur le âît au moment où ae forment dç çauyell^ «Ql)st<s|nces miqér^es.
Dans un être organisé, iè germe de toat^ les orties quitloivent ^lus tard le composer, même iorsqu'^il sera parrenu à son accroissement le plus parfait, exista dès Porigine. Ainsi lé grain de blé confié à la terre , le gland qni doit 'reproduire le chêne majestueux, pré* sentent à Tobservàteur et la racine qui doit s^enfoncer dans le sol , pour y fixer le végétal et y puiser sa nour^ riture, et la tige et les feuilles qui doiv^it s^élever à Pextérieur. La germination, ou Pacte par lequel ces diverses parties se dégagent des enveloppes qui les recouvraient , rie crée aucune de ces parties ; seules ment, par suite des phénomènes qui raccompagnent , elles augmentent de volume , de longueur , changent ou modifient leurs formes primitives , pour prendre celles qui doivent convenir à Texercice de la fonction qui leur est confiée. Les matériaux ou substances alimentaires qui sont destinés à fournir à cette augmentation , à cet accroissement des parties d^un être organisé, sont introduits dans Pintérieur de ces parties, et agissent par une force qui tend à les développer de Pintérieur vers Pextérieur, par une sorte d'iniusstt^ep' Uofij ainsi que le disent les naturalistes. Tant que cette force existe , et son existence est le résultat nécessaire de Porganisation et de la vie, le corps s^accroît. Mais à une certaine «poque sa puissance commence à s Waiblir ; la nutrition languit , Paccroissement cesse , les sources de la vie se tarissent , et la mort arrive. Ainsi , dans Pexistence d'un être organisé, nous remarquons plusieurs périodes distinctes ; il s'accroît, se développe , reste dans un état stationnaire , auquel succèdent la décrépitude et la mort.
Quelles différences rie va pas nous offrir le corps
brot exnvtiitiè sôus le même point èe vue! Sa foi^a-^ tion primitive, aiosî quenonsFavonsTu totit à Pheure, est en quelque sorte due au hasatti. Son augmentation de Tolume a lieu tant que de nopyelles molécules viennent s^ajouter , s'étaadre à sa surface extérieure; Ainsi , tandis que les êtres organisés s^accroissent par intussuscepHan , les corps anorganiques se développent par juxiaposiiton de nouvelles molécules. Ici cet accroissement n^est pas limité ; une masse de rocher , de marbre, peut sans cesse augmenter de volume, jusqu^à ce qu^une cause extérieure et acciden* telle j vienne mettre obstacle , en détruisant la force de cohésion qui retenait réunies les molécnlies constituantes du corps.
Entre ces deux grandes divisions des corps de la nature nous trouvons encore d^autres différences, si nousr examinons la structure des parties qui les composent; Ainsi , les corps organisés sont formés , comme noua l^avôns dit , de parties élémentaires ou de tissus variés et de nature diverse ; tels sont le tissu cellulaire , les muscles y les vaisseaux , les nerfs , les membranes, etc. Il en résulte que cette structure varie suivant la partie deTêtre dans laquelle on Pobserve. Au contraire, les corps bruts tfétant formés que de molécules similaires, chaque partie de la masse ofire toujours les mêmes caractères de structure qiie la masse entière dont elle faisait primitivement partie. Il résulte de là que les corps organisés sont beaucoup plus compliqués dans leur structure que les corps anorganiques. Dans les premiers , ce sont des élémens de nature diverse , se combinant ensemble pour former certaines parties