LES BIMANES. O
retire le plus de services. Ses doigtsparfaitement distincts et mobiles^ son pouce plus long proportionnellement que dans lesr singes, qui sont, avec lui, les seuls animaux pourvus de mains, en font un organe de préhension , qui se prête à la forme et à la grosseur des corps qu'il doit saisir j ses ongles sous la forme de lames minces , recouvrent et protègent là face supérieure de ses doigts, et, laissant à l'inférieure tonte sa sensibilité, en foât un organe de tact, qui leur donne la sensation de toutes les propriétés des corps que le tact peut faire apprécier. C'est cette main qui est pour l'homme l'instrument d'une foule d'arts, qui l'élèvent si haut au dessus des autres créatures ïmimées; car l'homme, qui est loin d'être le plus fort, est cependant parvenu à dompter ou à apprivoiser tous les animaux qui l'environnent. Il a donc fallu que, chez lui , l'adresse suppléât à la force qui lui manque. C'est avec seé mains qu'il façonne ses armes, c'est avec elles qu'il les tourne contre les animaux dont il veut se rendre maître; trop heureux si son ambition ou sa cupidité , ou d'autres passions aussi violentes que déplorables , ne les lui faisaient pas trop souvent tourner contre les autres êtres de son espèce !
La plupart des animaux ont.une voix , font entendre des cris qui leur sont propres, et qui varient suivant les espèces; mais l'homme est le seul qui puisse non seulement articuler des sons, mais les combiner, les accentuer, de manière à en former ^s paroles ; l'homme, en un mot, est le seul animal qui parle; ifaà , par le moyen de ces sons articulés , puisse transmettre aux autres les pensées qui l'agitent, les connaissances qu'il a acquises, et contribue ainsi avec tant de force à la perfectibilité dont l'espèce humaine est susceptible.
Par la forme de ses dents , l'homme est essentiellement poly^' phage : en effet, il possède lés trois sortes de dents qui peuvent' exister dans les Mammifères , savoir : quatre incisives , deux canines et dix molaires à chaque mâchoire, en tout trente-deux dents. Néanmoms , par la forme de ses molaires à couronne presque plane, par ses canines peu aiguës, et seulement de la longueur des autres dents, il est plutôt destiné par la nature à se nourrir de substances végétales , de fruits pulpeux , de ra-
mjfi UBS BIMANES.
«ixied charnues, de graines farineuses, qu'à décbirer la chair ^ animaux : aussi ne la mange-t-il qu'après TaToir ramoUi» f$f la cuisson.
A sa naissance , l'homme est un des anfanaux les plus faibles* Pendant plusieurs années il ne peut se passer des soins de sa «1ère, et périrait infailliblement s'il en était abandonné. De cette langue éducation, de ce besoin que l'enfant éprouve des auteurs de ses jours, nait cet attachement mutuel, >cource des jouissances les plus pures et des sentimens les plus délicats. L'enfeunt se nourrit du lait de sa mère pendant environ quinze à dix-huit mois, époque où il commence à marcher seul. Il nait sans dents t celles-ci ne commencent à paraître qu'au bout de quelques mois, et ce sont toujours celles du milieu de la mâchoire supérieure, c'est-è-dire les incisives , qui se montrent les premières 5 à deux OUiUois ans il en a vingt, savoir : huit incisives, quatre canines et l^t molaires. Yers^ sept ans^ ces premières dents, qu'on 9omme dents de laity tombent, pour être remplacées gar d'autres» qu'il doit toujours conserver, à Texeeption des molaires, dont quatre autres se montrent vers quatre ou cinq ans, quatre vers neuf ans, et enfin les quatre dernières, qu'on nomm^ denU de sagesse f ne paraissent que vers la vingtième année, e^quelquefois long-temps après.
La vie dé l'homme se partage en plusieurs périodes. Il reste pendant neuf mois renfermé dans le sein de sa mère autant de naître. L'enfance dure jusqu'à douze ou quinze ans, époqueoù apparaissent les phénomènes de la puberté^ l'adolescence m prolonge jusqu'à vingt 5 l'âge viril , de trente à quarante ; l'âget mùr, de quarante à cinquante 5 mais ensuite rhoeune décroit ^ bientôt la vieillesse se montre , les organes s'affaiblissent , les fonctions et les sensations sont moins vives, la décrépitude ramène l'homme à un état voisin de celui de ren&nce , el la mort arrive pour terminer une vie dont le terme varie « mais dont I* dpuleur , l'inquiétude , les maladies, abrègent trop jouve»! la durée. Heureux l'homme qui, en voyant arriver ce niement, qjoe rien ne peut éloigner, trouve dans le fond.de seuame» dai|3 la conicienoe de ses ouvres, dans le souvenir des vertuis^ qi^'îl^ pratiquées, des services qu?îl a repdv^,, dénis les heufeiiat
^n'il a fait»^ h loree de i'^var aTOC calnÉa vars um atimkca BOUTelle l '
L'efpëca humama est cosmopolite ) e'est-à-dira ^tWé patK habiter toatat les «outrées du globe. Ainsi, l'toiame th dans les régions tempérées , sons les tropiqnes et dans le^ outrées glacée;» des p61es. Cependant il est un terme an data >dtiqiiel Fbomme ne p^m jAm vlrre : ainsi , Fespèee lMi«Éatna parak s^arréter Ters le SS"" degté de latitada auitrala, at la Wde iati^ tiida boréale.
Le^déTcloppament des facultés intellectnetles de Tbomma tient non seulement au Tolume de son cerveau, mais ancoreà la structure particulière de cet organe. Sans contredit , o*ast dans l'espèce bumaina que cet organe est proportionnellamant le plus volumineux 5 il est séparé en deux bémispbèras , rébttis fat une partie moyenne nommée corps calleux ouaaésolobe. A aa partie postérieure il se prolonge de manière à recouTrîr en totalité le cervelet ^ néanmoins , le yolumè de la masse cérébnda la'est pas toujiouffs le même chex les dî/férentrà variétés ou races de l'espèce bumaise^ mais le d^ré de rintelligence estaonstamnràot en rapport avec le volume de cet organe. Dana lu peuples qui habitent l'Europe, l'angle facial est d'eilviron M degrés, tandis que dans certaines races noires le front est tdla^ ment d^fHrîmé (at fuyant que l'angle facial n'est plus que de 65 degrés. L'honmie est encore celui de tous les animaux dont la sar&ce du cerveau présente les circonvolutions lèsipl«spro^ fondes et les plus multipliées* Or, on sait , d'après les expé* idences des physiologistes, que cette {Hirtie de l'organe aérerai est le siège des facultés intellectuelles.
Par sa nature, l'homme est destiné il vivre en société» Partout où plusieurs individiis se trouvent rapprochés, ils chercheiit-à sa réunir. Ils reconnaissent l'autorité d'un chef qui vèîllè à lem^a intérêts, les dirige^ les cotiduit aux cambats. Suivant la nature des pays qu'ils habitent^ les hommes, dam l'étot le plus rapproché de la nature, sont pécheurs, et vivant essentielle*snent de poissons sur les plages mariltmas^ parteurs et agriculteurs» èm les vallées où abondent les pâturages ptopeaa à la n a tonk mre et à l'éducation des troupaauiu
«^$ LBS BIIUNBS.
La BâtoM da sol ^t Texpotitioii gédgnqphiqne exereêtit ànsri ttue trèn grande influence snr le développement de la civilisation chez rhonime. Ainsi , les peuplades éparses dans les contrées ylqrperiboréennes » ou dans quelques unes des lies de l'Océan Pacifique , éloignées des tropiques , celles qui vivent au milieu des épaisses forêts de l'intérieur de l'Amérique , ou au mtKeu des sables ou des plaines salées de l'Afrique, sont réduites à mi état d'abrutissement qui les éloigne complètement de la civilisation. Mais les peuples qui habitent les contrées tempérées de Tun et de l'antre hémisphère, surtout celles où l'agriculture, et les arts qu'elle enfante^ ou dont elle est la pratique, est^n honnenr, sont ceux où la civilisation est la plus développée, ou ceux où elle doit un jour parvenir au plus haut d^fré do perfection.
<c L'homme n'est parvenu réellement à multiplier son espèce à un haut degré , et à porter très loin ses connaissances et ses arts, que depuis l'invention de l'agriculture. Le travail manuel d'une ' partie seulement des membres de la société humaine nourrit tous les autres , et leur permet de se livrer aux oec«pations moins nécessaires, en même temps que l'espoir d'acquérir, par l'industrie , une existence douce pour soi et pour sa postérité, à donné à l'émulation un nouveau mobile. La découverte des valeurs représentatives a porté cette émulation au plus haut degré, en facilitant les échanges, en rendant les for* tunes à la fois plus indépendantes et susceptibles de ]^us d'accroissement } mais, par une suite nécessaire, elle a porté aussi au pins haut degré les vices de la mollesse et les foreurs de l'ambition. » (Cuv., Règne animal , 2^ édit., 1. 1, p. 78.)
Les différentes races d'hommes qui habitent les diverses contrées du globe ne forment qu'une seule et même espèce , que Linné a désignée sous le nom de Homo sapiens. Mais les différences qu'elle présente ont été considérées comme des variétés et non comme des espèces. Les auteurs qui se sont occupés '<le ce sujet important ont beaucoup varié sur le nombre de races primitives, auxquHles on peut rapporter toutes les variétés de l'espèce humaine. Ainsi les uns en ont reconnu six, d'autres huit, et, dans ces derniers temps, on a porté ee nombre
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jusqu'à -^Ase. XFais kr |>Ilipart des zoologistes, avec M. Cuvier, n'admettent que trois types primitife , ou raCes primordiales , qui chacune se subdivise en plusieurs rameaux ou races secondaires ayant les caractères principaux de la race-ihère , 'dont ils diffèrent seulement par quelques variations dans les formes ou les proportions. Leg trois races .principales sont : 1^ la race blanche ou caucasique ; 2^ la race jaune ou mongolienne ^ 3« la race noire ou africaine. A ces trois races , nous croyons qu'on peut en joindre une quatrième qui en est distincte, c'est la race rouge ou américaine. Étudions les caractères de chacune de ces races , et les variétés qui s'y rapportent.
1*-Race blanche ou caucasique.
Cette race, à laquelle nous appartenons, se fait remarquer par la beauté et par la régularité de Tovale de la tète, par un iront Isurge et droit, par un nez souvent aquilin , une bouche de grandeur moyenne, des dents blanches et perpendiculaires sur les mâchoires, par des yeux grands et non obliques , par une peau blanche et rosée ou légèrement brune , par des cheveux fins et bouclés , mais dont la couleur varie beaucoup , et par son angle facial très ouvert et d'environ 85 degrés. C'est elle qui réunit au plus haut point les idées que nous nous sommes faites de la beauté des traits du visage , et de la juste et gracieuse proportion dans les formes du corps. C'est eUe aussi qui a donné naissance aux peuples les plus civilisés du globe , à ceux qui ont dominé les autres , autant par la supériorité de leur génie et de leurs arts, que par la force de leUrs armes. On lui a donné le nom de caucasique , parce que , suivant les traditions et la filiation des^ peuples ,. on arrive jusqu'aux chaînes du Caucase , étendues entre la mer Caspienne et la mer Ivoire , qui ont été le berceau de la race blandie , d'où ses rameaux se sont étendus en rayonnant dans les ài^ verses contrées où on les voit établis aujourd'hui. Aussi les peuples voisins du Caucase , comme les Géorgiens et les Circassiens, sont-ils encore aujourd'hui considérés comme le type de ta beauté dans la race blanche.
74 L^ BIMATOS,
La race cauGasique se^dirise en trois ramemix principaux , qui sont VaraméexL, V indien , et Je ^c^yth^ ou tarCare.^
i^Le rameau araméen s'est dirigé yers le midi ; il a occupé d'abord la Sprie , a donné naissance aux Assyriens , aux Cbaldéens, et à cette race si long-temps puissante et redout^le , les Arabes encore aujourd'hui indomptés. B^ Arahcsf, sont nés les Phéniciens y les, Juifs et les Abyssins, qui n'en sont en quelque sorte que des colonies détachées h différentes époques de la race principale. La plupart des auteurs rapportent à c^ rameau les habitans de l'Égjcpte,. Les sciences,, le^ arts, et la littérature ont été cultivés par les peuples qui appartiennent au rameau araméen 5 mais leur imagination fantasque et exaltée leur a toujours grété des formes bizarres et figurées, que l'on retrouve si bien dans la littérature et l'architecture des Arabes.
2^ Le second rameau, ou l'indien, est beaucoup plus étendu . que le précédent , et les peuples qui leforment se groupent en quatre grandes tribus, selon les langues principale^ qu'ils parlent. C^ langues sont : 1<> le sanscriiy langue aujourd'hui inusitée , si ce n'est dans la religion des Bra^pés ,^ dont elle est la langue sacrée ; mais elle a donné naissance à la plupart de$ koigues de l'Indostan 5 2^ la langue des anciens Pelage^, d'ojpi wml nés le grec , le latin , toutes les langues du midi de l'Eu-, rope, qui n'en sont qu'un dérivé , et une foule d'antres^^laur gués. éteintes aujourd'huij 3° la langue gothigu^ ou tudesque , qui est celle que parlent la plupart des^peuples du nord.de l'Europe, comme les Danois, les Anglais, les Allemands, 1^ Hollandais, les Suédois, etc. j 4^ enfin la langue esçUivonnej qui est la mère des'langues du nord-est de TEui^ope, comme le Polonais , le Russe , le Bohémien , etc« C'est ce grand ra* meau de la race caucasique qui a porté le plus loin la philosoj^ie , les sciences et les arts , et qui en est depuis trente siècles le dépositaire. Il avait été précédé en Europe par les Celtes , dont les pei^>lades venues par le Nord , et autrefois très étendues, sont.maintenant confinées vers les pointes les plus occidentales, et par les Gantabres, passés d'Afrique en . Espagne, et aujourd'hui presque fondus parmi U^ nombr^^ses
us BUIATflS. yS
•Mions dont la postérité. s'est mêlée ikms^ cette preMia'U^.
h0f^ ancieiui Perses ont la même origine que les IndienSi et leurs descendans portent encore à présent les pins grandes marques de rapports avec nos peuples d'Europe. (Cuyier, Règne ardm,, 2^ édit. , p. SI . )
. 99 Les Scytkes et les Tartares forment le type du troisième raineau* de la. race blanche, et le passage à la race ja^ine ou quongolique.H s'est dirigé Ters le nord et le nord-est, et est allé peupler les vastes déserts de cette* partie de l'Asie, où il vit encore en peuplades isolées ou nomades. Sous des chefs intrépides , ces peuples sont souvent descendus de leurs déserts, comme des torrens indomptés, détruisant tout sur leur passive. C'est ainsi que les Parthesont renversé l'empire romain, que les Turcs subjuguèrent les Arabes, et étendirent leur fatale domi*» nation sur le reste de la nation grecque.
Plusieurs savans voyageurs, et entre autres M. Lesson, naturaliste de l'expédition autour du monde Commandée par le capitaine Duperrey (1), rapportent au rameau scythe ou tartare. les Malais et les Océaniens, que plusieurs auteurs considèrent comme disant partie de la race mongolique.
Les peuples appelés Malais, dit M. Lesson (2), ont été réunie; jusqu'à ce jour sous le nom de race malaise, quoiqu'ils ne dif-' fèrent presque pas des Hindous. Us forment seulement une variété de ce peuple , distincte et présentant quatre types qui. sont : 1® le Malais propre 5 2"* le Javanais^ 3* le Macassar pu Budjis; 4"^ l'Amboinais ou Timorien. Cette variété est conciliée sur les Iles équatoriales de l'archipel deslndeaou MalaUie^ ainsi que nous la nommons , depuis Madagascar à l'est» les Philippines à l'oucft, la presque île de Malak au nord, et les . t^res des Papous au sud.
Le rameau océanien , que les auteurs placent dans la race malaise , n'est qu'une branche de la grande famiUe lûndoue , dont elle a tous les caractères. £lle est disséminée sur le» lies
(!) Voy. Leson et Garnot, Zoologie du voyage de la Coquille. Lesson. Hist, nat. des quadrupèdes et des oiseaux^ faisant suite au Buffon du p^esseur idchard,
m MÊHud demammaicgie.p. 24.
éjpwses de llmmMse mer du sud , et peuple en grande jpartiH toutes les terres de FOcéanie , depuis *les Sandwich jusqu'à h rfonVelle-Zélande et rUe de Pâques.
2* Race jaune ou mongpUque.
On reconnaît facilement les peuples qui apjpartiennent à cette race à leur visage large et plat , à leurs pommettes saillantes ^ leur nez ordinairement épaté , à narines découvertes, à leurs yeux longs et obliquement fendus , à leurs chcTCux généralement noirs et plats , et à leur teinte plus ou moins olÎTàtre. Leur angle facial n'est que de 75 à 80 degrés. Le point de départ de cette grande race parait être la èhatne des monts Altaï qui séparent la Sibérie du plateau du Thibet. De là elle s'est étendue au nord et au midi de ces montagnes , et a formé ces hordes éparses dans le grand désert de l'Asie , et que nous connaissons sous les noms de Kalmoucks , de'Kalkas , etc. , et le vaste empire de la Chine et du Japon. Cest elle aussi qui peuple les plages glacées des régions polaires de l'Asie et de l'Amérique.
Celte race offre quatre branches ou rameaux distincts; savoîi* : le Mantchoux , le Sinique , THyperboréen et le Carolin.
lo Le rameau mantchoux comprend les peuples qui habitent toute la partie élevée de l'Asie orientale comprise entre l'Altaï et lé Thibet depuis la mer Caspienne jusqu'aux confins de l'empire du Japon. C'eiât ce rameau q^ii a conquis assez récemment la Chine , et qui la gouverne aujourd'hui.
2® Le second rameau , qu'on nomme sinique^ occupe la plus grande partie du vaste empire de la Chine , du Japon et de la Corée» G^est un des peuples les plus anciennement civilisés du globe , un de ceux où l'agriculture est le plus en honneur , et où un grand nombre d'art^'sont portés à un point qui approche de la perfection. Mais sa religion, la forme de son gouvernement,* et surtout le soin extrême de ne laisser pénétrer aucun étranger dans l'intérieur de l'empire i ont rendu et rendront encore long-temps sa civilisation stationnaire.
3<> On nomme hyjjerboréen on esquimau le troisième ramean détaché de la race jaune , au nord de3 monts Altaï , et compre-
I«ES BIMAIΣS. ^7
naxit une partie des Lapons, les Esquimaux , les Satioïètles, les habitans de la côte nord-ou.est de l'Amérique septentrionale et des lies Aléoutiennes. Ces peuples relégués au milieu des ré- ' gions glacées du pôle n'ont guère d'industrie que pour la pèche qui fournit à tous leurs besoins.
4^ M. Lesson appelle rameau mongol-^pélagien ou caroUn, celui qui peqple la longue chaîne d'iles nommée Archipel des Carolines dans le grand Océan,, et qui s'étend depuis les Qfiilippiues jusqu'aux. Iles Mulgrayes.
3^ Race*¥oageoa américaine.
A l'exemple de plusieurs célèbres zoologistes, nous séparons comme une race distincte les peuples qui habitent les diverses contrées de l'Amérique , et*que quelques auteurs considèrent seulement comme un rameau détaché de la grande race mongolique. Mais elle s'en distingue par plusieurs caractères , et entre autres par sa peau rouge et cui?reu8e , ses cheveux noirs et plats, son visage large, mais à pommettes moins saillantes que dans la race mongolîque ^ leurs yeux sont grands et le plus souyen t obliques j en un mot, ces peuples se rapprochent .beaucoup de la race mongolique, par l'ensemble de leurs traits. M. Bory de Saint-Yincent, naturaliste habile à qui l'on doit une histoire naturelle de l'homme , a reconnu trois types , qu'il considère comme des espèces distinctes dans la race américaine, savoir : 1« la coiombique , qui parait avoir eu pour berceau les monts Alléghanis et Apalaches , et de là s'être étendue soit au nord , soit au sud, vers les Florides, les Antilles , et les Guianes dans l'Amérique méridionale ^ 2P l'américaine proprement dite , qui occupe le bassin supérieur de l'Orénoque , la totalité de celui des Amazones, le Brésil, le Paraguai; 3<> enfin un dernier rameau est celui qui habite la pointe australe de l'Amérique au dessous du 40^ degré sud. Elle se compose de ces peuplades éparses , peu nombreuses , connues sous le mom de Patagons. Le voyage de M. Alcide d'Orbigny dans la pointe nord de l'Amérique méridionale nous a fait bien connaître les caractères et les mœurs des habitans de la Patagonie ; il a singulièrement modifié les idées exagérées que quelques voyageurs anciens
ipS LBS BIMANES.
nous âtaieril doiittées de ces peuples , dont la taille «'excède pas de beaucoup , si même elle lui est supérieure , celle des autres habtttfns de yAmérique mëridiouale. Au reste, les ouvrages de quelques vojrageurs modernes , parmi lesquels nous citerons spécialement MM. Auguste de Saint-HIlaîre, Spixet Martins, et M. d'Orbîgnjr, detront être consultés arec soin par les natujralistes qui s'occupent de lliistoire des races humaines, et qui y tvou1«ront des détails aussi intéressans que nouveaux sur les diverses branches de Tespèce humaine en Amérique. 4* Bace aoire ou africaine.
Cette race , si distincte de toutes les autres par la couleur noire de la peau et les traits de la physionomie , est également désignée sous les noms de mélani§nne et i! éthiopienne. Le visage est alongé, rétréci dans sa partie supérieure qui est fuyante ; élargi inférîeurement, avec des mâchoires saillantes et des dents <d>liques en avant , et plus longues que dans les trois races précédentes ^ le nez est large et épaté, les lèvres grosses , la bouche large , les cheveux généralement courts et laineux , rarement plats et lisses. L'angle facial n*est guère que de 70 à 77 degrés, et quelquefois il est encore moini^ ouvert. Cette race nombreuse, nulle part civilisée , souvent >éduite à l'esclavage , habite tout le midi de l'Afrique , File de Madagascar, les Hébrides, la terre des Papous, les îles de Salomon , la terre de Van-Diemen et la Nouvelle-Hollande. On doit à M. Lesson des détails importans sur plusieurs des variétés de cette race. Voici la manière dont il l'a divisée dans son Manuel de Mammalogie.
Premier rameau , Éthiopiens : ils forment le type véritable des nègres africains : leur couleur est d'un noir foncé, leur tête étroite, leur crâne rétréci, les dents proclives, les pommettes proéminentes, les lèvres épaisses, le nez épaté, peu de barbe, des jambes arquées , les mollets peu marqués. C'est elle qui peuple le Sénégal , la Guinée et le Congo.
Deuxième rameau, Cafres. Les Cafres habitent une partie de la pointe d'Afrique, surtout la c6te orientale et l'île de Madagascar* Ik sont plus grands que les Éthiopiens, mieux pris dans leur taille , bien proportionnés et ayant la peau d'un griit d'ardoise.