LES CÉTACÉS
Par la forme générale de leur corps , et par le milieu dans lequel ils vivent , les Cétacés paraissent être , au premier coupd'œil, des poissons dans des proportions colossales. C'est à cet ordre en effet qu'appartiennent ces énormes animaux, habitans des mers, que l'on connaît sous les noms de baleines , de cachalots , de dauphins , etc. Mais l'ensemble et les détails de leur organisation , et surtout leur génération vivipare , et la présence de mamelles , en font de véritables Mammifères.
Les Cétacés manquent d'extrémités postérieures; leur corps se termine par une large nageoire placée transversalement^ c'est-à-dire en sens inverse de celle des Poissons. Leur tète est
LBS CÉTACÉS. I 35
quelquefois très yolumineuse , unie an tronc par un cou très court , et à peine distinct , dont les vertèbres sont petites et soudées 5 les extrémités antérieures sont courtes et développées en nageoires. Ils respirent au moyen de poumons, et cette organisation nécessite qu'ils viennent fréquemment à la surface de Teau pour y aspirer l'air dont ils ont besoin. Leur sang est chaud; leurs mamelles placées sur la poitrine, ou auprès de l'anus. La peau dans les Cétacés est toujours nue , extrêmement épaisse, d'une couleur sombre et comme ardoisée, et recouvre toujours une couche de lard quLcontient une matière huileuse très abondante. Jamais ils n'ont de coifque visible à l'extérieur. Leurs Darines s'ouvrent sur la partie supérieure de la tète, par un ou deux trous désignés sous le nom à'évents. C'est par ces ouvertures que la plupart des Cétacés rejettent l'eau qu'ils avalent eu si grande abondance pour saisir leur proie. Chassée avec force par ces ouvertures nasales , l'eau s'élève en jets* très gros et très élevés -, particularité qui de ^oin fait souvent reconnaître la présence de ces animaux et leur a valu la dénomination de sou/fleurs. Quelques-uns, comme les baleines, manquent complètement de dents ] d'autres , comme le^ cachalots , n'en ont qu'à la mâchoire inférieure , ou à la supérieure comme les narwals ) les dauphins en ont également aux deux mâchoires. On les divise en deux sections , savoir : l"" les Cétacés herbivores , qui peuvent sortir de Teau , ramper à terre et paître l'herbe, tels sont les dugongs et les lamantins; 2® les Cétacés proprement àiXs on' Cétacés ichthophjrages ^ qui habitent constamment dansTeau. C'est à cette division qu'appartiennent les dauphins, les baleines , les cachalots; etc. C'est dans ce dernier genre qu'on trouve l'espèce qui fournit V ambre gris et le blanc de baleine ou spermaceti.
r* Famille. Les véiaeéë Jber6toore«*
Ils jouissent de la faculté de sortir de l'eau et de ramper à la surface du sol 3 ils ont des incisives et des molaires à couronne plate, et se nourrissent en partie de matières végétales. Leurs deux mamelles sont pectorales. Ils ne portent pas d'évents.
i34 l'KS ciTàrcts.
Cette famille se compose de deux genres : 1« Les Lamantins ou Manates ( Manatus Cuv.) qui ont encore quelques vestiges jd'ongles à leurs nageoires , deux incisives supérieures, et seize molaires à chaque mâchotre marquées de deux éminences transversales. 2*" Les Pugongs [Halicore, IHig ) sans ongles apparens , ayant quatre incisives en haut, six ou huit en bas, et dix mçlaires composées chacune de deux cônes réunis par le côté à chaque mâchoire 3 la nageoire caudale en forme de croiçr sant et des espèc«sde petites défenses pointues insérées dans les os incisifs.
!?■ Famille. Les CèËneés proprement dits ^ ou JrliM^ir^'-
Les iQét^cés de ce groupe ne peuvent sortir de Teau ; leurs mamelles sont inguinales; leurs dents coniques et aiguës , quelquefois remplacées par des fanons : ils ont des évents ou narines ouvertes à la partie supérieure de la tète, par lesquelles ils font jaillir Teau qu'ils avalent.
1** Le genre Dauphin (Delphinus L.) a le museau très alongé; le front saillant, des dents aux deux mâchoires, une seule nageoire dorsale. Leur corps est alongé,et la tête n'a rien de disproportionné. Les espèces de ce genre sont nombreuses j elles habitent les mers de toutes les contrées du globe.
2** Les Marsouins {Phocc^na Cuv.) diffèrent des dauphins par leur museau court et boipbé. Le marsouin commun (P. co/nmunis Cuv.) remonte que|qué|pi5 dans les grands fleuves, comme la Loire , la Seine , etç^
3** Les Baleines {jSalcendh.) sont avec les cachalots les plus grands des Cétacés. Elles n'ont pas de dents, mais leur bouche est garnie de fanons ou de lames très nombreuses qui ferment comme une sorte de crible qui retient les poissons et autres animaux marins contenus dans i'eau qu'elles avalent. L'espèce la plus commune est la baleine franche [B, mystiçetus L.) qui habite les mers polaires. Sa longueur est quelquefois de cent pieds. Sci fanons sont divisés en environ sept cents lames. Ce sont ces fanons qui constituent la ^latière élastique connue sous le nom de baleine. On fait à ces animaux une guerre très active , tant
LBS^céTACKS. . l35
pour ces farons <^ue pour en extraire l'huile abondante qui existe dùTïdle tissu gjraisseux qui eàt situé sous la peau. L'huile eSt'ài'aÔondanle dans ces animaux, qu'un seul individu peut en foùrrir jusqu'à cent barils du poids de trois cenlskilogrammef chacun. On prétend qu'une baleine peut parcourir un espace â^onze mètres (dans une seconde et qu'il suffirait de yingt-troijf jours douze heures pour qu'un de ces Cétacés pût faire le tour d'à globe. ^ ' , . :;
4** Les Cachalots {Physeter, L.) ont la tête encore plus volumineuse que les baleines j paà de fanons j des dents courtes et en partie Cachées dans les genciyés : l^es évents réunis en une seule ouverture.
Cachalot màcrogéphale. Physeter macrocephalus Shair. * Partit» ttslt<spfl : r ambre gris f le blanc de baleine.,
Cçt énorme Céjacé est répandu dans presque toutes les mers. Sa tête est extrêmement yoliiçïimeusç, et sqn cofjs entiç^,,j|!|i sp;(^yent y^s inoii^s dç soixante à qualre-vingtspiçds 4jeJoi?çueu|tj. Tjç>ut.e la .parti^^sqpérieure de 1^ téte.consist^ çn grai)des c^yi^é^ rjp^ou vertes ,çt séparée^ par des cloisons cartilagineuses^ ^et jr^n,^ fermant la matière connue squs les noms de spermacéù oubL^jpc 4e baleine. Ces cavités sont fort différentes du er^uœ ^qul (cs| pJiacjé au dessous d!elle^ et plus en arrière. ^ 1^ couleur géiiérale de ce Cétacé est un ppir bleuâtre pli^ ^cé svr le dos , et ç'éclaircissant sqr les côtés et sur le ventre^ Q.i^c; ordinairement avec lenteur, souvent à fleur d'e^u, um;^ tjjapf, j^j^ilement ç^çn dos à l'éminencç chari^ue q^i ^^^m^^ l'^vçjgyt^par Içqu^ il chasse l'eau qu'il a .engouffrée d^qs./i^q
^. 'Ti Àmlire ^ia. Jmbarum griseum, Ambra vera, OfQdn^.
C'est une matière solide , en masses plus ou moins volmnînéusés , qui atteignent quelquefois jusqu'à' cent livres de pesanteur ^ rarement s^u delà. Sa çoj^leui: e^i d'un gris brqyiàtre, avea des stries irrégulières plus claires 5 sa consistance est à peu "près celle de la cire, c'est-à-#re qiji'dlè conserve Tem- Ipreintedes doigtjj et de l'ongle} comme cette dernière , elle se
t36 LES CÉTACÉS.
fond facilement à la chaleur, et brûle lorsqu'on râpproche'4e la flamme d'une bougie; elle est plus légère que l'eau ^qu'elle surnage ^ sa texture n'est pas homogène 3 on trouve quelquefois dans son intérieur des débris de poissons ou de seiches, comn^e dès arêtes , des écailles et des becs cornés de calmars. Lorsqu'on la casse , elle présente une surface comme écailleuse. Son odeur est forte , un peu analogue à celle du musc 5 sa saveur est fade et peu marquée.
' Cette matière précieuse, et d'un prix très élevé, se trouve sur les rivages de quelques régions baignées par la mer des Indes, sur là côte de Coromandel, aux Moluques, à Madagascar, etc. Très souvent on recueille cette matière flottante à la surface des mers.
Les opinions les plus bizarres et les plus opposées ont été émises sur l'origine (le cette substance. G est ainsi qu'on a dit que c^était une sorte de bitume, l'excrément du crocodile, modifié par l'action deTeau salée, uneconcrétion urinaire, etc., etc. Mais aujourd'hui il parait bien certain que c'est une concrétion qui se forme dans les intestins du cachalot , dans certaines circonstances, probableinent maladives. C'est toujours dans le cœcum qu'on la trouve, et jamais dans les autres parties du canal alimentaire. C'est à Swediaur, médecin anglais, que l'on fait en général honneur de la découverte de la véritable origine de l'ambre gris. Cependant, un passage cité par M. Lesson, dans son Histoire des Cétacés, î^xsMit suite à Tédition de Buffbti que nous avons publiée (Cétacés , I, page 329 ), prouve que eettè opinion estbeaucoup plus ancienne, puisque le voyageur Marco- Polo Fa déjà formellement exprimée (1). Quoi qu'il en soit de l'époque où cette opinion a été émise pour la jpremière fois, elle est aujourd'hui hors de doute 5 car il arrive fréquemment que l'on trouve cette matière dans l'intérieur des intestins .des cachalots. On a remarqué de plus que ceux où on la trouvait
^ (]) En parlant des cachalots « très communs sur les c6tès de Madagascar , il dit : « Us son^t anbre assez, por ce queen cel mer a balène en » grand abondance; et encore bi a cape doille (huile de la tête ou cétine)» n et por ce qu'ils prenent de cette balëne et de cesti cap doille ascz , ont ^ de l'anbre en ^rant cjuaptit^ ^ et vos saTez que la balène fait l'aabre.
LES GBTACJBS. . iS^
étaient en général dans un état de maigreur qui annonçait l'altér^tioA de leur sauté. MM. Pelletier et Caventou ont émis tme ^tre opinion sur la nature de l'ambre 'gris. Ces chimistes je considèrent comme un vrai calcul biliaire propre au cachalot* Meiis cette manière de voir a été peu admise.
L'ambre gris» d'après l'analyse de MM. Pelletier etCaventouy est eompoié des substances suivantes s
1* 85 parties d'une matière particulière, qui se présente sous la forme de houppes blanches et déliées, et qu'ils ont nommée hmbréine. Cette matière , qui a beaucoup de rapports arec la tholestérine des calculs biliaires, s'obtient en traitant l'ambre pi% à ôhaud par l'alcool , et en abandonnant la liqueur à ellemême après TaToir filtrée.
2* 2,5 de matière balsamique douce , acidulé , soluble dans l'eau et dans l'alcool , e\ qui parait contenir de l'acide benloïque.
3<^ 1 ,0 d'une matière soluble dans l'eau , d'acide benzolque Jst d'bydrochlorate de soude.
Propriétés et usages. L'ambre gris est beaucoup plus employé aujourd'hui par les parfuimeurs que par les médecins. Cependant c'est une substance qui ne manque pas d*uae certaine action sur nos orgaoes. Donné à la dose de vingt à trente grains, Texpérience démontre que c'est un stimulant assez énergique , qui accélère et active le cours des différentes fonctions. On l'a surtout mis en usage contre les spasmes, les affections nerveuses , les névroses enfin. On prépare une teinture éthérée et une teinture alcoolique , que l'on administre à des doses variées. Cette substance entrait dans une foule de préparations pharmaceutiques aujourd'hui inusitées. Elle a été aussi considérée comme un aphrodisiaque extrêmement puissant , et fait partie des pastilles indiennes nommées çachundé^ des pastilles dites du sérail , etc.
2*. GétiM« f ul^airement Uane de baleime , o« spermaceti^
La matière connue sous le nom de blanc de b^l^inc est un liquide huileux contenu dans cette immense cavité , divisée en un grand nombre de cellules , qui occupe la partie supérieure
l38 LES OISEAUX.
du crâne , dans le cachalot macrocéphale. Celte ^'M, am çst comme partagée çn deux éi^ge^ , ^st Jout à fait ï^^oarée ^ J4 très petite portion crânienne, dans Jac[uçlle repose l^ c^»veau: portion qui est tellement petite quç j sur unç tête iç dix^uji jiiéds de longueur, Camper a trouvé que la cavité oui cpptitjil le cerveau, ii'avait que sept pouces de jprq^ndeur^ ^u^âe largeur et neuf de longueur. ' V , / " * .
La çélme est dissoute dans ce Iiquic^e huileu«:f , qu^ se c^mcr^te af rès 1a^ iport jïe l'apimal. Vyrç, eilje se présente sp^ WW^H d,e masse^ blanches clémj- diap^ianes, d'un asbeçt nacré . 4'^^ cassure Ifimélleuse et brillapte. ^iiéa*|a coi\sistancç àeî^ çiije. sans ocleur nj saveur marcjuées. !ÇIlè,est in&oluible 4dns l'^i^iK soYuble dans^les liulles fixes et Yolatiles^ ralcool et j'^lhjfij*
Elle se fopd à i^nç chaleur de 44 deêr^s \ n,
vif purcroy^avaircru pue îei)ïanc Ç^J^^^ identique avec le gras des cadaVre^, qu il avait nommé Ç^dwociVc. Mais les be^cs recherches de M. CbjBvreul Mt pr<3(|jvé que c'était une matière spéciale , qu il a no^miçiée fifijy^j^ gui diffère^ par plusieurs caractères^ do ràdipocire. ,^
Propriétés et usages. Cette n^ot'ère est'pe^ usitée çjn i^^d^cîne. On s'en sert encore dans la préparation de quçlaueç ç^! rats et pommades adoucissantes. Mais on l'emploie surtout pour faire ces bougies que leur translucidité a fait suir^çjocuner^i^pi^giei diaphanes,^ IVÏaJigré leur , beauté ,^ ces bougie^ ^e yf^^e^t J[)fif ceUes (ju'on prépare ^vep la cire, à cause de jf^ irf^p^p^^çdfi^g^l sibllilé de la cétîne, qui les fait couler )Lrpg focilepjeçjt,^ .
ps forment la deuxième classe ^és animaux vertèbres : çt la J>arlie Je l'histoire naturelle qui traite spéctalemeUt de cet aiiîmaux s'appelle V Ornithologie, Lés Oiseaux sont des animaux ovipares, à sang «ftiand , hrtM^\rdSAOnsàook\^*;'téaMiffi3àm/tni bipèdes , et destinés à yivre d^ns l'air, pu ils se sojilienjpent au moyen de leurs membres antérieurs dé veloppés.ç^n. ai les. .
Les membres postérieurs^ dans les. Oiseaux ^ sont,^^^. seul^
Digitizeid by VjOOQIC
LES OISEAUX. i3g
<{ui servent à la station terrestre. Le tarse et le métatarse sont réunis en un seul os , comparable en quelque sorte à Tos du canon dans les Kuminans , fe'esl-à-dire, qu'il est long , et sert à augmenter la hauteur de la ^ambe. Les doigts sont au nombre de quatre 5 rarement Vun d'eux manque, ou n'est qu'à l'état rydimentaire. Ces doigts sont en général bien distiacts les uns des autres, et terminés chacun par un ongle plus où moins ép^ûs et recourbé. Dans le plus grand nombre, trois des doigts sont placés en avant , et un (le pouce) en arrière , de manière à élargir la base sur laquelle repose le corps de l'anîmal l d'autres fois, au contraire , il y a deux doigts en avant et deux en arrière, savoir : le pouce et le doigt extérieur. Cetle disposition , qui donne à l'oiseau la facilité d'embrasser . de saisir Iqs corps cylindriques , s'oT^serve surtout dans les Oiseaux grinapeurSj comme les perroquets et les pics. Quelquefois les doigl^ sont réunis entre eux dans une partie ou dans toute leur longueur, au moyen d'une membrane lâche, qui donne à la patfe la forme d'une rame. Cette conformation est propre à tous les Oiseaux qui vivent sur le bord ou à la surface des eaux.
Les membres antérieurs, ainsi que nous l'avons déjîi dit,. sont développés en ailes , sorte de rames au moyen desquelles l'oiseau s'élève et se soutient dans l'air. Les doigts qui forment ces ailes ne sont pas distincts, mais réunis : quelquefois on en aperçoit un rudimentaire. Les grandes plinnes qui forment ces ailes, et qu'on nomme pennes , sont en général au nombre de dix'à douze aux ailes. On les nomme pjus spécialement rémiges. Celles de la queue , dont le nombre est aussi rigoureusement déterminé, et qui servent en quelque sorte de gouvernait pour diriger l'oiseau en même temps que de contrepoids aux parties antérieures du corps , sont appelées rectrices.
Les vertèbres cervicales sont très mobiles dans leurs artic^ilations ^ et en plus grand nombre que dans les Mammifères. Aussi les Oiseaux ont-ils la faculté de pouvoir retourner la tète €n arrière, et c'est même en l'appuyant sur la partie supérieure du dos qu'ils se tiennent pendant le repos ou le sommeil. En revanche, toutes les vertèbres dorsales , les côtes, e sternum , sont intimement soudés , et forment une cavité
l4o hES OISEAUX.^
. osseuse continue , qui offre un point d'appui solide aux muscles puissans destinés à mouToir Taile. Dans sa face antérieure, le sternum présente une/^rète longitudinale saillante, qui augmente encore la surface d'insertion de ces muscles ^ et deux clavicules osseuses, soudées en ayant, formant un seul os nommé lnjourchette , servent à maintenir Técartement des deux ailes. Les apophyses coracoïdes sont extrêmement fortes et développées, et viennent s'articuler avec la partie supérieure du sternum.
Leurs poumons sont simples , adhérens contre la colonne vertébrale , enveloppés d'une membrane percée de trous , qui permettent à l'air de passer dans plusieurs cavités placées dans la poitrine, le cou, l'abdomen, les os longs, et même l'intérieur des plumes. De même que les autres Vertébrés ovipares , les Oiseaux manquent de diaphragme, e^st-à-dire de cette cloison musculo-tendineuse qiù, dans les Mammifères, sépare la cavité de la poitrine de celle de Tabdomen. Cette particularité d'organisation des organes respiratoires diminue de beaucoup la pesanteur spécifique du corps de l'oiseau , et lui permet de se soutenir dans l'air sans fatigue, et souvent même sans exercer de. mouvement , ainsi qu'on l'observe dans le moment où il plane et semble rester immobile. Ces cavités supplémentaire» de l'organe de la respiration donnent une grande force et une grande étendue à cette fonction. £n effet , non seulement le sang qui est porté dans l'intérieur du poumon par l'artère pulmonaire est modifié par l'air, mais encore une partie de celui que les veines de l'abdomen rapportent des diverses parties du' corps, et qui se trouve répandu dans les ramifications veineuses qui rampent sur les parois de ces cavités aériennes. C'est donc avec juste raison que l'on a dit que la respiration est double dans cette classe de Vertébrés. Aussi la chaleur du corps est-elle plus élevée dans les Oiseaux que dans les autres animaux vertébrés. Les plumer , dont leur corps est en totalité recouvert , servent aussi à maintenir cette chaleur , en même te^ps qu'elles les protègent contre les variations trop brusques de l'atmosphère, auxquelles les expose leur vie aérienne, et la faculté qu'ils ont de s'élever dans les régions supérieures de
ttS 01SBA.1IX* l4l
fair^ où la température est plut firoide, pour ptoager rapidement dans celles où Tair est plus échaufTé.
La trachée-artère présente à sa bifarcation un oi^ane nommé larynx inférieur^ et où les sons et la Toix sont produits 5 le larynx supérieur^ placé à sa partie supérieure , n'est en quelque sorte qu'un organe accessoire pour la production de la Toix. Ainsi les Oiseaux ont un double larynx.
Ijes organes des sens existent tons dans les Oiseaux; mais plusieurs y sont peu déTeloppéi. Ainsi le toucher est presque nul dans une peau recouTerte de plumes , qui en défendent la surface ; l'ouïe est faible, et l'oreille n'offre à l'extérieur qu'une ouverture sans conque, pour réunir et concentrer les sons. Les seuls oiseaux de proie nocturnes , comme les chouettes par exemple , ont une sorte de conque extérieure , et chez eux rouïe parait assez délicate 5 le goût existe à peine, car la plupart des Oiseaux avalent leur nourriture sans la mâcher et presque sans la diviser. Il en est à peu près de même de l'olfaction qui parait à peine exister , et dont l'appareil se montre à l'extérieur par deux petites ouvertures placées à la partie supérieure du bec. Cependant quelques oiseaux, les vautours, les corbeaux, par exemple, paraissent avoir l'odorat très fin. Quant à la vue ,^.elle est en général très étendue ; et l'œil , par les déplacemens d'avant en arrière, dont le cristallin est susceptible, ' au moyen de la membrane plissée qui part du fond du globe et embrasse la circonférence de la lentille oculaire , est orga-' nisé pour distinguer avec une égale facilité les corps éloignés comme ceux qui sont plus rapprochés. Les deux paupières sont mobiles ; et, de plus, il en existe une troisième plus intérieure, qui part de l'angle interne , et qu'on nomme membrane clignotante.
Les mâchoires dans les Oiseaux sont garnies de pièces cornées, de formes extrêmement variables , et qu'on désigne sous les noms de becs et de mandibules. Ces oi^anes tiennent lien à la fois de lèyres et de dents, et sont également mobiles Tun sur Tautre, mais seulement dans le sens de l'élévation et de rabaissement. C'est avec son bec que l'oiseau saisit sa nourriture , qu'il la divise , lorsqu'elle est trop vol^imineuse , mais ensuite
t4^ tES OiSEÀUt,
il ravale satiô M faire subir aucune autre préparation. t'dBsbphage vers sa partie inférieure présente deux dilatations , 6u poches plus ou moins grandes : la première, qu'on nomme le jaàoty la seconde, Vestomaç succenturie^ et dans lesquelles s'amassent les alimens avant d'entrer dans l'estomac proprement dit. Celui-ci, qu^on nomme gézier, est en général très épais, formé de deux muscles puissans, entremêlés d'aponévroses, et sa cavité intérieure , qui est peu considérable , est tapissée par une membrane épaiçse et dure. Généralement on trouve dans l'estomac un certain nombre de petites pierres, que l'oiseau a avalées, et qui lui servent à broye^ les alimens à mesure qu'ils y arrivent. Le canal alimentaire vient se terminer à une ouverture qui lui est commune avec les organes de la génération et de la sécrétion urinaire, et qu'on nomme le cloaque. Il rési/lte de cette disposition que l'accouplement se fait par la simple juxtaposition des cloaques.
Le canal digestif, examiné quant à son étendue et à l'épaisseur des parois de l'estomac, varie dans les Oiseaux comme dans les Mammifères , suivant qu'ils se nourrissent de matières végétales ou animales. Ainsi le gézier des Oiseaux de proie , qui représensent les Carnassiers pjripi les Ûiseau](, est beaucoup moins épais et moins charnu que celui des Passereaux ou des Gallinacés.
Dans les mâles , les organes sexuels consistent en deux testicules placés au dessus des reins et dans le voisinage des poumons , et dont les canaux viennent s'ouvrir dans le cloaque ;. les autruches et quelques Palmipèdes ont seuls une verg^ qui sert à conduire la semence. Chez les femeUes, on remarque un ovaire sous la forme d'une grappe et un conduit particulier qu'on nomme oviductus , et qui s'ouvre inférieurement dans le cloaque, au devant du rectum.
Les Oiseaux ont des organes propres à la sécrétion de l'urine^ des reins et des uretères ég^ilement ouverts dans le cloaque; mais l'urine se mêlant aveè les excrémens à mesure qu'elle est sécrétée^ ces animaux semblent pour la plupart ne pas uriner.
Les petits des Oiseaux naissent d'œufs , qui sont essentiellement composés de trois parties, la coque Calcaire, le blanc ou
LES OISEAUX. l^i
albumine , et le jaune. Au moment où Fœuf se détache de l'ovaire , il n'est encoHpormé que du jaune ; dans la partie sujpériebre de Voviductus^ il se recouvre du blanc, el c'est à la partie inférieure que se forme la coquille calcaire qui Tenveloppe et le protège. Au dessous de I4 coquille , dont Tépaisseur et. la couleur yarient lieattcoup suivant les espèces, on trouve une BMiÉbfane.beMiecHip plus oMnee qu'on nomme vii^iline. En dMiers du jaune ', sont placées les deux chalazes, sous la forme 4ft bridai trânsvetsalea, qui se réunissent en un tubercule gélatiiwji ,' qui est le gerihe e» l'embryon. Pour que ce germe se développe , l'œuf a besoin d'une chaleur d'environ 38 degrés centigrades, toujoux^. souteaue au même point. C'est pour cette raison que les femelles des Oiseaux couvent leurs œufs. On peut aussi obtéDik* tes mêmes résultats au moyen d'une chaleur artificielle. Pea de temps après que l'incubation a comtdencé , on voit de petits points rouges se montrer dans le gei*rae] ce sont des vaisseaux sanguins qui viennent aboutir à un centre commUii , au cœur ou punctum saliens ; peu à peu les yeux se dessinent , la té'te se forme, les membres se développent. A mesure que les dîfférens organes s'accroissent, on voit le blanc de l'œuf diminuer, et finir même par être entièrement absorbé; le jaune^j au contraire , adhérent au petit par le moyen des chalazes , ne paraît avoir subi que peu de changement. Au moment où Téclosement des œufs doit avoir lieu, c'est-à-dire, quand tous les organes ont acquis un développement convenable , le jaune est attiré petit à petit dans l'intérieur du corps du jeune oiseau par le retrait deis chalazes , et disparaît complètement. Mais pour sortir de la coquille où il est emprisonné , il faut que le petit la casse; pour cet effet, il porte à l'extrémité de son bec qui est encore peu solide un tubercule dur et corné , avec lequel il frappe la coqutU6*«l là brise en ott endroit*
Les organes qui dans les Oiseaux servent principalement de caractères sont le bec et les pattes. La classe des Oiseaux se subdivise en six ordres de la manière suivante :
l44 f'fiS OISBAUX BS PEOIB.
ANIMAUX VBETÉIVKES
V Classe : les oiseaux '^ (Ornithologie),
DivÎH^ en six OedeBS*.
^'^ i deux y et deux aale'rieiirs. •••••••••••••#•••4 lîU GllMPBOftf*
«•si- »„ -..I- |l»l>re8 j bec «t ongles crochoà. •#.•»••• !• RlfAŒs.
Oa S / un , ou nuis. 1 ^
^ ^ I La anlM u I '( '°^^'*"''®Bt par des membranes» • • T* MCMkMBimÊM»
" ** I rc'unis ) / tousàla base. •••••. H. PAssEftiAmT*
(en partie < !«• ^^eux ( ip^g Jonfs. lY. GALiuiàCÉt
j ezteieurs \ • ,,. ^ •«. « ,
( tanes. (ai^octef. TI. PâlMlflÉnf
I^REIIIBR OEDRB des OISEAUX.