OPHIDIENS
Trais serpens ou des Reptiles sans membres et à un seul poumon. I^ur bouche est organisée comme nous l'avons dit plut haut. Elle n'offre pas de crochets mobiles ; mais les branches de lamÂchoire supérieure scmt ,. comme l'inférieure, garnies d'une rangée de petites dents aiguës; il eu existe également deux langées sur les arcades palatines»
Cette famille comprend deux grands genres : 1<> les Boas {Boa L«), qui renferment les plus grandes espèces connues , ek dont quelques-unes atteignent jusqu'à cinquante et soixante pieds de longueur; leur queue est prenante et garnie de plaques transversales d'une seule pièce. Us portent un appendice corné de chaque côté dii cloaque.. Ces Reptiles vivent dans les bois humides et les marais des pays chauds. Ils se nourrissent d'animaux souvent très gros 5 mais en général ils fuient Thomme.
2® LesCouLBUvaES {Caiu6erh*)y que l'on a beaucoup subdivisées, renferment tous les serpens non venimeux de nos climats ^ leur queue est ordinairement fort alongée , non prenante, garnie de plaques disposées par paires. On en trouve un grand nombre d'espèces, toutes très inoffensives, aux environs de Paris et dans le reste de la France. L'une des plus communes est la couleuvre à collier ( C Natrix L. ), qu'on rencontre plus particulièrement dans les marais des bois. Elle offre trois taches blanches en forme de cellier , est de couleur cendrée, avec des taches noires le long des flancs.
2* tribu. Les Ophidiens venimeux.
La présence des crochets mobiles implantés sur les os maxillaires supérieurs, et qui ne sont en quelque sorte que les canaux excréteurs du venin sécrété par la glande placée au voisinage de l'œil, forme le caractère distinctif des serpens venimeux*
t^ Le genre des Crotales ( Crptalus L. ) se distingue de suite par les espèces de petits grelots secs ou minces et cornés qui terminent leur queue , et qui, lâchement unis les uns à la suite des autres, font entendre un petit bruissement que l'on a copiparé 9U bruit que fait du sable fin tombant sur une feuille de papier. De là le nom vulgaire de serpens à sonnettes qui leur a
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(té donpé. Ce sont les plus reidoutablçs des Reptiles par l>t|<H f^té de leur yenin, qui cause la mort en très peu d'instans. lU sont tous originaires de l'Amérique.
2° Les Trigonocéphàles {Trigonocephaius 0pp.) ressemblent aux Crotales par les fossettes qu'ils portent derrière les Qa« rines et par la yiolence de leur Tenin j mais ils n'ont pas la queue terminée par ces Tésicules bruyantes qui font le caractère des serpens k sonnettes. Ce spnt de grands serpens assez commuiis en Amérique^
3^ Enfin les Yipèhes ( Fipera Dand. ) sont le« Reptiles yenime^ux qui n'ont ni les yésicules bruyantes des Crotales ni les fossettes derrière les narines des Trigonocépbales. Toutes le0 espèces européennes rentrent dans ce genre. Parmi ces espèces, nous devons particulièrement nous occuper de la yipère cosd* mune, qui est à peu près la seule qu'on trouye en France.
Yipère commune , Ftpera berus Daud. ; Coluber berus et C. aspis L.
Elle est longue de quinze à dix-huit pouces plus ou moins ; son museau est obtus ; sa tète est comme triangulaire, couy^rte d'écailIes granulées. Elle est brune , ayec deux rangées. de tanches noirâtres sur le dos, qui quelquefois se réunissent et forment des bandes transversales^ ou deux lignes longitudinales irrégulières et comme en zig-zag, et une rangée de taches noî^ res sur chaque côté ^ les plaques du dessous du ventre sont de couleur ardoisée, et y sont simples, tandis que celles de la queue sont disposées par paires.
n y a plusieurs variétés dans l'espèce de la yîpère.<Les unes sont brunes, les autres presque noires ^ quelques unes sont rousses et comme rougeâtres. La vipère se platt dans les lieux iecs et arides, sur les rochers exposés au soleil. Pendant l'hi^ ver, comme la plupart des antres Reptiles, elle se cache dans un trou, à l'abri du froid, et tombe dans un état d'engourdissement et de torpeur qui dure jusqu'au retour du printemps.
La vipère se trouve aux environs de Paris, et surtout dans la foréjt de Fpntiiinebleàn, où elle est asseie commune. • Le venin de la vipère est un liquide incolore ou légèrement
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jaunâtre, ayant la consistance de la salive, se desséchant^ et s'enlevant par écailles à la manière du mucus, n'ayant aucune sa- Teur et une odeur faible et nauséeuse. Appliqué sur le tisstt cellulaire ou même sur les muscles^ il ne produit aucune action. Il en est de même si on le met en contact avec la peau et les membranes muqueuses. Aussi peut-on, sans le moindre dan-^ ger, sucer une plaie faite par la morsure d'une vipère. Mais il ^^'avec promptitude et énergie dès qu'il a rencontré quelque vdne. Les symptômes sont les suivans : Il y a d'abord douleur et gonflement dans la partie qui est le siège de la morsure, avee une coloration d'un rouge livide^ le gonflement s'étend souvent au membre tout entier, si c'est l'une des extrémités qui a igté mordue. Ces symptômes locaux sont accompagnés d'une faiblesse générale, d'engourdissement, de nausées et souvent tle vomissemens ^ quelquefois il y a des lipothimies, du délire, des convulsions, et la mort même peut être la suite de ces accî^ dens. Mais cette issue funeste est rare, parce que, comme Fontana l'a reconnu, il faut epviron trois grains de venin pour tuer un homme, et que dans le plus grand nombre des cas ckaque vipère n'en contient qu'à peu près deux grains, et< encore faut- il que le même reptile fasse successivement plusieurs morsures pour perdre cette quanUté de venin. On a conseillé plusieurs moyens pour arrêter ou prévenir le développement de ces accîdens. Le plus sûr est sans contredit la cautérisation de la plaie après l'avoir lavée et fait saigner. On peut faire cette cautérisation avec l'ammoniaque ou alcali volatil, et même j'ai eu occasion de reconnaître que l'application de cet alcali était encore utile quand elle n'avait pas été faite immédiatement après la morsure, et qu'elle a souvent calmé les accidens graves qui s'étaient développés. On peut employer de la mémç dmnière les autres caustiques, et particulièrement le beurre d'antimoine. On a beaucoup vanté aussi la succion de la plaie, et surtout l'application de ventouses. Ce dernier moyen, recommandé par Mangili, a été expérimenté dans ces derniers temps par M. Barry, et les différens essais qu'pn en a faits en ont tous prouvé l'efficacité. On doit, en même temps qu'on emploie ces moyens externes, faire prendre des médicimens propres k pro-
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y^q^T k sueur. Nous ne citerons pas ici les nombreux méàicament que l'on a tour à tour recommandés contre le renin de la Tipère. Ces médicamens sont tous ceux que l'on trouTe désignés dans les anciennes pharmacopées sous les noms d'ulexipharmaques ou alexiiéres. Dans chaque pays, on en possède un grand nombre. Quelques observations publiées en Italie ( vojr. Arch. gén. de Méd. , janTÎer, 1836, p. 89 ) sembleraient démontrer que le sulùte de quinine donné à la dose de trois ou quatre grains dans une cuillerée de yin, et répétée d'heure en heure, a fait cesser les accideus graves survenus à la suite de morsure de la vipère.
II est fort utile que le médecin puisse reconnaître si une morsure faite par un Reptile dont on n'a pas pu se saisir a été produite par une couleuvre ou par une TÎpère. Cette distinction est en effet fort importamte, car dans le premier cas il n'y a rien à faire, parce qu'aucun accident n'est à craindre, tandis qu^il faut se hâter d'agir, si la morsure a été £aite par une ripère. On reconnaîtra toujours une morsure de ripère, en ce que la plaie se composera d'an certain nombre de petits trous de grandeur égale formant une double ligne alpngée, et que dans le point opposé on rerra deux trous ou quelquefois un seul , mais plus profonds, plus larges, qui seront le résultat des deux on d'un seul des crochets venimeux. La partie sur la* quelle existeront ces trous plus' profonds n'en présentera pas de plus petits, parce que dans les Reptiles venimeux la mâchoire supérieure ne porte pas d'autres dents que les crochets. Si au contraire les deux parties opposées de la plaie ne présentent que des trous tous d'égale grandeur et formant à peu près deux lignes circulaires et opposées, on pourra avec certitude y reconnaître une morsure de couleuvre.
Comme médicament, nous n'avons que bien peu de choses à dire de la vipère, quoique les anciens aient attribué de très grandes propriétés à ce reptile. Ils la regaivlaient comme un excitant très puissant dans les fièvres malignes, les maladies cutanées chroniques, la lèpre, la syphilis, etc. On en taisait un grand nombre de préparations diverses , comme la gelée , le sirop, les trochisques de vipère, etc. Quelquefois encore au-