LES OPHIDIENS
biles très acérés, marqués d'une rainure ou gouttière longitu* dinale, et à la base desquelles est une petite yésicule remplie d'un yenin extrêmement subtil et dangereux. Ce sont les seules espèces dont la morsure soit à redouter. La langue des Ophidiens est en général très longue, mobile, bifurquée; ce qui a fait dire au yulgaire que les serpens ayaient un double dard qu'ils lançaient, et ayec lequel ils faisaient leurs blessures.
Les serpens se nourrissent d'animaux yiyans, et souyent même ils en ayaient de beaucoup plus gros qu'eux. Gomme ils ne les mâchent pas, il y a chez eux une disposition particulière des mâchoires qui permet à ces dernières de se dilater considérablement. Ainsi dans lesyrais serpens la mâchoire inférieure est formée de deux os distincts unis en ayant par une portion liga^ menteuse. En arrière ces deux branches sont insérées à l'os tympanique, qui, sous la formed'une longue apophyse, est mobile et attaché à l'os mastoïdien, qui lui-même est également mobile. La mâchoire supérieure, ou plutôt les deux os qui la forment, sont mobiles sur l'os intermaxiliaire placé entre eux, et n'y tiennent que par des ligamens qui leur permettent une grande mobilité. Les arcades palatines elles-mêmes sont susceptibles de s'écarter. G'e$t à cette structure si remarquable que les serpens doiyent la faculté d'engloutir petit à petit des proies beaucoup plus yolumineuses que leur corps. Mais cette déglutition est très lente, et il faut souyent plusieurs jours pour qu'elle s'achèye. Aussi n'est-il pas très rare de rencontrer des couleuyres en train d'ayaler une grenouille dont la moitié postérieure du corps est saillante hors de la bouche.
« Les serpens yenimeux par excellence ou à crochets isolés, dit Guyier, ont une structure très particulière dans les organes de la manducation. Leurs os maxillaires supérieurs. sont fort petits, portés sur un long pédicule, analogue à Fapophyse ptérygoïde externe du sphénoïde, - et très mobiles 5 il s'y fixe une dent aiguë, percée d'un petit canal, qui donne issue à une liqueur sécrétée par une glande considérable située sous l'œiL C'est cette liqueur qui, yersée dans la plaie par la dent, porte le rayage dans le corps des animaux^ et y produit des effets plus ou moins funestes, selon l'espèce qui l'a produite. Gette dent se
LIS OPRIDIBKS. If^Z
cache dans un repli de la gencive, quand le serpent ne veut pas s'en servir, et il y a derrière elle plusieurs germes destinés à la remplacer si elle se casse dans nne plaie. » Les naturalistes ont nommé les dents venimeuses crochets mobiles; mais c'est proprement l'os maxillaire qui se meut; il ne porte pas d'autres dents, de manière que, dans cette sorte de serpens malfaisans, l'on ne voit dans le haut de la bouche que. deux ran^ gées de dents palatines.
Les Serpens sont en général ovipares, comme les autres Rep*tiles^ leurs œufs ont une coquille ordinairement molle et co< riace. Cependant il en est dont les œufs éelosent avant de franchir le cloaque, en sorte que leurs petits naissent sans enveloppe. Ces espèces sont donc vivipares. Tels sont, parexemple, les différens Serpens venimeux, comme les Vipères, les Crotales ou serpens à sonnetves, les Trigonocéphsles, eto*
Les Ophidiens forment deux grandes tribus natarelles , 1^ ceux qui ne sont pas venimeux 3 2<* ceux qui sont venimeux.
!'• tribu. Les ophidieiss non venimeux.
Ce sont ceux qui manquent de crochets à la mâchoire supérieure ou de dents en gouttière et destinées à conduire le venin; On y a établi deux familles.
1'* famille. Les A»np/ki9l^éMi^Ê^s forment le passage avec les Sauriens apodes ou les Orvets qui terminent l'ordre précédent. Leur corps est tout d'une venue, brusquement terminé à ses deux extrémités 3 ils sont homodermes comme les scinques, c'est-à-dire que leurs écailles sont égales et semblables sur toutes les parties de leur corps, qui a la forme d'un rouleau. Mais ils ont un véritable sternum, sur lequel les côtes s'appuient inférieurement. Ils n'ont qu'un seul poumon, ou cenx qui en ont deux les ont excessivement inégaux. Deux genres composent cette famille : les Am^hishènes{amphislfœna L.) et les Typhlops (Typhlops Schneid.). Leurs espèces sont toutes^xotiques. On les appelle encore double-marcheurs^ parce que par là forîne de leur corps ils ont la singulière faculté de pouvoir également bien marcher en avant et à reculons.
2^ famille. Les CoM^Ê^érien^ commençât la série dès