LES ANNÉLIDES
Ces animaux , qu^on désignç Tulgairemeot sous le noan é9 vers à sang rouge , forment un groupe distinct et qui diffère des quatre autres par l'absence des pieds articulés , et le sang coloré en rouge.
Leur corps est en général mou et formtf d'un grand nombre d'anneaux* ou de segmens, dont le premier, qui forme la tète, est à peine différent des autres. Leurs mâchoires sont au nombre de deux ou de trois , remplacées quelquefois par un simple tube. Leur circulation est double et se fait au moyen d'artères et de yeines > mais sans apparence de cœur. Ils respirent en général au moyen de branchies, qui néanmoins manquent dans quelques genres. Ces branchies sont diversement placées : tantôt elles naissent sur la tète en forme de houppes ou de plumets 3 tantôt elles occupent les parties latérales du corps et représentent des branches ramifiées. Bans les Vers de terre et les Sangsues , l^ organes respiratoires consistent en des espèces de petites poches ou vésicules internes , ouvertes à l'extérieur par un petit trou placé sur le dos dans les premiers de ces animaux , et à la face inférieure du corps dans les Sangsues^ Ces animaux, ainsi que nous l'avons dit, manquent de pieds articulés 3 quelques uns portent à leur face inférieure des espèces de soies raides qui remplacent ces organes , et qui quelquefois naissent de mamelons plus ou moins saillans. Les Annélides vivent en général dans l'eau 3 quelques uns s'enfoncent dans la terre ou dans la vase, où elles se creusent des espèces de tubes. D'autres, au contraire, ont, comme les Mollusques, la faculté de transsuder une matière calcaire, dont elles se forment un fourreau , dans lequel elles se cachent, mais auquel elles ne sont pas adhérentes , ce qui les distingue des Mollusques testacés.
Cuvier a divisé la classe des Annélides en trois ordres , de la manière suivante :
/ sur la tête. Corps renfermé dans un | ^ »^ Branchies
fsur la tête. Corps renfermé dans ^^ } j. xomcOLlS.
raadebrancàies.. .• 3. Abaaiichbs.
!•' ordre. Les TUBiCOLES
Sont pourvus de branchies en forme de paMehet ott d^trbttseules, plaoéet à ti tête ou inr la partit antérienre da eorps en général, et d'une eoqniUe tubuleuse. Cette coquille est tantôt calcaire , analogue à celle des Mollusques et le résultat d'une sécrétion } tant6t c'-es| un tube sknplement Ibrmé 4e PagglutinMion de ^aîns de sable ou de fragtnMis èd eO(JQBles. On donne généralement à ces AnnéKdes le nom de Tuyaux ou Pin^ eeaux de mer. Us se raj^rodient y comme on peut le voir, des Mollusques Gastérc^des , que Cufîer a nommés lïièntiirm^ ches. Mais ils em dîflèrent par un caracfftpe extérieur làc^e k saisir, c'est que les Anu^ides tubicoles ne sont pas adhérons à leur tuyau, et qu'ib peuvent en sortir à leur volonté, tandié que les Mollusques tubulibrancbes adhérent à leur coquille par des muselés.
V Les SiRPDLKS {Serpula L.) sont les plus communes de^ces Annélides. Lemrs tubes calcaires recouvrent les rochers , les pieires , les pieux et la quille des navires. Ib sont pressée et adhérons les uns aux autres. L'espèce si Mquentis sur nos côtes est la S. eontoriupUcata,
1^ Lés SâBi&i.BS ( Sabella Cuv. ) ont leur tube erdinairemcRt formé de grains do sable .ou d'aigle.
3« Les AuFHiTBrrBS {AmphUrite Cuv.) habitent des tuyaux dé nature diverse; elles portent à la partie antérieure de leur tête des appendices semblables à des paiHes dorées rangées en peigne ou en couronne^
T ordre. Les DORSIBRANCHES.
Cet ordre reaferavs les Anoélides <]pii ont leurs brandiies placées sur les parties latérales ^du corps^ Ce» btaneliiea aoot
«hoorvsous la forme d^arfoustes ramifiés ou de lames. Ces Aimé^ lides sont ou nus on renformés dans des tuyaux.
Tels sont : 1* les Aeénicolbs {Arenicola Lamk.) , si communes dans le sable des bords de la mer, qui ont la bouche pro« longée en trompe et les branchies sous la forme d'arbustes sur les anneaux de la partie moyenne de leur corps.
2° Les Amphinomes {Jmphinome Brug.) dont les branchies existent sur tous les anneaux du corps.
3^ Les ËUNiGES (Ennice Guy.) dont les branchies sont comme celles des Amphii^pme^. Mai0 leur iéte port^ cinq tentacules et leur trompe est armée de trois paires de mâchoires cornées qui manquent dans lep Amphiqomes.
3« ordre. Les ABRANCHES,
Caractérisés par Tabseitce des branchies, respirent, soit par la surface de la pew, soit par des espèces de petites cavités intérieures , que Ton pourrait presque comparer à des sacs pulmonaires. Lep uns ont pour organes du mouyement des bouquets de soies raides , qui leur seryeni à se cramponner sur le sol ; les autres en sont dépourvus. De là la division des Anné-x lides abrapckes en deux fapiilles : les Sétigères et les Asc tighres, *
I» Famille. E,eê HéHmèreê.
Plusieurs des anneaux du corps présentent à leur face inférieure deux mamelons hérissés de soies raides et courtes.
LoMBjuc TS^l^ESTHE. Lumbrûus terrestris L,
Cet Annélide est bien connu de tout le monde sous le nom de ver de terre. En effet, il vit dans la terre, où il se creuse des espèces de terriers souterrains. Son corps est long, cylindrique, composé de cent vingt anneaiix et plus; il est mou, couleur de chair, avec des reflets métalliques ) à sa foce inférieure il porte huit rangées de petites pointes. Il vit de terre végétale, de racines, et même de matières animales.
Nous donnons ici une courte description de cet annélide , plutôt pour qu'on ne le confonde pas avec l'ascaride lombricoîde, qu'on trouve si fréquemment dans les intestins de
^O VBM ÀNN&LIDBS.
Thomme, et qu'on désigne aussi Tulgairement sons U nom 4^ lombric , que pour signaler ses prétendues propriétés médicaler. Chaque jour la pharmacie et la médecine se dépouillent de ces préparations bizarre^ et souvent dégoûtantes , dont les anciens avaient souillé les pharmacopées. Ainsi , l'huile , la poudre de vers de terre, peut être placée à côté de l'huile de petits chiens, de la poudre de pieds d'élan ^ et de tant d'autres préparations surannées dont une saine philosophie a depuis long-temps fait justice.
2* Famille. JLeê AséH^èreê.
Leurs anneaux sont dépourvus des soies qu'on observe dans la famille précédente.
DES SANGSUfia.
Cet Annélide, dontonfaitutaesi grande consommation, surtout depuis un certain nombre d'années , appartient à un genre qui, avec quelques autres, qui en sont des démembremens , forment la petite famille des Hirudinées parmi les Annélides abranches* M. Moquin-Tandon a publié à Montpellier, en 1827, une excellente monographie de cette famille , dans laquelle il a établi quelques genres nouveaux.
IjCs sangsues se font reconnaître à leur corps alongé , plane en dessous, convexe en dessus ^ mou, ré tractile, et composé d'un grand nombre de segmens. Chacune de leurs extréiùités se termine par un disque aplati j celui de la partie antérieure , qui est toujours plus étroite , porte la bouche; le postérieur sert seulement à la progression et à la station. La bouche ^ placée au centre du disque antérieur, se compose de trois petites mâchoires cartilagineuses , finement découpées en dents aiguës, qui ferment deux rangées semi-circulaires sur leur i>ord * libre. Cette bouche est l'ouverture d'un canal intestinal qui se prolonge directement jusqu'à l'anus sans former de circonvo- ^ lutions, et présentant seulement quelques renflemens de distance en distance. Le système vasculaire consiste en quatre longs vaisseaux longitudinaux; l'un dorsal, l'autre ventral, et deux latéraux ; ils communiquent entre eux par des branches d'un
LBS ANNELIDBS. 24 1
TOlttine assez consîdérablô , nomnilées par M. Dagés branche» abdqniino-'dorsales , ou latéro-abdominales, ou latéro dorsales y suivant qu'elles vont du vaisseau, dorsal à Tabdominal, des yaisseaux latéraux à celui de Tabdomen ^ du dos. Indépendamment de ces branches principales , il en naît un grand nombre de ramifications qui se rendent aux diverses parties. Ces vaisseaux sont remplis d'un sang rouge.
A la face inférieure , et sur les parties latérales du corps des sangsues, on aperçoit une rangée de petites ouvertures, dont on a long-temps ignoré les usages. C'est l'entrée des vésicules pulmonaires, comme il a été constaté par les observatioiis de Sorg et de Thomas. Ainsi ces animaux ne respirent pas par la bouche , mais par ces ouvertures latérales. Selon quelques expériences de M. Dugès, dans quelques cas la respiration parait également se faire par toute la surface cutanée.
Le système nerveux se réduit à un long cordon , étendu de la bouche à l'anus , le long du canal alimentaire , et offrant de distance en distance une série de ganglions , dont le nombre n'excède guère vingt-deux ou vingt-trois. De ces ganglions partent des filets qui se distribuent dans les divers organes, après s'être ramifiés.
Ces animaux sont androgyns. Pendant long-temps on a cru qu'un seul individu pouvait se suffire à lui seul et se féconder. Mais on sait maintenant que les sangsues s'accouplent à la manière des hélices; c'fest-à-dire par le concours de deux individus, qui sont, dans le même temps, mâle et femelle pour un second individu. Les orifices des organes mâles et femelles se montrent à l'abdomen très près l'un de l'autre sous la forme de deux pores. Ils sont plus rapprochés de l'extrémité antérieure que de lapostérieure.Les organes mâles se composent l*»de deux testicules , formés des circonvolutions d'un canal replié en tous sens sur lui-même et réunies en un peloton de forme variée. Le canal se déploie postérieurement , présentant plusieurs renflemens sur son trajet, et constitue, selon M. Moquin, des vésicules séminales supplémentaires. 2^ Des vaisseaux déférens qui, parlant des testicules, se dirigent vers Torigirnî de la verge 3 ils sont droits ou flexueux. 3** Les vésicules séminales proprement I, 16
û4^ tËS AkMtiDSS;
dit^d fttfut timéés entre les testicules^ tout près de Torifiee éê Vor^nè mâië> elles se réiiùissètit et forment une petite toifr^ unique. 4^ Enfin la verge èodtèlftie daU^ ufne gaitte prépAfèteie; eit èbn^hnî très loUj^iïè (Uft et tûëtat deifx poûëèd) ,' elle en sidlbnte D'ti rentre èfi se cofidàfit éeihi VahAoïteû:
ii'appa>èil géhéi*âtetÉr femelle est aS^èz ïM^lé. L'efUtértttté ou Tulve est placée en arrière de celle de \A Yèrgè j elle con" dnit dans utt vâ^îii iôut court ({ni âë renfle éni^èrîéureuieAt en âtie catlttS à Id^uelle tiennent abôlitli* det^t canaul anald|*tte^ atit trôttip'èd et terminés par un petit cor|>s otalilire ^uï ^ l'dvaire.
Les âah^ttes §bnt ofipares,* quelques Hirtiditl^es cependAùé iôttt fif it>dl*éS. te^ éxiU de U âang;sne ôffidrïâle sont réàni^ dàni deè espèces de cocotls tfyoîdeS,dont lé plus grand dianiètrê Tarie de huit à doute lignes, et le pluà p«tit de cinq à huit; leur ^Oïds est de tinfgt-quàtre à quarântê-hu it gralinS. Cèè èocins i^cfnt ùSritïék de deul Mèm})raftes : l'une eitérièure , celltilèùi^ et ^o^gieusé , tisset épàïéhé ; Fàutrè plus Ihiticè et plus résistante. Les ôeùfê rèfffermés datis èhaqué cOquè sont au iiombré de iH à qùînfé ad plus. Dès qu'ils sont écloS , les petites saUgsùèSp'ëN cent les deux membranes , et sortent au dehors.
Là prôgre^Sibh, daà^ les sangsues sorties de Teati , se fait ^ar ttrt m6dé totlt particulier. L'animal fixe sa yentotise postérîeute, s'alotigè en af ahl, ûxe là Ventouse orale, détache la positérieuré, la rapproché de rântëHeure, la fite,et aiàsi de suite« Dâils l'ëau , elle nâfgepar un mouyement de reptation analogue, c'èStâ-diré qui S'eléi^të toujours de haut en bas.
Toutes let$ Hirtidiliéèi^ fa'ôht pas là propriété d'entatner la p'èàu des âniùi'àui f érté{>rés^ pôiir éh sùcèr lé sang. Il n*^ i que lès espèces dôilt les iHàchdires. sont armées de dents , qui puîS^ seHi Servir en médecine. M. SàvigUy en à fait uii genre partitciiîîer, qu'il a désigdè sous le nom dé Sahjguisugà, Tbûteil les espèces de Ce genre pourraient être employées eh médéciâe. Cependant on se sert plus spécialement des deux suiyanièS :
I. Sangsue OYticiciKLE{SanguisugaoJficinaUsSdLy\ffïj.l!lLoi{.' Tandon. Mon. Uir. p. 112, t. 5, f. 1.).
Son corps est yerdâtré , ou vett tioiràtré peu foncé ; ayant lé.
LbS Al^NÊLIDES. 243
dos marqué dé six bandes longitudinales, de couleur lérrugîneusç, maculées de points noirs sur leur partie moyenne et sur leurs bords ^ le ventre est tèH jaunâtre, iitimkcùlé, et largeinent bordé de noir. Les segment du corps sodt tfèè Hsses, Cëite espèce est la plus grosse de tout le genre , puisqu'il f Siàei individus qui ont jusqu'à sept pouces de lohgueur. Elle Vit dans les marres et lès ruisseaux, et c'est elle qti'oh désigne soiis lé nom de èïingiiXe verte.
M. Moquin-Tandon signale troiâ vaHétés dans cette espèce :
l*" £lle a les bandes dorsales interrompues d^ distancé en distance;
l"" Elle a lès bandés dorsaleà arec dei^ pdiiits noirâtres plus bii moins nombreux ;
3^ Elle à les b^tldes dorsales réunies par dès mouchetures transversales;
II. Là seconde espèce! est la SANJasufe iiÉbitî. alte [Sanguisûga fneditîÀalis Savi^. Môq.-Tàndoil, l.c. p. 114, t. g , f. 2. Hirudo niediàînàlîs L.).
Cest elle que Toil connaît àous le Hôlà de sàri^siie grise. Son corps est vert foncé; sbn dds indi'qiié 8è six bàtlilës lotigiiudinale$, fèrrugineuééè; asèèz clâii*ei», Mctiléeàde iaébés iioirés, ordinairement tHanguf aires ; lé ventre verdàtre, nbacdlé, et largement bordé de nbir, et lèâ segiiiënS du corp^ hérisses de màibelbns grenus.
Cette espèce est excessivement coinmune dans les fnafres et lel^ hiii^seaux, surtout dans lés région^ du centre êl dit nprd (le la France. M. Moquin-Tandon dit ne l'avoii* jamais bbséfvi^ë àiix etivirbns dé Montpellier, tàiidis que là précédente 7 est fort abotidànté. Cependant un gfànd ndmL're dé zoologistes, même parmi lei^ flûi nlbdei'nes , Cobsidèréhl ces deux espèces comme n^èti JTcirmaht qu'une seule. Néaîinioihs nous pensons que, bien î^tiè trèi vbisînëè l'uiie de raiitrè, dti peut sans inconvénient les Côhiiidérér Cbthdië deux espèces distinctes.
M. Moquih-Tabdob signalé encore plusieurs espèces âppariébant àii i^etire'Sang'uisuga^ el qùî, par consëquent, pourraient être employées cbmtne lés deux précëclentés ; ce sbrii:
!• La SXNtSuÉ OBSctJRK (*$^ àhscurâ Hidqiim-'tândbn, 1. c.
244 ^^^ ANN&LIDES.
p. 116, 1.5, f. 2). Son corps est brun foncé sur le dos ; son yenlre Yerdàtre , avec des points noirs nombreux et peu saillans^les segmens sont garnis sur leur contour de mamelons grenus. On la trouve aux environs de Montpellier.
2° La Sangsue iNTERR0BiPUi(A$'.m^errup^aMoq.-*Tandon,9 1. c. p. 118, t. 6, f. 2). Corps verdâtre , -marqué supérieurement de taches isolées, bords orangers j ventre jaunâtre, quelquefois largement maculé de noir, ayant sur les côtés deux bandes noires en zig-zag; segmens tuberculeux. M. Moquin a observé cette espèce chez plusieurs pharmaciens de Montpellier.
Il ne faut pas confondre avec les véritables Sangsues , dont nous venons de tracer les caractères, une autre Hirudinéo , que Ton connaît sous les noms vulgaires de Sangsue noire et de Sangsue de cheval : c'est VHirudo sanguisuga L. , qui appartient au genre Hœmopis de Savigny, sous le nom à^JBœmopis i^or^arx, Moq.-Tandon, 1. c. p. 108 , t. 4 , f. 5. Son corps est déprimé, très lisse, olivâtre ^ son dos marqué de six bandes de taches plus foncées, les bords jaunes , le ventre noir verdàtre, immaculé et plus foncé que le dos. Cette espèce est commune dans les marais et les eaux douces de la France.
C'est fort à tort, ainsi qu'on l'a depuis constaté par l'expérience, que l'on a accusé cette Hirudinée d'être cause des ac(ûdens qui surviennent quelquefois à la suite des piqûres de sangsues. Par la forme émoussée des dents qui garnissent ses mâchoires , on a reconnu qu'il est impossible que la sangsue vorace puisse entamer la# peau de l'homme , ni d'aucun antre animal vertébré.
L'énorme consommation que l'on a faite des sangsues depuis un certain nombre d'années.a nécessairement éveillé l'attention, non seulement sur l'histoire naturelle de cet Annélide, mais encore sur tout ce qui a rapport aux moyens de se le procurer et de le conserver. Les régions centrales de la France , telles que le Berri et le Nivernais , la Bretagne , en fournissent une quantité considérable, qui pendant long-temps a sufQ à la consommation de la plus grande partie de la France -, mais bientôt les marais de ces contrées se sont épuisés, et l'on a été oblige d'aller au loin chercher les sangsues. C'est ainsi qu'on en a fait
LES A9NÊLIDB8. 245
Tenir d'Italie , de TEspagne , de la Bohème , et même des frontières de la Turquie. On a calculé que Paris seul en consomme annuellement plus de trois millions d'individu^. Si Von ajoute à ce nombre toutes celles que l'on emploie dans les autres- parties de la France , et si Ton remarque que c^est nous qui en fournissons rAngleterre, qui manque de ce précieux animal, on verra que le commerce des sangsues a pris depuis quelque temps une telle extension , qu'il doit former une branche de revenu très lucrative pour certaines provinces.
Les sangsues se recueillent , soit directement à la main , soit au moyen de petits filets en crin à mailles lâches. Les individus qui font cette pèche se mettent ordinairement dans l'eau les jambes nues , et se saisissent de toutes celles qui viennent s'y attacher.
Dans les pharmacies, on conserve ordinairement les sangsues dans des vases remplis d'eau , et simplement couverts avec une toile. Il faut avoir grand soin de renouveler cette eau fréquemment, et surtout de placer les vases dans un lieu frais et à l'abri du soleil. Sans ces précautions, l'eau dans laquelle les sangsues soi\t contenues s'altère , à cause de la grande quantité de mucosités qu'excrète leur peau, et un grdnd nombre périssent. Un moyen de conservation très effîcace, c'est de placer les sangsues dans des tonneaux remplis de glaise délayée. On peut, en usant de ce procédé , non seulement les conserver pendant fort longtemps, mais encore c'est le moyen qu'on emploie pour les faire voyager très loin.
Les sangsues percent la peau par un double mécanisme. D'abord leur disque buccal, de même que le postérieur, fait l'office d'une ventouse dans le lieu sur lequel ils sont appliqués. Le vide est opéré, parce qu'après avoir appliqué son disque oral, la sangsue en retire en arrière la partie centrale ; qui laisse alors un espace vide, lequel agit comme une ventouse. Cette ventouse fait gonfler un petit mamelon de peaii qui s'introduit jusque dans l'ouverture de la bouche : lé vide opéré par la ventouse presse ce mamelon contre les trois petites mâchoires armées de dents aiguës 3 la sangsue fait jouer ces mâchoires : la peau cède et se rompt , et le sang s'écoule. La forme de ce^s pi«
^46 P99 ^nj^ihiim.
Uoé^iras jécartées ep foriQ^ d'i^tpîlq ; elle d^ppQd éyidomment d^^ trois mâchpirei^ armées de depts qui ont fendu la peau.
On a cherché à évaluer la quantité moyenne du sang que peut tirer une sangsue. Quelques auteurs l'ont portée beaucoup trop haut , en admettant que chaque sangsue peut sucer une once de sang et au-delà ; d'autres , au contraire , ('ont évaluée trop bas, parce que, ayant pesé la sangsue avant son application , et la pesant' au moment où elle tombe gorgée de sang^ ils en ont déduit le poids du sang absorbé. C'est ainsi que M. Moquin-Tandon estime , d'après des expériences qui liiî sont propreisi, qu'une sangsue de petite taille absorbe environ cinquante grains de sang , c'est-à-dire deux fois et demie son poids 5 une sangsue moyenne, quatre-vingts grains, ou deux fois son poids j une sangsue fort grosse , quatre-vingts grains , ou son poids. Mais ces évaluations ne donnent pas l'idée exacte du sanç que le malade perd. En effet , indépendamment de celui qui est sucé par la sangsue^ *. jaque piqûre en laisse, après la chute de celleci, écouler une quantité plus considérable encore.
La consommatiop des çaqg^ucs all^pt chaque jour en croissant,, à ppe époque où ces 4unélide9 étaient devei^us rare^, et par conséquent fort chers, oï)i a chercfié Jes moyens d'utiliser , les s^t||;ç|lÇîs qui avaienj déj^ ^^rji. C'çst «jinsi qu'pi^ a propocié de les faire dégorger sur de la pendre froide, dans de l'argile. Mais ces moyens demandent des soins et du temps, et ce n'est <jup plusieurs mois ^près qu'elles ont djSgprgé Je sang qu'elles avaien|: sucé, qu'elles peuvent servir de nouveau : eucore pendant cette opération up grand Qombre .périssent-elles 3 pi par conséquent il y a jnoins à gagner souç Je rapport de Téponpmie.
Les sangsues possèdent une vitalité extrêmement durable» C'est ainsi qu'on peut conserver pendant plusieurs jours une sangsue <|ont on a coupé les deux extrémitésv De même, n on coupe une sangsue par tronçons, la vitalité de chacune de ces parties se prolonge pendant fort long-temps. Des sangsues gelées nu milieu de l'eau dans laquelle elles vivaient, ontfeOBli-
DEimiÈMB CLASSE DE^ ARTICULÉS.
LES GRUSÏAeÉS.
1^^' différenfiwj p^rtfp^ de Ippr cprp^ fgpÔHYÇïm 4'pjifi çj^yer JoBpe plus pli H^oixi^ ^prp, pfgsfi^céç pu »^a^c palpaif ç. tenr i(^îrc}x)^ipf» pçt (^éraij&p^p^ doubla ^ an^logOi» ^ c^llç d«^ ]||oUpf;au|89, ^t |^artipulièri?pa^»t d«s QJpb^l^podjçs, hfifiv^d^^ cbçf g( )€;ijf ^périepces cmrie^sies dç MOI. Âudouii^ et VHiw- ^d^^d^ ftpt^ipp f^it /çûapaUfiç )es qrgane» p^ ^ç laéc^^CT^ 4s )§ firpi^lajioa dap^ ^j^ cl^açc d'animaip^. J^ç |||iD|^ ^Ç^ic|9{ ^^ ^veri^^ parties 4u fiorps pfir d^s Tei^jes for^ pQ^tfç» qui i|(; p^- ^i^ à df^n^ §ip))s pl^ç^^ daii^ 1q rtîpr^x. jCcç dpuf çii»iui , ,dppt mi m^qw qi^elqiiiefoi», po^rFaie^t étr^ as^jn^és 4 4^m^ ¥^r tricules ou à deux cœurs simples et pulmonaires. Il ep 9^ 4^ ^jTftfipheil qi^ s'lnlrodui$(Si)t s«r lia tim^ ^i^l^m^ Ab§ br^Pid^ies : fip spnl; les arti^fes brancbiales. Qe l^ur torçiinailQD ii^isM9A d'autres yaisjieauf qi^i , après avoir f u^VI ji^ fyç^ i^te|:9e dei^ pf r r^piidft^ br^uphialçs, s^ réppissént toutes fin un tronc pqpanuui qui i$e rend à un troisièn^,4$ (^ur charpu ou cqbpf aortiqu^. JPfs y^lvul^s placiées h h b^se de cette Teip» branchiale s'pppp^ept 4U ireflux du sang lors 4^ 1^ coptraclipn du eomi^- Qç celui-ci pais^nt six artères : trois destinées aux yeu:^ 9 aui: antenp^ /et ^^J. parties voisines ^ deuxc^j^ rendent ai^ foie^ et enj$n une autse, beancQup plus yoluminèuse , véritable aorte , se distribue dlUAs le thorax , l'abdomen et les membres.
LesCrustapés vivant presque tous dans l'eau, respirent au moyen de branchies tantôt j^acées sous Jes bords dp la carapace pu 4u test qui (ps r^cppvre ^leu^ partie supérieure, tantôt elles j^pt ê^^ienv^y situées? soit à la base.djes pieds ou sur les pifi4^ màf^e, soit spr le^ appendices in£érieurs de l'abdomen , ^ for^ 9Wit des espèce 4fi pynuni4a|i çi;tiapp|##f 4a laiAes «n)pil4es
^4^ l'es CRUSTACÉS.
Le système nerveux des Crustacés est le même que celui des autres animaux articulés^ mais il offre plusieurs modifications : 1* il peut être composé de deux séries de ganglions communiquant ensemble par des filets , et disposés de telle sorte que , pour chaque anneau du corps , il y a deux ganglions distincts : c'est ce que Ton voit , par exemple , dans le genre Thalitre , où Ton compte ainsi treize paires de ganglions ^ 2^ le nombre des ganglions peut être réduit à deux, l'un céphalique, l'autre thoracique : ce dernier, qui est alongé , montre évidemment dans sa structure qu'il résulte de la concentration du système nerveux , dont lés ganglions ordinairement distincts et séparés , se sont rapprochés et soudés en un seul ; la Langouste offre un exemple de cette disposition; 3^ enfin, dans les Crabes, la concentration est encore plus grande , et le système nerveux se réduit à un ganglion unique, mais volumineux, duquel naissent en rayonnant les nerfs qui se rendent à toutes les parties du corps. C'est à MM. Audouin et M. Edwards qu'on doit cette connaissance de la vraie structure du système nerveux des Crustacés.
Les Crustacés ont ordinairement sept paires de pattes articulées, mais qui ne sont pas toutes également développées. Dans l>eaucoup de ces animaux, et en particulier dan's les Écrevisses , lés Crabes, les Homards, etc. , les pattes les plus antérieures, moins grandes, se rapprochent de la bouche et sont des organes accessoires de la manducation; on les distingue sous le nom de pieds-mâchoires. Les vraies pattes se composent de six pièces articulées bout à bout^ et la première paire de pattes a reçu le nom particulier de pinces^ quand l'avant-dernier article est très gros, très développé, et que le dernier, ou le tarse , se meut dessus en manière de pince.
Le corps d'un Crustacé se compose , comme celui d'un Insecte , de trois parties distinctes ; 1 ^ la tête, qui porte la bouche, les yeux et les antennes; 2"* le thorax^ qui par sa face inférieure donne naissance aux pattes ; 3° V abdomen , qui suit immédiatement le thorax. Chacune de ces trois portions est composée d'anneaux dont la soudure est plus ou moins intime; très souvent même la lête et le thorax sont confondus de manière à ne
LBS ckhstâcés. ^49
iformer qu'une seule partie, qu'on nomme céphalo-thorax. Les pièces ou anneaux du thorax sont enxsore assez distincts quand on Texamine par sa face inférieure 3 mais à sa face supérieure , dans lé plus grand nombre des cas > «lies se soudent et forment une grande pièce qui recouvre toutes les autres , et qu'on appelle la carapace. C'est ce qu'on voit surtout dans les Homards et les Crabes. D'autres fois ces pièces restent distinctes , ainsi qu'on le remarque dans les Cloportes, jpar exemple. A la face inférieure de l'abdomen on voit dès appendices articulés de formes très variées, qu'on a^peMe Jausses pattes : elles seryent et au mouvement et surtout à retenir les œufs à leur sortie de l'oviducte.
Les sexes sont séparés dans ces animaux : les organes mâles consistent en canaux déférens.qui viennent aboutir à deux verges sortant du thorax, derrière la dernière paire de pattes. Dans les femelles on voit deux vulves qui viennent s'ouvrir tantôt sur la troisième pièce sternale, et tantôt à la base de la troisième paire de pattes. Ils sont ovipares.
Les Crustacés présentent une particularité d'organisation, c'est que tous le» ans ils changent de peau : le test calcaire qui les recouvre tombe, et il est remplacé par une peau d'abord molle, dans l'épaisseur de laquelle se fait le dépôt de matière calcaire c[ui lui donne dt\la consistance. C'est à l'époque où la mue va s'opérer qu'on trouve dans l'estomac de quelques Crustacés ,et en particulier de TEcrevisse, ces. concrétions calcaires vulgairement désignées sous le nom à\yeux d'écrevisses.
Leurs antennes sont communémenl au nombre de quatre, placées à la partie antérieure de la tête; leurs yeux sont isimpies ou à facettes , sessiles ou portés sur un appendice articulé.
Deux grandes sections se présentent dans les Crustacés , savoir : l**les Malacostracés, qui ont les tégumens plus ou moins durs et calcaires, de dix à quatorze pieds , terminés inférieurement par des espèces de pinces ou d'ongles i 2** et les Entomos- TRACÉSy ou insectes à coquilles, dont les tégumens sont minces, cornées -, les pieds , en nombre variable , uniquement disposés pour servir à la natation, et tout le corps recouvert d'un test
en forme de hwdHer. Chacune de ces dew grandes diiiriim a ensuite été subdivisée en cidres de la manière suivante •
LES CKUSTAiGÉS.
1* Test calcaire : Malagostbagés..
Oanaas.
( Branchies à nu II. stohajh)de8.
I Pieds antérieurs servant \|,| amphipahm àlamastication.....J">-^-P'-<>'>"«- Pieds servant tou» a«xUy -^^^ mouvemens J w*»^w»-?-
2* Test corné : Entomostragés.
1. Boucheformëe 4e deux mandibules et de deux > « ii»*«^«,/i««„p«
mâchoires / v. BBANCmopoDBS.