‹ Elémens d'histoire naturelle médicale, Volume 1Chapitre 91 sur 131 · I.XS GOLSO»tÀll«S. S · texte numérisé non relu

I.XS GOLSO»tÀll«S. S

fêp les larT68 d'un petit Coléoptèreda genre I)etineste,qui sMntroduit dans l'intérieur de leur corps et finit par les réduire en une poudre grossière.Quelques auteurs avaient ayancé que cette altération ne nuisait pas à leur action yésieante , parce que ces larves ne mangeaient que les parties qui ne contenaient pas le principe actif. Mais cette opinid» est erronée. En effet il résulte des expériences deM. le docteur Bretonneau, etsurtovtde M. Farines de Perpignan, que le principe actif ne réside pas comme on Tavait cru dans les élytres ou les autres parties cornées du corps de l'insecte , mais se trouve exclusivement dana les parties intérieures de l'abdomen et du thorax. Or ce soiit jufttement les parties intérieures que ces larves détruisent.

Plusieurs auteurs se sont occupés à des époques différentes de l'analyse chimique des cantharides. Mais le travail le plus important sur ce sujet est sans contredit celui que M. Aobiquet a publié en 1810. Voici les résultais principaux de Tanalyse de cet habile chimiste:

1** Une huile verte , insoluble dans l'eau , sohiUe dans l'aloool , non vésicante ; etc.

2^ Une matière noire , solnble dans Teau ^ insoluble dans l'alcool , non vésicante ;

9p Une matière jaune, soluble dans l'eau et Talcool, non vésicante ^

4® Un principe huileux , volatil et vésicant 5

B^ La cantharidine , substance blanche, en lames cristallines, soluble dans l'eau , quand elle est mêlée à la matière jaune , insoluble quand elle est pure, soluble dans l'alcool bouillant, dont elle se précipite par le refroidissement. Pour l'obtenir , on traite l'extrait, aqueux de cantharides par Palcool bouillant, qui se charge de la cantharidine et de la matière jaune ; on évapore et on traite par l'alcool froid, qui s'empare de la matière jaune , et laisse à nu la cantharidine.

Cette substance est évidemment le principe vésicant des cantharides , ainsi qu'il a été constaté par l'expérience.

Propriétés médicales et usage des Cantharides.^ Les cantharides se prescrivent à l'extérieur et à l'intérieur , mais beautoup plus fîréquemment de la première manière. Leur poudre ,

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appliqué^ sur la peau , ne tarde pas à çn déterminer Finfiammalion et la formation d'&mpoiiles plus ou moins Tolumineiises, remplies d'un liquide séreux ou légèrement citrin. C'est d'après cette action énergique des cantharides qu'on les emploie pour établir dés Tésicatoires. A cet effet , on se sert de plusieurs préparations dont les cantharides font partie , telles que Vemplâtre, la pommade et le taffetas épispastiques. Les deux premières sont étendues sur de la peau y ou sur un linge taillé de la grandeur du vésicatoire qu'on veut établir. Le taffetas , que l'on prépare en appliquant plusieurs couches de teinture de cantharides sur un taffetas gommé , est beaucoup moins actif , et il ne convient guère que pour les enfans ou les femmes dont la peau est très fine. On peut encore former un vésicatoire ex« temporané , en appliquant de la poudre de cantharides sur un . cataplasme mince, fait avec de la levure ou une bouillie épaisse.

Les cantharides , même simplement appliquées sur la peau , exercent très fréquemment une action irritante sur les organes génitaux et urinaires , qui doit en faire suspendre ou même abandonner remploi chez les personnes dont là ye3sie, les reins pu les organes génitaux sont plus ou moins irrités ou irritables.

A l'intérieur, les cantharides doivent être considérées comme un remède fort dangereux , et même à des doses assez faibles , comme un véritable poison. L'action spéciale qu'elles exercent sur les organes génitaux , les a fait considérer de tout temps comme un des plus puissans aphrodisiaques. Elles entrent dans plusieurs préparations , et entre autres dans les diaboUni de Naples, avec lesquels les libertins épuisés par la débauche cherchent en vain à ranimer leurs forces éteintes. Mais très souvent les personnes qui eh ont fait imprudemment usage , ont été réellement empoisonnées par l'action de ces préparations.

Un grand nombre de praticiens ont recommandé l'usage de la teinture de cantharides dans Thydrophobie , mais aucun fait authentique n'a constaté ses heureux effets dans cette terrible maladie.

D'autres les ont employées, avec plus d*avantage contre les hydropisiespa$sives,le8blénprrhé6sanciennes. Dans tous iescaf,

^ LES GOLiOPTÀRKS. 3o()

on ne saurait trop recommander de les donner à de très faibles doses y et surtout de surveiller avec soin Tétat des organes génito-urînaires , afin de préTenir à temps leur action irritante sur ces organes. ,

Nous ayons dit précédemment que toutes les espèces du genr^e canifaaride essayées jusqu'à présent étaient vésîcantes. Dans les provinces méridionales de la.France nous ayons encore une autre espèce , c*est la Cantharis verticales lilig. ou L. dubia Oliy. Elle esta peu près delà même taille que la cantharide commune, mais sa couleur est noire -, sa tète est fau'ye ayec une raie noire et longitudinale qui la partage en deux parties. On Ta aussi trouvée en Grèce.

/Parmi les autres espèces européennes nous citerons encore:

1** La Cantharis collaris ou Lytta co//ari* Fabr., grande et belle espèce originaire de Grèce. Elle est longue d'un pouce ; la tête, le corselet et les pattes jaune:^; l'abdomen et les él jtres d'an bleu cuivreux ; deux petites taches noires sur le corselet, et deux autres sur la tête en dedans des yeux. '

2° La Cantharis enjthrocephala ou Lytta erythrocephala de Fabricius, qui vit dans les provinces méridionales de la Russie. Elle est longue de cinq à huit lignes. Sa tête est rougeâtre, avec une petite ligne longitudinale noire à sa base ; le reste du corps noir 5 les él^'lres et le corselet bordés d'une ligne jaune sale, avec une bande longitudinale de même couleur suf leur milieu.

Les espèces exotiques de ce genre sont fort nombreuses et répandues en abondance dans tous les pays chauds. Ainsi on trouve entre autres au Brésil les Cantharis diniidiata Dej. (1), C qffînù Dej., C. fucata Dej. (2), et un grand nombre d'au-

(1) Cantharis dimidiata Dej. Longue d-environ quinze h seize lignes ; la tête, le corselet et le tiers supérieur des élylrcs d'un jaune fauve /une tache noire et arquée vers Tangle supérieur externe des élytres; le reste des élytres est d'un noir mat. La tête est alongée, étroite'; le. corselet également très alongé et fort aminci dans sa partie supérieure; les hanches fauves ,1e reste des pattes-noir.

(2) Cantharis fucata Dej. Longue de huit à dix lignes ; d'un gris foncé et légèrement pulvérulent dans toutes les parties de son corps.

La Cantharis afflcinisl^e). ressemble briucoup à cette espèce. Elle est

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3lO us O&TVOVTÂAVS.

très* Cependant les Brésiliens^ négligeant en ce point oohum en beaucoup d'autres les ressources précieuses de leur matièrt médicale indigène , font venir k grands frais de pays étranger» d'autres espèces de cantharides , tandis qu'ils en possèdent de non moins efficaces.

Dans l'Amérique du nord on trouve la Cantharis vilUUàlMfé qui vit de préférence sur la pomme de terre, et qui a le corps bariolé de lignes longitudinales alternativement jaunes et noires, chaque élytre offrant deux lignes noires et trois jaunes. L« C. Umniscata du même pays offre trois lignes longitudinales noires sur chaque élytre.

Le Sénégal est très riche en espèces variées de Cantharides; telles sont : les Cantharis ameth^stina Dej. , C. rugipenuis Buquet, C. sulcata Dej., C. ianthina Dej., C. DussaultU Duf., qui ressemble assez à la nOlre j C. hirtipes Dup. , C. flavioùr' nis Dej. y C^ vestita Duf., C Leprieurii Buq., etc., etc. Les quatre premières espèces sont bleuâtres ou violacées \ la C. DussaultU est d'un vert doré légèreinent bleuâtre ] les quatre dernières sont d'un gris plus ou moins terne.

SIXIÈME ORDRE

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