TERRAINS BAS ET HUMIDES, ^IJ
de sentir, d'agir, et ne vivant que pour manger et engendrer (i).
Les lieux bas et humides, lorsqu'ils sont tempères et qu'ils n'offrent pas de causes graves d'insalubrité, peuvent offrir un refuge utile aux individus irritables, affecte's de maladies inflammatoires, dispose's à la phthisie pulmonaire, etc. t/humidiié répandue dans l'atuiosplière relâche leurs tissus trop secs , trop tendus, et calme l'éréthisrae qui les tourmente. Un lieu bas et humide, dit M. Barbier , sera un séjour vraiment médicinal dans la phthisie commençante, dans beaucoup d'affections nerveuses , dans quelques lésions organiques , etc. Lorsque l'individu aura une constitution très-irritable, une sensibilité exagérée, qu'il y aura maigreur, fièvre lente, pâleur à la peau, etc.; alors l'air de ces pays devient un auxiliaire utile pour le traitement. Lorentz, cité parle même auteur, a observé que, dans la partie élevée de Bastia , où l'air est sec, vif et pénétrant, les personnes maigres, sèches, dont la poltiine est unble, irritable, sont soulagées aussitôt que de la ville liante elles descendent dans la ville basse, qui est humide.
(0 Art. Climat du Dictionn. des Scienc. mtdir..
4i8 Élémens d'iiygikive.
Terrains secs et. élevés.
Ce sont les coteaux , les monlajjncs desséchées par un soleil plus ou moins ardent, les plateaux élevés, en un mot, tous les lieux qui se trouvent à une certaine élévation au-dessus de la mer. Ces localités sont ou très-froides ou très-chaudes ; l'ïiir y circule librement; le vent en balaye continuellement la surface ; les eaux s'en écoulent de toutes parts, et le terrain, sec et rocailleux , n'est d'ordinaire que peu propre à la culture, et tout-à-fait inculte à une certaine élévation. Un sol aride, et dont on ne relire quelques faibles productions qu'à force de travail et une culture pénible, a nécessairement, avec d'autres causes, une influence notable sur la constitution des habitans et sur leur moral ; et celte influence nous paraît tout-à-fait à l'avantage de l'espèce humaine. Au nombre des pays élevés, nous plaçons les sommités de l'Auvergne , de la Franche-Comté, lesCévennes, dont les habitans se font remarquer par leur valeur et leur opiniâtreté; plusieurs contrées de l'Espagne , qui firent une si longue résistance aux Romains et aux Maures; les Apennins, habités jadis par lesSamniles, les Marses, etc. , si long-temps funestes à a république romaine; les Abruzes, les Cala-
TIRRAINS SECS ET ^LEVrS. 4 '9
bres, aujourd'liui si dégénérées; l'Albanie, connue par sa résistance contre les Turcs ; le pays indomptable des Andes; la Suisse, que ne put asservir la puissance aulricliienne; les contrées du Caucase et de l'Immaiis, commandées sous les Romains par le fameux Mithridale ; enfin , le plateau de la Tartarie , d'où sont sortis les conquérans de l'Asie.
Les habitans de ces localités sont d'une constitution sèclie, vigoureuse; l'extérieur de leur corps offre des stiillies prononcées , et des poils nombreux et épais ; les muscles sont puissans et largement prononcés ; la circulation est active , le pouls vite et fréquent , ainsi que les mouvemens du thorax; les fonctions digestives jouissent d'une grande activité, ce qui entraîne une constipation habituelle. Les sécrétions , ordinairement peu considérables, se trouvent en raison inverse de la transpiration , qui est fort abondante.
Les hommes dont nous parlons sont souples , agiles, vifs, excitables, spirituels, d'un caractère inquiet, impatient, irascible; dominés par le besoin des voyages, de la guerre^ de la chasse, ils ont en même lomps de l'audace, de la ténacité , s'irritent contre les entraves et les obstacles, par rinfiuence même de l'air vif qu'ils respirent , du froid sec et du vent desséchant qui les siï-
/^2o rr.ÉMENS d'hygiène.
rnulenl. Les montagnards, qu'il faut placer en tête des peuples dont il s'agit , se font remarquer par une petite taille, une tête volumineuse, des extrémités grêles, parlicularilés qu'Hippocrate avait déjà signalées chez les Scythes.
La plupart de ces contrées sont si arides et si stériles, que les naturels se trouvent obligés de tourmenter le sol de mille manières pour en retirer leur subsistance , ou bien des'émigrerdans un pays plus fertile ; dans l'un et l'autre état ils s'habituent, dès la jeunesse, à mener une vie laborieuse, qui favorise le développement des forces. La puberté est rarement hâtive chez une jeunesse si occupée ; les mœurs sont simples, les femmes fécondes, la vie , en général , longue et exempte de beaucoup d'infirmités; la vieillesse se fait remarquer par la vigueur et la marche régulière des fonctions.
On rencontre, chez les habitans des lieux élevés, des ulcères aux jambes, des hémorrlïagies , et principalement l'hémoptysie, desinflammations de poitrine. La phihisie, l'asthme, plusieurs afî'ections des organes circulatoires , sont encore assez communs dans les pays dont il s'agit.
Les pays secs et élevés sont, absolument parlant, les plus salubres ; une foulede constitutions molles, lâches, faibles, y trouvent un préservatif assuré contre un grand nombre de maladies, et