‹ Élémens d'hygièneChapitre 29 sur 43 · MOUVEMENT ET REPOS · texte numérisé non relu

MOUVEMENT ET REPOS

rahle. Ne pourrail-on pas , dit Plutarqiie , concilier CCS deux seritimens , et, pour garder uy juste milieu, s'abstenir des exercices corporels immédiatement après le repas, mais y suppléer par celui, d'une conversation amusante , qui fixe l'atrtention sans fatiguer, et qui occupe agréablement l'esprit ? Tels sont les entreliens qu'on a appelés le dessert des gens de lettres , et qui roulent sur ces sujets riches et agréables dont l'histoire^ la poésie et la philosophie sont une source intarissable. Ce conseil est irès-sage et mérite d'être suivi. Il est très-utile à la santé que TexerGice soit pris pluldt avant le repas qu'immédiatement après, à moins qu'il ne soit très-modéré; autrement il pourrait troubler la digestion , au lieu que le re^ pos, ou , ce qui vaut mieux encore , les conver^ sations amusantes , et tout ce qui récrée et dé-f lasse l'âme , aident et facilitent celte fonction. , , Les exercices ne doivent être ni violens, ni continués trop lon^- temps. La grande fatigue, loin de fortifier , affaiblit au contraire la machine, l'épuisé, concentre le reste des forces dans l'intérieur, et, en ^çcélerapt a^nsi les progrès de l'endurf;is?einent , amène une, vieillesse précoce. , Lçs exerçjçes doivent être açconimodés aux çoi;i^itutions et aux saisons. Ce sont, surtout les pituiteux, les enfans, et ceux dpnt le genre neryepx est très - irritable , auxquels ils sont indis:^

préférence aux sanguins, aux bilieux et aux hommes de lettres. Leur usage habituel nuit néanmoins aux organes de la digestion, et rappelle les accès de goutte chez ceux qui sont sujets à celte maladie. Ces vins sont très-peu nourrissans; "vina alba exiguum prœbent corpori alimentum ( Galen. ) ; c'est pourquoi on en recommande avec raison l'usage aux personnes qui ont beaucoup d'embonpoint.

Les vins rouges passent moins vite que les précédens • ils contiennent plus de matière sucrée et de tartre ; c'est pourquoi ils nourrissent et réparent davantage les forces. Ils sont stomachiques et conviennent surtout aux hommes forts et robustes, ainsi qu'à ceux dont la texture du corps est rare, et qui suent aisément.

Les vins paillets ou clairets ( vlnafulva d'Hippocrate), de même que les vins gris ^ tiennent le milieu entre les vins blancs et les vins rouges; ils 5ont très-salubres , se digèrent bien , et sont surtout utiles aux personnes faibles et à celles qui font peu d'exercice. Leur usage copieux occasione des douleurs de léte et attaque les nerfs.

Les \ms jaunes sont les plus chauds de tous : ils sont desséchans et ennemis du cerveau et des nerfs. Les vins de Crète ou de Malwoisie y ceux du Rhin et beaucoup de ceux de France , sont de ce genre.

2°. Le6 vins diffèrenl quant à la consistance : il y en a qui sont épais , d'autres ténus , et enfin de moyens. Les vins épais contiennent beaucoup de sucre et de tartre ; ils sont trés-nourrissans et toniques , mais ils ne se digèrent pas aisément , et ne conviennent qu'aux personnes vigoureuses et qui se livrent habituellement à des travaux pénibles. Les vins limpides, ou ténus, nourrissent moins mais passent mieux : leur usage est plus avantageux aux hommes de cabinet et à ceux qui son sédentaires. Les vins moyens participent des uns et des autres; ils sont le plus généralement en usage , et servent de boisson à la plupart des hommes riches ou aisés.

3°. Les vins sont doux , acides , austères ou piquans. Les premiers sont connus sous le nom de vins de liqueur. Ils contiennent une grande quantité de sucre et d'alcohol. Tout l'art de faire ces vins consiste à faire subir la fermentation vineuse au moût qui contient assez de sucre pour qu'il en reste encore beaucoup après une bonne et pleine fermentation.

Dans les pays assez chauds pour que les espèces de raisins très-sucrés , comme , par exemple , les muscats, parviennent à une entière maturité, le moût de ces raisins fait naturellement un vin de liqueur ; mais pour donner à ce même vin plus de force et de douceur^ on expose les raisins au soleil.

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dites : telles sont enir'autres les hémorrhoïdes (i). Ces tumeurs sont l'effet de la pression et des secousses auxquelles on est exposé sur la selle ; souvent même, après une course longue et précipitée , il survient au Voisinage de Tanus des inflammations qui se terminent fréquemment par des abcès et des fistules. Les hernies sont trèscommunes aussi chez les cavaliers; les mouvemens de pression et les secousses habituelles rendent les efforts des viscères abdominaux d'autant plus puissans vers les aines , que les anneaux des muscles du bas - ventre présentent dans ces cas moins de résistance. Ces ouvertures, quoique trèsserrées et presque fermées par le péritoine j perdent peu à peu leur ressort et laissent échapper la portion des viscères qui leur est contii^uë. Le trot ne contribue pas peu à la production des hernies,

(i) L'équilalion habituelle peut donner lieu à quelques maladies j mais je doule qu'on puisse dans ce nombre placer les hémorrhoïdes : les secousses du cheval sont plus propres à forlifier les parois des vaisseaux hc'morrhoïdaux qu'à les affaiblir ; el re'quilalion me paraît eireplutôt un préservatif qu'une cause de cetle maladie.. C'est Topinion de feu M. Monlègre, auteur du savant et profond article HÉMORRHOÏDES; du Dictionnaire des Sciences médicales ^ c'est aussi celle de M. Larrey , qui dit avoir vu des cavaliers débarrassés de tumeurs hémorrhoïdales par la marche forcée d'un jour de bataille. (I. B.)

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ei le cavalier cuirassé y est bien plus sujet encore ([uo les autres, parce que la compression qu'exerce la cuirasse sur l'ëpigastre repousse davantage les viscères vers la région hypogastrique.

Le trot fait souvent sauter et retomber le cavalier sur la selle , ou se froisser contre l'arcon : ainsi il court risque de se blesser aux parties génitales ; le gonflement et l'inflammation sont leâ accidens qui en résultent ordinairement.

Le mouvement continuel du chcval obliw le tronc à une flexion et à une extension successives^ qui fatiguent considérablement et donnent lieu à des maux de reins, des pissemens et quelquefois des crachemens de sang. Aussi les postillons , les courriers, et ceux qui courent la poste, sont-ils exposés à ces sortes de maladies. La cuirasse oblige par son poids à une plus grande flexion , et l'effort que font les muscles pour l'extension étant par conséquent plus grand , expose davantage aux accidens dont je viens de parler. Cette même cause donne fréquemment lieu à la fausse gastrite , ou à l'inflammation des muscles qui recouvrent la partie de l'épigastre sous laquelle sont situés l'estomac et le petit lobe du foie. On pourrait éviter les hernies en faisant porter aux cavaliers des culottes ou des pantalons dont les ceintures seraient fort hautes , toujours irès^ .serrées, et qui appuieraient un peu fortement sur

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les anneaux. 11 serait à propos aussi qu*ils se servissent du suspensoir pour empêcher le mouvement du Irol de blesser les parties de la génération.

La voiture est un genre d'exercice qui convient particulièrement aux personnes faibles et à celles d'un âge avancé ; mais il ne faut pas que cet exercice soit une course fatigante ; il doit être réglé sur les forces de l'individu, et cesser dès qu'il éprouve de la lassitude. Il est à propos de changer fréquemment de position , pour empêcher que les ébranlemens que produit la voiture n'aient toujours la même direction.

La chasse est un amusement aussi sain qu'agréable y pourvu qu'il ne soit pas porté à l'excès. L'homme a un penchant naturel pour la chasse, il lui est commun avec les animaux ; le sauvage ne sait que combattre et chasser. C'est un exercice qui doit succéder aux travaux de la guerre , et qui doit même les précéder : savoir manier les chevaux et les armes sont des talens communs au chasseur et au guerrier. C'est l'école agréable d'un art malheureusement nécessaire : elle fait une diversion entière aux affaires, elle offre un délassement sans mollesse , et donne un plaisir vif sans langueur , sans mélange et sans satiété. On trouve aussi de très-grands avantages dans les autres jeux qui , comme l'escrime , la

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paume , le ballon, l'escarpolette , la natation^ le volant , le billard , la boule , les quilles, etc. , donnent du plaisir à lame, en même temps qu'ils exercent le corps.

La danse est une sorte d'exercice très-ancien , et en usage chez tous les peuples , même parmi les sauvages; ce qui n'est pas étonnant, car les hommes ont une inclination naturelle à produire au dehors les affections et les sentimens qu'ils éprouvent , non-seulement par le mojen du langage articulé , mais encore par celui du geste et des mouvemens du corps. Elle est l'expression de la nalûre , ou plutôt une poésie muette , comme l'appelait Simonide. Les Grecs estimaient beaucoup la danse , et se piquaient d'y exceller; mais ils réhef vêréni par la mollesse et la volupté ^ et elle devint bientôt chez eux l'école du vice et des mauvaises mœurs.

Platon n'admettait que deux sortes de danse , celle appelée orchestrique , qui était caractérisée par des grâces tendres, un geste modéré, un corps bien dessiné ^ et des pas juiites; et une autre, à îaauelle on avait donné le nom de palestrique , qui consistait en des mouvernens vifs , rapides et ondoj'ans. Celle-ci servait à assouplir eùi fortifier les membres. Il y en avait encore une autre espèce chez les Grecs , la cyhisticjue , qui était l'art de faire des sauts et des tours périlleux.

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