CHAPITRE PREMIER
Du Mouvement et du Repos ^
xliEP^ n'est plus utile à la sanié que l'exercice. Celte vérité était connue des anciens , et c'est pourquoi.ils. firent de la gymnastique la base de l'éducation nationale. Les premiers habitans de la Grèce étaient persuadés que l'âme acquiert de l'énergie à proportion que le corps prend de la vigueur : ainsi le code de leurs mœurs dériva des besoins de l'homme physique ; la première génération donna des athlètes, et celle qui lui succéda produisit de grands hommes.
Les Grecs élevaient la jeunesse dans toute sorte d'exercices. Les Romains, qui prirent presque toutes leurs institutions des premiers, avaient établi dans le Champ -de-Mars un gymnase où
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Ja jeunesse venait puiser la force et la santé. Tant que ce peuple ignora le luxe et la mollesse, il resta sain , vigoureux , ei fut invincible. Ce furent, au rapport de Plularque, les exercices du Champ-de-Mars et les fatigues de la guerre qui rendirent Jules-César, malgré sa constitution faible et délicate, le guerrier le plus robuste et le héros le plus intrépide.
La santé ne se soutient que par la libre circulalion et la juste répartition des forces et des humeurs ; tout ce qui y fait obstacle dérange l'économie aniu:iale, et produit des aberrations dans les fonctions ; tout ce qui favorise la régularité et J'harmonie de celles-ci , en maintenant un juste équilibre dans les principaux foyers de la sensibilité^ établit la santé. Or , tels sont les effets que produisent l'inaction et le mouvement. La première concentre l'action et les forces et affaiblit , au lieu que les exercices distribuent également l'une et les autres dans les organei , et donnent de la vigueur ; c'est pouiquoiCebe a dit ( lib. L): a L'inaction affaiblit le corps, » et le travail le fortifie ; la première amène une: » vieillesse prématurée , et le second prolonge y) l'adolescence. »
Le défaut d'exercice jette les organes dans l'inertie : c'est surtout l'organe exlérienr qui en soufTre I il perd son activité; la circulation se
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» souvenir de ses peines C'est se moquer
» de vouloir adoucir un mal par la considéra- » lion que l'on est né misérable : il vaut bien » mieux enlever l'esprit hors de ses réflexions, et )) traiter l'homme comme sensible , au lieu de » le traiter comme raisonnable, ^i
On doit donc interdire seulement l'abus, et non l'usage du vin ; il est permis d'en boire , mais non jusqu'à l'ivresse. Outre les maux physiques que produit l'ivrognerie , ce vice grossier et brutal , elle porte encore ses funestes effets sur le moral, et ôte à l'ame sa vigueur et son énergie. Elle est une infraction de la loi naturelle, qui défend à l'homme d'aliéner sa raison. L'excès du vin rend furieux dans les pays chauds, et occasione la stupidilé dans les pays froids. En général , l'usage du vin doit être tempéré par le cristal des fontaines , et , comme l'a dit le bon Plutarque , « il faut calmer les ardeurs » de Bacchus par le commerce des Nymphes. »
Ce n'est pas seulement l'excès du vin qui rend cette boisson malfaisante et dangereuse ; sa falsification , surtout celle par l'oxide de plomb demi-vitreux (la litharge), est encore plus nusible et plus meurtrière. Quelques marchands s'en servent pour rétablir les vins qui tournent à l'aigre; et, en effet, cette substance a la propriété de
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neutraliser Facide acéleux qui se développe par la fermentation , et de former avec lui un sel d'une saveur sucrée , qui n'altère pas la couleur du vin, et qui empêche les progrès de l'acidification. Cette falsification est on ne peut pas plus pernicieuse : souvent elle donne lieu à des accidens très-graves , et notamment à cette colique terrible connue sous les noms de colique saturnine ^ colique de plomb ou des plombiers.
On reconnaît cette altération du vin au moyen du sulfure alcalin ou calcaire en liqueur, dont la préparation consiste à mêler parties égales de poiasse ou de chaux , et de soufre ; on met ce mélange dans un creuset, et on le fait fondre prompiement , pour prévenir la dissipation et la combustion du soufre. 11 n'est pas nécessaire d'appUquer une bien grande chaleur, parce que le soufre', qui est très-fusible , facilite la fusion de la potasse en s'unissanl à elle. Lorsque ce mélange est entièrement fondu, on le coule sur une pierre qu'on a eu soin de graisser avec de l'huile; le sulfure se concrète en une matière brunâtre. Lorsqu'on veut le conserver sec et solide, il faut le rompre promptement en petits morceaux , et le mettre tout chaud dans une bouteille bien sèche , et qu'on ferme bien , parce qu'il est trèsdéliquescent. Quand on veut s'en servir pour essayer un vin dans lequel on soupçonne la pré-
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ner une direclion uiile aux passions liumaines ,
par de sages inslilujions çl une morale basée sur,
la nature de l'homme. On a réussi par elles à
changer les inclinaiions vicieuses les plus fortes ,
et à inspirer l'amour des vertus et des lois.
)^ L'exercice Je plussalu-laire est celui iqu'oji prend
çn plein air, qui met en actioi:^ le plus grand
nombre àes parties^ et qui est proportionné aux
forces de l'indiyidu : tels sont les promenades
^ pied dans les lieux agrestes, l'équitaiion, la^
voiture , la n<ilation , la navigation , la course^ là
danse , l'escrime , la chasse > lés jeux du volant ,
de la pauipe > du mail , ete. INon-seulement ces
exercices et ces jeux favorisent l'égale répartitions
des forces dans loiis les organes et donnent au >
corps de l'agilité et de. la vigueur, mais encore
ils récréent l'âmf ,e4 fpnt.Jftaîtiie des seniimens
agréables.- 2ij.:^v;L .::... , i;io.. j-inij- ', .:ij
, Il est aies mé4^0in!i qui oiïtofe'çpmmandé les^
ç^ercices après le repas; d'autres prétendent qu iis>
troublenjt la digestion , et que le repos est préfé-:
ville, par le nombre des médecins. On remarque aussi que les hommes dont le genre de vie approche le plus de celui des peuples qui vivent dans la simplicilé et rinnor cence, sont bien moins sujets aux maladies et parvien,rtent à un plus grand âge que ceux dont la civilisation est avance'e.