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CHAPITRE IL

Exercices inhérens aux différentes professions (i).

JL'momme n'est pas né pour l'oisiveté; la nature, dans sa bienfaisance, Ta voué au travail : elle a vdulu que, pour son plus grand avantage, il aidât

(i) Tourlelle , dans ce qui concerne les exercices inhe'rens aux différentes professions , s'est aUaché principalement à signaler les maladies que ces promissions peu-

SCS semblables et qu'il en fût aidé. La vie active est d'ailleurs le rempart le plus puissant de la vertu et l'égide de la santé : bien plus, c'est que la machine animale, pour bien aller, ne doit pas plus garder le repos que l'atmosphère, aux vicissitudes de laquelle nous sommes constamment exposés, et pour que notre vie soit durable, nous ne devons pas rester dans l'inaction et la mollesse. Il faut que l'homme se livre tour-à-tour au repos et au travail, et qu'il se fatigue même. C'est une opinion aussi absurde que ridicule de croire que, pour se bien porter et vrvre longtemps, il faille mener une vie uniforme et garder toujours la même assiette, quand tous les êtres avec lesquels nous sommes en rapport sont dans des révolutions continuelles. Les chan^emenS' sont absolument nécessaires pour nous préparer à ces violentes secousses qui ébranlent quelque-

vent causer ; il s'occupe moins des moyens de les pré-, venir par l'usage bien entendu des agens hygiéniques. Je ferai en sorte de réparer cette omission par des notes dont quelques-unes seront lirées de l'utile ouvrage que mon ami le doc;eur Pâtissier vient de publier sur les maladies des arlisans . et qui a pour titre : Traité des maladies des. Artisans ef de celles qui résultent des diverses professions,^ d'après Ramazzini ; par Ph. Pâtissier^ ancien élève interne de THôlel-Dieu de Paris, médecin adjoint du troisième dispensaire , etc., in-8o, 1822. (I. B.)

5^5 ÉDÉMENS D>ÏIYGIÈNE.

fois les fondemens de noire existence. Il en est des animaux comme des plantes^ qui acquièrent de la force et de la vigueur au milieu des orages,

et par le choc des vents contraires.

Les travaux sont aussi utiles à la santé et au

bonlieur qu'à la sociétés Considérez les habitans des campagnes ; occupés toute la journée à des exeirçices pénibles et faligans, ils n'en chantent pas moins au milieu des travaux champêtres ; ils jouissent de la santé, tandis que les citadins, énervés par la mollesse, bâillent au sein des plaisirs. (( La goutte est à la ville, dit La Fontaine , et 1) l'araignée est aux champs. » Le travail, fils du bespin , €st le père de la fSanté et du bonheur. Ne. plaignons donc plus autant les heureux villageois : au milieu des fatigues et des peines ils goûtent les douceurs de la santé , de la paix et de l'innocence : il n'y a de vrais malheureux que ceux qui, au sein de l'abondance, languissent dans le repos et la mollesse', qui leur ôtent les moyens do jouir.

I^canmoins, pour que les travaux entretiennent, pu aiGfermissent la santé , il faut qu'ils soient proportionnés à l'état des forces; car, lorsqu'ils sont portés à l'excès, ils ruinent la santé et font vieillir avant l'âge (i). Ces effets

(i) La profession d'agriculteur , si utile el si honora-

soni produits par une concentration forte et habituelle des forces. Celles - ci , retenues et comme fixées à l'intérieur par l'excès de la fatigue, les autres organes ne se rétablissent qu'in-

ble, a élé célébrée et justement honorée par les poètes ;• mais elle est moins fortunée et surtout beaucoup moins salubre qu'ils ne l'ont insinué et qu'on ne le croit encore^ communément. Souvent, dans un âge peu avancé, le cultivateur est assailli d'infirmités, fruit trop ordinaire d'un travail dur et pénible qui expose san^ cesse aux intempéries de l'atmosphère et aux funestes influences de Thumidité. Fréquemment mal vêtu, mal nourri, plus mal logé encore, sa résistance vitale est peu en rapport avec la gigantesque apparence de sa force musculaire : aussi , peu de jours de maladie l'atfaiblissent beaucoup , et son instinct lui demande sans cesse des forlifians, qui sont moins nuisibles peut-élre qu'on ne pourrait le supposer, même dans les maladies inflammatoires. C'est sans doute après avoir fait de semblables remarques que Ramazzini avait cru devoir s'élever avec énergie contre les saignées et les purgatfons dont on abusait si étrangement de son temps chez les'ba-bitaus de la campagne.

Quoi qu'en aient pu dire des médecins lettrés et jaloux de faire des applications qui honorent plus leur esprit que leur jugement, le beau vers de Virgile ,

O fortunatos nimium , sua si bona norint ,, Agricolas !

ne sera jamais un axiome de médecine aux yeux de Tobservaleur inaccessible aux illusions de renthousiasmc.

358 fr.i^MEXS d'hyciÈne.

conjplèieui,ent dans leur ordre naturel d'aciion ei dç TiéiicJflon. Il suit de là que Forgane extérieur, pnvé de la portion d'action qui lui est nécessaire pour contre - balancer celle de rinlérieur, s'endurcit et acquiert de jour en jour la fermeté et la roideur qui caractérisent la vieillesse. Il est faux, ainsi que quelques égoïstes l'ont avancé, que ks hommes qui sont obligés de se livrer à des travaux pénibles et excessifs vivent aussi long-temps que les riches qui jouissent sans abuser. Une semblable opinion , dit avec raison Kaynal, a été mise en avant pour consoler les lajisérables que la fortune a condamnés à traîner leur existence sous le poids des maux, en leur persuadant que leur état était le plus propre à maintenir la santé. Ce sophisme a été imaginé pour achever de détruire toute sensibilité dans le cœur du riche et le dispenser de la bienfaisance. Les hommes qui, par état, se livrent habituellement à des travaux rudes et accablans, sont trèsvieux à l'âge de soixante ans , et passent rarement ce terme; ^u lieu que ceux qui usent avec sagesse des faveurs de la fortune atteignent fréquemment et passent même quatre-vingts ans. Il est néanmoins quelques exemples d'hommes qui, s'étant livrés presque toute leur vie à des travaux dura et excessifs , sont parvenus à un âge trèsavancé. On lit dans les Transactions philosophi-

cjues l'iiisluire de deux vieillards de ce genre > doDt l'un mourut âgé de cent quarante-quatre , et l'autre de cent soixante - cinq ans. Mais qné prouvent de semblables exemples, sinon qu'ils sont fort rares et extraordinaires, puisqu'il est vérifié par l'observalion que les trois quarts et demi de ces hommes meurent avant le terme cw'dinaire (1)?

On peut distinguer en général ti-ois sk^teS dé travaux : 1°. les travaux pénibles et qui mettent en action tout le corps ; 2°. ceux qui exigent là vie sédentaire, et qui la plupart n'exercent que quelques membres; 5°. enfin, les travaux de l'esprit. Quant à ces derniers, je remets à en parler lorsque je traiterai de l'influence du moral sur lé physique.

Les travaux pénibles sont ceux qui demandent un emploi considérable des forces : ils ne peuvent être exercés que par des hommes forts et robustes ; ces travaux leur sont même nécessaires pour en-

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(i) Dans un travail sur la statistique de Paris, M. le docteur Villermé a prouvé que les quartiers les plus pauvres , ceux où les ouvriers abondent , fournissent annuellement plus de de'cès que les autres, sans tenir compte même des individus qui meurent en si grand nombre dans les hôpitaux , qui sont peuple's par la classe indigente. ( Ployez les Bulletins de la Société médicale d'émulation , janvier 1822. ) (I. B.)

56o éléi\ïens d'hygiène.

tretenir la libre circulation de l'action dans toutes Jes parties : mais, comme je l'ai dit plus haut, ils ne doivent jamais être excessifs, ni trop longterpps soutenus; c'est la principale règle qu'il faut cuivre pour conserver sa santé.

Ceux qui par état se livrent à des travaux pénibles en plein air, comme les cultivateurs^ sont exposés à toutes ses vicissitudes, aux brusques variations du chaud et du froid, et par conséquent à toutes les affections dépendantes de l'influence des saisons et des changemens extrêmes de température, telles que les maladies inflammatoires, catarrhales, rhumatismales, les fièvres bilieuses, les dysenteries , les fièvres d'accès, etc. Ces causes sont] inévitables , et il n'y a qu'une éducation conforme à ce genre de travaux qui puisse préserver des maladies auxquelles ils donnent lieu : seulement on peut affaiblir l'aciion de ces causes par un régime analogue au tempérament , à la saison et à l'état de l'atmosphère.

Les hommes dont les occupations sont de porter des fardeaux pesans, comme les crocheteurs, et tous ceux dont les travaux exigent de longues inspirations et une tension soutenue du diaphragme, sont exposés à l'hémoptysie, aux inflammalions de poitrine et du bas -ventre^ aux hernies, etc. On ne peut que recommander à ces

artisans de ne pas abuser de leurs forces. Il en est qui, par paresse ou par gageure, portent eu une fois de lourds fardeaux qu'ils ne devraient porter qu'en deux ou'trois reprises, et qui s'exposent ainsi aux plus grands dangers.

En général , les hommes dont les travaux exigent une grande dépense de forces , tels que ceux dont je viens de parler, les forgerons, les charpentiers, les charrons, etc., ne doivent jamais travailler long-temps de suite; il est nécessaire qu'ils se reposent de temps à autre, pour rendre aux organes la portion d'action dont le travail les a privés.

Les travaux sédentaires auxquels on emploie les hommes , tels que les métiers de tisserand , de tailleur, etc., sont non moins préjudiciables à la santé que contraires au vœu de la nature (i). La plupart des ouvriers sédentaires sont habitués à ces travaux dès l'enfance, ce qui fait qu'ils n'acquièrent jamais la force et la vigueur néces-

(i) K Jamais garçon, dit J.-J. Piousseau ^ n'aspira de

» lui-même à élre tailleur : il faut de fart pour porter à

» ce métier de femme le sexe pour lequel il n'est pas fait.

•» L'épée et l'aiguille ne sauraient élre manie'es par la

5) même main. Si j'e'tais souverain, je ne permettrais la

M couture et les métiers à l'aiguille qu'aux femmes , aux

» boiteux et aux autres hommes incommodés , réduits à

^ vivre comme elles. » {Emile.)

ZC2 élÉxIîens d'hygifne.

saires au méiier de la guerre et à la culture des champs. On remarque qu'ils ont plus d'adresse et de force dans les parties agissantes^ et plus de délicatesse et de faiblesse dans celles qui sont passives, courbées ou comprimées. Ces hommes ont un air faible, les jambes souvent cagneuses, la taille mal proportionnée, et affectent dans leur contenance la posture qui est propre à leurs travaux. Ils sont souvent malades et vieillissent pour l'ordinaire de très-bonne heure.

Les travaux sédentaires devraient être unique^ ment le partage des femmes, qui, par un renversement de l'ordre, s'occupent dans les campagnes des travaux les plus pénibles. Le sexe féminin supporte mi(?ux les occupations sédentaires^ aux-^ quelles il paraît être spécialement destiné. Les femmes sont plus susceptibles de sensations agréables, et ont pour l'ordinaire un plus grand fonds de gaîlé. Elles parlent davantage , et leur babil continuel est une sorte d'exercice proportionné à leur état. Elles ont moins besoin d'alimens, et ne s'épuisent point par de profondes réflexions. Elles sont d'ailleurs attentives à mille petits évé* nemens de la société, qui suffisent pour exciter leurs passions et les monter au point nécessaire pour entretenir la circulation des forces (i). Si

(i) II s'est écoulé bien des siècles avant que quelqu'un

pPvOFESsiorfS. 563

Ton trouve des hommes qui vieillissent dans l'inaction, exempts des infirmités qui en sont le produit , c'est qu'ils ont joui des avantages dont je viens de parler, et qui sont propres au sexe féminin.

Il serait utile à la santé de ceux qui se livrent à des travaux sédentaires qu'ils y joignissent dea travaux plus actifs, ou des exercices qui missent en action tous les membres; car rien ne nuit plus que la vie sédentaire. Outre qu'elle étiole ceux qui s'y livrent , elle s'oppose encore à la libre circulation des forces , qui , retenues habituelle-*

se soit avise de rougir du travail des mains ^ et de se faire de l'oisivelé un litre de noblesse et de grandeur. Les femmes surtout ne languissaient pas dans une slupidc inaction 5 elles ne passaient point leur viC;, comme font les noires , à jouer , à médire dans les cercles qu'on appelle très-improprement du nom de honne société j et à faire et à rendre des visites de cére'monie : aussi ne connaissaient-elles ni l'ennui , ni les vapeurs , ni les autres affections qu'il est aujourd'hui du ùon ton d'avoir^ et sans lesquelles une jolie femme cesserait d'être aimable. Après avoir vaqué aux soins domestiques^ la principale occupation des femmes^ même des reines et des pririeesses , était de filer la laine et de la travailler sur le métier : telle était celle d'Hélène ^ de Pénélope, de Calypso^ de Circéj et de beaucoup d'autres dont parle Homère. La femme forte de Salomon maniait le lin et la laine , tournait le fuseau et donnait deux paires d'habits à ses doi

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ment dans rinlérieur, donnent lieu aux affections hystériques et mélancoliques. On a observé que c'était principalement dans les pays de manufactures que les affections nerveuses régnaient parmi les gens du peuple. Une cause non moins nuisible à la santé de ces sortes d'ouvriers, c'est leur rassemblement dans un même lieu non assez vaste et souvent peu aéré : il conviendrait au contraire qu'ils travaillassent en petit nombre dans de grands locaux où l'air circulât librement. La plupart, tels que les tailleurs, les cordonniers^ etc. , sont forcés, dans leurs travaux, d'avoir le corps • — ■

mesliques. C'est ce qu'on trouve aussi dans tous les anciens auteurs ; et notamment dans Tiiéocrite , Te'rence , Virgile et Ovide. Kien de plus beau que la peinture que fait ce dernier de Lucrèce travaillant avec toutes ses esclaves à une lacerne y sorte de vêtement qu'elle faisait pour son mari. Ces mœurs anciennes ont subsisté long-temps chez les Romains ^ qui les avaient consacrées dans les épousailles par une cérémonie qui consistait à faire porter devant la mariée une quenouille et un fuseau. Elles subsistaient encore dans des temps de corruption ^ puisqu'Auguste portait ordinairement des habits faits par sa femme, sa sœur et ses filles. Tous ces ouvrages se font à couvert dans les maisons , et ne demandent pas l'emploi de beaucoup de forces. C'est pourquoi les anciens ne les irouvaientpas dignes d'occuper les hommes^ et les laissaient aux femmes , naturellement sédentaires, plus, propres et pluà attachées aux petites choses.

courbé en avant ; celte position est extrêmement défavorable : outre qu'elle nuit singulièrement à la digestion, et qu'en tenant assidûment pliée l'épine dorsale elle lui fait prendre la forme voûtée, c'est qu'elle gêne l'aclion des poumons et expose ces organes à des affections fort graves. Stoll a remarqué que les grandes et mortelles inflammations des poumon^. étaient très - fréquentes chez les hommes qui ont habituellement le corps penché en avant, comme les cordonniers , les tail-? leurs, etc. ; Cette attitude soutenue retient tout le système musculaire dans un état de faiblesse relative, gêne la distribution des humeurs dans les viscères dubps-ventre, et les détermine à refluer vers la poitrine, qui est , par l'effet de ces causes, dans un état permanent de pléthore et de congestion. L'ouverture des cadavres démontre que les poumons sont généralement plus ou moins affectés chez ceux que leur profession oblige à rester constamment dans, une: position si peu na^^

turelle..

Il convient donc que ces ouvriers changentsouvent de situation, et qu'au lieu de fréquenter les tavernes, les cafés et les maisons de jeu, ainsi qu'ils le font ordinairement pour la plupart, dans leurs: momens de loisir, ils aillent se promener et faire de l'exercice au grand air ; qu'ils n'usent que d'alimens fortifîans, de viande, de pain bien cuit , de

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bon vin pris modérément, ainsi que de plantes acres, qui donnent de raction aux solides et aux fluides; qu'ils s'abstiennent des substances difficiles a digérer, des liqueurs fortes, et généralement de toutes les espèces de débauches (i).

11 est des travaux qui exposent ceux qui s'y li-* Trent à l'action du feu; d'autres, à celles des miasmes délétères; plusieurs, à celle de l'eau; et d'autres enfin à celle de quelques-unes de ces causes réunies. Ils exigent des précautions particulières pour se préserver des maladies qui en sont la; suite.

Les chimistes, les distillateurs, les fondeurs, Les verriers , etc. , éprouvent tout à la fois les effets de la chaleur et des exhalaisons nuisibles : il en résulte souvent des rhumatismes, des affections graves des poumons , et principalement la toux , Fasthme et la consomption.

Les moyens les plus efficaces pour prévenir ces affections consistent, 1°. dans la construction des

(i) Buchan^ dans sa llîedecine do?nestique j, dit que fallilude dans laquelle travailleni beaucoup d'ouvriers, eomine les tailleùps^ par exemple ,^ paraîl plntôl l'effet de l'habitude que de la uecêssilë. Ou pourrait, ajoute-t-il, avoir une table sur laquelle pourraiejjt s'asseoir en rond dix ou douze ouvriers dont les jambes auraient la liberté' d'élre ou pendantes ou appuye'es sur' un marche-pied , à leur choix. Ôtwrage cité. (T. B.) *

PROFESSIONS. ZÔf

laboraloires et des ateliers ; il faut qu^ils soient disposés de manière que l'air paisse s'y renouveler aisément, et que la fumée et les exhalaisons n'y puissent séjourner long-temps; 2°. il convient que ces artistes ne continuent pas trop long-temps de suite leurs travaux; 5°. qu'ils ne se rafraîchissent que par degrés, et qu'ils se couvrent de leurs habits avant que de prendre le grand air, lorsqu'ils ont le corps très-échauffé.

Les boulange» s sont sujets aux mêmes maladies; outre qu'ils prolongent la veille fort avant dans la nuit, ils sont sans cesse exposés à la chaleur de leur four ; et s'ils viennent à respirer ensuite un air froid, ils contractent des rhumes et d'autres affections de poitrine. Ils respirent aussi de la farme , ce qui à la longue leur cause la dyspnée , l'asthme , etc. 11 convient qu'ils évitent les variations subites du chaud et du froid , et qu'ils se couvrent la tête avec un linge ^ pour empêcher l'impression de la farine répandue dans l'air sur les poumons. Us sont aussi très-sujeti» aux maladies des paupières par l'effet de ces causes. On leur conseille de les laver fréquemment avec de l'eau fraîche (i). Les meuniers sont exposés aux

(i) Ramazzini conseille aux boulangers ^ pour reme'dier aux fâcheux effets des vapeurs amilacées . de ^e laver sjuvenl le visage avec de leau tiède; de se gargariser la

mêmes înconvcniens , et doivent prendre les me-* mes précautions.

Les mineurs, et tous ceux qui travaillent sous terre , sont exposés aux accidens qu'occasione la présence des gaz non respirables. Les mineurs doivent en redouter trois espèces , qu'ils appellent yèw brison, feu sau^^age ou terou, le ballon et la mofette ou pousse»

L,e feu brison paraît n'être autre chose que du gaz hydrogène ; ii s'échappe des souterrains avec sifflement j et se manifeste sous la forme de toiles d'araignée. Lorsque cette vapeur est rencontrée par les lampes des mineurs , elle s'allume avec une explosion très- violente. Pour prévenir cet acci-. dent, on fait descendre dans la mine un ouvrier couvert de linges mouillés, et armé d'une longue perche, au bout de laquelle est une hlmière; il se couche le ventre contre terre, et met le feu à la vapeur. Dès que l'inflammalion a eu lieu , il n'y a plus de dangers à courir, et on peut descendre dans la mine. , .»?. ^î?

î^e ballon paraît sous la forme d'une poche ar*-' rondie qui est suspçndue en l'air. Lorsque les ou-: vriers l'aperçoivent, ils n'ont de ressource que

bouche avec de Toxicrat , de faire usage d'oximel , et de se purger de lemps en temps , ou de se faire vomir quand ils e'prouvent de la difficulté à respirer. (I. B. )

PROFESSIONS. S6g

dans une prompte fuite; car, si le ballon crève sur eux ^ ils sont à l'instant suffoques. On présume qu'il n'est , ainsi que le précédent , que du gaz hydrogène.

La mofette est une vapeur épaisse qui se forme surtout en été, et qui se dégage lorsqu'on ouvre des fosses profondes, des mines riches en minerai , et surtout de celles qui se sont fermées depuis long-temps avec les déblais. Cette vapeur est înortelle et tue sur-le-champ ceux qui la respirent (i)* Elle paraît être composée en grande partie de gaz azote, et ne fait point varier sensiblement le mer-" cure dans le baromètre ni dans le thermomètre. Les mineurs sont avertis de sa présence lorsque la lumière de leurs lampes diminue ; instruits par l'expérience, ils fuient le plus vite qu'il leur est possible. Celte vapeur les frappe d'asphyxie, et le moindre mal qu'elle occasione est une toux convulsive qui dégénère ordinairement en phthisie» Ceux qui se sont trouvés dans un espace où cette vapeur s'était répandue à un degré supportable , dit don Ulloa, ont éprouvé un sentiment de forniication considérable par tout le corps , surtout aux extrémités, à la face> à la tète; de la surdité, des tintemens d'oreilles, une bouffissure aux yeux,

(i) Mémoires philos, histor. phjs, par don Ulloa, tome I, pages 343-34.

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