‹ Élémens d'hygièneChapitre 32 sur 43 · II · texte numérisé non relu

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qui senjDlaientleur sortir des orbites; en un mot, les mêmes effets qu'on remarque dans les animaux soumis à l'expérience du vide, ou plongés dans des gaz non respirables.

Pour prévenir les accidens de la mofette, il est prudent, avant de faire descendre les ouvriers dans la mine , d'y porter, au moyen d'une corde, un flambeau allumé : s'il brûle, comme dans l'atmosphère , avec une flamme vive, il n'y a rien à craindre, l'air n'est point méphitique; mais si elle diminue et s'éteint, c'est un indice certain que l'air n'est point respirable : il faut alors le corriger par le feu et le ventilateur.

Les mineurs sont encore exposés aux affections graves qui dépendent des vapeurs métalliques : tels sont les paralysies, les vertiges, les tremblemens, les coliques, etc. ; à celles que produit l'étiolement ou la privation de la lumière, et enfin aux maladies occasionées par le refoulement des forces et la suppression de la transpiration.

On doit en général favoriser la libre circulaûon de l'air atmosphérique dans les mines , par le moyen des ventilateurs, des galeries, des puits, etc., pour prévenir les malheurs dont sont constamment menacés les infortunés qui sont obligés d'y travailler. Ce sont surtout les puits de respiration qui sont les plus avantageux et qu'il convient de multiplier. Pour cela, il faut considérer les mines

^u'on exploite sous deux aspects différens : ou elles sont creusées dans une montagne au-dessous d'un plan incliné, ou sous un plan horizontal. Dans le premier cas , la colonne d'air du puits difFère,quant à la pesanteur^ de celle de l'entrée de la mine, à moins que la température de l'air intérieur de la mine ne soit entièrement la même que celle de l'air extérieur. A mesure que l'on avance dans l'exploitation de la mine, il serait sans doute utile d'ouvrir de nouveaux puits ; mais ce travail serait considérable et trop dispendieux, M. Jars a proposé de construire dans la galerie, et de conduire jusqu'au fond de la mine, un plancher sous lequel l'air s'introduit, pénètre jusqu'au fond de la mine , et revient s'échapper par le puits , la communication de la partie antérieure de la galerie avec le puits étant interceptée par une porte.

Dans le second cas , quand la mine est creusée sous un plan horizontal , on peut rendre les colonnes d'air inégales en pesanteur, en construisant sur l'une des bouches de la mine une cheminée en maçonnerie épaisse. Lorsque l'air extérieur est à la même température que celui des mines , on construit à leur entrée ou à l'embouchure d'un des puits, un fourneau dont la cheminée soit trèsélevée. Le feu de ce fourneau pompe l'air de la mine par le moyen d'un tuyau de communication,

5y2 ^lémens d'hygiène.

et en établissant ainsi une inégalité de pesanteur entre les colonnes d'air, il en procure la libre circulation (i).

Il conviendrait de n'employer aux travaux des mines que des hommes robustes et dont la constitution fût fortifiée par l'habitude des exercices

(i) Les Anglais et les Saxons , livres par besoin à l'extraclion des produits minéraux depuis plusieurs siècles , ont imaginé une foule de moyens ingénieux pour rendre moins périlleux le métier de mineur auquel les Romains condamnaient leurs esclaves. Il faut visiter^ dit M. Pâtissier, les mines de houille de Newcastle , en An<ïleterre ; pour connaître jusqu'où peut aller l'industrie humaine ^ cherchant à concilier le maintien de la santé avec les avantages du gain. On y voit, à droite et à gauelle, un grand nombre de puits ouverts qui conduisent à des galeries souterraines ; larges , hautes , pavées en fer fondu pour la facilité des roulages. Elles sont ventilées de tous côtés, non-seulement par les ouvertures, mais encore par un grand nombre de machines à vapeurs, qui servent en même temps à Tépuisement des eaux , à monter la houille, même les ouvriers, et à charrier la fumée au dehors. Un chimiste anglais , sir Humphry- Davy , a inventé une lampe de sûreté, perfectionnée par un Français, qui met les mineurs à méme^ de voir ce qui se passe diins les mines sans craindre l'explosion des gaz délétères. Cet instrument est décrit et' gravé dans le cinquième volume des Annales de Chimie , page 3i5. Il serait à désirer que chaque mineur en fui pourvu pour sa sûreté. (I. B.)

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durs et pénibles : ce sont ces hommes-là qui résistent le mieux aux funestes impressions des vapeurs métalliques. Aussi Debaën recommandaitil avec raison de ne nourrir ces ouvriers que d'allmens forts et difficiles à digérer, et de ne point les laisser aller au travail à jeun. C'est en effet un des moyens les plus puissans pour conserver leur santé , que de leur faire prendre une nourriture qui exerce fortement les puissances digestives, et qui, en montant à leur ton les autres organes, les fait résister à l'action délétère des vapeurs minérales. C'est par la même raison que les boissons fermenîées et les liqueurs fortes leur conviennent particulièrement, et plus qu'aux autres ouvriers qui se livrent à des travaux forts et rudes. Il leur est aussi très-avantageux de se laver souvent et de changer d'habits en quittant l'ouvrage.

Les hommes qui travaillent dans les mines de mercure, et surtout de celui qui est 'vierge, de même que les artistes qui emploient ce métal dans leurs travaux , sont très-sujets à la salivation et aux tremblemens. Le remède qu'on met en usage dans le Pérou , pour faire cesser ces accidens , est de faire passer l'individu qui en est attaqué, et qui , pour l'ordinaire, est extrêmement maigre et épuisé, dans une température chaude, et on l'emploie à la culture de la terre , d'une manière proportionnée à ses forces. Par ce moyen, il sue beau=^

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coup ; la sueur entraîne avec elle le mercure dont son corps est imprégné, et il ne tarde pas à se rétablir (i). Néanmoins ceux qui travaillent dans les mines de mercure, d'après l'observation de Fallope, vivent rarement au-delà de quarante ans.

Les ouvriers qui travaillent dans les mines de plomb ont, d'après l'observation de Stoll , une figure qui leur est propre, et qui les fait aisément reconnaître : leur physionomie est celle de la tristesse et d'une profonde mélancolie, et a quelque chose de sinistre et de menaçant. Ces hommes, ainsi que ceux qui emploient les préparations de ce métal, tels que les potiers, les barbouilleurs, etc. sont sujets à la paralysie , aux tremblemens et à la colique saturnine. Les doreurs en or moulu et en vermeil sont exposés à tous les accidens des ouvriers qui travaillent dans les mines de mercure , parce qu'en faisant évaporer sur le feu ce dernier amalgamé avec l'or, ils en respirent et en avalent les vapeurs. On peut prévenir ou au moins affaiblir les maux qui dépendent de cette cause, au moyen des ateliers vastes et disposés de manière à y entretenir la libre circulation de l'air. Ces sortes d'artistes ne doivent y séjourner que durant le tra-

(i) Mémoires philos, hist. naiur. ^ par don Uiloa, lome I, page 349.

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vall , qu'il convient d'interrompre de temps à autre pour aller respirer le grand air. Il leur sera trèsavantageux aussi de placer la forge ou le fourneau vis-à-vis la porte ou la fenêtre, et d'y adapter un large tuyau dont l'extrémité inférieure, évasée en forme de pavillon, soit assez grande pour couvrir le foyer, et dont l'autre bout recourbé entre dans le tuyau d'une cheminée voisine , ou sorte par un carreau de la fenêtre (i).

Les chaudronniers , les graveurs , et généralement tous ceux qui travaillent sur le cuivre , en respirent la vapeur, qui leur occasione la dyspnée, la toux , l'asthme , etc. Ils doivent prendre les précautions que je viens d'indiquer. Ils sont exposés

(i) Ce n'est que dans ces derniers temps qu'on est parvenu à préserver les ouvriers qui emploient le mercure, et principalement les doreurs , des vapeurs meurtrières de ce métal. Le moyen le plus efficace, qui a été imaginé par M.Darcet, consistée établir dans l'atelier un courant d'air à l'aide d'un vasistas placé convenablement , et d'un fourneau d'appel qui va se rendre dans la cheminée de l'atelier. De cette manière on entraîne à chaque instant les vapeurs qui s'élèvent de la matière que Ton met en œuvre , et dèslors l'ouvrier n'en peut être que faiblement affecté. Ce procédé , véritablement précieux pour la conservation d'une foule d'ouvriers qu'une dure nécessité contraint à ruiner leur santé pour alimenter les besoins dulufe, est décrit dans un ouvrage de l'inventeur, inlilulé : Mémoire sur V art de dorer le bronze ( i8i8.) (I. B.)

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aussi à la surdité, de même que les canonniers, les forgerons, par rapport au bruit qu'ils font continuellement, et qui détruit le ressort du tympan : cette affection est irrémédiable (i).

Les fabricans de chandelles, ceux qui préparent les huiles, de même que ceux qui travaillent sur les substances animales, comme les corroyeurs, les tanneurs, les chamoiseurs, les poissonniers, les cuisiniers^ les bouchers, les charcutiers, les anatomistes, etc., sont exposés aux miasmes fétides et putrides qui s'exhalent de ces matières , et aux maladies graves qui en sont le produit (2).

Les anatomistes sont très-sujets au scorbut et aux fièvres bilieuses putrides occasionés par les miasmes sepliquesquis'exhalent des cadavres qu'ils dissèquent. De Haller n'attribue qu'à cette cause les fréquentes maladies bilieuses dont il fut affecté

(i) Le^ canonniers sont de plus exposés aux hémorrha^ gies du conduit auditif et à une céphalalgie très-grave, décrite par M. Percy , à Tarticle Détonation du Dic^ (iojinaire dçs Sciences médicales. Afm de préserver les jeunes artilleurs de celle céphalalgie, on leur permet de ^''étouper y c^est-àrdire , de se remplir l'extérieur du conduit ai^ditif avec du colon. (I. B.)

(e) Ççs maladies sont très-rares y car c'est une vérité ^ignoi de remarque que les arlisans qui se trouvent eiji conlact avec les substances animales , en respirent el absorbent les émanations , jouissent d'unç santé floris-

à Gollingue , pendant tout le temps qu'il démontra les parties du corps humain dans le ihe'alre anatomique de cette ville. Les anatomistes ont moins à craindre^ aujourd'hui que l'on connaît la propriété qu'a l'acide murialique oxigéné de désinfecter et de détruire les miasmes putrides, et les odeurs fétides. On ne saurait trop en recommander l'usage dans ces sortes de cas, ainsi que dans plusieurs autres dont j'aurai encore occasion de parler. Le sang et les humeurs des cadavres dont les mains des anatomistes sont continuellement baignées, rendent quelquefois mortelles la plus légère excoriation qu'ils se font dans ces parties. Un célèbre chirurgien anglais, qui avait une légère égralignure au doigt médius de la main gauche, l'envenima tellement en disséquant une ma- ^|^2 Irice putréfiée, qu'on fut obligé d'amputer promptement ce doigt pour éviter la perte du bras.

santé, et ont la peau dune fraîcheur et d une finesse remarquables. On serait dans Terreur si Ton croyait qu'il n'y a que les bouchers, les charcutiers et les cuisiniers qui jouissent de ces avantages. Des me'decins se sont convaincus , en visitant les tanneries , les boyauderies et mémo la voirie de Monfaucon , que les ouvriers de ces usines ne courent point les dangers que les matières qu'ils travaillent leur ont fait supposer. S'ils conlraclent des maladies , elles sont le plus souvent le résultat de rhumiditc 3 laquelle ils sont exposés. (I. B.)

SyS i:r>i'iWENS D'iiVGiiNE.

On ne saurait trop conseiller à tous ceux qui, par leur état, sont exposes à Faction des miasmes délétères , de renouveler fréquemment l'air dans leurs ateliers, et d'y maintenir la plus grande propreté. Il serait à désirer, pour leur propre avantage et celui de la société, qu'ils exerçassent leurs travaux hors des villes , surtout en été, par rapport à la putréfaction qui est accélérée par les chaleurs de cette saison. Il est très-important aussi qu'ils fassent souvent usage des acides végétaux, et qu'ils emploient des moyens de sanifîcation , surtout Facide muriatiqiie oxigéné , pour éloigner tout germe de corruption et en détruire le foyer.

Les fossoyeurs sont encore plus exposés que les précédens à l'action des effluves putrides et aux maladies mortelles auxquelles ils donnent lieu. Les hommes que la misère réduit à la triste nécessité de vivre des ravages de la mort, vieillissent rarement. Ils sont presque toujours pâles : leurs yeux ternes , leur face, hâve et lugubre, annoncent leur mauvaise santé et le profond sentiment de leur misère; car leur pâleur n'est pas seulement l'effet de Fimpression des miasmes sepliques, elle est aussi , à mon avis, celui de Finfluence du moral sur le physique. Comment des hommes dont le dégoûtant spectacle des débris de Fhumanilé ne cesse de contrister Fâme, et qui n'exer-

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cent qu'à con ire-cœur un état dont les fonctions sont aussi pénibles que tristes, porteraient-ils sur leur physionomie l'empreinte de la joie et le coloris de la santé ? Ce n'est que dans l'aisance et le contentement que l'une et l'autre fleurissent , et non dans un état funèbre, parmi des ossemens, des cadavres , et des exhalasions sépulcrales. Ramazzini observe que le sang des fossoyeurs est aussi cadavéreux que leur figure , et qu'on ne doit prescrire la saignée dans leurs maladies qu'avec la plus grande circonspection : les évacuans leur conviennent davantage.

Les fossoyeurs sont encore sujets à l'asphyxie produite par les gaz non respirables. Plusieurs en ont été les victimes , en ouvrant des fosses ou en descendant dans des caveaux de sépulture. Ramazzini rapporte qu'un fossoyeur étant descendu pendant la nuit dans un charnier , pour dépouiller le cadavre d'un jeune homme qui y avait été déposé avec tous ses habits, il y fut suffoqué, et tomba mort sur le cadavre dont il violait la sépulture. Il est beaucoup d'exemples de ce genre qui prouvent combien il est dangereux de visiter le séjour des morts. Mais ces dangers sont aujourd'hui bien diminués en France, depuis que l'on a proscrit les inhumations dans les églises , et que les morts ne jouissent plus du droit d'infecter les vivans.

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On ne peut que recommander aux fossoyeurs d'entretenir sur eux la plus f^n-ande propreté; de respirer fréquemment, lorsqu'ils remplissent les devoirs de leur dtat , des eaux odorantes , le vinaigre, etc.; de changer d'habits et de linge aussitôt qu'ils sont de retour dans leur domicile , de n'ouvrir des fosses et de ne descendre dans les caveaux qu'avec précaution et après s'être assurés qu'ils n'ont point de méphiiisme à craindre*. Quant à l'asphyxie produite par cette cause, on doit recourir aux moyens que j'ai indiqués en parlant de l'air atmosphérique. Les ouvriers qui curent les égouts, les puits et les cloaques , et principalement ceux qui nettoient les latrines, ont cela de commun avec les fossoyeurs , qu'ils respirent, tout le temps de leurs travaux, qui sont plus longs, beaucoup de miasmes qui portent dans leur sang le germe de la corruption et la mort. Ils sont sujets à une sorte d'asphyxie et à des maux d'yeux qui leur sont propres (i).

(i) Les conseils que donne ici fauteur, d'après Raroazzini, aux hommes charge's d'inhumer les morts, sont aujourd'hui en partie superflus ; les progrès de la civilisation et de fhygiène publique ont fait presque totalement disparaître les causes d'insalubrité ijise'parables de renlassement des cadavres dans des lieux e'iroits, dépourvus des moyens d'assainissement que fournissent la libre circulation de l'air , et la vège'talion de nos vastes cimetières, d'ailleurs e'ioigne's des habitations. (I. B.)

L'aspliy^ie qui attaque les vidangeurs est appelée plomb agineuse , plomb , et est occasionée par les vapeurs qui s'e'lèvenl des latrines , lorsque les ouvriers cassent une espèce de croûte qui se forme à la surface des excrémens. Ces vapeurs sont très-septlques et produisent rapidement la putréfaction dans les corps qui les ont reçues ; elles sont plus légères que l'air, un peu inflammables y et l'eau ne les absorbe pas.

Les symptômes de l'asphyxie plombagineuse sont les mêmes que ceux des autres asphyxies ; mais lorsque ceux qui en sont affectés donnent des signes de vie, leur ventre se tuméfie prodigieusement, et la bouche se remplit d'une écume sanguinolente ; la respiration et la parole ne reviennent que lentement, par degrés, après des vomissemens et des flux de ventre. Ceux qui n'ont cette asphvxie que dans un faible degré éprouvent seulement la dyspnée , qui ne se dissipe qu'après de grands efforts , qui sont comme convulsifs.

Ceux qui sont attaqués de cette aphyxie exhalent des miasmes putrides morbifères qui décident une maladie seplique nervale très-grave chez ceux dans lesquels ils se sont introduits par la voie de la contagion ; le corps de ces derniers répand une puanteur horrible , et est frappé de spasmes et de mouvemens convulsifs qui approchent sou-

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vent du letanos et de Tépilepsie, el qui coniinuent jusqu'à ce qu'il survienne des vomissemens spontanés de matières noires et fétides. A ces symptômes succèdent des douleurs qui durent plusieurs jours , et qui ne diminuent que lorsqu'il se fait une éruption de taches élevées , dures, rouges, et très-prurigineuses. Quand cette éruption vient à disparaître tout- à- coup, il se manifeste une toux violente , convulsive et analogue à la toux férine des enfans , avec des douleurs aiguës d'estomac et des extrémités d'un côté , et leur immobilité. Les sinapismes seuls ont procuré du soulagement dans ce cas ; les émolliens , les narcotiques , les sudorifîques et les acides, pris intérieurement, n'ont produit aucun effet, et les ammoniacaux ont paru nuisibles. Le célèbre Halle rapporte l'observation d'un homme qui fut attaqué de cette espèce d'asphyxie, et qui eut à sa suite, pendant plusieurs mois, une angine opiniâtre , avec une éruption de taches rouges , mais moins élevées et moins dures que celles qui étaient survenues dans le cours de la maladie.

Il est une autre affection qui dépend de la même cause, et qui est familière aux vidangeurs, la mite. C'est une inflammation particulière des yeux , et qui est souvent suivie de la cécité. On en distingue trois sortes , la niite coulante ou hu-

mi dé y la mite grasse ^ et la mite grasse tardive, La première espèce est caractérisée par la tumeur , la rougeur des yeux , et un écoulement aqueux qui guérit bientôt la maladie.

La mite grasse ou sèche présente les mêmes symptômes que la précédente , à cette dififérence près qu'il n'y a point d'écoulement, et que la tumeur et la rougeur sont bien plus considérables; les douleurs sont augmentées par la chaleur externe , {)ar le vin et le régime échauffant. Il est nécessaire que le malade s'expose à l'air frais, qu'il emploie des lotions et des fomentations froides , qu'il use de boissons réfrigérantes et d'un régime analogue. On parvient à rendre humide cette espèce de mite , et à en hâter la guérison , au moyen des sternutatoires administrés dès le principe.

La mite sèche tardive débute , la nuit suivante du travail des vidangeurs , par une douleur au front , que ces ouvriers appellent le fronton , et qui éveille le malade ; l'inflammation des yeux ne tarde pas à paraître , et ne s'accompagne d'aucune espèce d'écoulement. Les mites sont fréquentes , et toutes les fosses d'aisances y donnent lieu : il n'en est pas de même de l'asphyxie plombagineuse. Il paraît qu'il n'y a que les latrines où pourrissent des substances animales qui y exposent les vidangeurs. On a observé aussi que

ceux-ci sont moins sujets que les autres hommes à quelques maladies de la peau; mais leur vie est de moitié plus courte , et s'ils ont le malheur d'être infectés du virus vénérien , et qu'ils ne cessent pas aussitôt leurs travaux, le mal s'aggrave tellement dans l'espace de quinze jours , qu'il devient entièrement incurable (r).

Les moyens les plus propres à préserver ces malheureux ouvriers des maux graves attachés à leur profession , sont d'entretenir la libre circulation de l'air dans les fosses où ils travaillent ; de n'y descendre qu'après s'être assurés , au moyen ùes lumières , qu'il n'y a pas de méphitisme à craindre; de ne casser la croûte formée à la surface des excrémens qu'avec précaution , et à une distance telle que la vapeur qui s'en exhale ne puisse les atteindre; de quitter leurs habits dès qu'ils sont de retour chez eux , et de se laver tout le corps , et surtout les yeux , avec de l'eau fraîche et du vinaigre (2).

(i) Le plomb est produit paç une vapeur qui contient de l'hydrogène sulfuré, de l'hydro-sulfure d'ammoniaque ou de l'azote. La mite est simplement cause'e par des émanations ammoniacales. (L B. )

(2) Les travaux de MM. Halle . Dupuytren , Thenard , sur les dangers que couraient les vidangeurs ; en dévoilant la nature du gaz délétère des fosses d'aisances , ont en même temps fourni les moyens d'en préserver les

t>ROFESSlON'S. 585

Les foulons travaillent à demi nus sur des manières puantes putréfiées ; il en résulte que les vapeurs fétides qui s'en exhalent et les crasses huileuses des draps et des laines qu'ils foulent portent leur impression sur les poumons et la peau : c'est pourquoi ces ouvriers sont sujets aux maux de tête , de poitrine et d'estomac , aux maladies cutanées , aux bouffissures , et à l'œdématie des extrémités inférieures.

Les précautions à prendre pour garantir lesou-

ouvriers qui sont obligés d'y descendre. Ces pre'caulions sont lés suivantes : i°. choisir un temps froid et. sec pour vider les fosses -, 2°. ouvrir la fosse douze heures avant de commencer à la vider , ne pas approcher la chandelle trop près de l'ouverture; de peur d'enflammer la vapeur 5 3^ . boucher tous les sie'ges de la fosse , excep lé le plus élevé, oiî l'on place un fourneau ouvert par son fond , rempli de charbons ardens 5 4°* casser la croule des matières eii détournant la tête, et la remuer avec de longues perches pour faire dégager les exhalaisons méphitiques 3 5°. ne point descendre dans la fosse avant de s être assuré qu'une chandelle ne s'y éteint pas } 6°. ceux qui travaillent dans la fosse doivent détourner constamment la tête et quitter le travail aussitôt qu'ib se sentent incommodés.

Uétablissement des fosses mobilee inodores rend la plupart de ces précautions inutiles j il préservera les malheureux ouvriers de bien des accidens et d.'upe infinilé de manœuvres dégoûtantes , s'il se multiplie ; comme on doit Tespérer. (T.B.) ' '^-^'''^'V-'

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