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RÉGIME DES CENS DE LETTRES. SC

Des Travaux de T esprit , et du Régime des gens de lettres.

Les études sont à l'âme ce que les exercices et les travaux sont au corps : elles sont utiles à la vie lorsqu'elles sont modérées; elles produisent les mêmes effets que les passions, et entretiennent la libre circulation des forces. Le plaisir qui accompagne l'exercice de la pensée et du sentin^ent se répand en quelque sorte sur tous les organes , et ne contribue pas peu à maintenir le juste équilibre d'action dans les différens foyers de la sensibilité, et l'harmonie des fonctions, desquels résulte la santé. Il n'est même pas rare de voir des hommes habitués à donner une partie de leur temps à l'étude, qui, de même que ceux qui mènent une vie active^ sont bientôt affectés de maladies graves lorsqu'ils in lerrompent ou cessent les travaux dont ils ont contracté l'habitude. Les exercices de l'esprit, contenus dans de justes bornes, n'abrègent point les jours, ainsi que l'ont avancé quelques détracteurs des sciences, dont le cœur désavouait la plume; et on voit la plupart des savans parvenir au plus grand âge. Homère^ Parmenide, Hlppocrate, Platon, Pyihagore, Plutarque, sont morts dans une très-grande "vieillesse ; Solon, Thaïes et Pittacus^ trois sages de

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la Grèce, vécurent chacun cent ans; Zenon en vécut quatre-vingt-dix-huit, Démocrite cent quatre; Cornaro à Venise, et Fontenelle à Paris, ont augmenté le nombre des centenaires. Qui ne sait que Galilée, Boyle , Locke, Leibnitz, Newton, Boerhaave , et , de nos jours , Voltaire, Buffon , etc., etc., ont poussé fort loni leur carrière, et ont vécu près d'un siècle ? On serait tenté de croire. que les médecins, qui fournissent aux autres les moyens de prolonger leur vie et de conserver leur santé, occupent un rang distingué parnii les. hommes parvenus à un âge avancé ; mais l'expérience démontre le contraire; c'est surtout à eux que s'appliquent ces mots : Aliis insemendo consumuntur , aliis niedendo moriurt'" tur (i).

Les travaux excessifs de 1 âme sont très-nuisibles, et détruisent bientôt la constitution la plus forte. Outre les mauvais effets que produit la vie sédentaire à laquelle ils astreignent, ils sont encore nuisibles par rapport à l'application trop forte , qui suscite une foule d'affections ner-

(i) Vollaire a remarqué que , parmi les cenlenaires, on ne comptait pas un seul me'decin. Sil en est qui parviennent à un âge assez avancé, ce sont , à proprement parler, des praticiens ; quant à ceux qui font marclier ensemble la pratique de l'art et les travaux du cabinet, leur vie est d'ordinaire de courte dure'c. (I. B.)

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veusés, rarement curables. Il faut du relâche à l'esprit comme au corps; et l'homme n'est pas plus faÎL pour les contentions continuelles que pour une action perpétuelle : il serait aussitôt de'truit par l'une que par l'autre (i). C'est principalement sur le cerveau que l'application forte et constante produit sa funeste action. On a vu les plus beaux génies s'éclipser bientôt et délirer, parce qu'ils n'avaient pas usé sobrement de l'étude. Tissot rapporte l'exemple de quelques enfans nés avec de grandes dispositions, que les instituteurs insensés forçaient à des études immodérées, et qui en contractèrent l'épilepsie pour le reste de leur vie. Van-Swiéten dit avoir observé la même chose. Hoffmann parle d'un jeune homme qui éprouvait des accès épileptiques toutes les fois qu'il s'était appliqué à l'étude plus que de coutume. Pétrarque paya tout aussi chèrement son penchant pour l'étude. Pascal voyait sans cesse à ses pieds un gouffre de feu ; Jurieu , célèbre par ses disputes théologîques et par un commentaire de l'Apocalypse, était fréquemment tourmenté de coliques, qu'il attribuait à sep: cavaliers qui se battaient dans ses entrailles. Il existe une multitude de faits semblables qui prouvent combien

(i) Morbiu est eUain atiquis per sapicntiam mon.

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il est dangereux de se livrer avec excès et sans ménagemens à la culture des sciences. Je ne doute pas même que les affections nerveuses^ si commues de nos jours, ne dépendent en grande partie de cette espèce de fureur que la plupart des jeunes personnes ont pour la lecture des romans, qui non-seulement corrompent le cœur et le disposent aux passions^ mais encore jettent le système nerveux dans une 'mobilité extrême, de laquelle résultent le désordre et l'irrégularité des mouvemens, source d'une infinité de maux.

Les organes situés dans la région épigastrique participent aux travaux de l'esprit. C'est dans ces parties que sont réfléchies les forces , qu'elles se fixent et se concentrent lors des profondes méditations comme les grands efforts corporels : les poumons semblent, dans ces circonstances, être refoulés vers les parties supérieures; c'est pourquoi la respiration se ralentit; quelquefois elle est suspendue et mêlée de soupirs. On éprouve dans cette région un resserrement semblable à celui qu'opèrent les affections pénibles. On conçoit aisément, d'après cela^ que les travaux immodérés de l'esprit altèrent les forces digestives, et disposent à la mélancolie, qui reconnaît pour cause l'habitude qu'ont prise les forces et les humeurs de se diriger constamment vers l'épigastre , et d'y former des embarras. Le mécanisme àes opéra-

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lions intellectuelles est intimement liée à l'aclion des organes épigastriques , dont la tension accompagne presque toujours les profondes méditations. Cei organes sont en quelque sorte les excitateurs du cerveau; ce sont eux qui l'électrisent et qui en font jaillir la pensée : mais si leur action constanle favorise les élans du génie, ils sont très-préjudiciables à la santé et abrègent la durée de la vie. (( Que l'on considère, dit Robert (i\ )) un homme fortement occupé de son objet : il » semble qu'il soit devenu insensible. Rien d'ex- » térieur ne peut remuer son âme : on lui parle , )) il n'entend pas; si on le touche, il ne le sent }) pas; il n'aperçoit pas même les objets qui sont » sous ses yeux. Les organes de ses divers sens D semblent être privés d'action. Pourquoi donc » cette singularité d'effets.^ N'est-ce pas parce )i que l'action se trouve partagée entre le centre » phrénique et le cerveau? Ou bien, c'est que » tout l'effort se porte à l'intérieur, d'où il naît » une nouvelle détermination dans le courant ;) des humeurs; elles se portent plus au ventre, )) et donnent lieu à la mélancolie, quand le tra- » vail est long et se répète souvent. » On voit eu effet que lorsque cette direction des oscillations nerveuses et des humeurs est habituelle et con-

(i) Traité de Médecine , tome n , page bi

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filante, il doit en résulter un surcroît d^action poui* les organes de rinielligence, et raffaiblissement des autres; les forces éianl si inégalement réparties, il n'y a plus d'harmonie dans les mouveiiiens : les fonctions, surtout celles des viscères abdominaux , se dépravent , et c'est de là que dérivent une muhitude de maux, qui se développent surtout dans l'âge viril, parce que. c'est à cet âge que les forces, qui étaient expansives dans la jeunesse, prennent une direction contraire et convergent vers l'intérieur.

Les jeunes gens sont moins exposés aux dangers qu'entraînent après elles les éludes excessives, parce que , comme je l'ai dit en parlant des passions, les mouvemens et l'action se dirigent naturellement vers l'organe extérieur, et que les organes épigastriques sont moins disposés à s'affecter. Cependant cet âge n'est pas tout-à-fait exempt des suites fâcheuses qu'entraînent les éludes immodérées , surtout prolongées dans la nuit. Le somnambulisme d'un étudiant en médecine, rapporté par Bohn (i), une catalepsie complète arrivée à un autre , d'après le rapport de Fernel (2) , en sont une preuve non équivoque , de

(0 Hau-er , Thés. med. pract, ^ tome vii^ pag. 439. (2) Pathol.; 1. V ; chap. 11.

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ïîiéuie qu'une observation de Wepfer (i) relative à un jeune Lumme de vingl-deux ans qui , à force d'éiiidier, contracta une manie si violente qu'il blessa plusieurs personnes et lua son garde. Quoique les cfTels des passions diffèrent peu de ceux que produisent les travaux immodérés de l'âme , l'action de ceux-ci est cependant moins violente sur lecentre pbrénique, mais bien plus forte sur le cerveau. De là vient que les grandes contentions produisent plutôt des affections cérébrales , et les passions des maladies qui ont leur foyer primitif et immédiat dans les entrailles , telles que les fièvres nerveuses , la mélancolie cum matej'ic , etc. Il est très-commun de voir la mi:^raine, la surdité, la cécité, l'apoplexie, la paralysie, maissurtoutrimbécillilé,eic., être le triste partage des hommes de lettres et des génies qui ont le plus illustré leur siècle. Ils sont punis, a dit Tissot , par la partie qui a péché. Le cerveau, trop lonij-temps ébranle , perd enfin la faculté de l'être ; il tombe dans l'affaissement, et devient incapable de l'érection nécessaire, non pas seulement pour de nouvelles conceptions, mais encore pour se retracer les idées acquises : aussi voit-on pour l'ordinaire la mémoire s'affaiblir la première , et bientôt après les facultés intellec-

(i) Obs. de Jffect. cap. , obs. 85.

5jO l^Li.lîEIXS D'jlYCièjXE.

luelles restent privées entièrement de leur ressort et de leur action.

Il est donc très-dangereux de se livrer immodérément à l'élude , et il est absolument nécessaire à la santé des gens de lettres qu'ils soulagent leur esprit par des récréations capables de les égayer et de leur faire oublier les affaires du cabinet , qu'ils fassent au grand air des exercices proportionnés à leurs forces, et qu'ils observent un régime analogue à la nature de leurs travaux.

On leur a conseillé avec raison les amusemens, les spectacles , la musique , la société , et surtout la fréquentation de personnes gaies et enjouées, dont une sorte de mépris les éloigne souvent pour leur malheur; en un mot, tout ce qui peut procurer à l'esprit fatigué des distractions agréables et lui rendre des forces. L'exercice du corps au grand air est absolument indispensable aux gens de lettres , pour reporter à l'organe extérieur les forces que les études ont concentrées dans l'épigastre, et ainsi en favoriser la circulation. Les promenades à pied , à cheval , les jeux qui mettent en action tous les membres, et la culture de la terre , leur sont de la plus grande utilité , la dernière surtout , qui a l'avantage d'exercer nonseulement toutes les parties, mais encorede porter

diis lorganisme l'aromc suave et vivifiant des

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plantes. Les voyages ou promenades sur l'eau sont un excellent moyen de prévenir et de dissiper les obstructions du bas-venlre , de délayer la bile , de rétablir la perspiration , et en général de favoriser toutes les excrétions : les hommes de lettres qui ont l'occasion de se procurer ce mouvement avantageux ne devraient pas la négliger. Les anciens étaient déjà convaincus de son utilité. L'empereur Auguste, qui était lui-même un homme lettré et sujet à toutes les incommodités de cet état, préférait cet exercice à tous les autres (i). La natation procure les mêmes avantages.

Les médecins mécaniciens ont prétendu que les travaux de Tâme, comme ceux du corps, épuisaient les esprits animaux , et que de cette cause dépendaient la langueur des organes et la faiblesse qu'on ressent dans tous les membres. Cette erreur , ainsi que l'a très-bien observé Desèzc , est d autant plus dangereuse qu'elle éloigne des secours les plus efficaces pour prévenir ou soulager les maux qu'entraînent les fortes contentions^ secours qui consistent dans les exercices du corps. Si en elTet ces esprits sont épuisés , l'exercice doit nécessairement nuire , puisqu il augmente la débilité en évaporant une plus grande quantité

(i) Si (juo mari peivenire posset y poilus naxns^ahat.

iSUETO-XE.

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d'esprits. Mais une mullilude d'observations prouvent le contraire; et, pour en citer une bien convaincante , je rapporterai celle d'un homme âi^é de trente ans , dont parle Robert (i).

« Cet homme, plein de sagacité, et doué d'une » imagination vive, a eu Tenlance et la jeunesse » les plus orageuses. Depuis l'âge de vingt ans » son tempérament s'est forùfié, et sa santé, )) quoique délicate, est beaucoup meilleure. Cet » homme aime beaucoup le travail ; quelquefois » il lui arrive de s'y livrer avec trop d'ardeur el )) d'opiniâlrelé. Les suites de ces excès sont un » tremblement de tous les membres et une fai- )) blesse extrême, qui, à la vérité, ne sont que 1» passagers. Ce qui lui réussit le mieux pour sor- )) tir de cet état d'anéantissement, sont des pro- )) menades longues et forcées : quoiqu'il les fasse » immédiatement après son travail , il n'en est M pas moins assure de recouvrer toutes ses for- » ces. »

Cette seule observation est suffisante pour prouver que Teffet du travail de l'esprit n'est pas de causer un épuisement réel, mais bien de diriger toute l'action vers un même foyer, qui la retient au lieu de la réfléchir; qu'il en prive les autres parties , et produit ainsi une faiblesse, non d'é-

(i) Traile de IMéclccine^ lomc ii, page 225.

HECniE DF.S GE^i DE LETTRES. ^t*

puisement^ mais de concentration , que rexercice dissipe.

. Le re'gime des gens de lettres doit être analogue aux forces , et on ne voit pas qu'ils doivent s'abstenir d'aucune espèce d'aliniens sains , pourvu qu'ils en usent modei énicnt. 11 convient seulement qu'ils évitent ceux de difficile digestion , et surtout ceux qui sont gras, visqueux, les fritures, la pâtisserie , les légumes venteux , les viandes dures, fumées , salées , etc. Ces sortes d'alimens ne sauraient convenir à la plupart des gens de lettres , chez lesquels l'action vitale , concentrée dans le cerveau, influe sympathiquement d'une manière fâcheuse sur les fonctions de l'estomac. Quant à ceux mêmes qui sont plus lorts et dont les facultés digesiives ont plus d énergie, il est aussi prudent qu'ils s'en abstiennent.

On a recommandé aux gens de lettres l'usage de l'eau pour toute boisson. Ce précepte sévère, et réfuté par l'exemple des médecins hommes de lettres qui l'ont donné , peut être utile dans quelques circonstances particulières ; mais on ne voit pas qu'une peiile quantité d'un vin généreux et léger, pur ou trempé d'eau, puisse être nuisible. L'expérience prouve d'ailleurs iecontraire : si l'on cite les exemples de Démostliène , de Locke et de Haller^ etc. , qui n'ont jamais bu de vin, on y peut opposer une foule de savans et d'artistes

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qui en ont fait usage sans inconvénient ; el il n'y a que ceux qui ne se sont pas contenus dans les bornes que prescrivent la raison et le désir de se conserver , auxquels celte boisson ait été préjudiciable. En général, la vie abstème n'est guère convenable qu'à ceux qui en ont contracté Tbabilude de bonne beure. Le vin est le premier des Ioniques el des cordiaux : il convient donc aux boninies de lettres, dont les forces ont besoin d'êlre réparées et l'esprit égayé. Il aide le travail de la digestion; et, sans contredit, il vaut bien la rbubarbe , l'aloès , et autres drogues semblables que, par une des contradictions les plus bizarres , Ton a conseillées aux gens de lettres , comme toniques et fortifians.

Ce que je viens de dire du vin doit s'élendrc au café, qui, pris modérément el non babituellcmcnt, ne peut élrequ'avantageux aux hommes de lettres; il n'y a que ceux qui ont des nerfs d'une extrême mobilité , ou ceux auxquels il cause des insomnies, le tremblement, etc. , ou d'autres svmnlûmes nerveux, qui doivent absolument s'en interdire l'usage. L'exemple de Fonienelle , de rimmortel Voltaire , et de tant d'autres grands liommcs qui faisaient leurs délices de cette boisson excitante, et qui néanmoins sont parvenus à un iirand ai?e , léfute victorieusement tous les vains argumcns de ces docteurs qui , de leur ca-

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l)inel , (liclenl au genre humain des leçons qu'on ne suil ^nière, et qu'eux-mêmes ne niellent pas en pralique. Il v a d'ailleurs des hommes de lettres auxquels l'usage du café est indispensable.

Un conseil plus utile aux gens de lettres est celui de ne pas se livrera Télude immédiatement après le repas , parce que, les forces se trouvant partagées entre le cerveau et l'eslomac , ils n*en ont pas assez l'un et Taulre pour remplir leurs fonctions ; l'étude devient, dans ce cas, pénible et infructueuse , et la digestion en est troublée. Il faut , pour travailler utilement et conserver sa santé , ne se mettre à l'ouvrage qu'une heure au plus lot après le repas (i).

11 n'est guère possible d'assigner les heures les plus convenables à l'étude : cela dépend beaucouji dns dispositions dans lesquelles on se trouve et de l'habitude qu'on a contractée. Il n'v a qu'une règle à suivre sur ce point : c'est de se livrer au travail quand il est aisé , et de le fuir lorsqu'on

(i) II est dUricile d'assigner absolument le temps qui doit s'e'couler entre le repas et la reprise du travail : pour beaucoup d'individus une heure sera insuiBsanle. On rencontre des hommes fort laborieux qui ne peuvent se livrer au travail que deux ou trois heures après le dîner ; d'autres quï s\ remeltent sans inconve'nicnt j^rcsqu'en sortant de table ; il en est même qui ne cessent pas d'oceuper leur cerveau pendant le repas. (I. B.)

5^6 rLr.MEr^s o'HYGiè.xE.

n'a pas la conception facile et les idées nettes. II est des personnes qui travaillent mieux l'aprèsmidi ou la nuit que dans les autres parties du jour : mais assez généralement c'est le travail du malin qui est le plus profitable, et , comme Tont très-bien dit les poètes ^ lî-aurore est l'amie des muses : outre quon est moins di&trait', -c'est qu*Qn à; les idées plus> beureusesl el i'ïmaginalion;, plusivive, surtout Ipi^que le souper de la veille a été léger et prisdé bonne béure. '

11 est utile aussi que les gens de lettres ét^ibllssent leurniuséum dans la pariiela plus élevée de la maison ; qu'il soit vaste-, bien éclairé, ae'ré, et, autant qu'il est possible , exposé a l'est , et plu-; tôt à la campagne que dans les villes. Le cboix d'un bon air est de la plus grande importance; il influe sur 1 ame aussi-bien que sur le corps. Unair sain , dit Hippocrate , donne de l'esprit; un^ air épais le rend lourd :

Bœotujn in crasso jurares aire natum.

Il faut de même , pour bien vaquer aux éludes , un air tempéré, qui ne soit ni trop chaud ni trop froid. Dodart (i) parle d'un jeune homme d'un esprit précoce qui perdait entièrement la mé-

(i) Histoire de rAcademie royale des Science» , i/oS^ VH^ 72.

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