CHAPITRE m
PABAGRAPHE VI.
Des Adverbes,
Mettant toujonrs à part les interjections , les adyerbes forment la seconde «spèce de la classe des mots invariables , et la première de celle des mots elliptiques , â moins toutefois que Ton ne YeniUe déjà regarder comme mots elliptiques , tons les yerbes adjectifs; et effectivement ils le sont, puisqu'ils renferment tous le verbe être et un adjectif Les adverbes servent à rendre d'une
gime.
«elle qui les caractérise; et je pense que si Ton ne veut pas confondre tous les genres, il faut comprendre sous le nom d'adverbe, tous les mots
2ui remplissent cette fonction, et rejeter dans 'autres classes tous ceux qui en remplissent une autre (i). Cela seul nous montre que si l'adverbe est commode dans le discours , il n'est pas un ële'ment nécessaire , et que c'est le moins important de tous les démens de la proposition, aussi Toit-on souvent que certaines langues manquent des adverbes qui existent dans d'autres , et rëciproquement. Nous ne nous étendrons donc pas oeaucoup sur ce sujet.
(i) C'est pour cela que Ion peut» à volonté, regarder nos mots^ et en comme des «Iverlx-s ou comme des i>n«ioio8 en cas oblioue. On a eu tort de disputer à ce sujet , ou il aurait fallu fténéraliser la question , car tout nom ou pronom à un cas oblique , tient lieu d*nne préposition et de son n'-gimc.
Il nous suffira d'observer, i^ que la dc^nomifialion d'adverbe ne doit pas faire croire que ces mots ne modifient cpie les verbes ; car ils modifient souvent des adjectifs, et même d'autres adverbes, comme dans ces pbrases : Un homme bien f ait, très-hien fait, extrêmement bienfait^ et autres pareilles.
a** Les adverbes comme les propositions dérivent toujours d'un nom ou d'un adjectif, qui est leur type primitif. Souvent ils en viennent trèsdirectement et sans aucun changement, comme les adverbes bien et fort , qui sont évidemment le nom bien et l'adjectif ^brï, employe's adverbialement. Quelquefois ils sont formés de la seule réunion d'un nom et d'un adjectif, comme beaucoup , long-temps. Quelquefois ils naissent d'un adjectif, par l'addition d'une de ces syllabes désinentielles que j'ai appelées des prépositions inséparables j comme adverbialement , extrêmement, excessiuertwnt , ou l'on reconnaît les adjectifs et la préposition ment, qui n'est autre cnose que le nom mens des latins , employé comme partie intégrante d'un nouveau composé. Enfin, il est des cas où leur génération n'est point aussi facile a ' reconnaître , parce qu'ils ont été formés par contraction ou corruption. Tels sont nos adverbes très, la, et autres. J'invoque, sur leur généalogie , les lumières des étymologiste$. Mais , soit qu'ils parviennent à l'établir d'une manière incontestable , soit qu'elle demeure ensevelie dans la nuit des temps , je me permettrai d'apprécier cesâtres d'après leur valeur réelle j de ne lesre • garder., ainsi que les autres dont je connais l'origine, que comme des élémens secondaires du discours, et presque superflus , et de prononcer que