‹ Elémens d'idéologie (volume 2)Chapitre 3 sur 93 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

DE l'Édition de i8o3.

Xjorsqcje je publiai, il y a environ deux

ans , la première partie de mon travail , celle

qui traite de l'origine et de la formation de

nos idées , et qu'on peut appeler l'Idéologie

proprement dite, je crus devoir donner à

l'ensemble de l'ouvrage le titre de Projet

d'Éïémens d'Idéologie, à V usage des éco-

les centrales da la république française.

C'est bien réellement la dénomination qui lui

convenait , puisqu'elle exprime le tut que je

me proposais en le composant , et le genre

d'utilité dpnt j'espérais qu'il pourrait être.

Cependant , ce mot àe projet ayant déplu à

quelques personnes , je me suis déterminé à

y) AVERTISSEMENT.

le retrancher et à me borner au titre , peutêtre trop amhi\ieuXjà*Élémens d'Idéologie.

Au reste , ce changement est fort peu important , et je n'en préviens ici le lecteur qu'afin qu'il ne soit pas induit à erreur par cette double dénomination , et qu'il ne croie pas qu'il s'agisse de deux ouvrages différetis.

J'ai bien plus de regret de ne pouvoir plus dire que ces élémens sont destinés à Fustige des écoles centrales. La science dont ils traitent n'est autre chose que la saine lo^que ; et j'avoue sincèrement que je suis très - fâché qu'elle ne fasse plus partie de l'instruction publique en France. Il me semble bien malheureux que cette logique , qui a été si exagérément enseignée' dans, les écoles y tant qu'elle n'a été propre qu'à fausser le jugement y en soit entièrement bannie depuis qu'elle est réellement devenue l'art de conduire son esprit dans la recherche de la vérité , et qu'elle peut porter la lumière dans toutes les autres sciences, en montrant à ceux qui les cultivent , la génération des idées

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qui les occupent , la valeur des signes à l'aide desquels ils combinent ces idéçs , et la manière de s'assurer de. la justesse des unes et des autres.

J'ai encore une autre raison de m'affliger de cette innovation. A peine mon premier volume avait paru , que déjà plusieurs professeurs célèbres lui faisaient Fbonneur de le prendre pour texte de leurs leçons. Un grand nombre de jeunes gens pleins de sagacité en faisaient le sujet de leurs études. Je recevais de toutes parts des observations intéressantes, et toutes me prouvaient que les questions que j'avais traitées étaient l'objet de discussions approfondies, et que les solutions que j'en avais données allaient incessamment être adoptées ou modifiées par une opinion éclairée et presque unanime. La théorie des signes, queje soumets aujourd'hui au jugement du public , aurait joui du même avantage ; les principes en auraient été examinés, éclaircis , reconnus en très-peu de temps , et ma troisième partie se serait trouvée toute

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faite et établie sur des bases inébranlables ; je n'aurais eu, pour la rédiger, qu'âme faire le secrétaire de tous les hommes éclairés de ce temps-cî , si même je n'avais pas. eu le bonheur d'être prévenu dans ce travail , aussi facile qu'agréable , par quelque main plus habile , qui lui aurait donné tout de suite un plus haut degré de perfection, ce qui aurait été l'accomplissement de tous mes vœux.

Je sut s privé de cette espérance , et j'y renonce avec peine. Cependant , je me flatte que , quoique dénuées du secours de l'enseignement public , ces utiles spéculations ne seront point abandonnées. Toutes les sciences en ce moment font de rapides progrès ; en général , elles sont cultivées avec la raison la plus saine; elles sont portées à un si haut degré d'avancement , que tout le monde s'occupe de les réunir par leurs som— * mités. Tous les regards se portent vers la méthode des méthodes. On possède tant de vérités , on en découvre tous les jours un si grand nombre , que l'ambition crj>issant avec

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le succès (c'est une règle générale), Ton veut aujourd'hui trouver lé moyen que la vérité ne puisse ni échapper , ni être méconnue, ni rester douteuse. Dans un tel état des esprits , il est impossible que la science des sciences , celle qui les embrasse toutes , soit °%^^g^^* ''^<)^te'3 nos connaissances sont des idées ; ces idées ne nous apparaissent ja*.

mais que revêtues de signes. On veut , on doit savoir ce que sont ces idées, ce que sont ces signes. On est porté invinciblement à cette recherche. Nous ne spmmes plus dans un temps où l'on puisse se contenter de se servir tant bien que mal d'un instrument , sans en étudier la nature , sans en calculer les forces , sans en connaître les avantages et les inconvéniens , sans cher— cher à le porter à toute sa perfection. Puisse— je y avoir un peu contribué !

Je ne dirai rien de cette Grammaire. Le plan de mon ouvrage se trouve à la tête de la première partie :les conclusions se verront dans la troisième. Celle-ci n'est que la con-

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tînuation de l'exposé des faits nécessaires pour arriver aux résultats ; et j'espère qu'elle n'a pas besoin de commentaire. Il faut mé^ nager le temps des lecteurs : jamais on ne saurait en être trop avare. Quand je son^e combien de choses nous avons besoin de connaître I je ne puis voir qu'avec douleur que I sans parler d'aucune science en particulier, un volume tout entier soit nécessaire -pour expliquer le plus succinctement possible ce que c'est cpie nos idées , et qu'il en faille un autre tout aussi considérable pour dire ce que c'est que leurs signes ; encore serais— je bien beureux si je pouvais me flatter qu'ils y suffisent. Mais cette incertitude même m'oblige à ne les surcharger de rien d'inutile , car le plus grand avantage de l'avancement des sciences , est que le tableau de leur ensemble puisse être réduit dans un moindre espace. Cest la preuve que toutes les questions auxquelles elles donnent lieu sont arrivées à ce baut degré de précision qui est tout près dé la solution.

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Je me^bornerai donc à me recommander à l'indulgeBce du lecteur , et à solliciter son examen , ses avis et ses critiques. Je désire surtout que l'Institut national veuille bien donner quelque attention à mes recherches.

Bien que cet illustre corps ne renferme plus de section d'analyse des idées y ni de section de Grammaire générale , et que* sa seconde classe paraisse bornée exclusivement à l'étude de la langue française ^ j'ose croire qu'une compagnie aussi éclairée ne peut pas regarder la philosophie rationnelle comme étrangère à ses travaux ^ ni s'occuper de là Grammaire particulière d'une langue sans s'élever jusques à la théorie générale du langage. Au moins est-il certain que lorsque le champ de ses méditations était moins limité , j'ai eu l'honneur'de lui lire plusieurs fragmens de mes essais , et que j'en ai reçu des encouragemens et des instructions dont je ne dois pas manquer de lui témoigner ici ma reconnaissance. Je me plais même à dé-

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darer que c'est le désir de lui sounfettre mes réflexions, qui originairement m'a fait naître l'idée de rédiger ces Élémens , et m'a donné le courage de l'entreprendre.

ELEMENS

DIDÉOLOGIE.

ORAMMAIRE.

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