CHAPITRE n
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Dans nos langages articnl^s , certains mots ex-
S riment une proposition tout entiéi^ie, c'est-àire deux idëes et l'acte de juger.
D'autre.4 ne représentent qu'une idëe unique » mais complète.
D'autres, seulement des fragmens d'idées.
Tous changent fre'quemment de fonctions ; plusieurs sont souvent sous-entendus.
Il en résulte que l'expression de la pensée est sourent déguisée pal* la forme dont elle est revdtue. Commençons donc par montrer que pourtant toutes nos propositions ne sont que des énoncés de jugement.
Il n'y a point de proposition sans Terbe. Examinons les effets du verbe à ses difTérens modes.
Toutes les fois que le verbe est à un mode défini , il y a un énoncé de jugement.
Toutes les fois qu'il est à un mode indéfini , il n'j a que l'expression d'une idée isolée.
Tout discours n'exprime donc jamais que l'une de ces deux choses , sentir ou juger.
Maintenant revenons. L'état primitif de la
DE LA ORAMMAffiC. i7<)
proposition est 4'étre représentée par un seul signe.
Ce signe unique en renferme nëcessairement deux autres, Tun représentant une idée existante par elle-même , ayant une existence abscn lue, au moins dans notre esprit; Pautre représentant une autre idée comme existant dans la première , ayant une existence relative.
Les nom* sont les signes qui remplissent la première fonction ^ aussi n'y a-t-il que les noms , ou les signes qui les remplacent, qui puissent être les sujets de nos propositions.
Les adjectifs ne sont pas , comme il le semble d'abord, les signes qui remplissent la seconde *■ fonction ; ils expriment une idée comme devant appartenir à une autre , comme ne pouvant exis~ ter que dans cette autre, mais non pas conune lui appartenant , comme y existant.
Par une singulière abstraction , ils sont privés de la faculté d'exprimer l'existence j ils ne renferment pas cette idée. Ils ne sont donc pas des attributs complets.
L'adjectif ^taii<, existant^ est le seul excepté, parce que c'est sa signification propre. Si on Pei^ dépouillait, il serait anéanti.
Il n'y a donc d'adjectifs cj[ui soient des attributs complets , que ceux qui renferment l'adjectif étant.
Ces adjectifs sont ce que nous appelons de»
verbes adjectifs.
C'est parce qu'ils renferment l'adjectif étant , c'est parce qu'ils comprennent l'idée d'existence, qu'ils sont susceptibles de modes et de temps.
Un adjectif à qui on donnerait des modes et des temps serait par U même un uerbe, 11 se-
i8a EXTRAIT RAISONNÉ .
mit cesse rf nfermor l'idëe d^eiisteace , puisque le mode et It temps de cette existence seraientekpriroes.
Aussi n7y a-t-il propositioii » ëuoncë de ju*
Çiment , que quand le yerbe est à un mode déjinL ant c[uM est à un mode indéfini, participe ou infinitif, il n'est qu'un adjectif ou un substantif.
L^infirùtif n'est pas proprement un mode du ▼erbe, cVst son nom, c'est un substantif.
Donc , l'interjection on le geste expriment d'àbogffd la proposition tout entière j et dés qu'on en sëpare le sujet pour l'exprimer par un nom , ils deviennent un rerbe à un mode défini. ■ Ccst le mode défini du yerbe qui est le siene de l'acte de juger, du sentiment qu'une idée * existe dans une autre.
Donc les seuls élëmens de la proposition absolument nécessaires , sont un sujet et un attribut , un nom et un yerbe. Tous deux renferment l'idée d'existence ; l'un d'une existence absolue , l'autre d'une existence relative.
Si le premier n'a ni modes ni temps marqués , c'est qu'il est toujours au mode indicatif et au temps présent. 11 n'^ a que ce mode et ce temps qui conviennent à une idée douée d'une existence absolue au moment où on l'énonce.
DE LA G&AMMAIBE. >Si
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