PARAGRAPHE V
Des Prépositions,
La préposition est un mot trè&-remarquable, i^on-seulement elle joue un rôle très-important qui lui est propre ^ mais elle entre comme élément dans tous les autres mots, dont elle devient partie intégrante.
Beaucoup de noms, d'adjectifs, de verbes adjectif et d'adverbes ont besoin ^ pour former une
idée complète , qu^on leur adjoigne le nom d'une autre idëe.
Ce sont les prépositions qui les lient ayee cette ide'e complëmentaire.
li y a des langues où cette fonction est remplie , en tout ou en partie , par des syllabes dësinentielles appelées cas, semblables à celles oui marquent les genres , les nombres, les modes, lea . temps et les personnes.
Mais toutes ces syllabes elles-mêmes ,; ainsi que toutes celles qui forment les composés et les dérives des mots primitifs et radicaux, je les regarde comme des prépositions , soit qu'elles s'incorporent avec les mots qu'elles modiGent « soit qu'elles en demeurent séparées. Cependant, elles ne sont un élément particulier de la proposition que quand eUes demeurent distinctes et séparées.
Quoiqu'on ne puisse pas toujours retrouver l'é-
tymologie des prépositions , il est certain qu'elles
dérivent toutes .de noms ou d'adjectifs, et elles en
dérivent ordinairement par abréviation , parce
.qu'eUessontnécesaairementindéclinableSyn'ayant
Ï»as plus de rapport avec leur antécédent qu'avec eur conséquent.
Un adjectif qui a un sens relatif et.qui ne se décline pas , est par là même une préposition.
C'est ici qu« commence la classe des mots invariables.
»88 EXTRAIT AAISOimÉ
PARAGRAPHE TL Des Adi^erhes»
Les adrerbes sont encore dès mots nécessairement invariables.
Ils dëritent aussi de noms on d^adjectifs.
Ils sont en outre des mots elliptiques , car leur destination caractc^ristiane est ^exprimer, d^une manière abrégée , une iae'e qu'on ne pourrait représenter qu'au moyen d^une prëposition et da son régime.
Ils sont donc utiles , mais non pas nécessaires. Aussi beaucoup de langues manquent des adverbes qui se trouvent dans d'autres.
Ils modifient les verbes, les adjectifs , et même d'autres adverbes , mais jamais les noms.
PARAGRAPHE Vn.
Des Confonctiont ou Interjections toi^anistittes.
Les conjonctions, comme les interjections, sont des éléméns du discours, mais non pas des élémens de la proposition ; car, comme les interjections , elles expriment toujours une proposition tout entière.
La proposition qu'exprime la conjonction n'a jamais un sens absolu.
Elle suppose toujours un antécédent et un conséquent.
Cet antécédent et ce conséquent sont toujours deux autres propositions complètes, même lors-
DELAGRAMMAIBE. *«9
qu'ils ne paraissent que de simples démens d'une proposition.
Aussi, toute conjonction renferme toujours deux fois implicitement la conjonction (jue.
Quand elles sont employées de manière à ne pas la renfermer, elles sont de simples adverbes.
Que est aussi un adverbe; mais c'est à cet adverbe que tous ceux qui deviennent conjonction doivent leur propriété conjonctwe , comme c'est a l'adjectif étant que les autres adjectifs doivent leur qualité de verbe.
La raison en est que la signification propre de l'adverbe que est d'exprimer que le verbe auquel il est joint est lié à un autre verbe à un mode défini , à une autre proposition entière , comme la signification propre de l'adjectif étant est d'exprimer l'existence.
Il est vraisemblable que c'est l'invention des prépositions qui a conduit à l'invention de l'adverbe que. Après avoir dit le livre de Pierre, ou je vais à Paris , on s'est avisç de dire , je vois que vous êtes là, je veux que vous fassiez cela.
En eifet, le mot que est encore plus exactement une préposition qu'un adi^erbe. C'est une préposition dont l'antécédent et le complément sont deux propositions entières , au lieu qu'un ad^ ^ferbe est une préposition qui renferme un complément déterminé, toujours le même.
Quoi qu'il en soit , les conjonctions sont des mots elliptiques , et de plus , nécessairement myariables, puisqu'ils ne se rapportent pas directement à un nom.
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ago EXTRAIT RAISONNÉ